Archives de catégorie : Jean

M4 – PLUS GUÈRE …

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  « Et maintenant je vous ai dit ces choses avant qu’elles arrivent, afin que, lorsqu’elles arriveront, vous croyiez. Je ne parlerai plus guère avec vous, car le prince du monde vient. Il n’a rien en moi… » Jean 14:29-30.

  Étonnante, cette parole de Jésus dans un tel moment de Sa vie si lourd de conséquences. Sa vie terrestre touche à sa fin, les disciples pressentent qu’ils vont au devant d’un grand dénouement et ils n’osent L’interroger, ne leur a-t-il pas dit : « Je ne parlerai plus guère avec vous … ! ». En face de ces événements sur le point d’arriver, est-ce vraiment le moment de se taire ? Ne faut-il pas plutôt affermir l’âme, fortifier la foi ? Ceci nous étonne profondément, car s’il est un temps où les disciples, tenant compte de ce qui va arriver à Jésus comme à eux-mêmes, ont besoin d’entendre l’exhortation de la Parole de Dieu, c’est bien en un temps comme celui-ci.

  Avec l’aide du Seigneur, sondons les raisons divines de Ses « paroles en suspens » ; elles proviennent de Sa connaissance profonde des sentiments et des pensées des cœurs et elles répondent à l’attitude des incroyants comme à celles des croyants. C’est donc à l’égard de nous-mêmes que nous demanderons au Seigneur pourquoi ne parle-t-Il plus guère aujourd’hui. Comprenons-nous bien, ce n’est pas à dire que Dieu soit devenu muet et qu’Il n’ait plus rien à dire, ou encore, que l’Esprit-Saint n’ait plus de révélation ou de profondeur à nous communiquer, bien au contraire ! Si Dieu ne parle plus guère, c’est parce qu’on ne l’écoute plus guère ! C’est en raison du manque de faculté spirituelle à saisir les vérités divines. Rares sont les âmes qui recherchent, méditent, dévorent la Parole incorruptible de Dieu, alors que, d’un autre coté, l’activité effervescente de l’évangélisation est de plus en plus grande, ce dont nous nous réjouissons ; mais c’est là un signe annoncé dans les derniers temps.

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M5 – RABBI, MANGE …

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  « Venez voir un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait ; ne serait-ce pas le Christ ? Ils sortirent de la ville, et ils vinrent vers lui. Pendant ce temps, les disciples le pressaient de manger, disant : Rabbi, mange… ! » Jean 4:29-31.

  Pendant que chaque trait des paroles de Jésus illumine le cœur de la Samaritaine, les disciples reviennent avec leurs provisions de la ville de Sychar. Jésus est ému de voir les profondeurs de la Vérité pénétrer cette femme à la vie légère. Le Messie et la délivrance venant de lui être révélés, elle s’en retourne à la ville témoigner de ce qu’elle a reçu, et, dans sa hâte, elle en laisse sa cruche auprès du puits. Jésus tressaille en son esprit de ce que cette femme non-juive a saisi ce que des docteurs et des scribes à Jérusalem n’ont pas compris.

  Pendant ce temps, les disciples, se tenant là, pressaient Jésus de prendre son repas. « Rabbi, mange… ! » Ces paroles arrachent Jésus à ses pensées. Peut-on demander chose plus déplacée en un tel moment ? Ce ne peut être que quelqu’un qui ne connaisse pas Jésus, des personnes qui ne soient pas accoutumées à voir Jésus abimé dans une méditation profonde ou qui ne sachent pas ce que c’est que de boire ces paroles ! Non point ! Ce sont tout simplement ses propres disciples qui ont faim et parce qu’ils veulent manger, ils estiment que Jésus doit aussi avoir faim comme eux ! Ils viennent de rompre la méditation de Jésus qui leur répond : « J’ai à manger une nourriture que vous ne connaissez pas. Ma nourriture est de faire la volonté de Celui qui m’a envoyé, et d’accomplir son œuvre… » Jean 4:32-34.

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M7 – À QUI IRIONS-NOUS … ?

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  « Jésus donc dit au douze : Et vous, ne voulez-vous pas aussi vous en aller ? Simon Pierre lui répondit : Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle. Et nous avons cru et nous avons connu que tu es le Christ, le Saint de Dieu… » Jean 6:67-69.

