M1 – EN VAIN …

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      « Tu ne prendras point le nom de l’Éternel, ton Dieu, en vain ; car l’Éternel ne laissera point impuni celui qui prendra son Nom en vain… »  Ex 20:7.

    C’est ici une parole de l’Écriture que l’on applique volontiers aux incroyants, en particulier aux incrédules. Cependant nous savons que la Loi n’a pas été donnée aux incirconcis, mais aux fils d’Abraham. Ce commandement ne s’adresse donc pas aux nations, mais aux Hébreux, c’est-à-dire, non pas au monde, mais premièrement aux croyants.

        Ceci est une chose étonnante, est-ce vraiment nécessaire de mettre en garde les chrétiens contre un péché aussi évident ? Un vrai croyant se laissera-t-il surprendre par une chose aussi grave ? Assurément, et plus souvent qu’il ne le pense, mais non pas à la manière des incrédules. En effet, si le non-croyant prend le Nom de Dieu en vain en jurant par habitude ou dans une intention blasphématoire, ce n’est évidemment pas ainsi que le croyant sera susceptible de le prendre en vain. Au contraire c’est précisément dans son zèle et dans son amour pour Dieu, c’est sincèrement, mais sans le discernement de Ses Desseins, qu’il peut tomber dans cette faute. Ceci peut arriver, soit par ignorance, soit par une parole échappée des lèvres, soit, ce qui est plus grave, dans un moment de colère, mais évidemment, dans un tout autre contexte que celui de l’insulte ou du blasphème. C’est ce qui fait que l’on entend souvent dire : « Dieu m’a dit que… », « Dieu m’a montré que… » où encore : « je me suis senti poussé à… ». Et dans la suite, nous constatons que ce n’était pas la juste direction ou décision, une véritable prophétie ou encore l’appel à un certain ministère, même s’il y eut des signes, des versets ou des circonstances, qui semblaient attester le « Ainsi dit le Seigneur… » invoqué, prononcé par erreur ! Autant de fois ces choses dites en vain, autant de fois le Nom de Dieu pris en vain.

      Enseignons-nous de la manière d’agir de Jésus. Un soir à Capernaüm, Jésus guérit tous les malades qu’on lui avait apportés, car ici Il avait reçu de la part de Dieu de les guérir tous, mais à Bethesda, avec non moins de Puissance et d’Amour, Il n’en guérit qu’un seul. Pourquoi ? Parce que là Dieu ne lui avait rien dit pour les autres malades, de là, Jésus ne leur a pas promis quelque chose que Dieu n’avait pas décidé ! Jésus « n’abusa pas » de la Puissance, Il ne tenta pas le Seigneur, Son Dieu, par un abus de pouvoir qui aurait rendu vains Ses Actes glorieux dans leurs conséquences éternelles. Jésus accepta l’opprobre de l’étonnement des uns plutôt que de faire plaisir à tout le monde, en imposant les mains à chacun et en priant pour tous. C’est ici la tentation de plusieurs, qui veulent contraindre Dieu à agir par Son Amour et par Sa Puissance dans le but de convaincre les âmes en distribuant les promesses de Dieu sans discernement, et qui, en « imposant les mains  avec  précipitation… » I Tim 5:22, prennent ainsi le Nom de Dieu en vain.

       Ce qui se fait dans ce domaine se produit dans des milliers d’autres : « un réveil vient bientôt … », « des catastrophes s’annoncent… », « à telle date précise telle chose se passera pour l’Église, ou en telle partie du monde… ». Or, qui a la lumière pour s’apercevoir que parmi ces prophéties ou ces paroles beaucoup tombent sous le cri du prophète : « … Tes paroles sont une révolte contre l’Éternel… » Jér 28:16. Que de choses dites ou entreprises et qui ne s’accomplissent pas, qui n’aboutissent pas, de là, l’effritement de la confiance et la déception inavouée de beaucoup de croyants, aussi pour eux, seul, Jésus demeure le Rocher stable qui console et éclaire.

