M35 – PAR LA FOLIE …

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     « Car puisque le monde, avec sa sagesse, n’a point connu Dieu dans la sagesse de Dieu, il a plu à Dieu de sauver les croyants par la folie de la prédication. Les Juifs demandent des miracles et les Grecs cherchent la sagesse: nous, nous prêchons Christ crucifié ; scandale pour les Juifs et folie pour les païens, mais puissance de Dieu et sagesse de Dieu pour ceux qui sont appelés, tant Juifs que Grecs. Car la folie de Dieu est plus sage que les hommes, et la faiblesse de Dieu est plus forte que les hommes… » I Cor 1:21-25.

   La Sagesse de Dieu ne nous enlève pas notre intelligence, elle la « détruit » en la transformant. « Nous renversons les raisonnements et toute hauteur qui s’élève contre la connaissance de Dieu, écrit l’apôtre Paul, et nous amenons toute pensée captive à l’obéissance de Christ… » II Cor 10 5. Notre pensée ainsi capturée, qui faisait écran entre Dieu et nous, ombrageant notre âme, permet à notre âme maintenant de recevoir la lumière du Mystère de Christ. Elle comprend alors d’où elle vient, qui elle est, et où elle va. Christ a dit : « … Je sais d’où je suis venu et où je vais… Si Dieu était votre Père, vous m’aimeriez, car c’est de Dieu que je suis sorti et que je viens… » Jean 8:14 et 42. Ainsi  par la révélation de l’Esprit, les choses que l’âme connaît de Jésus sont aussi celles qu’elle connaît d’elle-même. Elle comprend pourquoi elle est venue, ce qu’elle est pour Dieu et en Lui, et ce qu’elle sera avec Lui pour toujours.

   La Sagesse de Dieu est une folie sans la révélation de la croix dans notre vie. Si nous pouvions croire « naturellement » les choses de Dieu, l’Adversaire aurait toujours la possibilité de nous faire douter de nos propres facultés. En face de l’Amour, de la Justice, du Salut, l’homme pourrait ne pas « en croire ses yeux » ni « ses oreilles » et, ainsi, d’autant plus douter de Dieu puisque doutant de lui-même. Il faut donc quelque chose, en même temps, de plus grand que nous et de plus intime. C’est le témoignage de la foi, ce témoignage intérieur de l’Esprit-saint. « L’Esprit lui-même, dit l’Écriture, rend témoignage à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu… » Rom 8:16. Cette révélation n’est pas communiquée à notre intelligence humaine, qui est un support faillible et périssable, mais à notre esprit, oint de l’Esprit de révélation qu’il reçoit du Seigneur. C’est ce qui produit en nous, dit l’Écriture « la transformation par le renouvellement de l’intelligence, afin que vous discerniez quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, agréable et parfait… » Rom 12:2.

   Quelle est la part des souffrances et des épreuves dans la compréhension selon la Sagesse du Seigneur ? Elle est grande en effet, et il n’y a pas une sorte de croyants qui savent et ne font qu’apprendre, et une autre sorte qui, seulement, agissent et n’ont pas le temps de s’approfondir !  Toutes choses sont liées et sont en travail spirituel d’enfantement dans l’âme qui veut spirituellement grandir dans le Seigneur et Le servir. « Les Juifs demandent des miracles et les Grecs cherchent la sagesse ; mais nous, écrit Paul, nous prêchons Christ crucifié… ». Le scandale de la croix est la folie de la prédication, sans elle, aucune rédemption ni nouvelle naissance. Jésus est la Sagesse de Dieu, et c’est par la souffrance que Jésus « la Parole faite chair » nous sauve. Cette Sagesse est une folie, et il ne nous est pas possible de la comprendre sans être brisés nous-mêmes, c’est-à-dire, conscients et convaincus de notre petitesse devant l’immensité de la Grâce et du Don de Dieu pour nous. « Avant d’avoir été humilié, dit le psalmiste, je m’égarais; maintenant j’observe ta Parole… » Ps 119:67.

