M11 – APPELLE TON MARI …

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    « La femme lui dit : Seigneur, donne-moi de cette eau, afin que je n’aie plus soif, et que je ne vienne plus puiser ici. Va, lui dit Jésus, appelle ton mari, et viens ici. La femme répondit : Je n’ai point de mari. Jésus lui dit : Tu as eu raison de dire : Je n’ai point de mari. Car tu as eu cinq maris, et celui que tu as maintenant n’est pas ton mari. En cela tu as dit vrai… » Jean 4:15-18.

   Jésus parle depuis quelques instants déjà, et la Samaritaine se sent de plus en plus dévoilée par ce qu’elle entend. Femme à la vie légère, elle se surprend à écouter gravement les Paroles de Jésus, car aucun homme ne lui en a adressées de semblables jusqu’à ce jour. Elle saisit avec quelle simplicité il lui est possible de recevoir la plénitude de cette « Eau vive ». Jésus la lui révèle et elle est sur le point de la prendre, bien qu’elle n’en ait pas encore perçu la nature spirituelle, lorsque Jésus lui donne cet ordre : « Va, appelle ton mari et viens ici… ». Elle demeure surprise, le bonheur est si proche, et cette parole inattendue qui semble tout remettre en question. Que vient donc faire le mari dans cette conversation ? Sa vie a-t-elle besoin d’être mise à nu pour être heureuse ? Elle s’attend à ce que Jésus lui accorde cette eau intarissable, et voici qu’avant de boire la délivrance spirituelle, Il l’interroge d’abord sur ce que contient sa vie, de quelle manière et avec quelle sorte d’eau elle l’a abreuvée jusqu’ici.

   Souvent l’on cherche à mieux connaitre Jésus, désirant recevoir une délivrance, une profondeur ou une vérité de Sa Personne, alors que nous avons besoin de connaitre ce qui se cache au fond de notre nature et qui nous empêche précisément de communier avec Lui et de recevoir les richesses spirituelles. Notre vide ne vient pas de ce qu’il nous manque une chose de Dieu, mais souvent de ce qu’il y a en nous-mêmes une chose de trop qui y met obstacle : d’où l’aveu de cette femme dont la présence de son sixième homme ne l’empêcha pas, cependant, de ressentir l’absence du seul Homme capable de la délivrer, Jésus, Son Messie, qui a dit : « Il n’y a rien de caché qui ne doive  être  découvert,  ni  de  secret  qui  ne  doive  être  connu… » Luc 12:2. Nous découvrons ici le sens même du mot vérité dans la langue grecque des Saintes Écritures, éclairant profondément notre intelligence spirituelle, et qui signifie ce qui est « non-caché », ce qui est « non-secret ». La Vérité, c’est ce qui est sans masque, nu, vrai. Jésus est la Vérité, claire et pure ; mais cette femme a aussi « sa propre vérité » ; vérité, bien-sûr totalement opposée à celle de Christ : et cette vérité qu’elle doit connaitre, est celle sur son péché, la vérité de son péché ! Jésus le montre bien quand Il dit à la samaritaine : «… Tu as raison de dire : je n’ai point de mari. Car tu as eu cinq maris et celui que tu as maintenant n’est pas ton mari. En cela tu as dit vrai… » C’est là sa vérité de pécheresse qui ne doit pas rester « cachée » aux yeux de Celui qui pardonne. Christ est la Vérité lumineuse, rien de Sa part n’est caché aux hommes, afin qu’il leur soit spirituellement possible de voir et de comprendre. Ainsi, le face à face de « ma vérité » sur mon péché, ma faute ou ma faiblesse, et la Vérité resplendissante de notre Seigneur saint et miséricordieux, produit la nécessité d’un changement dans ma vie que Sa Force seule et suffisante peut opérer.

  L’Esprit montre que la connaissance instruit, mais ne transforme pas ! Alors que la Vérité interroge et affranchit, et qu’il faut lui répondre. Jésus dit : « Va, appelle ton mari, et viens ici… » Nous remarquons qu’Il n’y va pas Lui-même ; c’est à elle d’arracher la mauvaise herbe, et à Jésus d’en indiquer avant tout la nature et de l’en convaincre. La solution spirituelle au problème, c’est Jésus ; et le problème, c’est la Samaritaine. Et, en répondant d’elle même à Christ concernant sa vie, elle rend témoignage aussi à elle-même de sa confession. L’Esprit de Jésus fait en sorte que nous nous révélions à nous-mêmes, en les nommant, les choses répréhensibles qui habitent en nous. Cette confession entendue de Dieu et de nous-mêmes nous met ainsi dans les dispositions favorables pour recevoir la lumière et la délivrance, selon que le dit Jésus : « Il est écrit dans votre loi que le témoignage de deux hommes est vrai. Je rends témoignage de moi-même, et le Père qui m’a envoyé rend témoignage de moi… » Jean 8:17-18. Ceci vaut pour tout témoignage, quel qu’il soit ! Ainsi, le témoignage confessé et entendu de Dieu rend valable notre confession, comme l’est notre assurance d’être des fils et des filles de Dieu, car « l’Esprit lui-même, dit l’Écriture, rend témoignage à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu… » Rom 8:16.

   Le mystère de l’Évangile nous révèle que le péché offense Dieu, mais ne lui cause aucun tort, si ce n’est de susciter Sa réprobation, par contre, le péché nuit à l’âme du pécheur ; aussi celui qui pèche se détruit-il lui-même spirituellement. Comment expliquer qu’une âme puisse ainsi  « se maltraiter » dans cette vie, sans se préparer à celle qui est éternelle, si ce n’est par aveuglement ou folie : folie de l’orgueil, de l’indifférence ou celle du désespoir ! Mais c’est ici qu’intervient la Puissance de l’Évangile, Lumière qui perce et illumine les ténèbres, que celles-ci soient de ce monde ou même religieuses.

   Cette Samaritaine connaissait les processions montant sur le mont Garizim, de même que celles les Juifs, sur la montagne de Sion. Mais la religion est sans force, tantôt autoritaire, tantôt tolérante selon les circonstances, tandis que la Force de Jésus est la Puissance de l’Amour Divin, et là où la religion défend, Jésus délivre ! C’est ici toute la différence entre la religion sans vie, et la foi dans le Sauveur ressuscité qui ne condamne pas le pécheur ou le croyant charnel, mais le crucifie avec ses passions et ses désirs, et le faisant vivre de Sa propre Vie en lui. Nous découvrons, qu’en Christ, rien n’est obligatoire, mais tout est désirable ! Et ce à quoi notre propre nature résiste devant Lui, nous cédons cependant, parce que contraints par  Sa Douceur, Sa tendresse, qui ne nous prend pas au piège. Car nous ne voulons en aucun cas nous priver des fruits de son Amour affranchissant… en acceptant d’être perdus pour le monde, pour être retrouvés, trouvés en Lui, Jésus notre Vie.

   Que le Seigneur qui nous appelle, nous aide à nous laisser fouiller et purifier par la Puissance de Sa Parole, afin que notre cœur connaisse la Paix jusqu’en ses profondeurs les plus secrètes.