Archives par mot-clé : Astre du jour

LES MYSTÈRES – 24 …

Format PDF

« Il vous a été donné de connaître les mystères du Royaume des cieux… »

Matt 13 :11.

———————————

  Mon regard avait peine à se détacher de la voûte céleste au sein de laquelle présidait l’astre de la nuit, irradiant l’espace de sa couleur or… Aussi, je me mis à penser, comment, en tant qu’êtres humains, nous représentons-nous le « monde » céleste ? … Le pensons-nous comme étant une grande étendue transparente dans l’espace… en laquelle la lumière de l’astre du jour se diffuse et sur les êtres et sur les choses ? … Or, ce qui nous est le plus proche, et même de plus intime, tout en dépassant notre compréhension limitée, est la Présence divine… Présence de Dieu que l’on ne saurait situer, car au-delà de toutes choses… sauf en nous-mêmes… dans cette relation vivante, vivifiante dont Dieu est la source par l’Esprit-Saint… Et ceci à l’image de l’amour, ici-bas, qui naît dans cette relation mystérieuse de la rencontre intime de deux êtres…

  Ceci nous conduit à comprendre que l’amour naît d’abord de la relation de deux personnes… Toute créature aime, et à besoin d’être aimée par une autre. Ainsi, les personnes ressentent l’amour entre elles, non seulement en esprit et en pensée, mais aussi parce qu’elles sont… un corps… C’est de même dans une chair sanctifiée que l’homme vit et ressent l’Amour divin, étant de nature différente de l’amour des créatures entre elles… Dieu, dans Son amour pour nous justement, manifesta ce qu’Il n’est pas… en quelque sorte « Créature » Lui-même… et ceci, pendant un temps limité, par le revêtement d’une chair sainte… Ainsi, Dieu se révéla-t-Il « en chair » … en la Personne de Son « Fils », qui fut « la Parole faite chair habitant parmi nous pleine de Grâce et de vérité »

  Le Plan de Dieu fut donc d’être revêtu d’une chair afin de se présenter aux créatures, sinon l’Amour divin nous serait resté inconnu… Or le Dessein de Dieu à l’égard des hommes fut, d’invisible qu’Il est, de devenir visible… d’incorporel, de devenir tangible… d’où la nécessité inéluctable du prodige surnaturel de Dieu… en la Personne de Jésus en tant que « Fils incarné » de Dieu… Dans cette incarnation Jésus fut, non seulement le « premier-créé », mais le « Premier-né » de la création… En Son Fils, Jésus, le « Créateur » se présenta comme « Créature » … ainsi que le dit l’Écriture « Le mystère de la piété est grand : Celui qui a été manifesté en chair » … « Mystère caché de tout temps et dans tous les âges, mais révélé maintenant à ses saints » …

  Alors que je méditais sur ces choses, je fis une halte, qui me permit de sonder les profondeurs… À la clarté lunaire, j’aperçus un arbre dont le tronc particulier attira mon regard… un tronc massif, noueux, dont les branches au feuillage dense promettaient, la saison venue, des fruits abondants… Ceci inspira qu’il n’est aucune Révélation divine sans « tronc » prophétique à la « sève » spirituelle, qui l’annonce… C’est alors que ces paroles du prophète se rappelèrent à mon esprit « un rameau sortira du tronc d’Isaï, un rejeton naîtra de ses racines » … Un rejeton « naîtra », un rameau « sortira » … des reins « d’Isaï » … Dans ce monde, dans cette vie déjà, toute parole, tout être, toute chose, tout événement découlent de ce qui les précède… or ce qui est antérieur appartient au temps… Aussi, seul ce qui n’appartient pas au temps, ni au présent ni au passé ni au futur… révèle Dieu, qui est éternel…

  « Jésus, en tant que ressuscité, est-il écrit, retourna « dans le sein du Père » … Dès lors, l’Esprit-Saint en nous « perpétua » la présence de la Vie et de la Pensée de Jésus… En même temps que les vies transformées, les miracles et les prodiges… le travail intérieur de l’Esprit est cependant invisible… car il manifesta, ici-bas, non seulement ce que « fit » Jésus, mais ce qu’Il « fut », et, dès lors, dans ce qu’Il est en Personne dans notre vie… Or, Jésus, en tant que Fils, avait-Il besoin de ces moments d’intercession, de supplication devant Dieu, Son Père, dans la Présence duquel Sa communion était constante et parfaite ? … Et ceci non point seulement pour Lui-même, mais pour ceux qui l’écoutaient et auxquels Il dit alors « Si je ne fais pas les œuvres de mon Père, ne me croyez pas. Mais si je les fais, quand même vous ne me croiriez point, croyez à ces œuvres… afin que vous sachiez et reconnaissiez que le Père est en moi et que je suis dans le Père » … 

