M321 – VOUS ÊTES MES AMIS …

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     « Vous êtes mes amis, si vous faites ce que je vous commande. Je ne vous appelle plus serviteurs, parce que le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ; mais je vous ai appelés amis, parce que je vous ai fait connaître tout ce que j’ai appris de mon Père. Ce n’est pas vous qui m’avez choisi ; mais moi, je vous ai choisis, et je vous ai établis, afin que vous alliez, et que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure, afin que ce que vous demanderez au Père en mon Nom, il vous le donne. Ce que je vous commande, c’est de vous aimer les uns les autres… » Jean 15:14-17

   Jésus appela « disciples » ceux qui croyaient en Lui et à Sa Parole, et « apôtres » ceux d’entre eux qu’Il choisit pour les envoyer prêcher le Royaume de Dieu. Or, Jésus désigna aussi Ses disciples par des appellations plus intimes lors d’événements et d’enseignements particuliers : « Mes petits enfants… je suis pour un peu de temps encore avec vous. Vous me chercherez ; et, comme je l’ai dit aux Juifs : Vous ne pouvez venir où je vais, je vous le dis aussi à vous maintenant… » Jean 13:33, dit Jésus à Ses disciples au terme du repas de la Pâque, sachant qu’Il allait bientôt être jugé et crucifié ! « Enfants… n’avez-vous rien à manger… » ? Jean 21:5, dit Jésus après Sa Résurrection, aux disciples qui avaient pêché toute la nuit sans rien prendre, et qui allaient être, à cause de, ou plutôt grâce à cela, les témoins d’une pêche miraculeuse ! « Je vous dis, à vous qui êtes mes amis… : Ne craignez pas ceux qui tuent le corps et qui, après cela, ne peuvent rien faire de plus. Je vous montrerai qui vous devez craindre. Craignez celui qui, après avoir tué, a le pouvoir de jeter dans la géhenne ; oui, je vous le dis, c’est lui que vous devez craindre… » Luc 12:4-5, dit encore Jésus, exhortant Ses disciples à craindre, non pas l’hostilité des hommes, mais plutôt tout ce qui pourrait les détourner de leur fidélité envers Dieu. Car la confiance en Dieu ne saurait être parfaite sans cette saine crainte à l’égard de Dieu qui nous aime. D’ailleurs, ici-bas déjà, qui mettrait donc sa confiance en une personne qui n’inspirerait pas une crainte respectueuse… ? En outre, le sage ne dit-il pas : « La crainte de l’Éternel est une source de vie pour délivrer des pièges de la mort… » Prov 14:27. La crainte de l’Éternel est donc une « source de vie », et non pas une « source de peur ou de mort », il en résulte que la joie et la louange ne sont pas  incompatibles, mais associées à cette crainte selon l’Esprit, qui est de nature à nous garder de tout ce qui altère notre communion vivante avec Dieu… ?

   « Vous êtes mes amis, si vous faites ce que je vous commande… » Jean 15:14, Ces Paroles de Jésus ne signifient pas que le croyant n’est « ami » que lorsqu’il obéit à la Parole, et qu’il ne l’est plus lorsqu’il n’y obéit pas ; il en résulterait une instabilité désespérante qui révèlerait un manque total d’assurance spirituelle. Le terme « ami » exprimé par Jésus, plus qu’une bonne disposition à obéir, révèle le passage d’un état intérieur à un nouvel état spirituel. En effet, une compréhension profonde des choses de Dieu découle, non pas d’une plus grande intelligence, mais d’abord d’une transformation du cœur même du racheté, rendant son esprit réceptif à la Pensée de Dieu ; ce qu’éclairent les paroles mêmes du Psalmiste, disant : « L’Éternel a manifesté ses voies à Moïse, et ses œuvres aux enfants d’Israël… » Ps 103:7. En effet, lors de la sortie d’Égypte, puis dans le désert les « Voies » de Dieu furent révélées au prophète Moïse, tandis que le peuple vit les « Œuvres » de Dieu. Or, depuis que « la Grâce et la Vérité sont venues par Jésus-Christ… » Jean 1:17, c’est à tous les croyants nés de nouveau et qui y aspirent, que les Voies et les Pensées de Dieu promises sont accordées… !

