M3 – DANS LE SECRET …

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    « Mais quand tu pries, entre dans ta chambre, ferme ta porte, et prie ton Père qui est là dans le lieu secret; et ton Père, qui voit dans le lieu secret, te le rendra…! » Matt 6:6.

  Les Œuvres de Dieu éclatent aux yeux des hommes, et il y a aussi des œuvres de croyants qui éclatent aux yeux de Dieu, celles-là sont d’autant plus vues de Dieu qu’elles ne sont pas vues des hommes. Tout ce qui se fait selon Dieu, dans le croyant, et par lui, a d’abord été prié et reçu dans le secret. Jésus, parlant de Lui, dit : « En vérité, en vérité, le Fils ne peut rien faire de Lui-même, il ne fait que ce qu’Il voit faire au Père ; et tout ce que le Père fait, le Fils aussi le fait pareillement… » Jean 5:19. Les œuvres qui portent la marque de Dieu sont déjà faites dans le secret, elles naissent dans la solitude pour soi-même d’abord, pour autrui ensuite. Cette attente enfante les œuvres durables.

   Jésus   s’entendit   dire  de   la   part   de   ses   frères   dans   la   chair : « Personne n’agit en secret, lorsqu’il désire paraître : si tu fais ces choses, montre-toi toi-même au monde… » Jean 7:4. Ses frères ont raison pour ce qui est de répandre l’Évangile, mais ils comprennent la mission de Jésus à leur manière, et ils ont une conception humaine sur les moyens de l’accomplir, et Jésus leur répond : « Montez, vous, à cette fête ; Pour moi, je n’y monte point, parce que mon temps n’est pas encore accompli… » Jean 7:8. Jésus reste dans le secret de l’attente, dans l’attente d’un signe qui Lui indiquera la manière spirituelle la plus efficace d’y manifester le Royaume de Dieu.

  Ce n’est pas parce qu’il se présente une occasion formidable pour le témoignage, qu’il faut courir sans attendre d’être envoyé ! Nous rencontrons beaucoup de « frères selon la chair » en Jésus pour conseiller et organiser d’une manière humaine de nombreuses activités avec les moyens du siècle présent. C’est pourquoi il faut une grande force d’âme, l’empreinte du caractère de Dieu, une intégrité à toute épreuve pour repousser toute facilité et tout don corrupteur venant d’autrui dans le ministère. L’adversaire essayera de décourager les fidèles en mettant devant leurs yeux des personnes, pour lesquelles se tenir dans le secret est une perte de temps, et qui manifestent plus de signes visibles que ceux qui, précisément, s’y tiennent et n’ont « que » des signes intérieurs, mais dont la profondeur et la portée sont éternelles. Il fera même en sorte que l’on puisse être béni extérieurement en nous tenant hors de la nécessité purificatrice du lieu secret, en nous faisant ainsi perdre de vue que nous sommes d’abord nous-mêmes un ouvrage entre les mains de Dieu avant Ses œuvres.

  Ce que nous sommes dépend de la manière dont nous veillons sur nous-mêmes. Le ministère public de Jésus était de prêcher, d’enseigner, de guérir et de chasser les démons, mais dans son ministère privé, un combat permanent avait lieu, le combat pour garder l’obéissance de l’humilité dans la Puissance et les Révélations de Dieu, le combat pour repousser toutes les tentatives « d’être égal avec Dieu… » Phil 2:6, sans cesse présentées par l’esprit malin.

