M267 – ON NE DIRA PLUS …

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   « Voici, les jours viennent, dit l’Éternel, où j’ensemencerai la maison d’Israël et la maison de Juda d’une semence d’hommes et d’une semence de bêtes. Et comme j’ai veillé sur eux pour arracher, abattre, détruire, ruiner et faire du mal, ainsi je veillerai sur eux pour bâtir et pour planter, dit l’Éternel. En ces jours-là, on ne dira plus : Les pères ont mangé des raisins verts, et les dents des enfants en ont été agacées. Mais chacun mourra pour sa propre iniquité ; tout homme qui mangera des raisins verts, ses dents en seront agacées … ! » Jér 31:27-30.

   Le Dessein de Dieu à l’égard d’Israël nous apprend que les promesses historiques préfiguraient les promesses concernant les temps messianiques à venir. L’Écriture nous enseigne que l’histoire humaine suit, non pas une voie circulaire où les hommes marchent sans progresser, mais une voie linéaire où les générations se succèdent les unes aux autres, sauf que leur fin ici-bas, en réalité, n’est pas une fin, mais un terme. Or s’il y a des termes, il y a donc des étapes, et la Parole de Dieu, par les prophètes, nous fait connaître ces étapes spirituelles. Dans la Première alliance, le deuxième commandement de la Loi de Dieu, transmise par Moïse, nous révèle la Pensée de Dieu au sujet des images taillées représentant les choses qui sont dans les cieux, sur la terre et dans les eaux, en disant : « Tu ne te prosterneras point devant elles et tu ne les serviras point ; car moi, l’Éternel, ton Dieu, je suis un Dieu jaloux, qui punis l’iniquité des pères sur les enfants, jusqu’à la troisième et à la quatrième génération de ceux qui me haïssent, et qui fait miséricorde jusqu’en mille générations de ceux qui m’aiment et qui gardent mes commandements… ! » Exode 20:4-6. Les Pensées et les Voies de Dieu ne sont pas nos pensées ni nos voies ; il en est de même de Sa Justice. Dieu seul connaît la nature insidieuse de cette « iniquité des pères » et la nécessité de la « punir sur les enfants », c’est-à-dire, sur la génération nouvelle qui se lève, car il est préférable d’éteindre, autant que possible, l’influence néfaste de l’iniquité en une seule lignée plutôt qu’elle ne contamine les générations contemporaines, et donc futures… ! Ici se vérifient pleinement les paroles annoncées par le prophète Ésaïe, sur le roi de Babylone venu attaquer Israël : « Préparez le massacre des fils, à cause de l’iniquité de leurs pères ! Qu’ils ne se relèvent pas pour conquérir la terre, et remplir le monde d’ennemis… ! Ésaïe 14:21.

  De même que la profondeur de Sa Miséricorde, la profondeur des Jugements de Dieu appartient aux lois de Sa Pensée connue de Lui seul. La punition de l’iniquité des pères sur les enfants répondait donc à un besoin de préserver le peuple d’Israël d’une infidélité générale. Cependant, comme conséquence de son infidélité, Israël vécut la réalité de ce jugement tel que nous le rapporte le prophète Jérémie : «  Nos pères ont péché, ils ne sont plus, et c’est nous qui portons la peine de leurs iniquités. Des esclaves dominent sur nous, et personne ne nous délivre de leurs mains… ! » Lam de Jér 5:7-8 Avec le temps, l’on fit même de ces paroles une malédiction à l’encontre des ennemis, ainsi, que l’exprime David au sujet de son adversaire : «  Que ses descendants soient exterminés, s’écrie-t-il, et que leur nom s’éteigne dans la génération suivante ! Que l’iniquité de ses pères reste en souvenir devant l’Éternel, et que le péché de sa mère ne soit point effacé ! » Ps 109:13-14.

   Mais Dieu allait intervenir, une nouvelle ère allait s’ouvrir, la Nouvelle Alliance confirmant la Première Alliance était annoncée, entre autres, par ces mots : « On ne dira plus… ! » Oui ! Quelle joie, quelle espérance, quelle aube tant attendue à l’écoute de ces paroles publiées par le prophète Jérémie : «  En ces jours-là, on ne dira plus… : les Pères ont mangé des raisins verts, et les dents des enfants en ont été agacées… ! » Jér 31:29. Paroles publiées à nouveau, presque une génération plus tard, par le prophète Ézéchiel : « Pourquoi dites-vous ce proverbe dans le pays d’Israël : Les pères ont mangé des raisins verts, et les dents des enfants en ont été agacées ? Je suis vivant ! dit le Seigneur, l’Éternel, vous n’aurez plus lieu de dire ce proverbe en Israël. Voici, toutes les âmes sont à moi ; l’âme du fils comme l’âme du Père, l’une et l’autre sont à moi ; l’âme qui pèche, c’est celle (seule) qui mourra… ! » Ézé 18:2-4. En effet, au-delà du temps historique pour lesquels ces paroles étaient annoncées, c’était là, déjà, la promesse de la délivrance qui allait s’accomplir lors de la Venue du Messie en ceux qui croiront en Lui… !