   L’Écriture nous révèle la manière dont le « serviteur » obéit à la « Parole de la loi », ainsi que la manière dont l’« ami » obéit à la « Parole de la foi ». L’apôtre Paul, s’adressant aux Romains, écrit au sujet de la Parole de la loi : « En effet, Moïse définit ainsi la justice qui vient de la loi : L’homme qui mettra ces choses en pratique vivra par elles… » Rom 10:5. Dans la Grâce, la Parole de la foi, écrit l’apôtre à ces mêmes Romains, se révèle être la Parole qui est « près de toi, dans ta bouche et dans ton cœur… » Rom 10:8, c’est-à-dire que le croyant passe d’une application formelle de la Parole de Dieu à la Parole vécue dans l’Esprit. C’est dans cette pensée que s’éclairent alors les paroles de Jésus, disant : « Je ne vous appelle plus serviteurs, parce que le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ; mais je vous ai appelés amis, parce que je vous ai fait connaître tout ce que j’ai appris de mon Père… » Jean 15:15. Dans la Parole mise en pratique, le serviteur « agit », tandis que l’ami « se laisse agir » par la Parole, qui ne fait qu’une avec lui, ainsi que le dit Jésus : « Celui qui a mes commandements et qui les garde, c’est celui qui m’aime ; et celui qui m’aime sera aimé de mon Père, je l’aimerai, et je me ferai connaître à lui… » Jean 14:21. Le serviteur a une relation de service avec Dieu « tout en ne sachant pas ce que fait son Maître… », alors que l’ami a une relation de personne à personne avec Dieu, dont Il reçoit la Vie et le Sens spirituels de Sa Parole. Car le fait d’aimer et d’être aimé du Père nous assure, non seulement d’être habité par la Parole, mais par l’Auteur de celle-ci, ainsi que l’exprime Jésus : « Si quelqu’un  m’aime,  il  gardera  ma  parole,  et  mon  Père  l’aimera ; nous  viendrons  à  lui,  et nous ferons notre demeure chez lui… » Jean 14:23. Ainsi, le serviteur œuvre dans le Service de la Parole, en ce qui concerne l’ami, c’est le Seigneur qui, par Sa Parole, demeure en lui et oeuvre par lui… !

   En tant qu’enfants de Dieu, ce n’est pas une seule fois seulement, mais plusieurs, et en divers domaines de notre vie spirituelle que se répète l’expérience de grandir intérieurement en passant d’un état de « serviteur » à celui d’ « ami ». Les apôtres eux-mêmes déjà connurent les prémices de cette expérience, se traduisant par une compréhension inspirée de la Parole de Christ. En effet, alors que Jésus parlait dans la chambre haute, avant la prière qu’Il fit pour les Siens et pour ceux qui croiraient en Lui par la prédication de la Parole : « Ses disciples lui dirent : Voici, maintenant tu parles ouvertement, et tu n’emploies aucune parabole. Maintenant nous savons que tu sais toutes choses, et tu n’as pas besoin que personne t’interroge ; c’est pourquoi nous croyons que tu es sorti de Dieu… » Jean 16:29-30. Certes, l’Écriture nous fait connaître combien les apôtres eurent besoin de la Grâce de Dieu, à cause de leurs faiblesses, pour comprendre la Parole de Jésus ; et leur ouverture spirituelle à la Parole du Maître annonçait déjà notre compréhension intime de la Pensée de Dieu résultant de notre croissance spirituelle. Ceci, d’ailleurs, entre dans le processus spirituel de la Parole, tel que le révéla Jésus à Ses disciples : « J’ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais vous ne pouvez les porter maintenant. Quand le consolateur sera venu, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans toute la vérité ; car il ne parlera pas de lui-même, mais il dira tout ce qu’il aura entendu, et qu’il vous annoncera les choses à venir… » Jean 16:12-13. Ainsi, la Révélation de la Parole n’est reçue dans l’intelligence spirituelle qu’au travers de la conscience purifiée par le Sang de Christ, et  par l’Esprit éternel qui l’éclaire… !

   En tant que « serviteur » le croyant peut faire ce qui lui est commandé, sans nécessairement connaître la Pensée ou l’Intention de son Maître. Il peut arriver qu’il obéisse d’une manière légaliste, ou même plus par devoir qu’avec joie. A l’inverse, l’obéissance de l’« ami » n’est pas une application dogmatique des commandements de Dieu, elle est d’abord une disposition intérieure à même de « pressentir » les « prémices » de la Volonté de Dieu. Car en celui qui est né de nouveau, la Parole de Dieu est « pensée » dans son esprit, la Connaissance divine est « présence » dans son cœur, la Vérité vivante est « vivifiante » dans son être, et lorsque l’ami « entend » la Parole, il la « voit » ! Le serviteur écoute, obéit et agit ; l’ami pressent, répond, accomplit … et s’accomplit ! L’application de la Parole par le racheté manifeste le Dessein que Dieu a résolu d’opérer en lui par l’Esprit qui l’habite. Et ceci d’autant plus que Jésus dit : « Je vous ai appelés amis parce que je vous ai fait connaître tout ce que j’ai appris de mon Père… » C’est, en effet, en tant que « Fils de l’homme », que Jésus « garda les commandements de Son Père et demeura dans Son Amour » Jean 15:10. Jésus,  en  tant  que  la  «  Parole  faite  chair »  Jean 1:14, apprit à « garder les commandements de Son Père… », c’est-à-dire, les Commandements de cette  Parole… qui est Jésus Lui-même… ! Et Jésus nous fait l’insigne grâce de nous rendre accessible à ce que Lui-même reçut de Son Père, selon, bien-sûr, « la mesure  du  Don  de  Christ  qui  a  été  donnée  à  chacun  de  nous » Eph 4:7. Découlant donc de ce mystère révélé, il n’est aucun racheté qui ne soit devenu « ami de Dieu », sans avoir été auparavant conscient de son état de « serviteur de Dieu », et de l’avoir reconnu ! C’est alors que celui-ci, transformé en se laissant pénétrer par  la profondeur de la  Parole,  tout  en  y  pénétrant lui-même… devient semblable à ce qu’il reçoit… !