M323 – SORTEZ DU MILIEU D’EUX …

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    « Ne vous mettez pas avec les infidèles sous un joug étranger. Car quel rapport y a-t-il entre la justice et l’iniquité ? ou qu’y a-t-il de commun entre la lumière  et les ténèbres ? Quel accord y a-t-il entre Christ et Bélial ? ou quelle part a le fidèle avec l’infidèle ? Quel rapport y a-t-il entre le temple de Dieu et les idoles ? Car nous sommes le temple du Dieu vivant, comme Dieu l’a dit : J’habiterai et je marcherai au milieu d’eux ; je serai leur Dieu, et ils seront mon peuple. C’est pourquoi, sortez du milieu d’eux, et séparez-vous, dit le Seigneur ; ne touchez pas à ce qui est impur, et je vous accueillerai. Je serai pour vous un père, et vous serez pour moi des fils et des filles, dit le Seigneur tout-puissant… ! » II Cor 6 :14-18.

   « Sortez du milieu d’eux… » ! Cette exhortation de l’apôtre Paul adressée aux Corinthiens, et, par extension, à tous les croyants depuis lors, perpétuait l’appel de la part de Dieu maintes fois répétés et de diverses manières par les prophètes tout au long de l’histoire d’Israël. L’Éternel, en effet, envoya Moïse pour délivrer les Hébreux du pays d’Égypte, en disant : « Voici, les cris d’Israël sont venus jusqu’à moi, et j’ai vu l’oppression que leur font souffrir les Égyptiens. Maintenant, va, je t’enverrai auprès de pharaon, et tu feras sortir d’Égypte mon peuple, les enfants d’Israël… » Exo 3:9-10. Même cri de la part du prophète Ésaïe adressé au peuple d’Israël exilé en Babylonie : « Sortez de Babylone, fuyez du pays des Chaldéens ! Avec une voix d’allégresse, annoncez-le, publiez-le, faites-le savoir jusqu’à l’extrémité de la terre ; dites : L’Éternel a racheté son serviteur Jacob… » Esa 48:20, Et encore de la part du prophète Jérémie : « Fuyez de Babylone, et que chacun sauve sa vie, de peur que vous ne périssiez dans sa ruine ! Car c’est un temps de vengeance  pour  l’Éternel  ;  il  va  lui  rendre  selon  ses  œuvres… » Jér 51:6. Et de même dans l’Apocalypse où, au sujet de Babylone en tant que réalité spirituelle autant qu’historique, une voix se fit entendre du ciel à Jean le prophète, disant : « Sortez du milieu d’elle, mon peuple, afin que vous ne participiez point à ses péchés, et que vous n’ayez point part à ses fléaux… » Apo 18:4. Quels que soient donc le moment, le lieu, les circonstances, et suivant que l’état de la vie spirituelle le nécessite, vient toujours le temps où retentit cet Appel de Dieu à chacun de nous, audiblement ou intérieurement : « Sortez du milieu d’eux… » !

   L’exhortation de l’apôtre Paul à « sortir du milieu d’eux » se comprend suivant la prière de Jésus à Son Père pour Ses disciples, lors du dernier repas de la Pâque, et disant : « Je leur ai donné ta Parole ; et le monde les a haïs, parce qu’ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde. Je ne te prie pas de les ôter du monde, mais de les préserver du mal… » Jean 17:14-15. Dans cette même Pensée, l’apôtre Paul, s’adressant aux Corinthiens, écrit : « Je vous ai écrit dans ma lettre de ne pas avoir de relation avec les impudiques, non pas d’une manière absolue avec les impudiques de ce monde, ou avec les cupides et les ravisseurs, ou avec les idolâtres ; autrement, il vous faudrait sortir du monde. Maintenant, ce que je vous ai écrit, c’est de ne pas avoir de relation avec quelqu’un qui, se nommant frère, est impudique, ou cupide, ou idolâtre, ou outrageux, ou ivrogne, ou ravisseur, de ne pas même manger avec un tel homme. Qu’ai-je, en effet, à juger ceux du dehors ? N’est-ce pas ceux du dedans que vous avez à juger ? Pour ceux du dehors, Dieu les juge. Ôtez le méchant du milieu de vous… » I Cor 5:9-13. Il est à remarquer que l’apôtre nous exhorte à ne pas avoir de relation, non seulement avec les impudiques en ce monde, mais avec les impudiques se trouvant parmi les croyants ! Ainsi, alors que les rachetés sont appelés à sortir du milieu du monde, inversement, les impudiques pouvant se trouver dans l’église sont tenus de « sortir » du milieu d’elle, sans, cependant, que les croyants les condamnent, mais prient dans l’espérance qu’ils puissent revenir dans le chemin de la Vie. Il est à souligner que c’est la présence même de la sainteté dans  les  rachetés  qui  fait que  le mal  ne peut  subsister au  milieu d’eux … !