  Jésus venait de soulever le voile sur quelques mystères du Royaume de Dieu à ceux qui L’entouraient et, dit l’Écriture « dès ce moment, plusieurs de ses disciples, se retirèrent, et ils n’allaient plus avec Lui … » Jean 6:66. Ce qui est répréhensible, ce n’est pas de ne pas comprendre, mais de ne pas chercher à comprendre ! Jésus ne juge pas nécessaire de courir après eux pour s’expliquer davantage, car Il sait que ce qu’Il dit est suffisant à ceux qui doivent comprendre comme pour ceux qui ne comprennent pas ou qui ne veulent pas comprendre.

  Les disciples, se tenant devant Jésus, Celui-ci les met à l’épreuve : « … Ne voulez-vous pas aussi vous en aller… ? ». Contrairement à ce que feraient certains conducteurs qui considèrent les âmes comme un bien propre, Jésus, au lieu de conserver le peu qui lui reste, les invite à ne pas se croire obligés de demeurer avec Lui, si eux aussi n’ont pas compris ! Jésus prend le risque de tout perdre dans le dessein de mettre au grand jour ce qui se tient dans le fond des cœurs à son égard. « … Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle… », s’exclame Pierre, au nom de tous. L’on découvre, dans la suite, que les disciples n’ont pas plus compris que ceux qui se sont retirés, ceci se révèle lors de leurs entretiens avec le Seigneur. Cependant, ils ne partent pas, ils restent. Ils n’ont pas saisi les paroles, mais ils ont été saisis par la Vie spirituelle dont Ses paroles sont chargées, ainsi que par la dimension éternelle qu’elles leur font entrevoir. Jésus ne dit-Il pas aux Juifs : « Vous sondez les Écritures, parce que vous pensez avoir en elles la vie éternelle : ce sont elles qui rendent témoignage de moi. Et vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie… » Jean 5:39-40.

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M8 – SI VOUS ÉTIEZ AVEUGLES …

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  « Quelques pharisiens qui étaient avec lui, ayant entendu ces paroles, lui dirent : Nous aussi, sommes-nous aveugles ? Jésus leur répondit : Si vous étiez aveugles, vous n’auriez pas de péché. Mais maintenant vous dites : Nous voyons. C’est pour cela que votre péché subsiste… » Jean 9:40-41.

  « Si vous étiez aveugles… ». C’est ici la seule fois dans les Écritures où nous voyons Jésus souhaiter à des âmes d’être aveugles, et cela pour leur bien ! Il ne s’adresse pas ici à des publicains ou à des gens de mauvaise vie, mais à des pharisiens, qui « passent pour être vivants, et qui sont morts… » Apo 3:1, et qui, comme d’autres personne avec l’esprit religieux des propres justes dans les temps à venir, posent donc cette question : « Et nous aussi, sommes-nous aveugles… ? » Question inutile, puisqu’ils sont persuadés de voir, et le malheur pour eux, vient précisément du fait qu’ils ne se savent pas aveugles. C’est la raison pour laquelle les pharisiens ne sont pas capables d’enseigner la Loi sans orgueil et sans hypocrisie, ni de la pratiquer avec la justice et la miséricorde. Il y aurait plus d’espoir pour de telles âmes à se reconnaître aveugles, car, à partir de leurs ténèbres, elles distingueraient la Lumière et y aspireraient !

  Jésus dit : « L’œil est la lampe du corps. Si ton œil est en bon état, tout ton corps sera éclairé ; mais si ton œil est en mauvais état, tout ton corps sera dans les ténèbres. Si donc la lumière qui est en toi est ténèbres, combien seront grandes ces ténèbres… ! » Matt 6:22-23. Ainsi, en celui qui croit voir, il se révèle que ses propres lumières proviennent de ses ténèbres intérieures, ténèbres qui sont ses propres pensées, par lesquelles il conçoit humainement les choses spirituelles. Aussi, le Seigneur agit-il de manière à ce que l’âme voit d’abord ses propres ténèbres, afin de discerner la vraie Lumière. Car ici se révèle une des voies mystérieuses de l’Esprit-Saint opérant dans les cœurs, en ce que, jamais, la vraie Lumière n’ « éclaire » les fausses lumières, sans avoir auparavant convaincu celles-ci de ténèbres, alors seulement, la vraie Lumière triomphe de ses ténèbres. Il en est de même pour ce qui concerne la connaissance : l’on peut connaitre Christ le mieux et le plus bibliquement possible et, cependant, n’en retirer ni transformation ni approfondissement faute de se connaitre soi-même par Lui et en Lui ! Seule, la connaissance de soi révélée par la connaissance de Dieu nous pousse à Sa ressemblance. Car nous apprenons qui Il est, et qui nous sommes nous-mêmes devant Lui, comme aussi ce que nous ne sommes pas ! Ce face à face de notre petitesse et de la Sainteté de son Amour nous jette à Ses pieds, et c’est dans cette disposition intérieure que Sa Vérité nous affranchit et nous transforme à Son Image.