  Qui donc a aperçu, caché dans cet Homme juste, l’Agneau divin qui attendait l’heure d’être mené au sacrifice pour nos péchés ? Les hommes charnels ne voient que les œuvres de Dieu, les hommes spirituels discernent Ses voies au travers d’elles. Le fait d’être dans le secret n’exclut pas l’action, au contraire, dans sa chambre comme au dehors, c’est toujours agir. Celui qui se tient dans le lieu secret agit en lui-même, il agit dans le peuple de Dieu, il agit dans le ciel, et du ciel dans le monde envers ceux qui croiront à la Parole de Jésus. Voulez-vous être puissants, et l’être au loin comme auprès ? Alors restez où vous êtes, restez dans le lieu secret et vous irez partout où Dieu dirigera vos prières. Accepter l’opprobre de ne faire rien de visible, que vous le ressentiez ou que vous l’entendiez dire, sachant que ce que Dieu fait, Il ne le fait jamais sans inspirer la prière de quelqu’un qui se tient dans le secret. Les hommes d’action dans l’Œuvre de Dieu ne sauront jamais combien ils sont redevables aux croyants qui se tiennent dans le secret, ceux-là soutiennent les bras de ceux qui apportent la prédication, leurs prières brisent les liens qui résistent à la volonté du Seigneur, ils sont la force spirituelle qui « monte d’en bas » à la rencontre des dons et des grâces excellentes qui descendent d’en-haut, et Dieu leur cache les répercussions éternelles de leur constance, afin de les garder dans l’humilité, cette humilité qui est la condition de leur efficacité spirituelle.

  Dans ce ministère caché, ces âmes ne tirent leur joie que de la Consolation et de la Présence du Seigneur, tant les fardeaux qu’elles portent, expriment de leur cœur et par leur bouche les paroles du prophète : « Si vous n’écoutez pas, je pleurerai en secret, à cause de votre orgueil… » Jér 13:17. Mais le Père qui est là, qui voit dans le secret, dans tous nos secrets, donne à chacun le courage et la joie qui mènent au but.

  Cette voie spirituelle va plus loin encore, l’attitude de se tenir dans le secret de sa chambre reflète celle d’être dans le secret en soi-même. C’est la disposition à recevoir les choses révélées par l’Esprit de Dieu à notre esprit même, et à en attendre la manifestation dans la  patience du Seigneur.  L’ange dit au sujet de la naissance de Samson : « Le rasoir ne passera point sur sa tête, parce que cet enfant sera consacré à Dieu dès le ventre de sa mère… » Juges 13:5. Nous connaissons la vie étonnante de ce juge en Israël. En pleine puissance, il fut vaincu par une femme qui lui arracha son secret, en ne résistant pas à son insistance, elle lui prit la vie. « Si j’étais rasé, lui avoua-t-il, ma force m’abandonnerait, et je deviendrai faible, et je serais comme tout autre homme… » Juges 16:17, et les Philistins eurent raison de lui. Ce n’est donc pas le nombre ou la puissance des adversaires, qui lui coupèrent ses cheveux et ses forces, mais la douceur tourmentante d’une femme, ce qui nous montre que l’on peut résister à la force de l’oppression et être vaincu par la douceur des séductions de ce monde.

  Que de choses reçues du Seigneur, qui ont avorté, happées au passage par le Malin, ruinées par les interprétations des uns et des autres au sujet de ceux qui les ont reçues, alors qu’elles étaient les forces et les directions de notre vie. De plus, les nombreux commentaires et avis que cela suscite font que ces choses reçues de Dieu nous reviennent en forme de doute dans le cœur lorsqu’elles doivent s’accomplir au temps voulu. Celui qui se répand au dehors se détruit intérieurement et nous voyons combien l’aboutissement de beaucoup de choses dépend de notre discrétion spirituelle.

  Ézéchias, le roi, montra aux envoyés de Babylone tous les trésors de la Maison de l’Éternel. Ésaïe 39:1-8. Des yeux étrangers souillèrent ainsi de leur regard profane les objets sacrés. Ézéchias se dénuda spirituellement, et mit à nu les ressources spirituelles mêmes d’Israël. Et ainsi la guerre et le trouble furent les conséquences de cette faute. « Ne donnez pas les choses saintes aux chiens, dit Jésus, et ne jetez pas vos perles devant les pourceaux, de peur qu’ils ne les foulent  aux  pieds,  ne  se  retournent  et  ne  vous  déchirent… » Matt 7:6. Ayons donc la constance de Jésus qui sut, tant que son heure n’était pas venue, se tenir dans le secret des paroles et des œuvres, qu’Il nous a révélées par l’Esprit, depuis Sa mort et Sa résurrection, et qu’Il révèle encore, enrichissant tout à la fois notre piété et notre vision spirituelle.