   De même que Jésus dut souffrir pour donner force et de lumière à Sa Sagesse, de même nos épreuves et nos tribulations, comme nos faiblesses, nous façonnent à la comprendre. Jésus crucifié, le voile déchiré de Sa chair est devenu en nous le voile déchiré des yeux de notre cœur, qui alors voient « … resplendir la connaissance de la gloire de Dieu sur la face de Christ… » II Cor 4:6. La folie de la prédication de la croix est la Sagesse qui sauve notre âme. Cette folie de l’Évangile ne signifie pas que l’Évangile est incohérent, mais impénétrable sans la révélation de la foi. « … Cette grâce m’a été accordée, écrit Paul, d’annoncer aux païens les richesses incompréhensibles de Christ … » Eph 3:8, et ce sont là « … ces choses que l’œil n’a point vues, que l’oreille n’a point entendues, et qui ne sont point montées au cœur de l’homme, des choses que Dieu a préparées pour ceux qui l’aiment… » I Cor 2:9-10.

   «  Si quelqu’un parmi vous pense être sage selon ce siècle, écrit Paul, qu’il devienne fou, afin de devenir sage… » I Cor 3:18. Sous prétexte de rendre compréhensibles les choses de Dieu à tous, l’on n’accepte pas l’opprobre d’être « fou » pour Christ aux yeux du monde, comme aussi aux yeux des croyants « raisonnables », c’est-à-dire, des « sages mondains ». Il ne s’agit évidemment pas ici du manque de sagesse, ou de l’étroitesse d’esprit, choses pour lesquelles l’on doit demander au Seigneur de nous pardonner, ni de cette attitude qui recherche à bien représenter ce que l’on croit, mais en s’adaptant à la manière de penser du monde ou des milieux religieux. Paul écrit: « Nous sommes, en effet, pour Dieu la bonne odeur de Christ, parmi ceux qui sont sauvés et parmi ceux qui périssent : aux uns, une odeur de mort, donnant la mort ; aux autres, une odeur de vie, donnant la vie… » II Cor 2:15-16. Dieu nous aidera à accepter d’être pour certaines personnes une « odeur de mort », ou une « odeur de vie ».  Il ne s’agit pas ici des sentiments divers que peuvent nous inspirer les uns et les autres, mais de la Vérité dans l’Amour pour les âmes selon leur attitude face à l’Esprit de la Parole au dedans de nous. Nous sommes, chacun de nous, une « odeur de Christ », une « fleur de Christ ». Elle a toujours le même parfum, la même Parole d’Amour, mais selon celui qui la sent, elle se révèle soit vivifiante, soit mortelle. Notre témoignage est toujours le même, il est Sagesse pour ceux qui croient et folie pour ceux qui ne croient pas. La Charité dans la Vérité nous conduit à savoir marcher dans ce chemin et à le faire connaître, car son but en est la vie éternelle.

   « La sagesse d’en-haut, écrit Jacques, est premièrement pure, ensuite pacifique, modérée, conciliante, pleine de miséricorde et de bons fruits, exempte de duplicité, d’hypocrisie… » Jac 3:17. C’est parce qu’elle est « d’en-haut » que cette  « Sagesse » est « folie » lorsqu’elle est comprise d’ « en bas ». Car elle est d’une autre origine, des cieux, aussi est-ce par l’Esprit de Dieu de qui elle procède, que nous pouvons la comprendre, être sauvés, éclairés et délivrés.

    Nous vivons des temps de savantes analyses sur l’homme, sa vie et son âme. Mais cette âme, déjà fragile et instable, après l’avoir ainsi « démontée » et étudiée pièce par pièce, il se trouve que l’on n’arrive plus à la « remettre » selon la Pensée de Dieu. Il s’ensuit alors que la confusion de l’homme est plus grande qu’au temps où il en savait moins sur la complexité de son âme. Certes, il est salutaire de connaître son mal, mais non de mal se connaître. Il n’y a qu’en Christ, et que par Lui que l’on se connaît vraiment. Car, par soi-même, l’on se voit toujours, soit au-dessus, soit au-dessous de ce que l’on est. Seul, Jésus nous connaît et ce qu’il sait de nous, II nous le révèle par Son Esprit dans Sa Parole et. En face de notre folie, de nos luttes comme de nos tristesses, le Seigneur ne nous laisse pas sans secours. Sa Parole éclairante et opérante œuvre patiemment, puissamment et nous accorde des victoires sur nous-mêmes, et ces choses nous occupent toute la vie. En même temps, Jésus sépare ce qui est mélangé en nous, et réconcilie ce qui est désuni. IL nous unit à Dieu et nous affermit en Lui et notre reconnaissance monte vers Jésus pour son Œuvre toute de compassion et de fidélité envers nous !