M324 – VOTRE PAIX REPOSERA SUR LUI …

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       « Après cela, le Seigneur désigna encore soixante-dix autres disciples, et il les envoya deux à deux devant lui dans toutes les villes et dans tous les lieux où lui-même devait aller. Il leur dit : La moisson est grande, mais il y a peu d’ouvriers. Priez donc le Maître de la moisson d’envoyer des ouvriers dans sa moisson. Partez ; voici, je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups. Ne portez ni bourse, ni sac, ni souliers, et ne saluez personne en chemin. Dans quelque maison que vous entriez, dites d’abord : Que la paix soit sur cette maison ! Et s’il se trouve là un enfant de paix, votre paix reposera sur lui ; sinon, elle reviendra à vous… » Luc 10 :1-6.

   L’état d’esprit, comme les sentiments d’une personne, sont plus ou moins ressentis par une autre personne suivant sa sensibilité. Parlant des choses divines que l’on ne peut connaître que par l’Esprit de Dieu, l’apôtre Paul, par analogie avec l’esprit de l’homme, écrit : « Lequel des hommes, en effet, connaît les choses de l’homme, si ce n’est l’esprit de l’homme qui est en lui ? De même, personne ne connaît les choses de Dieu, si ce n’est l’Esprit de Dieu… » I Cor 2:11. Telle l’empathie qui est la faculté de ressentir et d’éprouver les pensées et les sentiments d’autrui, l’Esprit-Saint fait habiter en nous la Paix que Dieu nous révèle venant de Lui-même ; et cette aspiration à la Paix habite l’âme appelée à croire, avant qu’elle ne connaisse l’Évangile qui annonce cette Paix. L’homme qui souffre en lui de l’absence de paix ne comprend pas tout de suite la Source divine de la véritable Paix. Or, à partir du jour où nous avons cru, il n’est pas de signe plus évident de notre relation spirituelle avec Dieu que Sa Paix demeurant en nous ; car la Paix révèle la Présence divine qui émane de notre communion avec Dieu en Jésus-Christ… !

   « Votre paix reposera sur lui… ! » Ces Paroles de Jésus furent adressées aux soixante-dix disciples, mais elles le furent aussi, avant eux, aux douze apôtres auxquels Jésus dit également : « Dans quelque ville ou village que vous entriez, informez-vous s’il s’y trouve quelque homme digne de vous recevoir, et demeurez chez lui jusqu’à ce que vous partiez. En entrant dans la maison, saluez-la ; et, si la maison en est digne, que votre paix vienne sur elle ; mais si elle n’en est pas digne, que votre paix retourne à vous… » Matt 10:11-13. Ainsi, la Parole de Dieu méditée ou entendue par l’Esprit communique une présence de Paix qui répond à un besoin de Paix qui donc préexiste… ! Or, l’adversaire met tous les obstacles possibles, afin que la Vérité de la Parole ne puisse être annoncée, et s’il ne peut empêcher celle-ci de l’être, il fait alors en sorte que la Parole soit annoncée sans la Présence de l’Onction qui l’inspire. Car l’Esprit de Dieu seul est de nature à pouvoir communiquer la Paix, en la faisant pénétrer en nous par la Vérité libératrice qui ouvre le cœur à cette Paix … !

   L’Esprit-Saint est la force agissante de la Parole de Dieu, sans cette puissance les vérités de l’Écriture se révèlent être des préceptes, certes, justes et sages, mais inopérants. Si la Paix, procédant de la prédication de la parole de Dieu peut « reposer » sur celui qui l’entend, ou « revenir » sur celui qui la prêche, c’est donc que « quelque chose » sortait des disciples chaque fois qu’ils prêchaient. En ceci nous prenons donc conscience de ce que Dieu a déposé en nous, en l’occurrence cette mesure de Grâce de la Présence et de la Puissance de Dieu. Une circonstance toute particulière nous éclaire à ce sujet : alors que Jésus se rendait à la maison de Jaïrus, auprès de sa petite fille qui allait mourir, une femme atteinte d’une perte de sang s’approcha par derrière et toucha le bord de son vêtement, ce que Jésus ressentit, disant : « Qui m’a touché ? Comme tous s’en défendaient, Pierre et ceux qui étaient avec lui dirent : Maître, la foule t’entoure et te presse, et tu dis : Qui m’a touché ? Mais Jésus répondit : Quelqu’un m’a touché, car j’ai connu qu’une force était sortie de moi. La femme, se voyant découverte, vint toute tremblante se jeter à ses pieds, et déclara devant tout le peuple pourquoi elle l’avait touché, et comment elle avait été guérie à l’instant. Jésus lui dit : Ma fille, ta foi t’a sauvée ; va en paix… » Luc 8:45-48. Une foule de personnes avaient touché Jésus ce jour-là ; cependant, cette femme Le « toucha » d’une foi plus grande que ne l’était sa propre souffrance, « retirant » la Force suffisante de Jésus pour être guérie, et cela sans « diminuer » la Puissance du Seigneur. Cette réalité spirituelle s’accorde avec les paroles de l’apôtre Paul, qui écrit aux Éphésiens : « … A celui qui peut faire, par la puissance qui agit en nous, infiniment au-delà de tout ce que nous demandons ou pensons, à lui soit la gloire dans l’Église et en Jésus–Christ, dans toutes les générations, aux siècles des siècles ! Amen… » Eph 3:20-21. Or, cette puissance en nous qui ne vient pas de nous, mais de la part du Seigneur, ne peut se manifester que par la foi en plein accord avec Sa volonté… !

