M325 – PAR QUELLE PARABOLE … ?

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  « Il dit encore : A quoi comparerons-nous le royaume de Dieu, ou par quelle parabole le représenterons-nous ? Il est semblable à un grain de sénevé, qui, lorsqu’on le sème, est la plus petite de toutes les semences qui sont sur la terre ; mais, lorsqu’il a été semé, il monte, devient plus grand que tous les légumes, et pousse de grandes branches, en sorte que les oiseaux du ciel peuvent habiter sous son ombre. C’est par beaucoup de paraboles de ce genre qu’il leur annonçait la parole, selon qu’ils étaient capables de l’entendre. Il ne leur parlait point sans parabole ; mais, en particulier, il expliquait tout à ses disciples… ! » Marc 4:30-34

   Il est d’usage dans les pays d’orient, depuis les anciens temps et jusqu’à nos jours, de s’exprimer en Paraboles, c’est-à-dire, par comparaisons, par images. Les prophètes anciens ont parlé de cette manière à Israël, ainsi que l’exprime Osée, le prophète, disant : « Et moi, je suis l’Éternel, ton Dieu, dès le pays d’Égypte ; je te ferai encore habiter sous des tentes, comme aux jours de fêtes. J’ai parlé aux prophètes, j’ai multiplié les visions, et par les prophètes j’ai proposé des paraboles… » Os 12:10-11. Ce fut donc, parmi beaucoup d’autres, la Parabole du « plan de vigne délicieux », mais qui produisit de « mauvais fruits » Esa 5:1-2 ; la Parabole de la « chaudière pleine de rouille » Ezé 24:6, ou encore celle de la « ceinture enfouie qui était gâtée » Jér 13:7. Et ceci jusqu’aux Paraboles de l’Évangile, par lesquelles Jésus faisait en sorte que toute âme comprît clairement ce qu’Il  leur révélait de leur propre vie, qu’elle l’accepte ou non… !

   La parabole est donc une illustration de la Pensée de Dieu, ainsi que l’enseignait Jésus, qui, rapporte l’Écriture, « disait à la foule toutes ces choses en paraboles, il ne lui parlait point sans parabole, afin que s’accomplît ce qui avait été annoncé par le prophète : J’ouvrirai ma bouche en paraboles, je publierai des choses cachées depuis la création du monde… » Matt 13:34-35 Ces « choses cachées depuis la création du monde » étaient, non seulement inexprimées, mais inexprimables, et, parce qu’elles l’étaient justement, il était donc nécessaire qu’elles fussent publiées sous forme d’images. Ceci s’éclaire encore par ces Paroles de Jésus, disant : « A quoi comparerons-nous le Royaume de Dieu ou par quelle parabole le représenterons-nous… ? » Marc 4:30. Ces paroles font ressortir, en effet, le soin que Jésus mettait à communiquer Sa Parole, et, par elle, à se communiquer Lui-même à ceux auxquels Il ouvrait l’esprit à Sa Pensée, et cela jusqu’à aujourd’hui. Ainsi, l’Enseignement de Jésus se traduisait par un langage imagé, afin de pouvoir être saisi. Car si la pensée silencieuse se fait « entendre » par le moyen du langage et les choses invisibles sont exprimées en mots pour les rendre « visibles », les Vérités divines sont, elles, traduites en Paraboles, qui nous conduisent de l’image de la Parole au message intérieur de celle-ci que l’Esprit nous dévoile… !

  Jésus annonça la Parabole du « semeur », dont Il dit qu’une partie de la semence tomba sur quatre terrains différents : un terrain tassé, un sol pierreux, un terrain envahi d’épines et une bonne terre qui donna du fruit : Marc 4:3-8. Puis « lorsqu’il fut en particulier, ceux qui l’entouraient avec les douze l’interrogèrent sur les paraboles… », et Jésus leur répondit : « Vous ne comprenez pas cette parabole ? Comment donc comprendrez-vous toutes les paraboles… ? » Marc 4:13. La compréhension de cette Parabole du semeur et de la semence se présente, en quelque sorte, comme une Parabole-type ouvrant notre esprit à la compréhension spirituelle des autres Paraboles que Jésus apporta, en nous en révélant les richesses spirituelles. La sollicitude de Jésus dans son enseignement se manifestait par le fait que c’était « par beaucoup de paraboles de ce genre qu’il leur annonçait la parole, selon qu’ils étaient capables de l’entendre. Il ne leur parlait point sans parabole ; mais en particulier, il expliquait tout à ses disciples… » Marc 4:33-34. La prédication de Jésus se faisait donc souvent en deux temps : d’abord la proclamation en public au moyen des Paraboles compréhensibles pour la plupart, puis la révélation de celles-ci dans l’intimité de Jésus à tous ceux qui, ayant soif de la révélation de la Parole, soupirent à en connaître les profondeurs. En fait, la démarche de passer du public à l’intimité du Maître manifeste l’aspiration de passer de l’image naturelle au message spirituel que la Parabole révèle ! L’ouverture spirituelle  dans notre cœur par les Paraboles façonne notre esprit à saisir le sens des Écritures… !

