M322 – UN AUTRE TE CEINDRA …

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    « Après qu’ils eurent mangé, Jésus dit à Simon Pierre : Simon, fils de Jonas, m’aimes-tu plus que ne m’aiment ceux-ci ? Il lui répondit : Oui, Seigneur, tu sais que je t’aime. Jésus lui dit : Pais mes agneaux. Il lui dit une seconde fois : Simon, fils de Jonas, m’aimes-tu ? Pierre lui répondit : Oui, Seigneur, tu sais que je t’aime. Jésus lui dit : Pais mes brebis. Il lui dit pour la troisième fois : Simon, fils de Jonas, m’aimes-tu ? Pierre fut attristé de ce qu’il lui avait dit pour la troisième fois : M’aimes-tu ? Et il lui répondit : Seigneur, tu sais toutes choses, tu sais que je t’aime. Jésus lui dit : Pais mes brebis. En vérité, en vérité, je te le dis, quand tu étais plus jeune, tu te ceignais toi-même, et tu allais où tu voulais ; mais quand tu seras vieux, tu étendras tes mains, et un autre te ceindra, et te mènera où tu ne voudras pas. Il dit cela pour indiquer par quelle mort Pierre glorifierait Dieu. Et ayant ainsi parlé, il lui dit : Suis-moi… ! » Jean 21:15-19.

   Il est des personnes qui pensent sans agir, et d’autres qui agissent sans penser, l’apôtre Pierre, parfois, était de celles-ci. Jésus dut souvent reprendre ou retenir Son disciple qui prenait des initiatives aussi soudaines qu’inattendues, ainsi qu’Il le dit : « … Quand tu étais jeune,   tu  te  ceignais  toi-même,  et   tu  allais  où  tu  voulais… » Jean 21:18. En effet, sur la montagne de la transfiguration,  à Jésus, qui s’entretenait avec Moïse et Élie apparaissant dans la Gloire, Pierre dit: « Maître, il est bon que nous soyons ici ; dressons trois tentes, une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. Il ne savait ce qu’il disait… » Luc 9:33. A Jésus encore, qui parlait de Son départ lors du repas de la Pâque, il dit : « Seigneur, où vas-tu ? Jésus répondit : Tu ne peux pas maintenant me suivre où je vais, mais tu me suivras plus tard. Seigneur, lui dit Pierre, pourquoi ne puis-je pas te suivre maintenant ? Je donnerai ma vie pour toi. Jésus répondit : Tu donneras ta vie pour moi ! En vérité, en vérité, je te le dis, le coq ne chantera pas que tu ne m’aies renié trois fois… » Jean 13:36-38. Enfin, en Gethsémané, alors que la cohorte venait arrêter Jésus, « Simon Pierre, dit l’Écriture, qui avait une épée, la tira, frappa le serviteur du souverain sacrificateur, et lui coupa l’oreille droite. Ce serviteur s’appelait Malchus. Jésus dit à Pierre : Remets ton épée dans le fourreau. Ne boirai-je pas la coupe que le Père m’a donnée à boire… ? » Jean 18:10-11. Résultant de ces événements, et instruit des échecs dus à son impatience, Pierre commença à apprendre, dès lors, à distinguer entre ses initiatives personnelles découlant de sa propre volonté, et la direction de la Volonté de Dieu… !

   Certes, l’on ne saurait douter de l’affection de l’apôtre Pierre à l’égard de Jésus. Quel était donc l’état d’esprit qui l’amena à renier Jésus à ce moment-là ? La manière dont Pierre, par l’entremise de Jean, chercha à se trouver lui aussi dans la cour du souverain sacrificateur, eut pour effet de le mettre en état de faiblesse. En effet, pendant que Pierre restait dehors près de la porte, « l’autre disciple (Jean), dit l’Écriture, qui était connu du souverain sacrificateur, sortit,  parla  à  la  portière,  et  fit  entrer  Pierre… » Jean 18:16. Une fois donc à l’intérieur, pendant que Jésus était interrogé par le souverain sacrificateur, Pierre, qui se chauffait près du feu, fut reconnu par la portière, puis par d’autres personnes présentes. Or, une troisième personne, l’un des serviteurs du souverain sacrificateur, qui était parent de celui-là même à qui Pierre avait coupé l’oreille droite dans le jardin de Gethsémané, lui dit : « Ne t’ai-je pas vu avec lui dans le jardin ? Et Pierre le nia de nouveau. Et aussitôt le coq chanta… » Jean 18:26-27. Or, il est à remarquer, dit l’Écriture, que « Pierre, qui avait suivi Jésus de loin jusqu’à la cour du souverain sacrificateur, y entra, et s’assit avec les serviteurs pour voir comment cela finirait… » Matt 26:58. Ces Paroles : « Pierre Le suivit de loin … pour voir comment cela finirait… », révèlent une attitude qui laisse apparaître, à la fois un mélange de crainte et de curiosité présomptueuse, disposition instable qui, en de telles circonstances, n’était pas de nature à soutenir Jésus, et encore moins à le garder lui-même de ce qui allait l’amener à renier Son Maître ! Une de ses faiblesses se révéla par l’insistance qu’il exerça sur Jean, afin que, par son intermédiaire, la porte de la cour du souverain sacrificateur lui fût aussi ouverte pour y être introduit ! Il est de fait que lorsque quelqu’un se sert d’une tierce personne pour faciliter ou forcer les circonstances, celui-ci peut se trouver dans une situation qui peut lui échapper ou le dépasser lui-même, et ainsi altérer son comportement, comme, d’ailleurs, Jésus l’avait dit d’avance à l’apôtre Pierre… !

