M14 – LA SIMPLICITÉ …

 

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   « Je suis jaloux de vous d’une jalousie de Dieu, parce que je vous ai fiancés à un seul époux, pour vous présenter à Christ comme une vierge pure. Toutefois, de même que le serpent séduisit Ève par sa ruse, je crains que vos pensées ne se corrompent et ne se détournent de la simplicité à l’égard de Christ. Car, si quelqu’un vient vous prêcher un autre Jésus que celui que nous avons prêché, ou si vous recevez un autre Esprit que celui que vous avez reçu, ou un autre Évangile que celui que vous avez embrassé, vous le supportez fort bien… »  II Cor 11:2-4.

  La simplicité est le caractère spirituel de ceux qui comprennent les mystères du Royaume de Dieu, de ceux qui, ainsi que l’écrit l’apôtre Jacques  aux  croyants  dispersés  dans  les  nations :  « … rejetant toute souillure et tout excès de malice, recevez avec douceur la Parole qui a été plantée en vous,  et  qui  peut  sauver vos  âmes… » Jac 1:21. Il ne s’agit pas ici seulement de la  « simplicité de Christ », mais de celle du racheté à son égard, de la simplicité d’un cœur vierge et sensible à la voix de l’Esprit, dans l’attente fidèle de la venue du Seigneur. Cette simplicité n’est pas superficialité ou ignorance, au contraire, c’est une disposition spirituelle et confiante dans laquelle sont reçues la richesse et la sagesse d’En Haut. Le simple, aux yeux du monde, c’est le sot, celui qui manque d’esprit, alors que le simple selon Dieu en a déjà suffisamment, de l’Esprit, pour éprouver qu’il lui en manque, et qui, par conséquent, met toute son ardeur à rechercher la plénitude et la profondeur qui viennent de l’Esprit de Christ. Et c’est précisément dans cette simplicité là que le croyant saisit « les choses qui sont cachées aux sages et aux intelligents, choses que le Père céleste a révélées aux enfants… » Matt 11:25.

   Les Écritures nous apprennent qu’Ève, à l’origine, s’est détournée de cette simplicité qui témoignait de sa noble soumission à la Voix de l’Éternel, par d’Adam, son chef et son mari, qui, de même, à cette occasion avait failli. La simplicité est ainsi une des premières choses qui se corrompt et se perd avant même la puissance et les dons spirituels. « Ce que j’ai trouvé, c’est que Dieu a fait les hommes droits ; mais qu’ils ont cherché beaucoup de détours… » Ecc 7:29, nous dit la Sagesse, et nous retrouvons cette faiblesse parmi les croyants de tous les temps.

   La « ruse du serpent » dans son combat contre la simplicité vise à remplacer la compréhension spirituelle par une compréhension personnelle de la Parole et de la Pensée de Dieu. Le passage de cette première compréhension spirituelle à cette dernière, humaine, se fait d’une manière subtile, car, si intérieurement un autre esprit a pris la place, le sentiment d’assurance que l’on ressent, dans un cas comme dans l’autre, semble apparemment le même pour qui ne prend pas garde à ses sentiments trompeurs. Nous avons donc besoin d’être ébranlés dans ce qui semblait être inébranlable en nous, afin que nos yeux s’ouvrent et que l’homme intérieur au-dedans de nous reçoive la révélation de la voie et de la vie spirituelles. La ruse de l’adversaire ne consiste pas seulement à exprimer les choses du monde à la place de celles de Dieu, ce qui serait trop évident aux oreilles des croyants spirituels, mais à amener à prêcher les choses de Dieu à la manière de celles du monde, et, seule la simplicité spirituelle éclairée d’En Haut sait distinguer la Voix divine dans cette confusion.

