M22 – PAR AILLEURS …

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     « En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui n’entre pas par la porte dans la bergerie, mais qui y monte par ailleurs, est un voleur et un brigand. Mais celui qui entre par la porte est le berger des brebis. Le portier lui ouvre, et les brebis entendent sa voix… », « Jésus leur dit encore : En vérité, en vérité, je vous le dis, je suis la porte des brebis. Tous ceux qui sont venus avant moi sont des voleurs et des brigands ; mais les brebis ne les ont point  écoutés… »  Jean 10:1-3 et 7-8.

   Ce qui nuit à notre âme est tout ce qui ne vient pas de Dieu, mais monte « par ailleurs », ailleurs que par la Porte qui est Jésus ! Ce sont des choses qui viennent du malin, du monde ou même d’une compréhension sans la révélation spirituelle de la Parole de Dieu. Car c’est l’Esprit-Saint qui éclaire et vivifie la Parole en celui qui la reçoit. Nous voyons que rien n’empêche ce qui est étranger de tenter de s’introduire dans la bergerie. « Le voleur ne vient que pour dérober, égorger et détruire ; moi, je suis venu afin que les brebis aient la vie, et qu’elles soient dans l’abondance… » Jean 10:10. C’est à nous à discerner ce que nous avons à accepter ou à rejeter. L’Esprit de Jésus, au-dedans de nous, ne reçoit que ce qui est de la même Nature divine que Lui, c’est-à-dire, la Voie, la Vérité et la Vie véritable ! L’Esprit n’ouvre qu’à la Parole !

   Les choses auxquelles nous aspirons indiquent la nature de nos besoins, et la nature de nos besoins révèle notre propre nature ! Le chrétien charnel désirera les choses mondaines, charnelles, le chrétien spirituel aspirera aux choses spirituelles ! Jetons une souris devant un lapin, une poule ou un chat affamé… ! Aussitôt, le chat bondira et se rassasiera, tandis que le lapin et la poule ne bougeront pas et continueront d’avoir faim ! Pourquoi ? Parce que le chat a trouvé une nourriture selon son besoin, c’est-à-dire, une nourriture selon sa nature ! La souris est faite pour le chat, et le chat, pour la souris ! De même, la Révélation de la Parole est reçue par ceux qui ont accepté Jésus dans leur vie, car les élus reconnaissent la Révélation de la Parole et s’en nourrissent.

   Ce qui « monte par ailleurs » en nous ne vient pas toujours de l’extérieur de nous ! Le serpent qui séduisit Ève et Adam ne fut rencontré ni au bord ni à l’extérieur de l’Éden, mais il se tenait « au milieu » du jardin, à l’ombre de l’« arbre de la connaissance du bien et du mal… » Gen 2:9 et 16-17. Aujourd’hui, il en est de même, ce qui monte par ailleurs, ce qui n’est pas de Dieu, se tient au milieu de ceux qui connaissent les choses de Dieu. Le serpent, le voleur ou le brigand se trouve au milieu de chaque réveil, de chaque doctrine, de chaque rassemblement, si l’on ne se tient pas veillant et priant, si l’on ne prend pas garde avant tout à soi-même !

   « Ils sont sortis du milieu de nous, mais ils n’étaient pas des nôtres… » écrit l’apôtre Jean, « car s’ils eussent été des nôtres, ils seraient demeurés avec nous, mais cela est arrivé afin qu’il fût manifeste que tous ne sont pas des nôtres… ! » I Jean 2:19. Ces esprits d’erreur, ces ouvriers d’iniquité, dont l’esprit vient « d’ailleurs » se maintiennent donc au milieu des saints, jusqu’au jour où leur identité est dévoilée ! Ceci se perpétue dans tous les temps, non seulement parmi la chrétienté, mais dans la personne même du croyant, dans le fait que ce qui vient « d’ailleurs » peut aussi venir du dedans de « soi-même » ! Il y a une multitude de chose qui, montant  par ailleurs, viennent de l’intérieur de nous, de notre propre cœur ; des choses qui, bien que nous soyons spirituels, ne le sont, elles, pas du tout. Nos propres pensées, l’esprit formaliste ou mondain, l’esprit de doctrine sont d’autant de voleurs et de brigands qui assaillent, égarent et tourmentent notre âme. « Ce n’est pas ce qui entre dans la bouche qui souille l’homme ; mais ce qui sort de la bouche, c’est ce qui souille l’homme… », dit Jésus, car « … ce qui sort de la bouche vient du cœur, et c’est ce qui souille l’homme… » Matt 15:11 et 18.

   L’Écriture nous apprend que la tentation vient d’ailleurs, mais la convoitise, elle, est en nous. Il n’est donc pas juste de dire : « le diable m’a piégé… ». C’est plutôt nous qui avons eu la faiblesse, ou la curiosité de lui ouvrir la porte. Jésus, au terme de sa vie terrestre, dit : « … Le prince du monde vient. Il n’a rien en moi… » Jean 14:30. Jésus fut tenté en toutes choses, non en Lui-même, mais par le diable : Matt 4:1, qui le tenta d’être un chef de parti, d’être roi, d’être même « égal avec Dieu… » Phil 2:6, mais ceci demeura sans effet, parce qu’il n’existait aucune trace de convoitise en Jésus répondant à ces tentations ! Le diable pêchait dans un vase vide ! Jésus vaincra le mal et le malin définitivement au temps fixé, en attendant, Il nous a dépouillés de notre vieille nature et, en même temps, délivrés de l’inclination qui nous portait vers le mal. Le vainqueur n’est donc pas celui qui n’est pas tenté, tous les saints l’ont été, le vainqueur est celui qui a vaincu son attirance à la tentation. Nous n’empêchons pas l’existence de la tentation, mais nous en annulons la force : «  Comme l’oiseau s’échappe, comme l’hirondelle s’envole, dit le sage, ainsi la malédiction sans cause n’à point d’effet… » Prov 26:2.

   Ce qui ne vient pas du Seigneur et monte par ailleurs, le portier ne lui ouvre donc pas. Car seul « Celui qui entre par la porte est le berger des brebis (Jésus). Le portier lui ouvre, et les brebis entendent sa voix ; il appelle par leur nom les brebis qui lui appartiennent, et il les conduit dehors… » Jean 10:2-3. Le voleur et le brigand ne connaissent pas le nom des brebis !  Mais le divin Portier, l’Esprit de discernement, n’ouvre qu’au vrai Berger, c’est-à-dire, à la Voix de Jésus, jamais à la voix des mercenaires qui égarent ou dépouillent des brebis ! Ici s’affermit notre confiance dans la fidélité de Jésus envers nous, en ce que Son Esprit n’ouvre notre cœur, nos yeux et nos oreilles spirituels qu’à ce qui vient de Dieu et nous conduit à Lui !

   Le flux de l’Esprit passera toujours par l’unique courant de la Parole de Vie, par laquelle Dieu se communique à ses rachetés, du sein desquels, en retour « jaillit une source d’eau jusque dans la vie éternelle… »  Jean 4:14. Nos louanges s’élèvent vers le Seigneur pour cette « porte ouverte » dans les cieux, par laquelle vient en nous ce qui retourne à elle, la Vie de sa Parole lumineuse et substantielle, jusqu’au jour où, nous-mêmes, la franchirons pour être à toujours avec Celui qui a parlé et en qui nous avons cru.