  « Quand tu étais jeune, tu te ceignais toi-même, et tu allais où tu voulais… ». Se ceindre soi-même signifiait, en ce temps-là, se décider à se mettre en route pour entreprendre un voyage, en relevant les pans de sa tunique jusqu’à la ceinture pour en faciliter la marche. Ces paroles décrivent l’habitude de Pierre qui, dans sa jeunesse prenait souvent des décisions de son propre chef, et cela jusqu’au moment où Jésus lui dit : « Quand tu seras vieux, tu étendras les mains, et un autre te ceindra… » Jean 20:18. Qui donc était cet « autre » qui prévaudra sur la volonté de Pierre dans la suite des temps ? A cet égard, des circonstances éclairantes nous sont rapportées par l’Écriture au sujet de l’apôtre Paul qui, répondant aux anciens de l’Église d’Éphèse « affligés surtout de ce qu’il avait dit qu’ils ne verraient plus son visage… » Act 20:38, leur dit : « Et maintenant voici, lié par l’Esprit, je vais à Jérusalem, ne sachant pas ce qui m’y arrivera ; seulement, de ville en ville, l’Esprit-Saint m’avertit que des liens et des tribulations m’attendent. Mais je ne fais pour moi-même aucun cas de ma vie, comme si elle m’était précieuse, pourvu que j’accomplisse ma course avec joie, et le ministère que j’ai reçu du Seigneur Jésus, d’annoncer la bonne nouvelle de la Grâce de Dieu… » Act 20:22-24. Par ces paroles, l’apôtre Paul révèle sa soumission à la Volonté de Dieu, c’est-à-dire, son attachement à cet « Autre » qui, en ce cas, est l’Esprit-Saint, et auquel aussi, précédemment, Jésus avaient exhorté Pierre. Cette même expérience vécue par les deux apôtres se comprend, quand l’on sait que Pierre et Paul, entre autres, « s’étaient donnés la main d’association » en vue d’annoncer l’Évangile, lequel, écrit l’apôtre Paul « m’avait été confié pour les incirconcis, comme à Pierre pour les circoncis… » Gal 2:9-10. Le même Esprit qui les dirigeait  ne pouvait qu’imprimer en eux une commune destinée spirituelle… !

   Or, cet « autre » qui allait « ceindre » l’apôtre Pierre peut aussi se manifester de diverses manières, par l’adversaire lui-même, par les persécuteurs, ainsi que par des épreuves de toutes sortes ! C’est donc au travers d’événements heureux, comme aussi douloureux que le Dessein de Dieu s’accomplit. « Voilà pourquoi je prendrai soin de vous rappeler ces choses, écrit l’apôtre Pierre, bien que vous les sachiez et que vous soyez affermis dans la vérité présente. Et je regarde comme un devoir, aussi longtemps que je suis dans cette tente, de vous tenir en éveil par des avertissements, car je sais que je la quitterai subitement, ainsi que notre Seigneur Jésus-Christ me l’a fait connaître. Mais j’aurai soin qu’après mon départ vous puissiez toujours vous souvenir de ces choses… ! » II Pier 1:12-15.  Jésus avait donc parlé à Pierre de sa mort, par laquelle la Gloire de Dieu serait manifestée, dans cette « tente » qui est son corps, dont il « savait qu’il la quitterait subitement… ». Pierre était donc conscient de la vocation dont il était l’objet de la part de Dieu qui l’avait appelé à Le servir. L’on comprend combien l’apôtre Pierre eut besoin de la Grâce de Dieu pour porter le poids d’un tel message indiquant déjà sa propre mort. Cette annonce de sa mort soudaine rendit donc Pierre conscient de ce qu’il était à ses propres yeux, et, en même temps, de la brièveté de son existence, ceci se traduisant par ses riches exhortations marquant les vies d’une empreinte profonde. Car une telle perspective de fin de vie et de l’urgence des temps ne pouvaient  qu’aiguiser son esprit et le rendre plus encore accessible à la Pensée et à la Direction de l’Esprit. Ce dessein particulier ne pouvait qu’éclairer d’autant plus les cœurs de ceux qu’il exhortait en cette vie en vue de celle à venir … !

   Quand l’Esprit de Dieu ouvre un cœur, une des premières facultés touchée est la volonté. Or, il se trouve que, tout en étant dans l’Esprit, il peut y avoir parfois un décalage entre notre volonté et la Volonté divine. L’apôtre Paul écrit, en effet : « La chair a des désirs contraires à ceux de l’Esprit, et l’Esprit en a de contraires à ceux de la chair ; ils sont opposés entre eux, afin que vous ne fassiez point ce que vous vous voudriez… » Gal 5:16-17. Ces paroles : « … afin que vous ne fassiez point ce que vous voudriez… » sous-entendent que notre volonté demeure parfois en retrait par rapport aux « Choses de l’Esprit », jusqu’à ce qu’elle s’y soumette avec joie ! Car Dieu œuvre en nous de telle sorte que Sa volonté soit reçue, non pas de façon contrainte, mais désirée de nos cœurs ! Or, la soumission de notre volonté n’est rendue possible qu’à partir d’une vie transformée. Ainsi, cet « autre » qui nous « ceint » nous appelle à cette soumission qui consiste en une attirance permanente en nous à tout ce qui est approuvé  de Dieu… !