M31 – PLÉNITUDE …

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     « Et la Parole a été faite chair, et elle a habité parmi nous, pleine de grâce et de vérité; et nous avons contemplé sa gloire, une gloire comme la gloire du Fils unique venu du Père. Jean lui a rendu témoignage, et s’est écrié : C’est celui dont j’ai dit : Celui qui vient après moi m’a précédé, car il était avant moi. Et nous avons tous reçu de sa Plénitude, et grâce pour grâce ; car la loi a été donnée par Moïse,   la  grâce  et  la  vérité  sont  venues  par  Jésus-Christ… » Jean 1:14-17.

   La première image que l’on a de la « Plénitude » est celle d’un vase rempli jusqu’au bord, et même qui déborde. « … Moi, je suis venu, dit Jésus, afin que les brebis aient la vie et qu’elles soient dans l’abondance… » Jean 10:10. Un cœur plein, un abîme comblé, voilà ce que Jésus apporte. La Plénitude, ce sont les sources de ce « Royaume des cieux », qui n’est pas de ce monde; et ce Royaume est en nous, une portion céleste, une enclave du ciel au milieu de ce monde !

   Il se trouve que la Plénitude peut être recherchée charnellement et non selon l’Esprit. De même qu’un tel recherchera la connaissance d’en-haut dans un but de « supériorité de sagesse », ou la Puissance de Dieu dans le but d’en user comme d’un pouvoir personnel sur ses frères, de même, tel croyant recherchera la Plénitude dans le seul but de n’avoir besoin ni de conseil, ni de personne, et de se suffire à lui-même, sans s’apercevoir que ce n’est pas du Seigneur qu’il est rempli, mais de lui-même. La vraie Plénitude ne nous appelle pas à enfler,  mais  à  diminuer  pour  lui  laisser  toute  la  place.  L’Écriture dit : « … La chair et le sang ne peuvent hériter le Royaume de Dieu, et que la corruption n’hérite pas l’incorruptibilité… » I Cor 15:50. C’est dans cette chair et ce sang, précisément, que sont ressentis les effets de cette Plénitude. C’est là, simplement, un signe tangible de l’Amour et de la Puissance de Dieu pour nous consoler, nous réconforter et nous encourager dans le chemin de la foi. Le sentiment dans notre chair de Sa Présence est une grâce accordée à cause de notre faiblesse. Si notre chair instable et passagère est ainsi touchée, ce n’est là que le signe d’une réalité divine bien plus profonde, agissante et durable qui habite en notre être intérieur, et qui a pour dessein de nous faire passer des sens à la foi, « de la chair à l’Esprit… ».

   L’apôtre Paul écrit: «… Si je vis maintenant dans la chair, (et non selon la chair), je vis dans la foi au Fils de Dieu, qui m’a aimé et s’est livré lui-même pour moi… » Gal 2:20. Ainsi, être rempli de la Plénitude de Dieu n’est pas une sensation d’être plein, mais d’occuper pleinement sa place dans le Dessein de Dieu et dans Son Amour sans limite. Cette place, avant d’être une mission à remplir, est, avant tout, la position glorieuse à laquelle Christ nous appelés en Lui. Cette position n’est pas au-dessus de nous, comme un lieu inaccessible, mais au-dedans de nous, dans le « lieu très saint » de notre cœur purifié par le Sang de Jésus.

   La Plénitude, une fois reçue, doit-elle être toujours ressentie pour demeurer une Plénitude ? Il est deux choses à ne pas confondre : l’effusion d’En Haut, et la Plénitude de l’Esprit elle-même. La Visitation de l’Esprit n’est pas un état permanent, mais la Plénitude, elle, l’est. Notre âme reçoit,ressent, se réjouit de la Visitation d’En Haut, qui est évidemment plus qu’un sentiment. Certes, l’effusion de la Vie de l’Esprit produit l’émotion la plus sainte de la Présence du Seigneur en nous, et si, en effet, notre foi œuvre à affermir nos sentiments, les sentiments, par contre, ne sont pas la foi. Dieu n’est pas contre les sentiments, II se tient « au-dessus », les purifie et les soumet. La conservation de cette Plénitude ne consiste donc pas en une sensation permanente de celle-ci. C’est par une « certitude » que la véritable Plénitude est durable ; car il y a toujours une certitude au cœur même de la Plénitude de Dieu, et c’est par elle qu’elle demeure. Cette certitude spirituelle est le témoignage du fondement intérieur de Christ en nous ; C’est un « Amen » dans notre conscience éclairée, laquelle reconnait faire partie du Mystère du Corps de Christ.

   L’homme spirituel aspire à la Plénitude, parce qu’il éprouve un besoin spirituel en lui. L’homme charnel n’éprouve pas le besoin de la Plénitude véritable, cependant, il recherche une plénitude correspondant à sa nature charnelle, qui n’est pas affranchie, et donc périssable. Il craint la Plénitude divine, qui le viderait inévitablement de la sienne propre, c’est-à-dire de lui-même ; car, sans la connaître, il en pressent les effets spirituels. De même que l’homme a peur du vide, de même l’homme charnel a peur du spirituel, car pour lui, ce qui est spirituel, même la Plénitude, c’est le vide, ces choses en lui révèlent son vide. Alors, il recherche tout appui doctrinal ou sentimental, cependant, aussi puissants soient-ils, toute doctrine et tout sentiment des choses de Dieu ne tiennent jamais lieu de fondement dans la vie spirituelle. Le toucher de la Plénitude est « La Main de Dieu sur l’épaule » qui rappelle à l’âme rachetée la Présence vivifiante et protectrice de son Sauveur. D’ailleurs, comme tout ce qui est du Seigneur est illimité, il se trouve que c’est, non seulement Sa Plénitude qui est en nous, mais nous-mêmes qui sommes à l’intérieur d’elle !

   Remplis d’une telle grâce, il peut nous arriver de constater qu’­il est des lieux, des circonstances dans notre vie où nous ne paraissons pas rayonner de cette Plénitude. Ce que nous éprouvons, en ces moments-là, ne doit pas nous affliger, ni nous décourager, car c’est justement dans les choses quotidiennes, dans les situations les moins glorieuses que le « vase » que nous sommes est appelé à glorifier le Maître, car, écrit l’apôtre Paul « nous portons ce trésor dans des vases de terre, afin que cette grande puissance soit attribuée à Dieu, et non pas à nous… »  II Cor 4:7. Bien souvent, en effet, ce qui est vu et connu de Dieu en nous passe inaperçu à nos propres yeux. Le Seigneur le manifeste d’une telle façon, que Lui Seul en retire la Gloire. De « contenants » que nous sommes, nous sommes appelés à recevoir le contenu spirituel, c’est-à-dire, à devenir semblables à la Plénitude de « Celui qui remplit tout en tous… » Eph 1:23, afin de parvenir alors « … à l’état d’homme fait, à la mesure de la Stature parfaite de Christ… » Eph 4:13.