Archives par mot-clé : Certitude

LES MYSTÈRES – 20 …

Format PDF

« Il vous a été donné de connaître les mystères du Royaume des cieux… »

Matt 13 :11.

———————————

  Le soleil peu à peu déclinait… le jour baissa… la pénombre amplifia les lieux traversés, les bosquets rencontrés semblèrent des forêts, les coteaux apparurent comme des montagnes… Mes pensées, mes aspirations s’approfondirent… Je réalisai que les choses connues en contenaient elles-mêmes d’autres, encore inconnues… Certes, les vérités déjà reçues, une vie et même plusieurs ne sauraient être suffisantes pour en pénétrer les sens cachés… En effet, des profondeurs jaillissent des vérités nouvelles, vivantes… dans lesquelles l’Esprit-Saint nous invite à pénétrer, et, surtout, à être nous-mêmes pénétrés par elles…

  Tout en pensant aux choses de cette vie, je mesurai combien les mots et les expressions pouvaient être différents selon les origines, les langues, les traditions religieuses… De même, le Nom de « Dieu », nommé dans les langues étrangères, présente une grande diversité de sens… comme il en est de l’âme et de l’esprit dont les termes équivalents ne se trouvent pas être exactement les mêmes… Mais que retentisse la Parole inspirée, et déjà l’Esprit de Dieu œuvre à l’intérieur de nous… Alors notre âme s’éveille au temps où… après maintes expériences parfois douloureuses de la vie… naissent dans nos cœurs des aspirations spirituelles… auxquelles répond, à son heure, la Parole de Dieu révélée en nous…

  Je fus toujours frappé de constater que, après avoir reçu la Révélation de la Parole… celle-ci nous appelle à rechercher sans cesse les profondeurs de l’Esprit-Saint… Je pris conscience de la soif spirituelle de découvrir et de redécouvrir ce qui est « surnaturel » de l’Esprit… parmi les choses quotidiennes mêmes de cette vie… L’Esprit fit donc naître spirituellement en moi un autre « moi-même » … habité d’une aspiration constante aux choses célestes… et ceci malgré les faiblesses que je discernai en moi, mais appelées à être transformées en leur contraire par la Puissance libératrice d’en haut… Ceci me révéla combien chacun de nous est cher au cœur du Fils de Dieu… qui nous introduisit dans la communion avec Dieu, Son Père, devenu dès lors notre Père… Lequel nous fit naître de nouveau, imprimant en nous la destination éternelle à laquelle Il nous appela… 

  Traversé par toutes les pensées que me suscitèrent ces réflexions, j’arrêtai mes pas… et là, dans le silence, j’élevai les yeux parcourant le faîte des collines délicatement éclairées par l’astre de la nuit… Alors surgirent en mon esprit ces paroles de Jésus à Nicodème « le vent souffle où il veut, et tu en entends le bruit ; mais tu ne sais d’où il vient, ni où il va. Il en est ainsi de tout homme qui est né de l’Esprit » … « Naître de l’Esprit » … appelé à un tel Dessein de Dieu… comment serait-il possible de ne point aspirer au « souffle » de Son Esprit, dont justement l’on « entend le bruit » … Que ce bruit se révèle comme un « vent puissant », un « son doux et léger » ou un « souffle subtil » … l’essentiel est que le son intime de la Voix de la Parole soit intérieurement entendu… et que cette Parole, en se révélant à nous, devienne « Vie » en nous… 

  « Comment cela peut-il se faire ? » s’interrogea donc Nicodème, le docteur de la loi… à qui Jésus répondit « ce qui est né de la chair est chair, ce qui est né de l’Esprit est esprit » … Paroles dont la profondeur ne peut être saisie que par l’Esprit… En effet, le passage de la compréhension selon la chair à la compréhension selon l’Esprit se reçoit en nous par la voie nouvelle et vivante de Christ… Et ceci au travers du voile de Sa chair crucifiée… laquelle, crucifiant notre chair, ouvrit notre esprit à la compréhension spirituelle et de la Parole de Dieu… et de nous-mêmes…

