M19 – NOUS VOYONS

Format PDF

       « … Jésus apprit qu’ils l’avaient chassé : et, l’ayant rencontré, il lui dit : Crois-tu au Fils de Dieu ? Il répondit : Et qui est-il, Seigneur, afin que je croie en lui ? Tu l’as vu, lui dit Jésus, et celui qui te parle, c’est lui. Et il dit : Je crois, Seigneur. Et il se prosterna devant lui. Puis Jésus dit : Je suis venu dans ce monde pour un jugement, pour que ceux qui ne voient point voient, et que ceux qui voient deviennent aveugles. Quelques pharisiens qui étaient avec lui ayant entendu ces paroles, lui dirent : Nous aussi, sommes-nous aveugles ? Jésus leur répondit : Si vous étiez aveugles, vous n’auriez pas de péché. Mais maintenant vous dites : Nous voyons. C’est pour cela que votre péché subsiste… » Jean 9:35-41.

  Jésus est donc venu pour un jugement, afin que « ceux qui ne voient point voient et que ceux qui voient deviennent aveugles… ». Ainsi aux pharisiens qui lui demandaient s’ils sont aveugles, Jésus répondit : « Si vous étiez aveugles, vous n’auriez pas de péchés. Mais maintenant vous dites : Nous voyons. C’est pour cela que votre péché subsiste… ». Ces âmes, n’ont-elles donc pas bien compris Jésus ? Ne devrait-Il pas être plus clair, et Sa Parole moins obscure pour ceux qui l’écoutent… ? Mais Jésus est la simplicité suprême, cette simplicité divine que l’intelligent et le sage selon ce monde ne peuvent comprendre, sinon celui qui est enfant de Dieu ! Si Jésus devait être plus simple, l’homme le comprendrait encore moins à cause de l’orgueil qui le rend d’autant plus compliqué, orgueil qui augmente dans la mesure où la Parole de Jésus révèle plus profondément sa misère.

   Celui qui ne comprend réellement pas n’est pas condamné à cause de son incompréhension, mais parce qu’il se forge des raisons pour rejeter ce qu’il a reconnu pour vrai ! Jésus n’a-t-il pas dit sur la croix à l’égard du peuple égaré par les chefs religieux : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font… » Luc 23:34. Mais les gens religieux, ici, comme en d’autres temps, savent ce qu’ils ne veulent pas comprendre, et qui est susceptible de changer leurs idées et surtout leur vie ! Comment des âmes peuvent-elles donc ne pas voir ? Précisément pour cette raison qu’elles ne voient que ce qu’elles « veulent » voir !

 Nous apprenons une chose révélatrice ici ; ceux qui voient et qui deviennent aveugles, le sont, non pas parce qu’ils ferment les yeux, mais parce qu’ils persistent à voir les choses par leurs propres ténèbres plutôt que par la lumière spirituelle. Ceci est important à saisir, ces ténèbres ne sont pas la nuit, ni une vision obscure, ces ténèbres spirituelles sont, en réalité, des fausses lumières par lesquelles l’on croit voir ! Fausses lumières qui se trouvent dans des âmes, dominantes ou dominées, par les traditions religieuses ou par leurs expériences personnelles considérées comme le seul critère ! Les ténèbres spirituelles désignent : le péché, l’ignorance, les œuvres de la chair. Les fausses lumières, désignent : la connaissance faussée, la piété sans force, la propre justice, la parole crue par un esprit de dogme  plutôt  que  par  la  révélation  de  la  foi.  N’est-il  pas écrit que  « Satan  se  déguise  en  ange  de  lumière.  Il  n’est  donc  pas étrange   ses   ministres   se   déguisent   en   ministres   de   justice… » II Cor 11:14-15.

  Qu’arrive-t-il, maintenant, lorsque la vraie lumière rencontre la fausse lumière ? C’est alors l’opposition, le blocage spirituel ! Celui qui voit ses fausses lumières croit voir et connaître toutes choses…sauf ses propres ténèbres. Aussi est-il plus aisé d’éclairer les ténèbres du péché que la fausse lumière de la religiosité ! Car, ici, ce qui est mauvais, ce ne sont pas les choses vues, mais celui qui les voit. Cette attitude s’attire les paroles du prophète : « Voici, vous tous qui allumez un feu, et qui êtes armés de torches, allez au milieu de votre feu et de vos torches enflammées… » Ésaïe 50:11.

  Les ténèbres se trouvent être « un vide » que la Lumière de Dieu peut remplir, mais il n’en est pas de même de la fausse lumière, car ces ténèbres-là ne sont pas un vide qui puisse recevoir et se laisser remplir par la lumière d’En Haut ! La véritable lumière perce les ténèbres qui fuient devant elle, et éclaire les âmes vers la rédemption éternelle. Mais la fausse lumière, parce qu’elle se croit vraie, ne lui cède pas, ni ne se laisse percer, parce que la lumière humaine ne distingue pas la différence entre elle-même et la lumière véritable. Elle reste insensible au changement intérieur qu’opère la révélation de la vraie Lumière, de même que « l’homme animal », qui connaît la Parole « selon la lettre et non selon l’Esprit », ne la discerne pas, car « il ne peut connaître les choses de l’Esprit de Dieu, parce que c’est spirituellement qu’on en juge… » I Cor 2:14.

  Venons-en maintenant à une vérité découverte en Job ! Celui-ci, aspirant à la vraie vision de Dieu, dit : « Quand ma peau sera détruite, il se lèvera; quand je n’aurai plus de chair, je verrai Dieu… » Job 19:26. Job avait en vue la résurrection et la consolation éternelle, mais il savait que sa chair était l’obstacle à ses yeux spirituels ! De même, Paul écrit que, spirituellement, « notre homme extérieur se détruit, tandis que notre homme intérieur se renouvelle de jour en jour… » II Cor 4:16. Pareillement, notre vision extérieure cède la place à la vision intérieure des choses de Dieu, car, plus la « chair » de notre moi meurt, moins nous sommes charnels, et moins nous sommes charnels, plus nous sommes rendus capables de « voir » la pensée et la profondeur de notre Seigneur.

  C’est « du milieu de la tempête » que l’Éternel parla à Job et qu’il reçut la révélation et le fruit  de  son  épreuve : Job 40:1.  Job  s’écria : « Mon oreille avait entendu parler de toi ; mais maintenant mon œil t’a vu… » Job 42:5. Cette tempête, c’est l’épreuve de Job, mais l’Éternel était aussi avec lui ! Nous réalisons que nous passons toujours de la révélation de l’oreille à la révélation de l’œil par une épreuve ; entre l’oreille et l’œil se tient toujours le brisement, brisement révélant Jésus à notre cœur ! Quand on ne sait plus, quand on n’a plus la force d’entendre, on commence, alors, à voir véritablement ! La révélation de l’Esprit, dans les luttes de la vie, avec la reconnaissance de nos erreurs, toutes ces choses concourent à garder nos cœurs et nos yeux sur Jésus et à triompher des ténèbres et des fausses lumières ! C’est avec une joie reconnaissante que nous pouvons nous écrier avec le Psalmiste : « Par ta lumière, nous voyons la lumière… » Ps 36:10.