   Le Racheté du Seigneur se réjouit de toutes les Paroles de Dieu, et il se réjouit tout autant de ces autres paroles que « l’on ne dit plus… ! », et qui concernent ces « raisins verts » que ses ancêtres auraient mangé, car il sait qu’il ne souffrira plus d’en avoir les « dents agacées ». En quoi consistent donc ces raisins verts ? Ce sont, entre autres, des liens spirituels, idolâtriques et surtout occultes éventuellement transmis par les ancêtres. Mais l’Évangile proclame la délivrance de ces choses comme étant incluse dans le Pardon même, acquit pour nous par le Sang de Jésus à la Croix. La délivrance fait partie intégrante du Pardon qui, non seulement nous purifie de tous nos péchés, mais aussi nous libère des liens spirituels et occultes… !

   Combien de croyants qui, se réjouissant d’avoir reçu le Pardon et la Paix de Dieu, connurent ensuite la crainte et le doute, parce qu’il leur fut dit qu’après avoir été pardonnés ils avaient encore besoin d’être déliés de toutes sortes de liens récents et surtout anciens, afin d’obtenir une pleine victoire… ! C’est à ce propos que sont utilisées, mais hors de leur contexte, les paroles du deuxième commandement. Remarquons d’abord que les mille générations auxquelles Dieu fait miséricorde sont celles qui  « l’aiment et qui gardent Ses commandements ». Or, les troisième et même quatrième générations qui subissent, chacune, la punition de l’iniquité de la précédente sont, précisément, des générations qui, dit Dieu Lui-même, « me haïssent… ! » Il est évident, qu’à ce titre-là, elles ne peuvent que se retrouver enveloppées sous le même et juste Jugement de Dieu. Il est donc d’autant plus évident que l’on ne peut appliquer ces paroles à des croyants, qui, malgré leurs faiblesses, non pas « haïssent », mais  « aiment » le Seigneur, et sont aimés de Lui… !  Ainsi, tout lien personnel et occulte, si lien il y a, est donc rompu par le miracle même de la transformation intérieure du croyant devenu une « nouvelle créature » en Jésus-Christ : II Co 5:17.

   Une telle cure d’âme, utilisant des paroles qui s’appliquent à des personnes opposées à Dieu, et non pas aux croyants « nés de nouveau », ne peut que troubler et plonger les âmes dans la tristesse, et, ce qui est le plus grave, les rendre dépendantes de ceux qui les asservissent de cette manière. Alors que la purification de nos péchés et la nouvelle naissance, opérées en nous par l’Esprit-Saint, suffisent à briser les liens héréditaires et occultes, comme la Parole nous le révèle lumineusement, en disant : «  Ce n’est pas par des choses périssables, par de l’argent ou de l’or, que vous avez été rachetés de la vaine manière de vivre que vous aviez héritée de vos pères, mais par le Sang précieux de Christ, comme d’un agneau sans défaut et sans tache, prédestiné avant la fondation du monde et manifesté à la fin des temps… ! » I Pier 1:18-20. « La vaine manière de vivre héritée de vos pères » ! Nous avons tous reçu, plus ou moins, des qualités et de défauts de nos pères. Or, le fait d’être rachetés et transformés par Jésus-Christ est à même d’effacer ce qui est spirituellement négatif de cet « héritage » Ceci ne nous évite pas d’être l’objet d’attaques de la part de l’adversaire, mais la provenance de ces « traits enflammés du malin » Eph 6:16, se situent toujours, à l’extérieur, et non pas à l’intérieur de nous , car, dit l’Écriture : « Nous savons que quiconque est né de Dieu… se garde lui-même, et le malin ne le touche pas… ! » I Jean 5:18.

   Bien souvent, l’on chasse des démons, alors qu’il s’agit, non pas d’esprits mauvais, mais, précisément, de péchés de la chair, de cette chair qui a besoin d’être, non pas exorcisée, mais crucifiée… ! D’ailleurs, l’Écriture n’inclut-elle pas l’idolâtrie et la magie même parmi les « œuvres de la chair » ? Gal 5:20. Ceci révèle combien la « Puissance de Résurrection » de Jésus : Phil 3:10,  est la seule Force qui nous rend capables de « nous dépouiller du vieil homme et de ses œuvres » Col 3:9. Mais, sans doute, est-il plus agréable de demander la prière que de renoncer à soi-même… ! Or, y a-t-il actions de grâces plus grandes, quand, au cours de notre croissance spirituelle, nous découvrons, non pas ce qu’il y aurait encore à délier, mais ce dont nous avons déjà été délivrés, comme étant en nous les Fruits de la Parole reçue dans le même Esprit de foi… !