M21 – IL ADMIRA …

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       « … Mais dis un mot, et mon serviteur sera guéri. Car, moi qui suis soumis à des supérieurs, j’ai des soldats sous mes ordres ; et je dis à l’un : Va ! Et il va ; à l’autre : Viens ! Et il vient ; et à mon serviteur : Fais cela ! Et il le fait. Lorsque Jésus entendit ces paroles, il admira le centenier, et, se tournant vers la foule qui le suivait, il dit : Je vous le dis, même en Israël je n’ai pas trouvé une aussi grande foi. De retour à la maison, les gens envoyés par le centenier trouvèrent guéri le serviteur qui avait été malade… » Luc 7:7-10.

   Jésus trouva rarement l’occasion d’admirer les sentiments, les attitudes de l’homme. Il dut, plus souvent, tout en apportant la vérité et la miséricorde, reprendre et corriger les uns et les autres de sa nation, ainsi que Ses disciples, et cependant, aussi, « il admira… » ! Nous qui adorons, admirons le Seigneur pour Sa Parole et les œuvres de la Grâce, nous sommes profondément émus qu’Il en vienne à découvrir, dans sa créature, un sujet d’admiration ! Il est vrai, c’est toujours la foi que Jésus admira ! Que cette foi se trouve dans ce centenier romain, dans un juif de sa nation, dans la femme syro-phénicienne dont il délivra la fille du démon : Marc 7:26, ainsi que dans le croyant fidèle d’aujourd’hui !

   Jésus, ici, admire non seulement la foi dans ce centenier, mais aussi le centenier lui-même ! Il admire et la grande foi et celui qui la possède, jamais l’un sans l’autre ! Un homme sans foi peut exister, mais il n’est pas de foi agissante sans le croyant qui l’a reçue, lequel s’en réjouit et, s’il le faut, souffrira pour elle. Une âme qui ne possède pas la foi, Jésus ne l’admire pas, mais Il l’aime avec compassion, comme Il aima le jeune homme riche, qui, cependant, « s’en alla tout triste… » Marc 10:21-22. Un des traits de la Sagesse de Dieu est de laisser ignorer au véritable croyant qu’il peut être « admirable » par sa foi ! D’ailleurs, le fait de s’en apercevoir révélera bien vite qu’il ne l’est déjà plus « admirable », depuis longtemps ! Le Seigneur sait que cette sainte ignorance est salutaire, et gardienne de l’âme de son enfant dans l’humilité !

   Le centenier, n’a-t-il pas fait dire par ses amis, alors que Jésus n’était guère éloigné de sa maison : « Seigneur, ne prends pas tant de peine, car je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit. C’est aussi pour cela que je ne me suis pas cru digne d’aller en personne vers toi… » Luc 17:6-7. Cette attitude est vraie, authentique, elle n’est pas l’expression de la  fausse humilité, c’est-à-dire, cette humilité d’une âme qui ne s’approche pas de trop près des choses de Dieu, qui ne s’engage pas et qui tient à conserver sa propre liberté… tout en réclamant cependant la protection divine sur elle !

   La foi que Jésus admire n’est pas seulement celle qui « obtient », mais avant tout la foi qui « tient », qui tient le cœur intègre, ouvert, veillant, sensible à la voix de l’Esprit ! Non cette foi qui réclame sans cesse, mais la foi qui voit d’abord ce que le Seigneur « est » avant ce qu’Il « a », qui voit le Dieu béni avant les bénédictions, le Sauveur et Seigneur avant le Dispensateur ! La foi n’est pas seulement le levier qui ouvre les écluses des cieux, mais, avant tout, la solidité du fondement spirituel que les tempêtes de l’épreuve et de la tentation ne sauraient ébranler.

   Jésus se réjouit de la révélation de la foi en nous, car une grande foi ne l’est pas par ses dimensions ou par son poids, mais par « l’espace intérieur » qu’elle laisse au Seigneur de remplir et d’agir en nous et par nous ! Jésus tressaille de joie, car il distingue Sa « nature » en nous qui est le résultat de la foi, que sa Parole a fait naître, et le croyant reconnaît en lui-même son identité spirituelle. Car, « ainsi la mort agit en nous, et la vie agit en vous… », écrit l’apôtre Paul,  « et, comme nous avons le même esprit de foi qui est exprimé dans cette parole de l’Écriture : J’ai cru, c’est pourquoi j’ai parlé ! Nous aussi nous croyons, et c’est pour cela que nous parlons… ! » II Cor 4:12-13.

   Dans la foi, l’enfant de Dieu se soumet au Père, mais non d’une manière passive, aveugle, ce n’est pas un assujettissement, mais une « soumission libératrice » ! C’est ici la seule liberté qui l’affranchit de la crainte, du péché et de lui-même ! Dans l’Évangile, nous entendons Jésus dire au sujet du Père : « … Je savais que tu m’exauces toujours… » Jean 11:42, et encore, « … Je me confierai en toi… » Héb 2:13 ; mais jamais l’on n’a entendu Jésus dire au sujet de Lui-même : « Je suis croyant », ou : « Je crois en ceci ou cela » ! Car, Jésus, en tant que « chef et consommateur de la foi… » Héb 12:2, n’a pas besoin de le dire, parce qu’Il est, non seulement le « Fidèle », mais la Foi elle-même !

   Il reçut de Dieu la Plénitude de toutes choses, dont la foi, et il ne peut que croire la Parole de Dieu, puisque lui-même est la « Parole faite chair » venue parmi nous et qui suscite la foi en ceux qui l’entendent. Car « la foi vient de ce qu’on entend, écrit Paul,  et ce qu’on entend vient de la prédication de Christ… » Rom 10:17. La Parole et la Foi ne sont qu’une puissance unique en Jésus-Christ. Aussi, par la révélation de l’Esprit-Saint et le travail de cette unité agissante de la Parole et de la foi en nous, devenons-nous parfaits en Christ, lequel par Sa « fidélité » en tant qu’« Auteur de notre salut éternel… », fut élevé à la perfection. La véritable foi donne une assurance, non pas la suffisance, car la suffisance découle d’une foi faussée, de la présomption. Combien d’âmes, disant être exaucées dans toutes leurs prières, étonnent cependant par leur manque de patience, de bonté et de profondeur, de maturité spirituelle ! Alors que, précisément, la prière a pour premier but de manifester ces choses, fruits de la régénération !

   Nous comprenons alors pourquoi le Seigneur, dans Sa Sagesse, ne nous donne pas toujours ce que nous demandons, ou nous le fait attendre, ou nous donne autre chose que ce que nous avons demandé. Or, la foi, durant ce temps, n’est pas inactive, cette attente de foi approfondit, mûrit, affermit celui qui prie, si bien que l’exaucement n’est pas seulement quelque chose qui vient « au-devant » de nous, mais « au-dedans » de nous par l’opération d’un développement de notre vie intérieure ! Dieu nous donne, soit d’en-haut le fruit lui-même entre nos mains, soit d’en bas en déposant dans notre cœur la graine qui deviendra alors le fruit. « … En ce jour-là, j’exaucerai, dit l’Éternel, j’exaucerai les cieux, et ils exauceront la terre ; la terre exaucera le blé, le moût et l’huile, et ils exauceront Jizreel… » ! Osée 2:23-24. Le Seigneur a planté en nous la Parole, la semence de la Foi, afin d’être comblés de la Richesse céleste qui subsiste et qui ne déçoit pas, car la nature de ce qui déçoit est périssable, tandis que les Biens, les Richesses d’En Haut subsistent à jamais, car découlant de la Nature éternelle de Dieu Lui-même.