M20 – DIS A MON FRÈRE …

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       « Quelqu’un dit à Jésus, du milieu de la foule : Maître, dis à mon frère de partager avec moi notre héritage. Jésus lui répondit : Ô homme, qui m’a établi pour être votre juge, ou pour faire vos partages ? Puis il leur dit : Gardez-vous avec soin de toute avarice ; car la vie d’un homme ne dépend pas de ses biens, fût-il dans l’abondance…» Luc 12:13-15.

   Jésus parle du Royaume de Dieu, de la paix, du pardon, de la vérité, de la vie éternelle quand, tout à coup, une voix l’interrompt, disant : « Maître, dis à mon frère de partager avec moi notre héritage… ». Ainsi, aucune des paroles de Jésus n’a pu percer le cœur de cet homme, et le détourner de son idée fixe ! Il est plus impatient de partager l’héritage que de recevoir les véritables richesses d’espérance. « Car là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur… » Matt 6:21, dit Jésus. Quelle que soit la nature du trésor par lequel un cœur est lié, ce cœur devient imperméable à tout ce qui est spirituel ! Le désir de cet homme parle plus fort en lui que la Parole de Dieu, il ne voit en Jésus que quelqu’un ayant le pouvoir de le satisfaire… ! C’est là, vraiment méconnaître Jésus, et ce pourquoi Il est venu au milieu de nous !

   Nous relevons ici une attitude propre aux âmes dans tous les temps, qui est celle d’utiliser Dieu ou autrui à des fins personnelles ! Cela peut aller de choses terrestres à celles, en apparence, spirituelles, mais de telles paroles ne se révèlent jamais dans un but spirituel, elles ne le sont qu’en apparence ! Marie, assise aux pieds du Seigneur, entendit dire de la part de Marthe, sa sœur : « Seigneur, cela ne te fait-il rien que ma sœur me laisse seule pour servir ? Dis-lui donc de m’aider. Le Seigneur lui répondit : Marthe, Marthe, tu t’inquiètes et tu t’agites pour beaucoup de choses. Une seule chose est nécessaire. Marie a choisi la bonne part, qui ne lui sera point ôtée… » Luc 10:40-42. Vous voyez, « dis donc à ma sœur… », « dis à mon frère… ». Cette manière de corriger, ou de se justifier par personne interposée, même si cela s’avère exact, n’apporte pas le résultat attendu, non seulement en l’âme concernée, mais surtout pour celle qui agit de la sorte !

   Ceci nous amène à l’origine de toutes choses, d’où nous vient la connaissance de Dieu et de l’homme, du bien et du mal. La désobéissance étant consommée, Adam dit à l’Éternel qui l’appelait : « La femme que tu as mise auprès de moi m’a donné de l’arbre, et j’en ai mangé… » Gen 3:12. Nous remarquons ici, dans une toute autre circonstance, le même comportement que chez le frère et son héritage, et la sœur de Marie dans son ménage ! C’est toujours quelqu’un d’autre, jamais soi-même !

   L’âme se suscite des intermédiaires, soit pour accuser, soit pour se justifier, afin de ne pas paraître nue et découverte aux yeux du Seigneur ! L’on entend souvent dire : « Ma mémoire me fait défaut, mes yeux, mes oreilles ne sont plus aussi sûrs, mes jambes ne me portent plus…  », comme si ces fonctions, ces membres ne faisaient pas partie du corps et étaient des êtres malveillants qui contrarient notre vie ! Mais ces membres, ces facultés, c’est nous-mêmes ; c’est nous-mêmes qui sommes oublieux, qui n’entendons ni ne voyons clairement, qui ne marchons pas droit, physiquement ou moralement ! Ainsi en est-il de même des choses spirituelles ; ce ne sont pas la fidélité, l’obéissance, la patience, la vigilance qui nous font défaut, comme si ces vertus spirituelles nous étaient insuffisamment communiquées de la part de notre Seigneur qui est riche dans son Amour pour nous ! Mais c’est nous-mêmes qui sommes rebelles, désobéissants, impatients, ou inconséquents ! Ce ne sont pas des choses spirituelles venant de l’extérieur qui nous font défaut, mais c’est quelque-chose à l’intérieur de nous, ce sont des parties manquantes à notre être spirituel ! Car, en possédant ces choses, nous n’avons rien en plus, si ce n’est que nous sommes enfin complets. Cette distinction est lumineuse pour qui la comprend dans l’Esprit du Seigneur.

   Nous savons que les personnes par lesquelles l’on se défend, ou que l’on charge, sont de la même nature que nous. En y faisant appel, cela revient à avoir recours « à soi-même », à se choisir son propre médiateur au lieu de se tourner vers Jésus ! Comme telles, ces entreprises de nos propres forces, de nos propres pensées ne peuvent qu’être vaines et suivies de déception. De même, il n’est pas possible, en tant que né de nouveau, de rendre responsable notre « homme extérieur » de nos faiblesses et de nos erreurs, car il n’est pas dans la nature spirituelle de « l’homme intérieur » qui se renouvelle de jour en jour, d’être retenu dans sa croissance par « l’homme extérieur », qui lui se détruit : Eph 4:22-24 ! Notre faim et notre soif de Jésus, notre amour de la vérité nourrissent notre « homme intérieur » qui l’emporte sur « l’homme extérieur ».

   L’ Apôtre Paul écrit aux Corinthiens : « … Il n’y a qu’un seul Dieu, le Père, de qui viennent toutes choses et pour qui nous sommes, et un seul Seigneur, Jésus-Christ, par qui sont toutes choses et par qui nous sommes… » I Cor 8:6. Jésus est notre médiateur ; par sa chair crucifiée, Il a crucifié notre chair, permettant à nos besoins et à nos prières de parvenir au Père, purifiées des pensées et des désirs de la chair. Jésus est le « Filtre divin », vivant et saint qui ne laisse monter à son Dieu, notre Dieu, que ce qu’Il a lui-même régénéré en nous ! Mais, comme Jésus aussi a vécu dans une chair semblable à la nôtre, hormis le péché, Il sait et peut venir en aide aux faiblesses et aux tentations dont notre chair est la cause. La source purificatrice de Ses forces ne tarit jamais !

   C’est avec confiance que nous remettons notre vie entre les mains de notre Bien-aimé Seigneur Jésus, qui seul sait nous convaincre sans nous condamner, nous blesser sans nous briser, nous faire pleurer pour nous apprendre à discerner et à aspirer à la vraie joie, à la parfaite paix. Jésus, notre seul Médiateur, sait nous faire attendre, afin de nous faire apprécier la Sagesse de Ses Desseins à notre égard, et nous faire découvrir la révélation quotidienne de notre communion avec Lui, car « Dieu a voulu par lui réconcilier tout avec lui-même, tant ce qui est sur la terre que ce qui est dans les cieux, en faisant la paix par lui, par le sang de sa croix… » Col 1:20.