M28 – A CAUSE DE CETTE PAROLE …

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     « Jésus, étant parti de là, s’en alla dans le territoire de Tyr et de Sidon. II entra dans une maison, désirant que personne ne le sût; mais il ne put rester caché. Car une femme, dont la fille était possédée d’un esprit impur, entendit parler de lui, et vint se jeter à ses pieds. Cette femme était grecque, syro-phénicienne d’origine. Elle le pria de chasser le démon hors de sa fille. Jésus lui dit: Laisse d’abord les enfants se rassasier; car il n’est pas bien de prendre le pain des enfants, et de le jeter aux petits chiens. Oui, Seigneur, lui répondit-elle, mais les petits chiens, sous la table, mangent les miettes des enfants. Alors Il lui dit: A cause de cette parole, va, le démon est sorti de ta fille. Et quand elle rentra dans sa maison, elle trouva l’enfant couchée sur le lit, le démon étant sorti… » Marc 7:24-30.

   Combien Jésus étonne dans cet entretien. Ce n’est pas, en effet, par une étude sur la foi, moins encore par une exhortation, que Jésus encourage cette femme à croire, au contraire, c’est en la mettant à l’épreuve, en lui résistant qu’il affermit sa foi ! Son cœur, ainsi contré, fait jaillir de sa bouche une parole dans laquelle Jésus voit la foi parvenue au niveau de Sa propre Parole ! La réplique de cette femme force l’admiration ; Jésus ne peut qu’exaucer ! Les rôles sont comme inversés, Jésus se fait « Auditeur », puis « Exauceur » de la parole de cette femme. « Auditeur divin…», notre Père céleste ne l’est-il pas quand Il écoute et répond à nos prières dans le Nom de Jésus ? Jésus est admirable quand Il agit par Sa Parole, et, comme ici,  lorsqu’Il agit d’après une parole qui n’est pas la Sienne, et à la foi de laquelle Il répond !

    La foi de cette femme n’a pas cessé à la délivrance de sa fille, au contraire, l’état de son enfant lui a donné l’occasion de tester, de manifester la constance, la permanence de sa foi par l’acte même de cette foi. La véritable foi ne s’arrête pas à l’exaucement de la prière comme si elle avait terminé son service, car elle n’est pas donnée seulement pour « obtenir » de Dieu, mais avant tout, pour « tenir » en Dieu. Il est des âmes qui manifestent leur foi pour recevoir la bénédiction, la protection, la guérison ; tandis que d’autres, dont la foi ne se manifeste pas par des exaucements visibles dans les choses temporelles, possèdent, par contre, cette foi dont la fidélité et la patience sont à toute épreuve, et qui triomphe du monde.

  Il est arrivé à chacun de nous d’exprimer une parole, un acte de foi visible dans des choses petites ou grandes tout au long de la vie ; mais les exaucements qui touchent le perfectionnement, la sanctification, les victoires intérieures, étant de nature spirituelle, ne sont pas visibles, sauf évidemment, les fruits qui en résultent ! Ainsi, pour un acte de foi visible, combien de prières, d’actes de foi « invisibles » que Le Seigneur voit et exauce, répondant aux soupirs inexprimables de nos cœurs par Son Esprit ! Ces exaucements répondent aux besoins de « l’homme intérieur » en vue du Royaume des Cieux. Ceci révèle pourquoi les choses invisibles sont plus recherchées par le croyant spirituel que par le croyant « naturel », qui, lui,  est plus frappé par les manifestations extérieures que par les actes de foi et les profondeurs de la vie intérieure, dont il n’aperçoit pas le sens spirituel, ni les répercussions éternelles.

