M327 – LE MYSTÈRE DE DIEU …

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    « Je veux, en effet, que vous sachiez combien est grand le combat que je soutiens pour vous, et pour ceux qui sont à Laodicée, et pour tous ceux qui n’ont pas vu mon visage en la chair, afin qu’ils aient le cœur rempli de consolation, qu’ils soient unis dans la charité, et enrichis d’une pleine intelligence pour connaître le mystère de Dieu, savoir Christ, mystère dans lequel sont cachés tous les trésors de la sagesse et de la science… ! » Col 2:1-3

   Le mystère évoque ce qui est obscur, sacré ou occulte, comme aussi ce qui est caché et réservé aux initiés, ou que les initiés veulent rendre tel. Le mystère a ceci de particulier qu’il est aussi un élément de domination en ce qu’il exerce sur les hommes fascination ou crainte. Or, il n’en est pas ainsi du « Mystère de Dieu », non plus que des « Mystères du Royaume des cieux » Matt 13:11. En effet, le « Mystère de Dieu » réside dans le fait que telle connaissance, ou le sens de celle-ci, demeure cachée, en attendant le jour ou elle sera révélée. C’est ce que l’Écriture exprime par les « Richesses incompréhensibles de Christ… » Eph 3:8, qui ne le sont plus, « incompréhensibles », lorsqu’elles ont été rendues compréhensibles  par l’Esprit-Saint qui éclaire la Parole de l’intérieur, et à l’intérieur de nous … !

   Le « Mystère de Dieu » n’est donc pas un langage ou un écrit caché, ni un message secret, mais le silence d’une connaissance spirituelle jusqu’au temps où elle est révélée à ceux à qui elle a été réservée. Le prophète Moïse déclara au peuple hébreu dans le désert : « Les choses cachées sont à l’Éternel, notre Dieu ; les choses révélées sont à nous et à nos enfants, à perpétuité, afin que nous mettions en pratique toutes les paroles de cette loi… » Deut 29:29. En ce qui concerne l’Évangile, Jésus, interrogé par le souverain sacrificateur sur Ses disciples et sur Son Enseignement, répondit : « J’ai parlé ouvertement au monde ; j’ai toujours enseigné dans la synagogue et dans le temple, où tous les Juifs s’assemblent, et je n’ai rien dit en secret… » Jean 18:20. De même, l’apôtre Paul, montant à Jérusalem et s’adressant aux anciens de l’Église d’Éphèse venus auprès de lui à Milet, leur dit : « Je vous ai annoncé tout le conseil de Dieu, sans en rien cacher… » Act 20:27. Plus tard à Césarée, s’adressant au gouverneur Festus, au sujet  du roi Hérode également présent, l’apôtre dit : « Le roi est instruit de ces choses, et je lui en parle librement ; car je suis persuadé qu’il n’en ignore aucune, puisque ce n’est pas en cachette qu’elles se sont passées… » Act 26:26. « Je n’ai rien dit en secret… », « Tout le conseil de Dieu sans en rien cacher… », « ce n’est pas en cachette qu’elles se sont passées… », loin d’être donc un langage ésotérique, suscitant l’attrait du mystère qui conduit à l’illusion et à la confusion, la Révélation du « Mystère de Dieu » est communicable à tous ceux qui, par l’Esprit de Dieu, recherchent avec un cœur pur la Lumière de la vie… !

   Dans cette même pensée, l’apôtre Paul écrit aux Corinthiens : «  …  Nous prêchons la sagesse de Dieu, mystérieuse et cachée, que Dieu, avant les siècles, avait destinée pour notre gloire, sagesse qu’aucun des chefs de ce siècle n’a connue, car, s’ils l’eussent connue, ils n’auraient pas crucifié le Seigneur de gloire… » I Cor 2: 7-8. Sachant lui-même par quelle Voie divine le « Mystère de l’Évangile » se révéla à son esprit et à son cœur, l’apôtre Paul, s’adressant aux Éphésiens au sujet de la Grâce de Dieu qu’il leur fit connaître, écrit : « C’est par révélation que j’ai eu connaissance du mystère sur lequel je viens d’écrire en peu de mots. En les lisant, vous pouvez vous représenter l’intelligence que j’ai du mystère de Christ… » Eph 3:3-4 Pénétré du « Mystère de Dieu », et pénétrant toujours plus dans Ses Profondeurs, Paul écrit au sujet de la « Parole de Dieu » qu’elle est « le mystère caché de tout temps et dans tous les âges, mais révélé maintenant à ses saints, à qui Dieu a voulu faire connaître quelle est la glorieuse richesse de ce mystère parmi les païens, savoir : Christ en vous, l’espérance de la gloire… » Col 1:26-27. Le « Mystère de Dieu » est « Christ », et, non seulement « en Christ », mais « Christ en nous… » ! Le « Mystère » est donc, non seulement la découverte d’une connaissance, ou d’une vérité qui s’ajoute à d’autres, mais la découverte de la Personne de Christ à l’intérieur de la Parole de Dieu ! Le « Mystère de Dieu », autre qu’une « connaissance » religieuse, est l’Esprit de révélation qui, en vivifiant la Parole, la fait devenir en nous  Présence de Christ ! Car le « Mystère de Dieu », loin de se tenir à distance de nous, nous unit, par Jésus-Christ, à tout ce qui est à l’intérieur de Lui… !

