M15 – SANS CAUSE …

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      « Si je n’avais pas fait parmi eux des œuvres que nul autre n’a faites, ils n’auraient pas de péché ; mais maintenant ils les ont vues, et ils ont haï et moi et mon Père. Mais cela est arrivé afin que s’accomplît la parole qui est écrite dans leur loi.  Ils  m’ont  haï  sans  cause… » Jean 15:24-25.

    Jésus enseignait le Royaume de Dieu, apportait la paix et la joie aux cœurs de ceux qui confessaient leurs péchés, Il chassait les démons et guérissait les malades, et ce sont ces paroles et ces actes-là qui rencontrèrent la haine des hommes religieux !  D’où vient que ce qui est juste s’attire la haine et que ce qui est bien éveille la méchanceté dans le cœur de l’homme ? Quel est donc le sujet de réprobation pour lequel Jésus est haï ? Voici, ne cherchons pas la cause, elle n’est pas en Jésus, elle est en nous : « Nous, qui tous aussi », dit l’Écriture, « nous étions par nature des enfants de colère, comme les autres… » Eph 2:3.  Jésus  s’ouvrant  à  ses  disciples,  dit  : «  Si   le   monde   vous  hait,  sachez  qu’il  m’a  haï  avant  vous… » Jean 15:18. Jésus n’est pas de ce monde, il y vit, mais Il ne lui appartient pas. Jésus est libre à l’égard du monde, Il n’est pas participant de sa nature passagère et corruptrice, et c’est par la puissance de Sa liberté intérieure qu’il n’y est pas assujetti ! Ainsi, bien que Jésus fût semblable à nous, hormis le péché, les hommes ne purent supporter la vue de cette liberté qui transparaît au travers de Lui, et qui était comme un reproche permanent à leurs yeux, en éclairant leurs liens.

   Ce qui suscite cette opposition, c’est que Jésus sous l’aspect humain, est Divin, tandis que l’homme religieux, sous l’apparence de la piété, est orgueilleusement humain, et cette distance spirituelle entre Jésus et lui l’effraie. Cette différence d’identité spirituelle l’accuse au point de choisir de faire relâcher Barrabas, le malfaiteur, plutôt que Jésus, le Juste, et nous savons depuis ce temps, qu’il sera toujours plus aisé à l’homme de se sentir meilleur par rapport à Barrabas que par rapport à Jésus !

    La raison profonde sur l’origine de cette haine à l’égard de Jésus nous est donnée par Pilate lui-même qui « savait que c’était par envie que les principaux sacrificateurs l’avaient livré… » Marc 15:10. Cette haine naît de l’envie, de la jalousie des hommes, qui aperçoivent dans ce Fils de l’homme, bien qu’étant prisonnier et démuni, une richesse et une liberté infinies et insaisissables pour eux. En retenant Jésus captif, Jésus leur échappe, non en voulant fuir le jugement et la mort, pas plus qu’Il ne s’est soustrait durant toute sa vie à l’hostilité et aux épreuves, mais en triomphant de ces choses par Son intégrité et la souffrance qu’Il en a retirée, en vue de la joie et de la vie éternelle pour les Siens.

     Jésus déclara : « Heureux celui pour qui je ne serai pas une occasion de chute… » Luc 7:23. Cette occasion de chute ne provient pas de la confusion ou de la séduction qui se trouveraient en Jésus, mais dans l’incrédulité de ceux qui l’écoutent. Parmi ceux-ci, les uns ne comprennent pas Sa Parole, tandis que les autres ne la comprennent que trop. Les premiers ne désirent pas interroger Jésus, de peur qu’Il ne les amène à s’interroger sur eux-mêmes, les seconds, par contre, désirent que Jésus s’en aille car ils en savent déjà assez pour se sentir dévoilés dans leur vie.

    Non, il n’y a pas de cause de scandale dans la vie, non plus que dans les paroles et les actes de Jésus, et, de même que se renforçait l’admiration, pas toujours éclairée, des disciples, de même se renforçait l’opposition de ses adversaires. Ce qui fera dire à Jésus, peu avant son arrestation : « Mais cela est arrivé afin que s’accomplît la parole qui est écrite dans leur loi, ils m’ont haï sans cause… » Jean 15:25, c’est-à-dire, sans justification à leur haine, qui crie en eux contre la Vérité, et Sa Sainteté qu’ils ressentent, sans s’avouer qu’elle leur fait défaut.

     Il y a ici une vérité prophétique dans le jugement à l’égard de Jésus qui parvint jusqu’à nous et qui révèle le fond du cœur humain. En face de Jésus « en qui, dit Pilate, je n’ai rien trouvé  qui mérite la mort… » Luc 23:22, leur conscience méritait, elle, d’être reprise. Cette haine dépourvue de cause confond la nature accusatrice de l’homme, car cette absence de cause confirme une absence de motif ou de raison qui ne peut justifier ni leur haine d’autant plus forte qu’elle est, non seulement humaine, mais religieuse, ni celle de l’incrédule qui, elle, confirme cette Parole de l’Écriture, disant : « Que Dieu, au contraire, soit reconnu pour vrai, et tout homme pour menteur … »  Rom 3:4. Et avec ceci, les révoltes et les murmures du croyant, qui sait que les causes ne sont pas à chercher ailleurs qu’en lui-même, parce que, dit l’Écriture, « étant attiré et amorcé par sa propre convoitise… » Jac 1:14. Nous voyons donc que cette absence de cause, reconnue par l’Esprit, ouvre le cœur à la conviction de péché et à la consolation du croyant, car il n’aperçoit, en effet, aucune cause de découragement, de lassitude ou de déception en Jésus, mais que des raisons de se confier en Lui et de Lui rendre grâces. Jésus nous aide, Il connait les luttes spirituelles de notre vie qui proviennent bien souvent de nous-mêmes, c’est-à-dire, davantage des derniers restes de ce monde en nous, que du monde lui-même qui nous entoure.

    Si le monde nous hait, que cela ne soit pas à cause de nos péchés, de nos défauts ou de nos erreurs, mais simplement en tant que nous sommes justes, étant justifiés, non par nous-mêmes, mais par Jésus, et cela au sein même de notre faiblesse et des ténèbres de ce monde. Qu’il nous haïsse sans cause, comme le fut Jésus, qui nous a aimés et nous a purifiés par Son sang « afin que, comme l’écrit Pierre, là même où les païens vous calomnient comme si vous étiez des malfaiteurs, ils remarquent vos bonnes œuvres, et glorifient Dieu, au jour où Il les visitera… » I Pier 2:12.