      Prendre le Nom de Dieu en vain, c’est encore beaucoup d’autres choses : « En priant, ne  multipliez pas de vaines paroles, comme les païens qui s’imaginent qu’à force de paroles ils seront exaucés… » Matt 6:7. Prendre Son Nom en vain, c’est aussi ces prières inspirées des sentiments humains au sujet desquelles Dieu dit à Jérémie, son prophète : « Et toi, n’intercède pas en faveur de ce peuple, n’élève pour eux ni supplications ni prières, ne fais pas des instances auprès de moi ; car je ne t’écouterai  pas… » Jér 7:16. Prendre Son Nom en vain, c’est encore les louanges, soit mortes, soit exaltées, selon que le rapporte Jésus : « Ce peuple m’honore des lèvres, mais son cœur est éloigné de moi. C’est en vain qu’ils m’honorent, en donnant des préceptes qui sont des commandements d’hommes…» Marc 7:6-7, en glorifiant ses propres doctrines plutôt que la Vérité elle-même.

   Ce commandement peut aussi être transgressé plus profondément. De même que le frère qui n’aime pas son frère est déjà « meurtrier » sans l’avoir tué, et que celui qui convoite une femme a déjà commis « adultère » avec elle dans son cœur sans l’avoir touchée, il n’est même pas besoin de « prononcer » le Nom de Dieu pour le prendre en vain ! C’est un état d’esprit, c’est-à-dire, l’inclination à désirer et à prier selon ses propres désirs, sa propre volonté.

        A Satan qui assurait à Jésus la protection des anges, s’Il se jetait du haut du temple aux yeux de tous, Jésus répondit : « Il est aussi écrit : tu ne tenteras point le Seigneur ton Dieu… » Matt 4:7. Jésus qui a marché sur les eaux pouvait tout aussi bien marcher sur le vide, mais, en invoquant la protection de Dieu, Il obéissait à la volonté de Satan et non à celle de Dieu, or, c’est là ce que voulait Satan, même si ceci donnait l’apparence de glorifier Dieu ! Ainsi en est-il pour ce qui est d’obéir à l’homme, et, plus subtilement, pour ce qui est d’obéir à « soi-même ». En vérité, toute chose réclamée à Dieu qui contribue à la satisfaction de la chair invoque Son Nom en vain. La vaine invocation au Seigneur c’est la prière de celui qui s’inspire de ses propres pensées. Il demeure étranger à l’Esprit intercesseur que Dieu a fait habiter en Ses enfants.

        Nous comprenons la réalité intérieure de cela, qui signifie que celui qui prend le Nom de Dieu en vain est celui qui prie en son propre nom, remplaçant le Nom de Dieu par le sien ! Cela se fait dans son esprit et il ne s’en rend pas compte. Il prononce bien le Nom de Dieu, mais c’est au nom de ses propres pensées et désirs qu’Il l’invoque. Car le Nom de Dieu est originellement « Yahweh », et est davantage qu’une Appellation divine, ce Nom représente la Nature permanente et éternelle de la Sainteté de la Personne de Dieu. En conséquence, c’est donc Dieu Lui-même que nous écartons, en substituant notre volonté à la Sienne, quand nous Lui demandons ce que nous voulons et de la manière que nous le voulons.

       Heureux donc celui qui « ne sait pas » ce qu’il convient de demander dans ses prières, car Son Nom ne peut être pris en vain, mais Il est glorifié ! Il l’est, parce que retentit en nos cœurs cette parole de l’apôtre Paul à Timothée : « Néanmoins le solide fondement de Dieu reste debout, avec ces paroles qui lui servent de sceau : Le Seigneur connaît ceux qui lui appartiennent ; et : quiconque prononce le nom du Seigneur, qu’il s’éloigne de l’iniquité… » II Tim 2:19.