  Il y a des exaucements immédiats, tandis que d’autres mettent toute une vie pour être reçus ! Non que le Seigneur n’ait point entendu la prière, mais celui qui demande n’est pas encore prêt d’en recevoir l’exaucement ! Aussi Dieu fait-il attendre le temps nécessaire à son enfant, afin de le faire mûrir, de le préparer à recevoir tel don, telle promesse pour sa vie. Car, en demandant de grandes choses à Dieu, nous ne soupçonnons pas le poids de gloire qui repose sur elles, alors que notre chair est si faible, et Dieu ne veut pas que nous tombions dans l’orgueil sous le  « poids » de cette Gloire. Le retard de l’exaucement lui-même est une bénédiction, car cette attente façonne et développe en nous la plus grande des vertus : la patience, laquelle « ayant accompli parfaitement son œuvre, écrit Jacques, nous rend parfaits et accomplis, sans faillir en rien… »  Jac 1:4. La patience permet que, dans la durée, s’opèrent l’approfondissement, le perfectionnement et la stature de Christ dans nos vies.

   Paul écrit : « Et comme nous avons le même esprit de foi qui est exprimé dans cette Parole de l’Écriture : J’ai cru, c’est pourquoi j’ai parlé ! Nous aussi nous croyons, et c’est pour cela que  nous parlons… » II Cor 4:3. Confesser la Parole signifie, « avouer », « dire la même chose » qu’elle. La Parole de Dieu est entendue, et nous lui répondons par le même Esprit, si bien que notre parole se révèle être « l’écho » spirituel de Celle de Dieu, ainsi que l’écrit l’apôtre Paul « la foi vient de ce qu’on entend, dit Paul, et ce qu’on entend vient de la Parole de Christ… » Rom 10:17. La Parole de Dieu se reçoit dans notre cœur par la foi, qu’elle y a fait naître ; et cette Parole divine étant reçue par la foi, cette même foi en nous redevient « Parole », que Dieu « regarde » comme étant la Sienne « ré-exprimée ». Il y voit son Dessein, son Œuvre ! Le Seigneur Lui-même qui est La Parole « se voit » en nous, c’est en cela qu’II nous reconnaît, et qu’il nous introduira auprès de Lui au glorieux Jour.

   La Parole est éternelle en vue des choses éternelles et la Grâce éclate en ce que Dieu l’a faite demeurer en nous qui sommes de chair. Le miracle de l’Onction de l’Esprit nous rend capables, en tant qu’homme d’être « proclamateur » de la Parole de Dieu, alors que les anges en sont les « porteurs » de la part du Seigneur. En quelque sorte, les hommes, et non les anges sont à même d’être inspirés. Cette Parole qui nous aide, qui œuvre en nous est plus grande que nous. Ainsi, la Parole confessée par nous est plus « forte » que nous, et nous participons de Sa Force, de Sa Lumière, de Sa Profondeur en lui remettant toute la place qu’occupaient, auparavant, en nous notre propre volonté et nos propres faiblesses. Notre Seigneur miséricordieux est suffisamment Plénitude et Lumière pour remplir ce vide, qu’Il peut, seul,  combler de la Révélation de Lui-même.

   Après  vingt-et-un jours, dit l’Écriture, l’Ange de Dieu dit : « Daniel, ne crains rien ; car dès le premier jour où tu as eu à cœur de comprendre, et de t’humilier devant ton Dieu, tes paroles ont été entendues,   et   c’est   à   cause   de   tes   paroles,  que  je  viens… » Dan 10:12.  « … A cause de tes paroles, dit l’ange… Je viens ! ». Ce sont là des paroles adressées à l’intercesseur éclairé tel que Daniel ! Il y a entre la prière de Daniel et la Parole de Dieu, l’Esprit même de Dieu ! Ainsi, par la rencontre de la Parole et de la Volonté de Dieu avec la parole inspirée du croyant qui connaît cette Volonté, accomplit, alors, le Dessein du Seigneur dans Son Peuple. II en est de même  de  l’intercession  et  de  la  confession  fidèles  et  profondes « … Afin que les dominations et les autorités dans les lieux célestes connaissent aujourd’hui par l’Église la sagesse infiniment variée de Dieu… » Eph 3:10-11 ; « par l’Église… née de cette même  Parole.