M30 – JE VEUX BIEN …

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     « Que vous en semble ? Un homme avait deux fils; et, s’adressant au premier, il dit : Mon enfant, va travailler aujourd’hui dans ma vigne. II répondit : Je ne veux pas. Ensuite, il se repentit, et il y alla. S’adressant à l’autre, il dit la même chose. Et ce fils répondit : Je veux bien seigneur. Et il n’y alla pas. Lequel des deux a fait la volonté du père ? Ils répondirent : Le premier. Et Jésus leur dit: Je vous le dis en vérité, les publicains et les prostituées vous devanceront dans le Royaume de Dieu. Car Jean est venu  à vous dans la voie de la justice, et vous n’avez pas cru en lui. Mais les publicains et les prostituées ont cru en lui; et vous, qui avez vu cela, vous ne vous êtes pas ensuite repentis pour croire en lui… » Matt 21:28-32.

   La bonne volonté est une chose précieuse, et la spontanéité en est le premier trait. Cependant, dans un cas comme celui-ci, l’âme est souvent plus prompte à faire, qu’à comprendre ce qu’elle doit faire ! Elle a sa propre idée du Service de Dieu, mais en donnant ce qu’elle  « a »  pour Lui, plutôt qu’en se donnant elle-même à Dieu. Or, ce n’est pas une partie de nous, la plus belle soit-elle, que veut le Seigneur, mais nous-mêmes, c’est plus qu’une obéissance, c’est une dépendance.

   Un scribe dit à Jésus : « Maître, je te suivrai partout où tu iras. Jésus lui répondit : Les renards ont des tanières, et les oiseaux du ciel ont des nids; mais le fils de l’homme n’a pas où reposer sa tête… ». Par contre, à un autre d’entre Ses disciples, disant : « Seigneur, permets-moi  d’aller  d’abord  ensevelir  mon  père.  Mais  Jésus  lui  répondit : «  Suis-moi, et laisse les morts ensevelir leurs morts… »  Matt 8:19-22. Jésus retient l’un qui veut, et presse l’autre qui tarde ! Le Seigneur met à jour les véritables intentions. Il ne refuse pas les bonnes dispositions, mais II tient à ce que l’âme sache, si elle est l’objet de ses propres pensées ou d’une réelle vocation ! Or, quand il s’agit d’un appel véritable, Dieu le confirme aussi bien par un obstacle à surmonter, que par la paix, par un « amen » intérieur ! Dieu n’empêche donc pas les bonnes intentions de quelqu’un, mais : il veut éviter que celui-ci, « …voulant bâtir une tour, dit l’Ecriture, ne s’assied d’abord pour calculer la dépense et voir s’il a de quoi la terminer, de peur qu’après avoir posé les fondements, il ne puisse l’achever, et que tous ceux qui le verront ne se mettent à le railler, en disant : Cet homme à commencer à  bâtir,  et il n’a  pu  achever… » Luc 14:28-30.

  L’on s’attendrait à ce que ce soit « l’homme spirituel » qui dise : «  Je veux bien…! » et celui qui ne l’est pas, disant : «  Je ne veux pas … ! » Or, c’est le contraire ici. Pourquoi ? Parce que l’homme spirituel, tout en aimant Le Seigneur et recherchant sans cesse Sa Volonté, sait, justement, que lorsque cette Volonté lui est révélée, c’est toute sa vie, qui, chaque fois, est concernée ! Ainsi, le fait qu’il soit attaché à son Maître ne l’empêche pas davoir des luttes, car il sait ce qu’obéir implique dans sa vie. « L’homme charnel », quant à lui, s’engage dans les choses de Dieu sans réflexion, il manifeste de bonnes intentions, mais ne connaît pas la « Pensée du Seigneur », l’­obéissance selon l’Esprit. II n’aperçoit pas que tout appel, toute parole de la part de Dieu réclame, non seulement le zèle, mais l’appartenance aux paroles de Dieu ! La vraie obéissance révèle l’appartenance à Dieu, car, ayant Son Esprit en lui, « l’homme spirituel » obéît à Dieu qui est en lui ! La rébellion est vaincue, car, par leur nature régénérée, les désirs de « l’homme intérieur » se dirigent toujours vers le haut, aux Choses divines, auxquelles, justement, « l’homme spirituel » appartient et obéit. Entre le « Je ne veux  pas… ! » et le « II y alla… ! », il s’est passé quelque chose chez « l’homme spirituel », un changement profond, la repentance. Tandis qu’entre le : « Je veux bien… ! » et le : « Mais il n’y alla pas… ! » de l’homme charnel, il n’­en est pas de même, si ce n’est une réflexion, mais après coup ! Il dit « oui », le plus souvent sincèrement, mais lorsqu’il se rend compte qu’il lui est demandé, non pas « d’être d’accord » avec Dieu (comme s’il le décidait lui-même), mais de se soumettre simplement à Lui ! Alors, il se ravise et refuse, bien qu’il s’agisse là d’une soumission, non pour la mort, mais pour la vie, dans le Dessein glorieux d’être « ouvrier avec Dieu… »  I Cor 3:9.