  Dieu, dit l’Écriture, est « un Dieu qui se cache… » Ésaïe 45:15, et devant qui se cache-t-Il ? Devant l’homme qui Le réduit à l’idée ou à l’image qu’il s’est faite de Lui. Or, ce n’est pas Dieu qui est à notre image, mais nous qui avons été faits à l’image de Dieu, image combien altérée, il est vrai, à cause du péché. Ce qui est caché de Dieu est donc le « Mystère » que Jésus-Christ nous révèle. Et ce « Mystère » se compose de tous les Trésors inépuisables de la Sagesse et de la Connaissance divines que la Parole exprime. Ainsi, ce qui est caché de Dieu, comme ce qui est caché en Dieu, l’Esprit le dévoile à nos yeux spirituels, avec, pour effet, de transformer notre vie de l’intérieur, manifestant, entre autres, les perfections dont l’apôtre Pierre écrit : « A cause de cela même, faites tous vos efforts pour joindre à votre foi la vertu, à la vertu la science, à la science la tempérance, à la tempérance la patience, à la patience la piété, à la piété l’amour fraternel, à l’amour fraternel la charité. Car si ces choses sont en vous, et y sont avec abondance, elles ne vous laisseront point oisifs ni stériles pour la connaissance de notre seigneur Jésus-Christ… » I Pier 1:5-8. Les Trésors de la Sagesse de Dieu sont donc contenus dans Sa Parole, dont l’Esprit-Saint « extrait » les vérités qui nous communiquent les Vertus de la Vie divine… !

   L’Éternel, annonçant par Jérémie les Promesses de la Rédemption à Israël, dit au prophète : « Invoque-moi, et je te répondrai ; je t’annoncerai de grandes choses, des choses cachées, que tu ne connais pas… » Jér 33:3. Bien que les égarements du peuple d’Israël eussent toujours pour cause la désobéissance, les mêmes Appels à la repentance de la part de Dieu retentirent comme étant toujours nouveaux aux oreilles des générations qui se succédaient. De même, l’Esprit inspira les prédications et les Épîtres de l’apôtre Paul suivant la diversité des besoins et des faiblesses de chaque église en particulier. La profondeur des « Mystères » réside donc dans le fait de renfermer des révélations exprimant la « sagesse infiniment variée de Dieu », car il y a autant de sens reçus qu’il y a de personnes différentes, et autant de compréhensions particulières qu’il y a de besoins spécifiques à chaque croyant. Le prophète Jean dit au sujet de Jésus : « Celui que Dieu a envoyé dit les paroles de Dieu, parce que Dieu ne lui donne pas l’Esprit avec mesure… » Jean 3:34, aussi Jésus déclara-t-Il : « … je n’ai point parlé de moi-même ; mais le Père, qui m’a envoyé, m’a prescrit lui-même ce que je dois dire et annoncer » …  « C’est pourquoi les choses que je dis, je les dis comme le Père me les a dites… » Jean 12:49-50. Ainsi, contrairement à nous qui sommes si différents les uns des autres, Jésus, parce qu’Il a dit : « Moi et le Père nous sommes un… » Jean 10:30, non seulement dit les Paroles que le Père lui avait « prescrites », mais Il les dit « comme », c’est-à-dire de « la même manière » que Son Père les lui avait dites. C’est donc par l’aspiration et l’Inspiration de l’Esprit, qui concourent à rechercher cette intimité entre le Père céleste et Jésus Son Fils, que nous est révélée la Vérité vivante qui, en nous éclairant, nous affranchit de nos obscurités qu’elle dissipe… !

  L’Écriture comprend beaucoup de « Mystères » en ce qui concerne Dieu comme en ce qui concerne l’homme, tels que le « Mystère de Sa Volonté » Eph 1:9, le « Mystère de la foi », et le « Mystère de la piété » I Tim 3:9, 16. Le « Mystère » est donc d’être incompréhensible à l’intelligence humaine dans le seul but d’aspirer à ne comprendre la Parole que par l’Esprit, qui, seul, l’éclaire, nous convainc et nous transforme. Car si l’homme comprenait avec sa propre intelligence, il aurait certes une connaissance du salut, mais sans être sauvé ; une connaissance du pardon, mais sans être pardonné ; une connaissance de la foi, mais sans être croyant ; une connaissance de la vérité, mais sans être affranchi par elle. Plus grande même serait sa connaissance de la Vie divine et plus il demeurerait spirituellement étranger à cette Vie ! Jésus s’adressant aux Juifs, dit : « Vous sondez les Écritures, parce que vous pensez avoir en elle la vie éternelle : ce sont elles qui rendent témoignage de moi.  Et vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie… » Jean 5:39-40. L’état d’esprit dans lequel ils sondaient la Parole ne leur permettait pas de découvrir la « vie en elle », car, c’est seulement en recevant la Parole de Dieu ointe de l’Esprit que nous recevons la vie spirituelle, dont la Parole est chargée ! Ainsi, Dieu, en nous révélant par Christ une part du  « Mystère » qu’Il est, révèle en même temps le mystère que nous étions nous-mêmes, ainsi que la nouvelle créature, née par Son Esprit, que nous sommes devenus en Lui… !