M12 – HEUREUX …

 

Format PDF

    « Voyant la foule, Jésus monta sur la montagne ; et, après qu’Il se fut assis, ses disciples s’approchèrent de lui. Puis, ayant ouvert la bouche, Il les enseigna, et dit : Heureux les pauvres en esprit, car le royaume des cieux est à eux ! Heureux les affligés, car ils seront consolés ! Heureux les débonnaires, car ils hériteront la terre ! Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés ! Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde… »  Matt 5:1-7.

  En approfondissant ces Paroles de Jésus et en allant jusqu’au bout de Sa Pensée, nous en arrivons à comprendre, finalement : Heureux… les « malheureux », car ceux-ci seront heureux… ! Mais peut-on être heureux quand on est pauvre… ? Heureux quand on est affligé… ? … Quand on a faim et soif… ? … Quand on est persécuté… ? C’est pourtant ce que Jésus proclame. Nous avons donc besoin de toute l’Aide de Dieu pour comprendre par quel état d’âme ce bonheur spirituel est désiré. Contrairement à certaines religions et philosophies, Jésus n’a jamais méprisé les biens de cette terre ; n’a-t’Il pas dit : « Cherchez premièrement le Royaume et la Justice de Dieu ; et toutes ces choses vous seront données par-dessus… » Matt 6:33. Par ces béatitudes, Jésus nous montre avant tout les dispositions intérieures plus que la situation matérielle de ceux qui aspirent aux biens spirituels et au Royaume de Dieu ! Ces béatitudes s’adressent à celui qui sent sa misère intérieure et qui a l’honnêteté spirituelle de la voir, aspirant par là, « à être enrichi d’une pleine intelligence pour connaitre le mystère de Dieu, savoir Christ, mystère dans lequel sont cachés tous les trésors de la sagesse et de la science… » Col 2:2-3.

    Tout homme cherche une existence heureuse, et c’est ce que Jésus est venu nous faire connaitre ; mais le bonheur que l’homme cherche, est-il le même que celui que nous apporte Jésus… ? Ici, une révélation reçue personnellement est indispensable pour connaitre le contenu et le sens divins de ce bonheur. Le bien-être, ou l’absence de difficultés n’est pas le bonheur spirituel, car l’apôtre Paul écrit que « tous ceux qui veulent vivre pieusement en Jésus-Christ seront persécutés… » II Tim 3:12. Ce n’est pas la persécution qui rend pieux, c’est la piété qui s’attire la persécution. D’où la nécessité de prier, de veiller, de nous attacher à Dieu et de nous attendre à Lui pour notre vie spirituelle ! Sinon il en résulterait ce paradoxe « d’être à Christ sans être chrétien… ».

   Être heureux spirituellement, ce n’est pas posséder une vie de richesses, mais les richesses de la Vie divine, c’est une plénitude qui ne passe pas et qui ne peut être dérobée ; et cette richesse est la certitude intérieure de notre destination éternelle. Le croyant, en qui est l’Esprit des béatitudes traversera la mort comme il a traversé sa vie, car il peut faire sienne ces Paroles de Jésus : « … Je sais d’où je suis venu et où  je vais… ! » Jean 8:14. Il est une question que Jésus a posée à ses disciples, dont la réponse est la véritable source de la joie spirituelle : « Et vous, leur dit-Il, qui dites-vous que Je suis ? Simon Pierre répondit : Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. Jésus reprenant la parole, lui dit : Tu es heureux, Simon, fils de Jonas ; car ce ne sont pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais c’est mon Père qui est dans les cieux… » Matt 16:15-17. Pierre est déclaré heureux comme tous ceux qui reçoivent semblable révélation sur Jésus par l’Esprit de Dieu Lui-même. Cette joie ne vient pas de ce que l’on peut être béni, pourvu, protégé ou encore guéri uniquement, car à ce compte-là le monde voudrait croire en Dieu et le croyant qui ne s’attend à Dieu que dans ces domaines-là se révèle encore charnel.

     De même que Jésus a dit : « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. Je ne vous la donne pas comme le monde la donne, Que votre cœur ne se trouble point, et ne s’alarme point… ! » Jean 14:27. Nous comprenons qu’il y a deux sortes de paix, celle de Dieu et celle du monde, et nous savons que ce monde passe, comme passe aussi la paix et le bonheur qu’il offre. La possession de la joie et du bonheur spirituels est ce déclic intérieur dans notre entendement de la compréhension de la Parole et du mystère de Dieu. Intelligence accordée à notre humaine faiblesse, faiblesse dont le seul avantage est de nous tenir dans cette humilité qui nous permet de recevoir et de conserver ces choses glorieuses et sanctifiantes d’En-Haut ! La révélation donnée par le Père céleste à Pierre nous fait connaitre deux identités spirituelles, la première, celle de Jésus dans Son Origine divine et Son but expiatoire ; la seconde, celle du né de nouveau qui a reçu cette révélation, comme étant une semence élue, par sa capacité donnée par Dieu de connaitre les mystères du Royaume des cieux.

    Connaitre Christ est le désir suprême de celui qui est sauvé, afin de lui appartenir et de lui ressembler par le moyen des Profondeurs affranchissantes qu’il reçoit de Lui par la foi. Et pour entrer dans cet héritage éternel, nous avons aussi à nous connaitre nous-mêmes, non pas par nous-mêmes, mais de la même connaissance intime dont Dieu nous connait, et nous découvrons que ce dont nous nous croyons riches n’est que vanité et que la simplicité de Christ est, seule, la vraie et infinie Richesse. Cette soif de connaitre le seigneur révèle les croyants pieux, non pas en ce qu’ils se considèrent meilleurs que les autres, mais parce qu’ils savent qu’ils seraient pires sans la Grâce du Seigneur qui les a purifiés, aussi ne L’en louent-ils que davantage à cause de l’appel et de la révélation de Ses Desseins à leur égard.

   Les béatitudes révèlent l’état d’esprit même de Jésus dans sa marche fidèle au milieu d’un monde hostile, aveuglé par le péché et surtout par la tradition religieuse. Elles n’enseignent pas la passivité, mais la fermeté, la résistance intérieure. Ces béatitudes produisent en nous cette force constante qui nous aide à affronter ce que Jésus Lui-même a connu et a vaincu pour nous, et à surmonter l’épreuve, la tentation et le découragement, ayant toujours en notre esprit la destinée éternelle qui les habitent et qu’elles nous communiquent.

   Nous ne sommes pas appelés à éviter l’eau et le feu de l’épreuve, la vallée des pleurs, mais à les traverser victorieusement dans le même Esprit de Jésus, quand Il s’y trouvait Lui-même. Cette fidélité qui rend fort est celle de celui qui, écrit l’apôtre Paul, « … connait Christ, et la puissance de sa résurrection, et la communion de ses souffrances,    en   devenant   conforme   à    Lui   dans   sa mort… » Phil 3:10-11, et peut alors dire qu’il a compris l’Esprit des Béatitudes et marche en elles.