M37 – OUI …

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    «  Le Royaume des cieux est encore semblable à un filet jeté dans la mer et ramassant des poissons de toute espèce. Quand il est rempli, les pêcheurs le tirent ; et, après s’être assis sur le rivage, ils mettent dans des vases ce qui est bon, et ils jettent ce qui est mauvais. Il en sera de même à la fin du monde. Les anges viendront séparer les méchants d’avec les justes, et ils les jetteront dans la fournaise ardente, où il y aura des pleurs et des grincements de dents. Avez-vous compris toutes ces choses ?  – Oui, répondirent-ils. Et Il leur dit: c’est pourquoi, tout scribe instruit de ce qui regarde le Royaume des cieux est semblable à un maître de maison qui tire de son trésor des choses nouvelles et des choses anciennes… » Matt 13:47-52.

   Après avoir apporté cette parabole, ainsi que celles qui la précèdent, Jésus demande à ses disciples s’ils les ont comprises ? Tous répondent : « oui » ! Ils comprennent, évidemment, les images terrestres qui présentent les réalités célestes; ils savent, bien-sûr, ce qu’est une semence, un trésor caché, une perle précieuse ou un filet de pêche. Mais leur « oui » est trop prompt pour qu’il soit profond… ! Il est plus facile de dire oui à ce que l’on entend, que de le comprendre vraiment.

    Les disciples sont attentifs aux paroles de Grâce qui sortent de la bouche de Jésus. Ils aiment leur doux Maître, et leur « oui »  est sincère; mais dans quelle pensée, dans quel sentiment le lui disent-ils ? Est-ce pour Lui manifester qu’ils aiment et comprennent Son enseignement ? Est-ce pour ne pas Lui déplaire, ou pour l’inciter à parler encore… ? Mais Jésus s’arrête parce qu’il connaît ses disciples, il connaît  leurs cœurs, comme aussi « notre » cœur… !  Dans une tout autre  circonstance,   lors  de  la  fête  de   Pâque  à  Jérusalem, « … plusieurs crurent en son nom, voyant les miracles qu’il faisait. Mais Jésus ne se fiait point à eux, parce qu’il les connaissait tous, et parce qu’il n’avait pas besoin qu’on lui rendît témoignage d’aucun homme ; car il savait lui-même ce qui était dans l’homme… »  Jean 2:23-25. II en est souvent ainsi de l’attitude des hommes en face de la Parole de Dieu. Jésus, en effet, sait mieux que l’homme lui-même, de quelle manière celui-ci croit en Lui et Le comprend. La Vérité n’est affranchissante que par la compréhension spirituelle de celle-ci, et il n’y a pas de compréhension libératrice sans le brisement du « moi ». La Parole de Dieu, dans le cœur, ne retentit pas seulement au moment où on l’entend, mais elle proclame sans cesse la présence de la Vie de Christ en nous. Dieu nous communique Sa Vie par le moyen de Sa Parole, puis, une fois en nous, Sa Parole redevient Vie, telle qu’elle l’est en Dieu, et à l’éternité duquel elle nous fait participer.

   L’Écriture dit : « La foi vient de ce qu’on entend, et ce qu’on entend vient de la Parole de Christ… » Rom 10:17. Ce qui est donc Parole à l’oreille, devient foi dans le cœur ! C’est, par la foi, la transformation mystérieuse de la Voix de Dieu en puissance de Vie dans le racheté.  Aussi, notre lecture, notre méditation des Écritures n’est-elle affranchissante et fructueuse que lorsque, en nous, « l’homme intérieur » l’entend. Ainsi, être frappé par la Parole de Dieu, c’est l’entendre de notre oreille intérieure. Répondre : « Oui », c’est reconnaître cet ébranlement intérieur qui indique « … le changement de choses ébranlées, comme étant faites pour un temps, afin que  les choses inébranlables subsistent… » Héb 12:27.

