M45 – EN PARABOLES …

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« Les disciples s’approchèrent, et lui dirent : Pourquoi leur parles-tu en paraboles ? Jésus leur répondit : Parce qu’il vous a été donné de connaître les mystères du royaume des cieux, et que cela ne leur a pas été donné. Car on donnera à celui qui a, et il sera dans l’abondance, mais à celui qui n’a pas on ôtera même ce qu’il a. C’est pourquoi je leur parle en paraboles, parce qu’en voyant ils ne voient point, et qu’en entendant ils n’entendent ni ne comprennent… »  Matt 13:10-13.

Aux chrétiens de Corinthe, l’apôtre Paul écrit : « Je connais un homme en Christ, qui fut, il y a quatorze ans, ravi jusqu’au troisième ciel (si ce fut dans son corps je ne sais, si ce fut hors de son corps je ne sais, Dieu le sait). Et je sais que cet homme (si ce fut dans son corps ou sans son corps je ne sais, Dieu le sait) fut enlevé dans le paradis, et qu’il entendit des paroles ineffables qu’il n’est pas permis à un homme d’exprimer… » II Cor 12:2-4. Ces paroles inexprimables ne sont qu’un aperçu de toutes celles que Jésus révéla dans l’Évangile, et par Son Esprit jusqu’à nous. Elles sont « ineffables » parce que célestes, aussi ne peuvent-elles nous être communiquées sans être traduites en paraboles, car notre intelligence naturelle n’est pas à même de les comprendre. La Lumière de cette Sagesse et de ces Vérités, au lieu de nous éclairer, nous brûlerait ; le son de leur Voix, au lieu de nous appeler, nous ferait fuir ; et l’intensité de leur Vie nous ferait mourir au lieu de nous vivifier. Jésus utilise, alors, des paraboles, c’est-à-dire, des comparaisons, expliquant les choses célestes par des images, tels que la « porte », le « filet de pêche », ou le « trésor caché ».

A la question des disciples, Jésus répond donc qu’ici s’accomplit la prophétie d’Ésaïe : « Vous entendrez de vos oreilles, et vous ne comprendrez point ; vous regarderez de vos yeux, et vous ne verrez point. Car le cœur de ce peuple est devenu insensible ; ils ont endurci leurs oreilles, et ils ont fermé leurs yeux, de peur qu’ils ne voient de leurs yeux, qu’ils n’entendent de leurs oreilles, qu’ils ne comprennent de leur cœur, qu’ils ne se convertissent, et que je ne les guérisse. Mais heureux sont vos yeux, parce qu’ils voient, et vos oreilles, parce qu’elles entendent… » Matt 13:14-15. Cette manière prophétique de prêcher est pleinement accomplie par Jésus. Et si aux uns les paraboles permettent de voir, de comprendre les choses de Dieu, de se convertir et d’être sauvés, tandis qu’aux autres ces mêmes paraboles bouchent leurs oreilles, ferment leurs yeux et endurcissent leur cœur, c’est parce qu’en ces derniers l’écoute de la Parole confirme l’incrédulité qui les habite, et que Jésus connaît. L’Écriture déclare que « le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu… » Luc 19:10, mais Il est aussi « … venu dans ce monde pour un jugement, pour que ceux qui ne voient point voient, et que ceux qui voient deviennent aveugles… » Jean 9:39. Le but de l’Évangile est la prédication du Salut ; son fruit, ce sont des âmes sauvées, mais les âmes, qui n’ont pas cru, témoignent elles aussi de la véracité de la prédication du Royaume des cieux. Le côté « négatif » n’est pas un échec de la Bonne Nouvelle, c’est également un résultat au même titre que le fruit qui en est le positif.

Nous aimerions, il est vrai, saisir les choses célestes elles-mêmes plutôt que les images de celles-ci, afin de connaître les Voies et les Desseins de Dieu d’une manière, pensons-nous, plus claires. C’est ici que la Parole de Jésus à Nicodème nous révèle le pourquoi des paraboles. Ce grand docteur de la Loi ignorait tout de la manière d’entrer dans le Royaume de Dieu en « naissant de nouveau » par l’Esprit de Dieu, et se demanda « comment un homme peut-il naître quand il est vieux ? Peut-il rentrer dans le sein de sa mère et (re)naître… ? » Jean 3:4. Aussi, Jésus qui lui enseignait au sujet de la « nouvelle naissance », lui dit : « Si vous ne croyez pas quand je vous ai parlé des choses terrestres, comment croirez-vous quand je vous parlerai des choses célestes… » Jean 3:12.