  Les vérités, non seulement connues, mais vécues par l’Esprit-Saint ont ceci de particulier qu’elles parlent et « résonnent » au-dedans de nous… Elles se répercutent, car elles vivent, se renouvellent et renouvellent l’âme qui les a reçues… S’il nous arrivait de ne pas avoir le souvenir de certaines Grâces reçues en leur temps, les réalités célestes, étant de la nature immortelle de l’Esprit, demeurent à toujours présentes en nous… Ainsi, nos oublis mêmes ne sauraient effacer ni perdre en notre âme la présence impérissable des choses divines… car ce qui, en nous, a été transformé par l’action de l’Esprit-Saint est ce qui, de nous, appartient à l’éternité…

  Passant devant l’astre lunaire, quelques nuages laissèrent entrevoir de temps à autre le paysage sous la douce clarté… moments favorisant la recherche de l’intimité de la Présence de Dieu… dans laquelle, en cet instant, s’imprima en moi d’une façon particulière la certitude de la Parole et les vérités vivifiantes qui la constituent… Ce qui est certitude est inébranlable, mais ce qui est inébranlable en Dieu n’a pas le même sens ni n’est de la même nature que chez l’homme… Ce qui est inébranlable dans la pensée de l’homme tend par nature à s’immobiliser, à devenir « figé » … et, finalement, à être l’inverse de ce qui est vivant… alors que ce qui est inébranlable selon l’Esprit de Dieu… vit, se meut, s’accroît en nous… jusqu’à la Plénitude…

  Je découvris que la force de notre assurance est celle de la Parole même… C’est d’ailleurs là une des définitions de la foi… Or, la fidélité dans la pensée de l’homme, au lieu d’être une fermeté spirituelle, consiste souvent en une « rigidité » d’esprit… c’est-à-dire une attitude, non pas « spirituelle », mais étonnamment « mentale » … Combien, en effet, de certitudes, de convictions considérées comme spirituelles, alors qu’elles ne relèvent que du domaine « mental » … prenant pour l’Esprit divin une assurance qui n’est qu’une démarche de l’esprit humain… Je compris alors que l’attachement légaliste à la Parole n’est de même qu’une fidélité « mentale » … Le légalisme, précisément, révélant l’absence intérieure de la Présence de l’Esprit… tandis qu’une âme fidèle dans l’Esprit est celle qui a reçu la Vie et la Vision de Celui-là même en qui elle s’est confiée…

  Tout en cheminant dans la nuit, les ombres aux tournants du sentier semblaient receler quelques présences… Etrangement, ceci parut avoir une certaine relation avec les réflexions habitant mon esprit à ce moment-là… Car la Parole reçue par l’Esprit-Saint, tout en étant Lumière, est combien obscure à notre propre intelligence… Car ce n’est qu’en notre esprit régénéré, par l’Esprit de Dieu, que s’éclaire la Parole… C’est alors, non seulement par la Parole, mais par la Révélation de celle-ci, que la Parole est devenue « Présence » en nous… Présence vivifiante de cette Parole venue en la personne de Christ… Présence insondable révélant la Plénitude divine… de laquelle nous naquîmes à la Vie éternelle… Parvenu à cette cime spirituelle, était-il encore possible d’en exprimer la Profondeur ? … alors qu’elle remplit l’« espace spirituel » illimité de notre cœur…

  Dans le silence de la nuit, l’astre nocturne tantôt éclairé, tantôt obscurci par les nuées, voilant et dévoilant le paysage de sa lueur orange… ne cessait de révéler les aspects mouvants de la nature… Plus encore, je me surpris, louant Dieu de la Grâce et des Richesses de la nouvelle « création » spirituelle que nous devînmes en Jésus… attendant et aspirant, comme aussi soupire la création présente, à la « révélation des fils de Dieu » dont nous sommes… et ceci tout en recherchant les « choses d’en-haut » … dont les « prémices » spirituelles sont déjà présentes en nos cœurs…