M369 – INFORME ET VIDE …

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  « Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre. La terre était informe et vide ; il y avait des ténèbres à la surface de l’abîme, et l’esprit de Dieu se mouvait au-dessus des eaux. Dieu dit : Que la lumière soit ! Et la lumière fut. Et Dieu vit que la lumière était bonne ; et Dieu sépara la lumière d’avec les ténèbres. Dieu appela la lumière jour, et il appela les ténèbres nuit. Ainsi, il y eut un soir, et il y eut un matin : ce fut le premier jour… » Gen 1:1-5.

  C’est ici la révélation du commencement des origines. L’Esprit de Dieu communiqua le récit de la création avec les mots inspirés à Moïse. Récit dont la compréhension spirituelle est au-delà de la signification des mots eux-mêmes. La simplicité avec laquelle la création nous est présentée renferme une insondable richesse, pour quiconque aspire à en pénétrer la Profondeur divine. Car l’Esprit nous communique l’Intention de Dieu dans sa création, autant que la description et l’interprétation de celle-ci, ne serait-ce déjà au sujet de la « terre », qui, avant que « la lumière ne soit… », était « informe et vide… » Gen 1:2-3. Les paroles hébraïques « tohou wa bohou » ont donné dans notre langue « tohu-bohu » avec la signification chaotique que l’on sait. En sondant les Écritures, l’un ou l’autre de ces termes se rencontrent en divers passages, et, notamment, les deux termes ensemble dans la prophétie de Jérémie relatant l’infidélité d’Israël, en conséquence de laquelle l’Éternel déclare : « Je regarde la terre, et voici, elle est informe et vide ; les cieux, et leur lumière ont disparu. Je regarde les montagnes, et voici, elles sont ébranlées ; et toutes les collines chancellent. Je regarde, et voici, il n’y a point d’homme ; et tous les oiseaux des cieux ont pris la fuite… » Jér 4:23-25. En ce qui concerne le commencement de la création, ces paroles évoquent le temps où il n’y avait pas encore de terre visible, car immergée dans l’abîme ; ni animal, ni être humain n’était alors, d’où la terre primitivement « informe et vide ».

  Bien des choses ont été dites en ce qui concerne la terre primitive, dont il est dit que l’état « informe et vide » aurait été, entre autres, la conséquence de la chute du chérubin que Dieu, du ciel, « jeta à terre… » Ézé 28:17, et où il devint le « diable et Satan », ainsi que « ses anges qui furent précipités avec lui… » Apo 12:9. Or, ceci ne put être le cas, puisque les différents actes de  la création furent vus et déclarés par le Créateur comme étant « bons » et même « très bons… » Gen 1:4, 10, 18, 21, 25, 31. Si, en effet, le diable et les anges déchus avaient été présents dès le début de la création, celle-ci aurait alors été entachée par leur présence maléfique. L’Écriture nous apporte un éclairage à ce sujet : « Lorsque l’Éternel Dieu fit une terre et des cieux, aucun arbuste des champs n’était encore sur la terre, et aucune herbe des champs ne germait encore : car l’Éternel Dieu n’avait pas fait pleuvoir sur la terre, et il n’y avait point d’homme pour cultiver le sol. Mais une vapeur s’éleva de la terre, et arrosa toute la surface du sol… » Gen 2:4-6. Dieu seul sait en quel temps du commencement de la création l’état de la terre fut ainsi décrite. Ceci nous amène donc à considérer que l’état d’être « informe et vide » ne représente pas nécessairement une situation négative, c’est-à-dire, une terre ravagée par un cataclysme ou à une tentative destructrice de la part des puissances des ténèbres, mais décrit un stade en cours du processus de la création. Car le fait qu’il n’y avait encore « aucun arbuste des champs », « aucune herbe qui germait », ni « d’homme pour cultiver le sol », montre que les choses ne se trouvaient pas bouleversées, mais dans l’attente d’être organisées. Ceci n’est pas sans évoquer, un « chantier » sur la terre déjà créée, où étaient préparés tous les « matériaux », mais épars, en vue d’être rassemblés. C’est-à-dire, le point de départ des éléments créés, qui allaient être aménagés par les actes créateurs successifs, et cela dès le premier jour, où la lumière fut, jusqu’au sixième jour où Adam, tiré de la poussière du sol, fut le couronnement de la création.

  De la création par la Parole à la « nouvelle créature » que nous sommes devenus en Christ, nous ne pouvons que saisir les bords de l’Œuvre de Dieu. En effet, alors qu’« il y avait des ténèbres à la surface de l’abîme, l’Esprit de Dieu se mouvait au-dessus des eaux… », ainsi l’Esprit passait et repassait sur ce qui était « informe et vide » en vue de donner forme et contenu à toutes choses, suivant le Dessein du Créateur. C’est ici l’action créatrice de la Parole par l’Esprit de Dieu, qui transforme et vivifie tout ce sur quoi Il souffle. Et nous-mêmes, dans des circonstances évidemment différentes de celles de la création, nous fûmes « informes et vides… » à cause des « ténèbres à la surface de l’abîme… » de notre vie de pécheurs. Or, l’Esprit de Christ nous visita d’En-Haut, en sorte que, d’« informes et vides » que nous étions spirituellement, nous avons expérimenté en Jésus, et la « conformité à sa mort » et la « conformité à sa résurrection » Rom 6:5, en ayant « tous reçu de sa plénitude et grâce pour grâce… » Jean 1:16.

