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MYSTÈRES – 22 …

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« Il vous a été donné de connaître les mystères du Royaume des cieux… »

Matt 13 :11.

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 Marcher face au vent sous les rafales de pluie, parmi les éclairs, sursautant à chaque coup de tonnerre… est une expérience par laquelle nous prenons conscience de notre petitesse en ce monde… et, d’autant plus, de celle que nous sommes dans l’espace infini… Ainsi le temps, silencieux ou bruyant, calme ou agité qui nous entoure, influe sur nous… et selon les circonstances, soit nous rassure et nous apaise, soit nous inquiète ou nous trouble… Cependant, le « mauvais temps » peut être aussi précieux que le « temps serein » dans la nature, comme dans notre existence… tels le temps des bénédictions et le temps des épreuves portant, l’un comme l’autre, des fruits éternels dans nos vies…

  Un temps « mauvais » en vue d’un « bien » en cette vie ? Cela semble contradictoire… Cependant dans ce domaine, comme dans une multitude d’autres, bien des choses ici-bas connues ou vécues comme étant désagréables ou même douloureuses… peuvent se révéler être une « voix » qui nous parle… Voix parfois mystérieuse, au sujet de laquelle, non seulement les paroles, mais même les « silences » éclairent notre compréhension spirituelle… Par la Parole de Dieu, reçue « selon l’Esprit » et non « selon la lettre qui tue » … nous ne cessons d’apprendre, par l’Esprit, que les problèmes les plus divers… aussi bien ceux apparemment semblables… sont toujours spirituellement traités de manières diverses… De là l’ « Esprit de révélation », lequel éclaire ce qui nous est inconnu… non chez les autres, mais d’abord en nous-mêmes…

  Je fus donc intérieurement conduit à rechercher, non seulement la Parole, mais la Pensée de Dieu habitant Sa Parole… Je me sentis alors comme en suspens au-dedans de moi… Qui suis-je, me dis-je, pour en saisir l’insondable profondeur, qui dépasse l’espace intérieur de mon âme ? … À cet instant un éclair traversa les cieux… le fracas du tonnerre s’en suivit… le grondement ébranla le sol, puis peu à peu s’éteignit… Étrangement un silence, une sorte de quiétude régna… Et, comme si une porte silencieusement avait tourné sur ses gonds, je ressentis intérieurement une ouverture… Je fus alors saisi d’une crainte silencieuse… ressentie comme annonçant une approche de la Présence de l’Esprit…

  À cet instant me vint à l’esprit cette question de Jésus « Qui dites-vous que je suis ? » … et à laquelle Pierre, d’entre tous les disciples, répondit « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant » … Ce à quoi Jésus « leur recommanda sévèrement de ne le dire à personne » … Ce fut une révélation de l’Esprit, mais, à ce moment-là, celle-ci n’avait pas encore entièrement transformé intérieurement des disciples… En effet, il est possible de connaître des Vérités de la Parole de Dieu… sans être encore, bien que rachetés par Lui, totalement « transformés à Son image » … Car le but de connaître n’est pas de « savoir » seulement, mais d’être devenu semblable à ce que l’on connaît… Et ceci par la Vie divine qui émane de la Parole reçue en nous… et nous engendre à la ressemblance de celle-ci… Parole, tel un miroir devant lequel nous apprenons à nous connaître nous-mêmes… et à nous laisser être éclairés et transformés par elle…

  Combien grande est la Bonté de Jésus à l’égard de ceux qui, tout en n’ayant pas encore saisi Ses Paroles, pensent les avoir comprises ! … La patience du Seigneur à notre égard est aussi grande que Son Amour… Or, Sa Patience déjà se manifesta lors de la rencontre dans le temple, alors qu’Il était « enfant » ayant l’âge de douze ans… En effet, « Assis au milieu même des docteurs de la Loi, les écoutant, et les interrogeant » … « tous ceux qui l’entendirent furent frappés de son intelligence et de ses réponses » … Et ceci, jusqu’à ce moment particulier où Jésus dit à sa mère et à son père terrestre… qui, pendant trois jours l’avaient cherché avec angoisse… « Ne saviez-vous pas qu’il faut que je m’occupe des affaires de mon Père ? » … Étonnantes et bouleversantes paroles de la part de Jésus à ce moment-là… Ce qui ne fut pas sans marquer profondément Marie, Sa mère… au point que dès lors, intimement, celle-ci « garda toutes ces choses dans son cœur » …