   Parmi ceux qui entendent la Parole se trouvent donc des « enfants de paix », qui, à ce titre, sont justement rendus attentifs à la prédication de l’« Évangile de paix » Eph 6:15. Ce sont-là les personnes pour qui le temps est venu de croire en la Parole, ce qui ne signifie pas que celles qui ne la comprennent pas dans le moment présent ne puissent la recevoir en un temps ultérieur connu de Dieu seul. Or, la personne qui croit, comment y est-elle préparée ? Est-ce, en dernier recours, à cause des épreuves de la vie, par une aspiration spirituelle ou suivant la manifestation des Voies mystérieuses de Dieu ? En fait, toutes ces réalités se trouvent réunies, selon les priorités que Dieu connaît de la vie de chaque âme qui entend la Parole. Si, dans la pensée de l’homme, les effets sont le résultat des causes, paradoxalement, en ce qui concerne la Pensée divine, il est à remarquer que, à l’inverse, ce sont souvent les effets, c’est-à-dire, les éléments spirituels qui composent le Dessein éternel de Dieu qui ont coordonné antérieurement les causes nécessaires à son accomplissement… ! En effet, « ceux que Dieu a connus d’avance, dit l’Écriture, il les a aussi prédestinés à être semblables à l’image de son Fils, afin que son Fils fût le premier-né entre plusieurs frères…  » Rom 8:29. La finalité d’être « rendu semblable à l’Image du Fils », établit les éléments primordiaux qui constituent les données de base de « … la résolution de Celui qui opère toutes choses d’après le conseil de Sa Volonté… » ! Eph 1:11.

   Dans cette pensée, l’apôtre Paul écrit aux Corinthiens : « Nous sommes, en effet, pour Dieu la bonne odeur de Christ, parmi ceux qui sont sauvés et parmi ceux qui périssent : aux uns, une odeur de mort, donnant la mort ; aux autres, une odeur de vie, donnant la vie… » II Cor 2:15-16. Il y a donc une seule et même « Odeur de Christ » pour tous, mais reçue par les uns comme étant la mort et par d’autres comme étant la Vie ! La « bonne odeur de Christ » donne la mort, lorsqu’une personne, par sa nature charnelle, aussi bien que par sa nature religieuse, révèle la nature incompatible de son propre esprit par rapport à l’Esprit de Vie… ! Lors de la présentation de l’enfant Jésus dans le temple, Siméon, après l’avoir béni, ainsi que ses parents, dit à Marie : « Voici, cet enfant est destiné à amener la chute et le relèvement de plusieurs en Israël, et à devenir un sujet qui provoquera la contradiction, et à toi-même une épée te transpercera l’âme, afin que les pensées de beaucoup de cœurs soient dévoilées… » Luc 2: 34-35. La « Chute » ou le « relèvement » est la conséquence de l’acceptation ou du rejet de la Personne de Jésus, ainsi en est-il depuis lors de la prédication de la Parole de Dieu. Le fait d’accepter ou non la Parole de Dieu révèle la destinée, et, par-là, la nature spirituelle de la personne qui croit et de celle qui ne croit pas. Ainsi, Jésus est perçu comme étant un « signe qui provoque la contradiction », lorsque Sa Parole ne peut concilier ce qui, au-dedans de nous, est inconciliable avec Lui. Car Jésus n’est pas venu « concilier », mais « réconcilier » ce qu’il a rendu semblable à Lui-même au-dedans de nous, par la transformation intérieure de la nouvelle naissance opérée en nous par l’Esprit de la Parole… !

   La Paix ne se communique pas directement de nous-mêmes dans les âmes, mais par l’Esprit de Dieu en elles. En effet, la pensée que la Paix puisse agir dans les cœurs des hommes et sur les événements « transversalement » de personne à personne, et non d’En-Haut, relèverait du domaine occulte… ! La Paix n’est pas un bien que nous possédons en propre et que nous dispensons aux personnes selon que nos sentiments nous inspirent… ! La Paix se communique d’un cœur à l’autre par l’Esprit-Saint, parce qu’elle résulte directement du pardon des péchés reçu dans le cœur, ainsi que l’écrit l’apôtre Paul aux Romains, disant : « Étant donc justifiés par la foi, nous avons la paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus-Christ… » Rom 5:1. Ainsi, cette Paix de l’Esprit habite ceux qui ont reçu la Vérité, par laquelle nous affranchit le « Prince de la Paix », dont  le Règne consiste en la Plénitude de Sa Paix en nous, plénitude qui nous comble des Prémices spirituelles du « Royaume des cieux » que nous attendons … !