  Les éléments de la terre et de l’eau dans la création annoncèrent le processus de l’œuvre du Salut  par notre Seigneur Jésus. En effet, dès que Jésus eut été baptisé, dit l’Écriture, « il sortit de l’eau. Et voici, les cieux s’ouvrirent, et il vit l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui… » Matt 3:16. En réalité, Jésus n’aurait pas eu besoin d’être baptisé, en tant que « Fils de Dieu » et « Fils de l’homme », Saint, et exempt de péché. Le baptême eut pour Jésus une signification différente de celle que revêt notre baptême qui marque pour nous, de manière visible, le passage de la mort à la vie, et de l’esprit de ce monde au Royaume de Dieu par l’Esprit-Saint. Or, Jésus le reçut, en disant à Jean-Baptiste, le prophète, qui s’y opposait : « Laisse faire maintenant, car il est convenable que nous accomplissions ainsi tout ce qui est juste… » Matt 3:15. La Perfection de Jésus consista à être d’abord Lui-même l’Exemple d’obéissance à Ses « propres Paroles », Paroles auxquelles Il nous demande d’obéir. Ainsi, de la rencontre des « eaux d’en bas » et de l’ « Esprit d’En-Haut » jaillit l’ « homme nouveau » que nous sommes devenus. C’est ici l’action intérieure de la Parole sous l’Onction de l’Esprit, lequel repose sur ce que Dieu agrée, c’est-à-dire, sur celui qu’Il a sauvé, transformé et sanctifié… par la foi en Lui.

  C’est avec une égale richesse et profondeur que l’auteur des épîtres exposa l’œuvre de la Grâce, en écrivant aux Galates : « J’ai été crucifié avec christ ; et si je vis, ce n’est plus moi qui vis, c’est Christ qui vit en moi ; si je vis maintenant dans la chair, je vis dans la foi au Fils de Dieu, qui m’a aimé et qui s’est livré pour moi… » Gal 2:20. À l’exemple de l’apôtre Paul, le croyant né de nouveau vit cette communion avec Christ, telle que l’exprima l’apôtre aux Corinthiens, auxquels il écrit : « Si quelqu’un est en Christ, il est une nouvelle créature. Les choses anciennes sont passées ; voici, toutes choses sont devenues nouvelles… » II Cor 5:17. Il est courant d’entendre témoigner qu’en Christ les choses anciennes étant passées, l’on est devenu une nouvelle créature. Mais ce témoignage, parfois, est exprimé si radicalement qu’il donne à penser que la personnalité du croyant a disparu ! Or, il est écrit que Christ vit, non pas « à notre place », mais « dans la place » que nous lui laissons à l’intérieur de nous. Paul écrit, en effet : « Christ vit en moi… », et non pas « à ma place » ; car le « moi » existe bien, en soulignant ici qu’il ne s’agit pas du « moi charnel », mais de notre être profond, c’est-à-dire de l’être intérieur, que l’Esprit de Jésus habite, après l’avoir régénéré. Le fait de naître de nouveau et de devenir une « nouvelle créature » en Christ résulte de la rencontre de ce qui est d’en bas avec ce qui vient d’En-Haut, c’est-à-dire, avec ce qui, à l’intérieur de nous, a été transformé en recevant la Nature spirituelle de Celui qui est ressuscité et assis dans les lieux célestes, ainsi que l’écrit l’apôtre Paul aux Colossiens : « Dieu a voulu par Christ réconcilier tout avec lui-même, tant ce qui est sur la terre que ce qui est dans les cieux, en faisant la paix par lui, par le sang de sa croix… » Col 1:20.

  La nature des « choses terrestres » n’est évidemment pas la même que celles des « choses célestes » ; et, cependant, ces choses sont appelées à se rencontrer, non pas en dehors de Christ, mais en lui, dans l’Incarnation, ainsi que l’écrit Paul aux Corinthiens : « Dieu était en Christ, réconciliant le monde avec lui-même, en n’imputant point aux hommes leurs offenses, en mettant en nous la parole de la réconciliation… » II Cor 5:19. C’est donc en Christ que se rencontrent ce qui est en nous, et ce qui Est en Lui par la purification de notre cœur par le Sang de Jésus d’où naît spirituellement la transformation intérieure. Notre état spirituellement « informe et vide », c’est-à-dire, « sans Christ, sans Dieu et sans espérance dans le monde … » Eph 2:12, connut le salut et la fructueuse expérience d’ « éprouver les douleurs de l’enfantement, jusqu’à ce que Christ soit formé en nous… » Gal 4:19.