  Ainsi, lors de cet entretien dans le temple, se manifesta déjà le Caractère divin de Jésus aux yeux des docteurs la loi… et, par là même, aux yeux de Marie et de Joseph, à qui devait être révélé au temps fixé ce qu’ils ne pouvaient alors comprendre… Ceci n’empêcha pas, rapporte alors l’Écriture, que Jésus « leur était soumis » … Annoncé par les prophètes depuis les temps anciens, Jésus se révéla être dans la suite des temps « le chemin, la vérité et la vie » … Or, en tant que disciple, certes imparfait, je découvris que les œuvres puissantes de la Parole… semblent dépasser le « sens » même des termes dans lesquels la Parole nous les a exprimées… C’est-à-dire qu’au travers des événements de la vie, que nous traversons, nous sommes portés par Dieu à ce à quoi Il nous a destinés… mais ceci infiniment « au-delà de ce que nous pensons » …

  Les intempéries révélant donc les « traits de caractère » de la nature… la diversité des saisons peut être comparée à la diversité spirituelle des états et des besoins de notre âme… Ainsi, les temps particuliers de recherche spirituelle font ressortir certains traits, qui nous apprennent plus encore… sur nous-mêmes… En même temps, je réalisai qu’en soupirant après la Présence vivifiante de Dieu, notre âme, en quelque sorte, aspire à ce qui la « dépasse » … Et c’est là justement ce qui la transforme… transformation résultant de l’œuvre accomplie par la Parole… « gravant » sur des « tables de chair », sur notre cœur, l’ « Image » du Fils de Dieu…

  Aussi sommes-nous donc exhortés à nous soumettre à la Grâce de Dieu qui nous transforme… Or, cette transformation n’est comprise qu’en discernant la différence entre ce qui est « charnel » et ce qui est « naturel » … Car ce qui est « naturel » est bien souvent traité de la même manière que ce qui est « charnel », alors que les deux réalités ne sont pas à mettre sur le même plan… Que l’on soit appelé à vaincre ce qui est charnel en nous est une évidence de première nécessité, … Mais ce qui est naturel, et qui constitue, justement, l’être unique que chacun de nous est… n’est pas appelé à « disparaître », mais à être « transformé » d’En-Haut… sinon il s’ensuivrait que l’on « n’existerait » plus en tant que personne même… 

  La Parole de Dieu reçue en nous est Vie, sinon elle ne serait qu’une parole stérile, « inanimée » Aussi l’Esprit nous donne-t-il d’autant plus la soif d’approfondir cette Parole, ainsi que l’exprima le Psalmiste, disant… « Ce ne sont pas là des Paroles dont le son ne soit point entendu ; au contraire, leur retentissement parcourt toute la terre, leurs accents vont jusqu’aux extrémités du monde » … C’est ici l’écho de la Parole créatrice dans l’espace… mais combien plus retentit-elle dans l’espace « intérieur » de notre âme… Et ceci par le son, le retentissement, les accents mêmes de cette Parole… non pas au-delà, mais au-dedans de nous… au plus intime de nous-mêmes, là où la Parole reçue s’imprime en nous… jusqu’à devenir intérieurement nous-mêmes, dit l’Écriture « une lettre de Christ » …

  À cet instant, traversant les cieux, un éclair sillonna… le tonnerre retentit dans la vallée, roulant jusqu’au-delà de l’horizon… Levant les regards, je vis peu à peu apparaître le ciel d’un bleu pur… je sentis mon être comme faisant partie du silence qui s’en suivit… Silence dans lequel l’ « écho » de la Parole résonna, vivifiant en moi la réalité de l’éternité… de cette Vie éternelle porteuse des richesses d’En-Haut… lesquelles déjà, en tant que promesses, sont présentes, maintenant et pour toujours… au-dedans de nous…