M32 – INTÉRIEUREMENT …

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     « La circoncision est utile, si tu mets en pratique la loi; mais si tu transgresses la loi, ta circoncision devient incirconcision. Si donc l’incirconcis observe les ordonnances de la loi, son incirconcision ne sera-t-elle pas tenue pour circoncision ? L’incirconcis de nature, qui accomplit la loi, ne te condamnera-t-il pas, toi qui la transgresses, tout en ayant la lettre de la loi et la circoncision ? Le Juif, ce n’est pas celui qui en a les dehors ; et la circoncision, ce n’est pas celle qui est visible dans la chair. Mais le Juif, c’est celui qui l’est intérieurement ; et la circoncision, c’est celle du cœur, selon l’Esprit et non selon la lettre. La louange de ce Juif ne vient pas des hommes, mais de Dieu… »  Rom 2:25-29.

   L’Éternel a donné à Abraham la circoncision comme signe de l’alliance : « Vous vous circoncirez ; dit Dieu, et ce sera un signe d’alliance entre moi et vous. A l’âge de huit jours, tout mâle parmi vous sera circoncis, selon vos générations… » Gen 17:11-12. Le prélèvement de cette chair à l’enfant mâle est le signe de l’appartenance à l’Éternel. Dans la suite, les prophètes révéleront que cette obéissance, certes fondamentale, ne correspond plus à rien, ou presque, dans la vie de beaucoup de Juifs. Aussi proclament-ils :  « Circoncisez-vous  pour  l’Éternel,  circoncisez  vos  cœur. . .  » Jér 4:4. Cette nécessité pour les Hébreux d’être circoncis, non seulement dans leur chair, mais dans leur cœur avait déjà été prévue et annoncée par Moïse lui-même: « Vous circoncirez donc votre cœur, et vous ne roidirez plus votre cou… » Deut 10:6.

   Le « vrai Juif », c’est-à-dire l« homme spirituel », le né de nouveau, est celui qui est  « intérieurement » circoncis. « C’est en Christ, dit l’Ecriture, que vous avez été circoncis d’une circoncision que la main n’a pas faite, mais de la circoncision de Christ, qui consiste dans le dépouillement du corps de la chair… » Col 2:11. II s’agit, ici, non pas du dépouillement du corps de la chair de l’enfant mâle, mais du dépouillement par l’Esprit des œuvres de la chair, laquelle, par nature, obéît à la loi du péché qui veut régner dans nos membres. C’est ici l’œuvre de la Délivrance par le Sang et l’­Esprit de Jésus. Ainsi, étant intérieurement circoncis, et de la faiblesse et de la rébellion de notre chair, il nous est donc possible de « prendre plaisir à la Loi de Dieu, selon l’homme intérieur… » Rom 7:22.

   La différence entre le circoncis selon l’Esprit et le circoncis selon la chair est que ce dernier est tenu d’observer les ordonnances de la loi « afin de vivre par elles… » Lév 18:5, tandis que le premier reçoit la Vie de la Parole, Vie qui  est la force de l’accomplir selon la Pensée de Dieu ! La Parole exige un effort de la part du circoncis selon la chair; alors qu’elle répond à une soif chez le circoncis selon l’Esprit, il doit simplement, en lui, ne pas empêcher cette Parole de vivre, afin que celle-ci et sa propre volonté régénérée soient, non plus deux, mais « une » pour la pratiquer dans le même Esprit ! Il se trouve, en effet, que l’on peut pratiquer la loi à contrecœur. Mais quand la Parole de Dieu, quand la Vie de cette Parole habite en nous, il nous est alors impossible de ne pas vouloir vivre, croire, grandir ! Et cela, quoiqu’il nous en coûte, même si notre propre chair s’y opposait ! Car Jésus-Christ nous a donné l’Amour de Sa Vie en nous.