  Combien insondable est donc la Manifestation de Jésus… À l’écoute de Sa voix, les plus simples Paroles révèlent leur profondeur… rendues compréhensibles par l’Esprit-Saint, par lequel Jésus, depuis lors, se révèle intérieurement à Ses rachetés… Ce n’est pas à force d’explications que les vérités s’éclairent en nous… Les Parole, reçues par le Saint-Esprit à notre esprit, s’adressent au-delà de notre intelligence… dans notre être profond… Nous avons la connaissance de la Parole écrite… et la Puissance spirituelle de la Parole se révèle en nous par la puissance transformatrice… des vérités œuvrant à l’intérieur de nous… 

  Lors du dernier repas, Pierre fit signe à Jean de demander à Jésus, qui était celui qui, d’entre eux, Le livrerait ? … À ce moment-là, l’apôtre Jean, « couché sur le sein de Jésus » … et « s’étant penché sur sa poitrine », dit à Jésus « Seigneur, qui est-ce ? » … Une telle intimité avec Jésus est à même d’éclairer la profondeur de la communion spirituelle entre le Sauveur et Jean… Certes, il pourrait sembler, eu égard aux autres apôtres, qu’il eût été sage d’éviter une telle proximité qui pût susciter de l’ombrage de ne pas avoir une relation « privilégiée » avec le Maître… Or, Jésus nous donne de porter nos regards et nos pensées au-delà des considérations humaines… et de vivre et de penser avec cette maturité spirituelle de notre état d’« homme fait » dans la foi… D’ailleurs, en certaines circonstances, la relation spirituelle à laquelle Jésus appelle… parfois étonne, bouleverse ceux-là mêmes qu’éclaire Sa profonde et pénétrante Parole…

   À la lumière de ces réflexions, je constatai que, parfois, ce que je crus connaître m’empêcha de comprendre droitement… En effet, c’est lorsque nous pensons avoir « appris » une vérité, sans avoir pris le temps de l’approfondir… et donc d’être approfondis par elle… que nous la « désapprenons » … La preuve spirituelle que nous appartenons à la vérité est de lui être devenus spirituellement semblables… Et, chose étrange parfois, notre propre chair, contre elle-même d’ailleurs, nous y aide… en ce que nous sommes incités d’autant plus à la combattre… c’est-à-dire contre tout ce à quoi cette chair s’oppose à la Vie de l’Esprit… 

  Ainsi, nous ne pouvons saisir que le commencement du mystère en ce qui concerna le combat de Jésus dans Son corps de chair… Car, ayant vécu nos « limitations » dans une Humanité exempte de péché… Jésus ne le fit pas en Esprit seulement, mais dans Son Corps… Nous-mêmes, nous apprîmes de Lui que c’est en tenant « assujetti » ce corps… notre corps… qu’il nous est permis de gagner la « couronne de vie » … Aussi est-ce, paradoxalement, dans ce corps, plutôt que hors de lui que nous recevons la force et le zèle de le combattre, afin d’« obtenir la couronne de justice » … Je réalisai donc plus encore la place que tient notre corps dans l’œuvre de la Grâce… en ce que, à la résurrection des morts, ce même corps « semé corruptible, ressuscite incorruptible » … « semé méprisable, ressuscite glorieux » …

  À ce moment parurent les premières lueurs de l’aube… je m’arrêtai alors et ne pus que faire monter des actions de grâces mêlées aux premiers rayons du soleil levant… Je ne pus séparer cette lumière, qui allait éclairer une fois encore l’horizon… de la Lumière spirituelle d’En-Haut, certes invisible, mais infiniment plus éclatante en nos cœurs… et qui ne s’éteint jamais… Car ce qui, continuellement, est éclairé au-dedans de nous… l’est par l’aspiration au Royaume tant attendu, céleste, éternel… auquel, déjà, nous appartenons…