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M10 – DE SON CHEF …

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  « Si quelqu’un veut faire sa volonté, il connaîtra si ma doctrine est de Dieu, ou si je parle de mon chef. Celui qui parle de son chef cherche sa propre gloire ; mais celui qui cherche la gloire de celui qui l’a envoyé, celui-là est vrai, et il n’y a point d’injustice en lui… » Jean 7:17-18.

  L’Israélite pieux qui voulait suivre la Parole de Jésus s’apercevait qu’il demeurait dans l’enseignement de l’Éternel, son Dieu, et que la Loi était confirmée. Si Jésus avait parlé de son propre chef, Il n’aurait pas cherché la Gloire de Son Père, mais la Sienne. Au travers des Écritures, la Personne de Jésus se révèle, à la fois, une et extraordinairement diverse. Ce Seigneur est « le Fils de l’homme, qui a sur la terre le pouvoir de pardonner les péchés… » Matt 9:6, et « le Chef de l’Église, qui est son corps, et dont Il est le Sauveur… » Eph 5:23, et encore Celui « qui soutient toutes choses par sa parole puissante… » Héb 1:3. Jésus, Fils de l’Homme, révèle une telle humilité, qu’Il ne put la manifester qu’en tant que Fils Unique venu de Dieu. Jésus, animé de cette pensée, laisse entrevoir le combat permanent et constamment vainqueur sur la tentation  «  sur les hommes lui demandant d’être leur roi… » Jean 6:15, comme sur la tentative vaine de Satan de l’amener  à  « être  égal  avec  Dieu… » Phil 2:6.

  Certes Jésus, en ne parlant pas de son propre chef, n’en a pas été réduit à « réciter » les paroles de Moïse, des Prophètes et des Psaumes, mais Il les a accomplies et révélées pour nous les graver dans l’esprit et dans le cœur par Son Esprit. Jésus s’est exprimé, à maintes reprises, par ces termes : « Vous avez entendu qu’il a été dit aux anciens… Mais moi, je vous dis que… » Matt 5:21, 22. En parlant de la sorte, Jésus ne défait pas la Loi, Il la parfait ; et, par Sa vie, Sa mort et Sa Résurrection, Il nous a rendus capables de l’accomplir par la force qui vient de Lui. C’est aussi dans le but de révéler, à la fois, plus ouvertement et plus intimement les Mystères de Dieu, que Jésus dit aux apôtres : « J’ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais vous ne pouvez pas les porter maintenant… » Jean 16:12. Avant que l’Esprit ne fût reçu dans les cœurs, Jésus savait que s’Il en avait dit davantage sur Ses Origines et les Profondeurs de Dieu, les uns se seraient attachés à Lui comme à un sage,  comme à un ange, et non comme à un Sauveur, ce qu’Il est avant tout ! Jésus savait cela ! Les huissiers venus pour L’arrêter, n’ont-ils pas dit : « Jamais homme n’a parlé comme cet homme… ? » Jean 7:46, et Ils ne L’ont pas arrêté. Tandis que ses adversaires, aveuglés et jaloux, en se hâtant de faire disparaître Jésus, auraient ainsi précipité l’heure et le lieu de sa mort ; ce que, d’ailleurs, recherchait Satan afin d’annuler le Plan de Dieu, qui a fixé toutes choses à l’avance, et le lieu et l’heure, en vue de leur pleine efficacité. Nous saisissons ici le sens profond des paroles du Sage : « Ne sois pas juste à l’excès, et ne te montre pas trop sage : pourquoi te détruirais-tu… ? »  Ecc 7:16.

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