  Mais voici qu’une chose paradoxale éclate ici. Aux disciples qui lui avaient dit : « Pourquoi leur parles-tu en paraboles ? » Jésus répondit : « Parce qu’il vous été donné de connaître les mystères du Royaume des cieux, et que cela ne leur a pas été donné. Car on donnera à celui qui a, et il sera dans l’abondance, mais à celui qui n’a pas on ôtera même ce qu’il a. C’est pourquoi je leur parle en paraboles, parce qu’en voyant ils ne voient point, et qu’en entendant ils n’entendent ni ne comprennent. Et pour eux s’accomplit cette prophétie d’Ésaïe : Vous entendrez de vos oreilles, et vous ne comprendrez point ; vous regarderez de vos yeux, et vous ne verrez point. Car le cœur de ce peuple est devenu insensible ; ils ont endurci leurs oreilles, et ils ont fermé leurs yeux, de peur qu’ils ne voient de leurs yeux, qu’ils n’entendent de leurs oreilles, qu’ils ne comprennent de leur cœur, qu’ils ne se convertissent et que je ne les guérisse. Mais heureux sont vos yeux, parce qu’ils voient, et vos oreilles parce qu’elles entendent… » Matt 13:10-16. Il ressort de ces paroles particulières que l’incrédule l’est, non parce qu’il ne comprend pas, mais parce qu’il a, au contraire, parfaitement compris ce qu’il ne veut pas croire ! Par exemple, l’Écriture dit qu’après avoir entendu parler Jésus au sujet de la « pierre qu’ont rejetée ceux qui bâtissaient, et qui pourtant est devenue la principale de l’angle… », les principaux sacrificateurs et les scribes avaient très bien « compris que c’était pour eux que Jésus avait dit cette parabole… » Luc 20:17-19 En fait, pour ceux qui ne croient pas, les Paraboles sont dites, non afin que celles-ci leur soient incompréhensibles, mais rendues compréhensibles, sinon ils seraient à juste titre irresponsables de ne pas croire, tandis qu’en les ayant comprises, ils se rendent précisément coupables en refusant de les croire… !

   Selon cette parabole, d’où vient donc que telle personne ne peut voir, ni entendre, ni se convertir, alors que nous savons que la Parole de Dieu est la Voie, par laquelle Dieu s’est fait connaître à nous, et que nous-mêmes pouvons Le connaître ? L’une des réponses à ce mystère est que ces personnes entendent la Parole, sans avoir « reçu l’amour de la vérité pour être sauvées… » II Thess 2:10. Elles s’arrêtent à ce qu’elles entendent, sans aller plus avant, ni rechercher en profondeur, et, par-là même, méconnaissent leur propre besoin spirituel ! Aussi se privent-elles de la Vie même dont est chargée la Parole divine ! Connaître une source abondante sans boire l’eau qui en jaillit ne désaltère pas, tandis que celui qui a soif de Dieu, non seulement apprend, mais aspire à recevoir dans son cœur ce qu’il comprend, afin de parvenir à la ressemblance de la connaissance de Dieu. Celui-ci ira donc au-delà de ce qu’il a compris, non point « au-delà » de la Parole : I Cor 4:6, mais à l’intérieur de celle-ci, jusqu’à découvrir que ce que renferme la Parole est infiniment plus grand que ce qu’il peut en comprendre ! Un tel cœur aspire  autant à grandir qu’à connaître Dieu… !

      A l’écoute de la Parabole du « bon Berger », dont les brebis n’écoutent que la voix et « fuient celle des étrangers », les pharisiens, est-il écrit, « ne comprirent pas de quoi, Jésus leur parlait … » Jean 10:5-6. Or, c’est justement parce qu’ils comprenaient par leur propre esprit, que les pharisiens «  ne comprenaient pas » cette Parabole ; leur tradition s’y opposait, et les maintenait dans la mort spirituelle. Ceci, par contraste, nous conduit à ce moment particulier où Jésus annonça à Ses disciples : « Je vous ai dit ces choses en paraboles. L’heure vient où je ne vous parlerai plus en paraboles, mais où je vous parlerai ouvertement du Père. En ce jour, vous demanderez en mon nom, et je ne vous dis pas que je prierai le Père pour vous ; car le Père lui-même vous aime, parce que vous m’avez aimé, et que vous avez cru que je suis sorti de Dieu. Je suis sorti du Père, et je suis venu dans le monde ; maintenant je quitte le monde, et je vais au Père. Ses disciples lui dirent : Voici, maintenant tu parles ouvertement, et tu n’emploies aucune parabole. Maintenant nous savons que tu sais toutes choses, et que tu n’as pas besoin que personne ne t’interroge ; c’est pourquoi nous croyons que tu es sorti de Dieu… » Jean 16:25-30. En disant : « Je ne vous parlerai plus en paraboles… », Jésus nous conduit à passer de notre perception naturelle à l’ouverture spirituelle de nos cœurs, en nous éclairant les vérités de l’intérieur de la Parole. Ces paroles annonçaient donc les prémices d’une aire nouvelle, dans laquelle nous sommes aussi entrés depuis que Christ, ressuscité et élevé au ciel, répandit d’En-Haut l’Esprit sur nous, et qui, de nos cœurs et donc des paraboles, fit disparaître le voile … !