   L’on ne peut donc être libéré qu’en ayant été éclairé sur ce dont on a dû sortir. Innombrables sont les paroles de l’Écriture nous appelant à nous sanctifier, à nous garder purs et éloignés des convoitises de ce monde. Or, une exhortation à la sanctification, appliquée avec un cœur sans miséricorde, peut amener certains croyants à devenir légalistes avec un esprit de jugement permanent. Attitude que Dieu blâme autant que le comportement antérieur vécu dans les choses de ce monde ! En tant qu’« enfants du jour », nous ne sommes pas devenus des « torches » qui brûlent ceux qui sont encore dans la nuit, mais des « enfants de lumière » qui brillent dans les « ténèbres » I Thess 5:5, afin de prier pour ceux qui s’y trouvent encore enchaînés. En outre, concernant la nécessité de sortir du monde, il y a lieu de distinguer entre le fait d’être « mis à part » par l’Esprit de Dieu, et le fait de « se mettre à l’écart » soi-même, et qui résulte d’un esprit sectaire. En effet, contrairement à la personne qui se met elle-même à l’écart, la mise à part des rachetés par l’Esprit de Dieu, suscite, des témoins tournés vers l’extérieur, des « signes » en ce monde, acceptés ou non par lui, afin de diriger les cœurs vers Christ qui libère… !

   Les Israélites, maintes fois dispersés loin de leur pays à cause de leur désobéissance à Dieu, étaient chaque fois appelés par les prophètes à sortir du milieu des nations, afin de revenir sur la terre d’Israël. Nous sommes nous-mêmes appelés à sortir des choses terrestres, pour entrer dans les choses célestes. Et, sachant que ce qui est temporel demeure étranger à ce qui est éternel, il nous est de même indispensable de recevoir une autre nature, afin de passer de la nature charnelle à la nature spirituelle, ainsi que l’écrit l’apôtre Paul : « Si quelqu’un est en Christ, il est une nouvelle créature. Les choses anciennes sont passées ; voici, toutes choses sont devenues nouvelles. Et tout cela vient de Dieu… » II Cor 5:17-18. Entre les « choses anciennes », d’où nous sommes sortis, et les « choses nouvelles » dans lesquelles nous sommes entrés, nous sommes donc passés des unes aux autres en étant la « nouvelle créature » que nous sommes devenus en Jésus-Christ. C’est donc par cette transformation miraculeuse, opérée en nous par l’Esprit de Dieu, que nous recevons la nature spirituelle même des « choses nouvelles » ; comme c’est aussi de cette transformation que naît en nous l’aspiration dans le même Esprit que celui des choses célestes elles-mêmes… !

   Le fait de sortir du milieu du monde ne revient-il pas en définitive à sortir de « nous-même » ? Or, il peut paraître étrange de devoir se détacher de soi-même, pour être véritablement soi-même, spirituellement ! Une Parole de l’apôtre Paul nous apporte un éclairage à cet égard : « C’est pourquoi nous ne perdons pas courage, écrit-il aux Corinthiens. Et lors même que notre homme extérieur se détruit,  notre  homme  intérieur  se  renouvelle  de  jour  en  jour… » II Cor 4:16. Par l’« homme extérieur » nous entendons, non seulement l’homme physique que les difficultés de la vie, la maladie, ou la vieillesse mènent à sa fin, mais, avant tout ce « vieil homme qui se corrompt par les convoitises trompeuses… dont nous avons été instruits  à  nous  dépouiller… et  à  revêtir  l’homme  nouveau… » Eph 4:21-22, 24. Nous sommes donc sortis des choses concernant le « vieil homme », pour entrer en celles concernant l’« homme intérieur » plus intérieur en nous que le « fond » de nous-mêmes… ! Cet « espace » de l’« homme intérieur » en nous est destiné à être comblé de la Plénitude de Christ, espace que notre « moi » essaye toujours d’occuper ou d’envelopper. D’où cette nécessité pour l’« homme intérieur », d’« être  renouvelés dans l’esprit de notre intelligence… » Eph 4:23, et cela par l’Esprit-Saint éclairant et vivifiant notre esprit… !

   Dieu, dit l’Écriture « nous a bénis de toutes sortes de bénédictions spirituelles dans les lieux célestes en Christ… ! » Eph 1:3. Etant nous-mêmes « ressuscités avec christ » Col 3:1, nous sommes aussi bénis dans les « lieux célestes », non pas dans un espace invisible situé au-delà de l’horizon de ce monde, mais dans la Présence céleste du Christ ressuscité et glorifié. Or, étant en Christ, les prémices de ces « lieux célestes » constituent, en quelque sorte, notre « ciel intérieur » ! Ainsi, en étant sortis des rudiments du « vieil homme », nous sommes entrés dans ce qui appartient à l’« homme nouveau » dans lequel nous sommes en communion avec Dieu en Christ, là où Dieu « nous a ressuscités ensemble, et nous a fait asseoir ensemble dans les lieux célestes en Jésus-Christ… » Eph 2:6, en même temps que Christ, ici-bas par Son Esprit, habite en nous… !