   S’il se trouvait qu’une personne nous suive pas à pas, il est sûrement des choses que regardent nos yeux, qu’écoutent nos oreilles ou qu’exprime notre bouche, dont nous nous garderions bien, se sachant vus où entendus par quelqu’un que nous connaissons, ou qui nous connaît. Mais pourquoi faudrait-il que les yeux ou les oreilles d’un frère ou d’une sœur soient  plus redoutés que ceux du Seigneur ? Craignons-nous l’homme plus que Dieu? C’est ici le cas du chrétien dont la circoncision n’est pas « intérieure », et qui se conduit, non selon la piété, mais d’après le « qu’en dira-t-on », stérile. Alors que le circoncis « intérieurement », au contraire, ne craint pas l’homme, bien ou mal intentionné, pas plus qu’il ne se sent épié par le Seigneur, car le ressentir comme cela, serait une autre forme de loi, qui serait aussi une autre forme de servitude. Jésus n’est pas derrière nous pour voir ce que nous voyons, entendre ce que nous entendons ou disons, comme si nous étions étrangers à Ses Desseins envers nous ! Au contraire, Jésus est en nous pour cela, et nous en Lui, pour que nous apprenions à parler, à entendre, à voir par Lui ! Le Seigneur ne nous « surveille » pas, II veille sur nous.

   La circoncision spirituelle est l’œuvre affranchissante de la Crucifixion de Jésus opérée en nous. Jésus, sur la croix, « … a anéanti par sa chair la loi des ordonnances dans ses prescriptions, afin de créer en lui-même avec les deux (Juif et non-Juif) un seul homme nouveau… » Eph 2:15. Nous savons que le morceau de chair prélevé à l’enfant mâle, lors de la circoncision est, en effet, ôté et jeté. De même, à un niveau infiniment supérieur puisque divin, Jésus ayant été fait « chair », a été, dit l’Écriture, « enlevé par l’angoisse et le châtiment… »  Ésaïe 53:8 ; c’est-à-dire que l’angoisse, résultant du péché de notre propre chair, a été ôtée par la crucifixion de notre Seigneur, qui en a pris sur lui le châtiment, afin que nous soyons délivrés des désirs et des œuvres de la chair. Car Christ, dit l’Écriture « qui n’a point connu le péché, Dieu l’a fait devenir péché pour nous, afin que nous devenions en lui justice de Dieu… » II Cor 5:21. Ce grand Mystère de la Rédemption consiste en ce que Jésus a pris la place de cette chair qui perd l’âme, mais qui, une fois crucifiée, nous a délivrés.

   « Si ta main est pour toi une occasion de chute, coupe-là… » dit Jésus, « Si ton pied…, ou si ton œil est pour toi une occasion de chute, arrache-la… » Marc 9:43-47. II vaut mieux, en effet, entrer dans la vie, dans le Royaume de Dieu n’ayant qu’une main, qu’un pied ou qu’un œil plutôt que d’aller entièrement « charnel » dans la Géhenne. Paul nous exhorte, en effet : « Faites donc mourir les membres qui sont sur la terre, l’impudicité, l’impureté, les passions, les mauvais désirs, et la cupidité, qui est une idolâtrie… » Col 3:5. II ne s’agit pas de se mutiler ou de s’enlever la vie, nous pourrions encore mourir avec des péchés ou des liens ! Mais nous avons à « faire mourir, par l’Esprit, les actions du corps afin de vivre… » Rom 8:13. Il est plus difficile de mourir à nos actions, surtout à nos réactions, que de faire mourir l’un de nos membres dont nous serions débarrassés pour toujours ! Mais ce ne sont pas nos membres qui doivent mourir, mais les mobiles de nos actions, que le Seigneur nous révèle, et dont Il nous affranchit ! Cette opération de l’Esprit, ce n’est pas un autre qui nous l’impose, mais nous-mêmes, qui nous circoncisons suivant notre aspiration à la sainteté découlant elle-même de notre désir de ressembler à Jésus.

   Après un tel dépouillement de notre chair, de sa faiblesse, de sa nature périssable, il n’est plus rien qui appartienne à « l’ancien Adam ». Nous pouvons, étant nés de Dieu, triompher de ce monde, comme de ce qui est encore du monde en nous, et cela, écrit l’apôtre Paul, « … par la croix de notre Seigneur  Jésus-Christ, par qui le monde est crucifié pour moi, comme  je le suis  pour le  monde… » Gal 6:14, et ce triomphe sur le monde, c’est la foi agissante par l’Esprit de Jésus.