M18 – QUI DITES-VOUS …

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    « Jésus, étant arrivé dans le territoire de Césarée de Philippe, demanda à ses disciples : Qui dit-on que je suis, moi, le Fils de l’homme ? Ils répondirent : Les uns disent que tu es Jean-Baptiste ; les autres, Élie ; les autres, Jérémie, ou l’un des prophètes. Et vous, leur dit-il, qui dites-vous que je suis ? Simon Pierre répondit : Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. Jésus reprenant la parole, lui dit : Tu es heureux, Simon, fils de Jonas ; car ce ne sont pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais c’est mon Père qui est dans les cieux… » Matt 16:13-17.

   Jésus sait qui Il est, d’où Il vient et où Il va, Il n’a pas besoin de savoir ce que les hommes pensent de lui, pour que son identité de Fils de Dieu soit authentifiée. Mais il est de la manière de Jésus d’enseigner en posant des questions. Chacun de ceux qui l’entendaient, avaient, en effet, une idée plus ou moins juste sur ce qu’Il était. Pierre reçut, par révélation du Père, que Jésus est le Fils de Dieu, mais lui-même n’a encore connu aucun changement, car, quelques instants après seulement, nous voyons que Jésus devra dire à Pierre, qui se proposait de Le défendre contre ceux qui allaient l’envoyer à la mort : « Arrière de moi, Satan ! Tu m’es en scandale ; car tes pensées ne  sont  pas les  pensées  de  Dieu,  mais  celles  des  hommes… » Matt 16:23. Quel contraste déconcertant ! D’un côté, Pierre reçoit des pensées inspirées, divines, de l’autre, des pensées humaines, d’autant plus diaboliques qu’elles ne sont pas hostiles, mais protectrices ; mais de cette protection humaine qui s’oppose à la mort de Jésus sur la Croix, qui fut le seul moyen de salut pour les hommes pécheurs. Certes, à la question que Jésus pose, Pierre à une réponse juste, cependant, il ne connaît pas encore la nature de la Justice de cette vérité qu’il confesse ! Pierre est inspiré le temps de recevoir la Parole d’en haut, mais que l’inspiration vienne à cesser, Pierre demeure comme auparavant.

   Ceci, d’une grande profondeur, nous montre que l’on peut être inspiré sans être spirituel ! L’homme qui est spirituel, qu’il reçoive ou non de l’inspiration, le demeure et il est en mesure de parler d’une manière permanente des choses d’En Haut avec le discernement de l’Esprit. L’homme inspiré donne une parole quand Dieu l’accorde, tandis que l’homme spirituel est une présence qui demeure, et de ces âmes-là, le Seigneur en fait des colonnes dans son Église.

    « Qui dit-on que je suis… ? » dit Jésus, et les disciples rapportent les bruits qui courent à son sujet. Mais Jésus poursuit et demande : « Et vous, qui dites-vous que je suis… ? » Matt 16:15. Jésus sait ce que pensent Ses disciples de Lui, car nous avons appris qu’« Il connaissait les pensées du cœur de l’homme… », et donc celles des scribes : Matt 9:4, comme celles  des  pharisiens  qui  l’accusaient : Matt 12:25. Mais en faisant répondre ses disciples à sa question, Jésus leur apprend autant sur eux-mêmes que sur Lui ! Leur réponse révèle la compréhension et la profondeur de leur vie à l’égard de Jésus. L’Écriture ne dit-elle pas que l’homme « est tel que sont les pensées dans son âme… » Prov 23:7. Le croyant qui entend ou lit cette question de Jésus se sent ainsi poussé à y répondre. Qu’y-a-t-il de plus simple, pour un enfant de Dieu, de dire que Jésus est le Fils de Dieu ? Cependant, il vaut mieux ne jamais répondre trop vite. Qu’aurait dit Pierre s’il n’avait pas reçu une révélation à ce moment-là ? Et nous-mêmes, bien que suivant Jésus, que répondrions-nous ? Car sans l’Esprit de révélation, c’est le fonds naturel de nous-mêmes qui répond, et qui, de là, se manifeste tel qu’il est ! Une réponse juste est aisée, mais ce à quoi elle doit correspondre au-dedans de nous l’est moins.

     A  l’un  des  scribes  à qui  Jésus  demanda :  « Quel  est  le  premier de   tous   les   commandements… ?  »    et   qui   avait   répondu   avec « intelligence », Jésus lui dit : « Tu n’es pas loin  du  royaume  de Dieu… » Marc 12:34. Ce qui signifie que, bien que sa réponse soit juste, pour l’instant, il n’est pas encore dans le Royaume de Dieu ! C’est, en effet, déjà bien de répondre juste, de parler juste et de prêcher juste, mais cela nous engage de même à penser juste, à vivre juste, à être vrais, c’est-à-dire, à « avoir en nous les sentiments qui étaient en Jésus-Christ… » Phil 2:5. Nous sommes appelés à « devenir » ce que nous croyons, à ressembler aux choses que nous avons reçues et reconnues pour vraies. Nous savons que l’adversaire cherche toujours à ce que nous nous satisfassions d’une manière superficielle de la profondeur de la Parole de Dieu, aussi demeurons-nous les yeux ouverts et dans l’humilité, car les Profondeurs de Dieu révèlent notre profondeur spirituelle !

   « Tu es heureux, Simon, fils de Jonas… ! ». Une béatitude, s’ajoutant à celles dites sur la montagne : Matt 5:1-12, est prononcée ici, sur celui qui connaît Jésus. A chaque âme,  qui Le connaît par la même révélation d’en haut, Jésus dit : « Tu es heureux… ». Heureux à ce point ? Et pourquoi ? Parce que ceux qui reçoivent cette lumière comprennent ce que l’Apôtre Paul écrit aux Galates, « … mais à présent que vous avez connu Dieu, ou plutôt que vous avez été connus de Dieu… » Gal 4:9. Voici donc la profondeur de cette béatitude, non seulement notre joie est grande de connaitre le Seigneur, mais elle l’est infiniment par le fait que nous sommes connus de Lui ! Savoir que l’on est connu de Lui, c’est Lui appartenir au moyen du Sang rédempteur et de l’Esprit éternel, car nous ne connaissons pas Jésus comme s’Il était pour nous un étranger ni comme le berger dont nous ne serions pas les brebis du troupeau, mais nous sommes connus, reconnus par Lui comme lui appartenant !  La vraie connaissance, le but de la connaissance de Dieu est de produire en nous la ressemblance à Sa connaissance.

   Connaître vraiment Jésus, ce n’est pas seulement ce que nous connaissons de Lui, mais connaître ce qu’Il sait de nous. C’est ici connaître Christ, non par nous-mêmes, mais par Lui-même, lequel éclaire à l’intérieur de nous-mêmes les choses que Dieu nous donne de sonder. Comprendre par l’Esprit la Nature et l’Origine divine de notre Seigneur Jésus, est l’aspiration même qui est le signe de la nouvelle naissance opérée dans le cœur. Aussi  ne pouvons-nous pas ne pas nous écrier avec le prophète, devant cette œuvre de l’amour de Dieu : « Que le sage ne se glorifie pas de sa sagesse, que le fort ne se glorifie pas de sa force, que le riche ne se glorifie pas de sa richesse. Mais que celui qui veut se glorifier se glorifie d’avoir de l’intelligence et de me connaître, de savoir que je suis l’Éternel qui exerce la bonté, le droit et la justice sur la terre… ! Jér 9:23-24. Seul un cœur aussi humble qu’éclairé peut s’attribuer une telle gloire.