Lors du dernier entretien que Jésus eut avec ses disciples, avant d’entrer dans le jardin de Gethsémané, ceux-ci lui dirent : « Voici, maintenant tu parles ouvertement, et tu n’emploies aucune parabole. Maintenant nous savons que tu sais toutes choses, et que tu n’as pas besoin que personne ne t’interroge ; c’est pourquoi nous croyons que tu es sorti de Dieu. Jésus leur répondit : Vous croyez maintenant… » Jean 16:29-31. Ceci est prophétique, beaucoup d’événements précédant le départ de Jésus se retrouveront dans le temps précédant l’Enlèvement de l’Église. Une révélation particulière est donnée à ce moment-là aux rachetés en vue de se tenir prêts pour le Dessein final de Dieu. Aux saints d’aujourd’hui, l’Esprit communique également la Parole en paraboles et en images, mais aussi, de plus en plus, en un « langage intérieur », par le témoignage de Son Esprit à notre esprit. Et ceci, non comme recevant la Parole comme une « eau canalisée », mais par l’inspiration de l’Esprit, par une ondée spirituelle telle que les cieux la distille.

L’Esprit de révélation nous révèle, nous dévoile les paraboles, il retire à la Vérité son voile. Par l’Esprit nous passons de la représentation des choses célestes à leurs réalités, nous entrons dans la transparence du « Rocher (invisible) des siècles » qui est Christ. La révélation nous redonne le sens et la profondeur des choses divines, en en restituant la Pensée originelle telle qu’elle est sortie du Conseil de Dieu Lui-même. Tout ceci s’opère au-dedans de nous et, cela étant en nous, c’est notre vie, et c’est nous-mêmes, qui devenons une parabole pour tous ceux qui nous entourent jusqu’au jour où, dépouillés de notre nature terrestre, nous verrons le Seigneur sans mystère, sans voile parce que nous serons semblables à Lui.

L’Écriture nous révèle l’attitude des disciples entre l’ouverture des paraboles et le moment où Jésus a été arrêté au milieu d’eux. Après avoir donc entendu Ses disciples dirent qu’Il « leur parle ouvertement, en n’employant aucune parabole », Jésus leur dit : « Voici, l’heure vient, et elle est déjà venue, où vous serez dispersés chacun de son côté, et où vous me laisserez seul ; mais je ne suis pas seul, car le Père est avec moi… » Jean 16:32. Cette connaissance révélée ne les gardera-t-elle pas à ce moment-là ? Si assurément, car, pour nous également, elle a la puissance de nous éclairer sur les choses de Dieu et sur celles à venir, et de nourrir notre foi qui nous aidera à surmonter ce que nous croyons devoir arriver. Ce que Jésus nous révèle ici a un but précis: nous tenir dans l’humilité. Il nous montre que la connaissance ne saurait être sans la foi, qui seule la rend efficace, de même que la foi ne saurait être sans la connaissance, qui donne le discernement de ce en quoi nous pouvons précisément nous confier.

Jésus dit : « Celui qui m’a vu a vu le Père… » Jean 14:9. Nous sommes appelés à voir en Jésus « Le Père qui est en Lui… » ; de même, par l’Esprit, nous sommes appelés à « voir » dans la Parole Celui qui l’a inspirée, à apercevoir au travers des images terrestres les choses célestes. Jésus est la « Parole faite chair venue parmi nous » et, dans Sa Chair, Jésus est l’Unique Parole incarnée, « Parabole Vivante » de Dieu. Ainsi, les enseignements de la Parole par l’Esprit nous éclairent les choses de Dieu au-delà de ses représentations. La révélation des paraboles ouvre notre esprit, lequel, à son tour, ouvre notre cœur et nos yeux, et nous savons que les yeux ouverts, dans ces temps que nous vivons, ont besoin de beaucoup de foi. Alors l’Esprit du Seigneur rend « transparentes » les paraboles, ainsi que ce qu’il nous est donné de savoir des événements heureux et douloureux de notre vie, afin que nous percevions au travers de ces choses le Sens de la Parole, l’Intention et le Dessein éternel de Dieu.