   II ressort de ceci que celui qui a connu la Grâce du Seigneur dans sa vie, en connaît aussi, les exigences salutaires. Il sait que cette Grâce « nous enseigne à renoncer à l’impiété et aux convoitises mondaines, et à vivre dans le siècle présent selon la sagesse, la justice et la piété… » Tite 2:12. Aussi, le sentiment de son indignité, de sa faiblesse devant tel Dessein ou telle Œuvre de la Part du Seigneur le remplit de crainte au point de vouloir fuir ! Mais, comme l’écrit Paul : « Ce  n’est  plus  moi  qui  vis,  mais  c’est  Christ  qui  vit  en  moi … » Gal 2:20. Fuir donc Jésus équivaut à « se fuir » soi-même, puisque notre vrai « moi » spirituel, c’est Christ ! Aussi, en revenant à Jésus, je reviens à ce que je suis, à ce qu’il a fait de moi par sa Grâce ! Quand le Seigneur nous appelle à travailler pour Lui, nous ne cessons jamais d’être nous-mêmes, travaillés par Lui. Nous sommes, à la fois, l’instrument et le résultat de son Œuvre. La Volonté de Dieu consiste, non seulement à faire de nouvelles œuvres pour Lui, mais à ce que «  toutes choses soient devenues nouvelles… » II Cor 5:7.

   « II n’est personne qui, dit Jésus, ayant quitté, à cause de moi, et à cause de la bonne nouvelle, sa maison, ou ses frères, ou ses sœurs, ou sa mère, ou son père, ou ses enfants, ou ses terres, ne reçoive au centuple, présentement dans ce siècle-ci, des maisons, des frères, des sœurs, des mères, des enfants, et des terres… », et II ajoute, « avec des persécutions, et, dans le siècle à venir, la Vie éternelle… » Marc 10:29-30.  La persécution est donc incluse parmi les choses reçues au centuple ! Dans toute promesse, en effet, il y a un aiguillon qui stimule notre désir des choses spirituelles; il nous forme à en recevoir la richesse, la lumière et leur force dans l’humilité et dans ce sentiment de dépendance, qui nous donne encore plus de louer Celui qui a fait les Promesses !

    Chaque chose a son contraire; le contraire de la vie est la mort, et le contraire des ténèbres est la lumière, et vice-versa ! De même, la promesse, la bénédiction ou l’appel alterne avec l’aiguillon, la persécution ou l’épreuve. Ainsi, il y a toujours un obstacle purificateur sur le chemin même que le Seigneur aplanit devant nous ! Cette contrepartie a pour but de nous former à recevoir, dans un esprit égal, la joie et la tristesse, la gloire et l’humiliation, la puissance et la faiblesse selon la sainteté, la douceur et la profondeur   « des   sentiments  qui   étaient  en  Jésus-Christ… », Phil  2:5, en tant que « Fils de l’homme ». Un tel but intérieur et divin ne saurait nous faire hésiter « d’aller à la vigne du Maître… », c’est-à-dire d’être, en même temps, l’« ouvrier » et l’« Ouvrage » de Dieu !