  Nous qui sommes dans les derniers jours, nous avons appris que « le mystère de l’iniquité agit déjà… » dès les temps de l’Église primitive : II Thess 2:7. L’apôtre Paul rapporte, en effet, que certains prêchaient Jésus, alors qu’il s’agissait d’un « autre Jésus », ou recevaient l’Esprit ou embrassaient l’Évangile, alors qu’il s’agissait d’un « autre esprit » ou d’un « autre évangile », et, parmi les Corinthiens, quelques-uns seulement s’en apercevaient ! Et aujourd’hui,  il en est de même, et, seuls, les élus de tous les temps ont discerné et discernent parmi toutes ces choses, celles inspirées des Desseins de Dieu. Le racheté, dans la simplicité de son cœur affranchi, a vaincu l’obstacle de ses propres pensées et possède une vision spirituelle, qui l’introduit au cœur même des choses de Dieu, et les identifie comme venant de Lui.

   Il existe une sorte de simplicité opposée à celle dont nous parlons, la « fausse simplicité » par laquelle d’aucuns disent qu’il est une perte de temps, ou une présomption de vouloir sonder les Écritures, et, pareillement, qu’il est stérile et néfaste de se sonder soi-même ! Il est vrai que Jésus-Christ «… lequel, de par Dieu, a été fait pour nous sagesse, justice et sanctification et rédemption… » I Cor 1:30, a tout fait et, Seul, Il suffit. Christ, en effet, l’a parfaitement été « pour » nous, mais L’est-Il « en » nous, intimement ?

   Bien souvent, cette fausse simplicité est le prétexte pour ne pas donner de son temps, ni de soi-même, pour connaître Christ, « mystère dans lequel sont cachés tous les trésors de la sagesse et de la science… » Col 2:2-3, alors que l’apôtre Paul nous exhorte, disant : « Examinez-vous vous-mêmes, pour savoir si vous êtes dans la foi ; éprouvez-vous vous-mêmes… ! » II Cor 13:5. Ces exhortations, qui nous invitent à la profondeur de la Parole en vue de notre ressemblance à Jésus, ont pour but de nous affranchir de nous-mêmes,  afin  que  nous  participions  de  Sa  vie  et de   nature  divine. « Je suis l’Éternel, ton Dieu, qui t’ai fait monter du pays d’Égypte ; ouvre ta bouche, et je la remplirai… » Ps 81:11, dit Dieu, parlant du peuple d’Israël, en ce temps-là, rebelle. Ceci paraît la simplicité même, mais en Jésus et dans Sa Grâce, ceci correspond, non seulement à « ouvrir la bouche… », mais, avant tout, à  tenir « ouverts » nos yeux, notre cœur et notre esprit sur les choses, que l’Esprit de Dieu ne révèle qu’à ceux qui Le recherchent ardemment.

   La simplicité spirituelle est cette disposition où se rencontrent, en même temps, nos aspirations et les choses qui viennent du cœur même de Dieu. La Parole déclare que Jésus «…en prenant une forme de serviteur, en devenant semblable aux hommes, a paru comme un simple homme… » Phil 2:7, c’est-à-dire, parfaitement Homme de cette « simplicité originelle », sans tâche. Cette simplicité, l’homme ne peut pas plus l’atteindre que la perfection absolue. Or, le racheté, dans sa simplicité spirituelle, n’a pas dans son cœur des « compartiments » ouverts, et d’autres fermés, mais il est intérieurement transparent sur le Fondement, qui est Jésus et dont il fait partie ! Il n’y a pas plusieurs « moi » en lui, mais seulement « son » moi, que Jésus a crucifié par Sa crucifixion sur le bois du calvaire. Le racheté de Jésus ira jusqu’au bout du chemin, car il sait que Dieu le conduira jusqu’à Lui, parce qu’il a reçu de Lui la force pour lui être fidèle en tous temps. Ce qui est la plus grande bénédiction, car cette force d’En Haut nous prépare en vue de la Vie éternelle, que nous attendons, et qui, en même temps, demeure en nous.