M24 – AYANT AUTORITE …

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    « Après que Jésus eut achevé ces discours, la foule fut frappée de sa doctrine; car il enseignait comme ayant autorité, et non pas comme leurs scribes… » Matt 7:28-29.   

    De même que Jésus chasse les démons, menace les vents et calme la mer, de même, il prêche et enseigne comme « ayant autorité » ! Quelle est donc cette Autorité ? Elle ne consiste pas à crier plus fort que les autres prêtres ou scribes, Ésaïe le prophète proclame, en effet, au sujet du Messie à venir : « Il ne criera point, il n’élèvera point la voix, et ne la fera point entendre dans les rues… » Ésaïe 42:2. Elle éclate, non seulement par Sa sagesse et par Sa puissance, mais dans Son Amour même, car, dans Son Amour, Jésus révèle Sa Présence digne de confiance qui ne trompe ni ne déçoit. Son « Autorité » est la force de sa sûre Présence ! Cette Autorité est, en même temps, exigence et protection divines, et qui, tout en permettant l’épreuve, nous préserve de la séduction ! Jésus est fidèle et son Autorité est véritable, elle est la Main divine qui façonne nos dispositions intérieures à recevoir les Pensées et la Volonté de Dieu !

  Le chrétien charnel est sensible à la personnalité, à la propre autorité de ceux qui le dirigent et à leur manière d’apporter la Parole davantage qu’au contenu qu’il devrait y avoir ! Il faut se garder de tout ce qui fait impression, cela part d’une fausse autorité ! L’autorité selon l’homme asservit aussi bien par l’admiration que par la crainte ! Elle subjugue la volonté, la conscience des croyants, tandis que l’autorité spirituelle, elle, la sanctifie et l’affranchit. Il est écrit que Dieu Lui-même « produit en nous le vouloir et le faire, selon son bon plaisir… » Phil 2:13.

  Jésus possède l’Autorité, mais Il n’est pas autoritaire ! Il n’a pas besoin d’imposer, ni de s’imposer, car, pour le bien de notre âme, il sait nous faire réaliser que le fait de se soumettre à Lui est le meilleur choix, la meilleure voie. Nous ne la ressentons pas comme une obligation, mais comme un besoin, Jésus ne nous prend pas au piège, car Il sait donner à notre conscience d’en reconnaître la nécessité salutaire ! Dieu agit « contre » notre volonté, mais,  jamais « sans » elle ! Il appartient au tyran d’écraser la volonté d’autrui, mais Dieu met Sa Gloire à produire, non pas la résignation, mais l’acceptation joyeuse de notre volonté régénérée.  Les choses qui s’opposent aux choses spirituelles sont, évidemment, celles qui sont charnelles ! Ainsi, la parole de l’homme s’oppose à la Parole de Dieu, la pensée de l’homme s’oppose à la Pensée de l’Esprit-Saint, la volonté humaine à celle de Dieu, de même, sa propre autorité s’oppose à l’Autorité divine ! Chaque attribut du Seigneur révèle exactement le défaut contraire chez l’homme ! Ainsi, la manifestation de l’Autorité divine révèle ce qui lui contraire en l’homme : l’entêtement, l’esprit de rébellion, son autorité personnelle qui résiste à la Volonté de Dieu.

      Le disciple qui se prend pour un maître repousse, par cette attitude même, l’aide transformatrice de l’Esprit-Saint, tandis qu’un « maître » selon la Parole, humble comme un disciple, apprendra toujours et franchira la distance qui le sépare du Christ, le Maître parfait et lui-même. Il peut, alors, conduire ses frères sur le chemin de la perfection. « C’est pourquoi », s’exprime l’Apôtre Paul, « j’écris ces choses étant absent, afin que, présent, je n’aie pas à user de rigueur, selon l’autorité que le Seigneur m’a donnée pour l’édification et non pour la destruction… » II Cor 13:10. Le disciple qui devient un maître est celui qui, progressant sous l’autorité divine, ne fait plus qu’un avec elle ! Le but suprême de l’autorité n’est pas de manifester le pouvoir de faire les œuvres selon Dieu, mais, d’abord, de recevoir ce pouvoir d’accepter d’être soi-même le principal ouvrage de Ses mains ! Jésus est un roi, lequel, pour être plus puissant que tous ceux de  la  terre,  n’ en  fut  pas  moins  «  un roi  plein  de  douceur… » Matt 21:5. Il n’a pas besoin de dominer ses sujets, les rachetés, pour s’en faire aimer, adorer. L’Autorité de Jésus n’est pas de celle que l’on redoute, c’est par la douceur qu’il brise et panse, c’est avec bonté qu’il frappe et guérit pour le bien de nos âmes ! « Car mon joug est doux », dit Jésus, « et mon fardeau léger… » Matt 11:30.

   Dans la vie qui vient de la croix, l’autorité spirituelle est le règne intérieur de l’onction de la Parole. En effet, seule l’onction nous rend capable de la vraie obéissance venant, non pas d’une règle ou de la lettre morte, mais de l’Esprit de vie. Se soumettre à l’Autorité de Dieu, c’est avoir « reçu l’onction de la part de Celui qui est Saint… » et « demeurer en Lui selon les enseignements qu’elle nous a donnés… » I Jean 2:27. Jésus ne domine pas sur nous, mais il nous donne, par la force de son esprit, de « dominer sur nous-mêmes » et cela, par le « règne » de « l’homme intérieur », sur « l’homme extérieur ». C’est donc une autorité qui œuvre « de l’intérieur », une domination, non pas venant de l’extérieur, étrangère à nos aspirations, mais inspirées par l’Esprit ! En Jésus rien n’est obligatoire, tout est désirable.

   La propre autorité est la puissance du « moi » charnel, ou religieux, qui par nature est opposé à la pensée de Dieu. Et l’onction de l’Esprit est destinée à confondre notre « moi » et à lui révéler que ce qu’il pense, fait ou même prie pour « la gloire de Dieu », est souvent en vue de sa propre gloire ! Or, le vrai croyant discerne et repousse tous les « je veux » de son « moi » et prend plaisir, selon « l’homme intérieur » aux « Je veux » du Seigneur. L’autorité de Dieu, comme le Royaume des cieux ne frappe pas les regards, mais le cœur. Elle frappe silencieusement, mais, retentit de plus en plus fort dans la conscience. Cette autorité spirituelle est désirée par ceux qui sont spirituels, par ceux qui aspirent à la direction de la Parole révélée. L’enfant de Dieu voit dans cette autorité, non pas un rocher qui le surplombe, ou un ciel le menaçant, mais le « Joug » divin qui l’affranchit de ses errements, ce qui a pour effet d’aplanir sous ses pas le chemin qui le conduit de la servitude à la liberté en Jésus-Christ.