    Voici une parabole : tout en causant, trois personnes voient une colombe se poser devant eux. Quelle est donc leur première pensée en la voyant ? A quelle image, à quel usage  correspond-elle pour eux, en eux ? La première personne prend la parole et dit : bien assaisonnée, ce serait une chair exquise ! La deuxième s’exclame : oh, quel plumage immaculé ! La troisième s’exprime, en disant : elle m’évoque la descente de l’Esprit-saint, sous forme de colombe s’arrêtant sur Jésus ! Ces différentes appréciations indiquent ce qui habite l’âme, révélant, ainsi, la véritable nature de chacun. Une inclination charnelle dans la première personne, une vue superficielle dans la deuxième, et une profondeur spirituelle dans la troisième. La colombe, c’est l’Esprit-Saint, qui révèle notre position intérieure, notre identité en face de Jésus. Tout est colombe dans la Parole, dans les choses de Dieu ; et, de la manière dont nous comprenons les choses, nous pouvons comprendre ce que nous sommes. En ce qui concerne les Profondeurs de Dieu, il se révèle que les choses dont l’homme spirituel se réjouit, ennuient l’homme charnel, et, par contre, celles dont l’homme charnel se réjouit attristent l’homme spirituel. Ainsi, la nature des choses que nous aimons révèle la nature de ce que nous sommes.

  Jésus dit : « … Tout scribe instruit de ce qui regarde le Royaume des cieux est semblable à un maître de maison qui tire de son trésor des choses nouvelles et des choses anciennes… » Matt 13:52. Tout homme spirituel tire donc, de son trésor,  des choses anciennes et nouvelles. Ces choses anciennes sont celles de la Parole écrite que nous possédons, et ces choses nouvelles en sont les révélations reçues selon les temps et les besoins particuliers de l’âme de chacun de nous.  Ainsi, d’une part, dit l’Écriture, nous recevons, « … toute grâce excellente et tout don parfait qui descendent d’en-haut, du Père des lumières… » Jac 1:17 et de l’autre, Jésus dit que celui qui est instruit du Royaume des cieux tire aussi de son trésor des choses spirituelles. Mais de quel trésor s’agit-il ? Il consiste en un « fond spirituel » reçu à notre « nouvelle naissance » et qui s’enrichit de jour en jour. C’est « … ce bon dépôt qui, par le Saint-Esprit, habite en nous…  » dont parle l’Apôtre Paul, II Tim 1:14. Nous recevons donc des choses spirituelles venant d’en haut, et d’autres que nous tirons de ce trésor, ici-bas. Non pas quelque chose venant de nous-mêmes, de notre moi, mais venant de ce que Dieu a déposé dans notre cœur régénéré, et cela, dès le commencement de notre salut par la Grâce. Ces richesses intérieures, nous en prenons connaissance, et y puisons tout au long de notre vie spirituelle.

   Par son Sang, Jésus, qui nous a lavés et tracé le chemin qui nous mène à Dieu, permet donc à ces choses intérieures d’être réunies à celles qui sont dans les lieux célestes, où Christ est ressuscité et d’où II nous bénit. Un événement vécu dans l’Écriture nous éclaire cette riche et profonde vérité. Acsa, la fille de Caleb, demande à son père, qu’en plus du champ qu’il lui a donné à son mariage, il lui donne aussi des sources d’eaux. Et il lui donna « … les sources supérieures et les sources inférieures… » Josué 15:19. Le champ sans source ne lui suffit pas ; Acsa désire que les eaux de la terre s’unissent aux eaux du ciel, afin que celles-ci  l’arrosent et la fassent fructifier. Ainsi, par Christ, il y a des ressources en nous, parce que nos sources sont en Lui. Les paraboles des choses terrestres et les réalités célestes concourent pour éclairer notre esprit et notre vie. Le « oui » de notre cœur régénéré témoigne de la rencontre de la Révélation de l’Esprit avec nos aspirations inspirées par elle. C’est le « oui » intérieur d’une compréhension selon Dieu, et d’une œuvre accomplie par Lui. En ceci éclate le Dessein d’amour et de fidélité du Seigneur, et notre joie d’appartenir à Sa nature divine.