MED 156 – NE SOYEZ PAS SURPRIS …

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   « Bien-aimés, ne soyez pas surpris, comme d’une chose étrange qui vous arrive, de la fournaise qui est au milieu de vous pour vous éprouver. Réjouissez-vous, au contraire, de la part que vous avez aux souffrances de Christ, afin que vous soyez aussi dans la joie et dans l’allégresse lorsque sa gloire apparaîtra … ! » I Pier 4:12-13.

  Nul n’échappe à la souffrance, tôt ou tard nous la rencontrerons, si cela n’est déjà le cas, sous l’un ou l’autre de ses multiples aspects. « L’homme, dit l’Écriture, naît pour souffrir, comme l’étincelle pour voler … » Job 5:7. Si l’étincelle ne volait pas, elle ne serait pas étincelle, de même l’homme, parce qu’il est homme, ne saurait échapper à la souffrance, par laquelle d’ailleurs il apprend à se connaître. Nous comprenons d’autant plus, en tant que rachetés, l’exhortation de l’apôtre Pierre à « ne pas être surpris… » des épreuves, quelles qu’elles soient, qui peuvent survenir, sachant également que « les mêmes souffrances sont imposées à nos frères dans le monde… » I Pier 5:9. Ne faisons donc pas une distinction trop hâtive entre les hommes, distinction inspirée par le sentiment de nous croire plus préservés que le reste de l’humanité. En effet, le croyant peut être atteint de la même manière que l’incroyant ; il peut, comme lui, parfois, ne pas comprendre, se trouver sans force, éprouver de l’angoisse, mais à cette grande différence près, que le croyant sait que l’épreuve s’inscrit dans un plan précis, connu de Dieu, et qu’il peut puiser dans l’Espérance en la Vie éternelle les forces pour le temps présent.

  Outre les souffrances propres à tout être humain, il est donc des souffrances spécifiques au croyant « né de nouveau », venant du fait que celui-ci, tout en vivant dans le monde, n’appartient plus à l’esprit de ce monde. Le « prince de ce monde », en effet, ne peut supporter qu’une partie des habitants de ce monde échappe à son emprise, en l’occurrence, les rachetés qui deviennent alors la cible des « traits enflammés du malin…  » Eph 6:16. Il y a toujours des choix à faire, des décisions à prendre, et la vérité veut que l’on dise oui, quand souvent tout le monde dit non, et que l’on dise non, quand tout le monde dit oui… avec leurs conséquences, c’est-à-dire, les incompréhensions ou l’hostilité que ces justes attitudes peuvent susciter. En effet, dit l’Écriture : « C’est une grâce que de supporter des afflictions par motif de conscience envers Dieu, quand on souffre injustement… »,  « et c’est à cela, précise l’apôtre, que vous avez été appelés, parce que Christ aussi a souffert pour vous, vous laissant un exemple, afin que vous suiviez ses traces… » I Pier 2:19, 21. Il est vrai que la victoire qui triomphe du monde, c’est notre foi… » I Jean 5:4, cependant notre « homme intérieur » ainsi que notre « homme extérieur » n’en sont pas moins éprouvés, car le « bouclier de notre foi » Eph 6:16, frappé par les « traits enflammés » qui s’y brisent, ne peut pas ne pas en porter les traces.

  Nous ne comprenons pas tout en ce qui concerne la Protection divine, car notre pensée humaine de la protection n’est pas celle de Dieu. En effet, tel persécuté est tué, tel autre est délivré ; telle personne souffre, telle autre jouit d’une pleine santé ; nombre d’inquiétudes accablent l’un, tandis que tel autre semble exempt de soucis. « Il est une vanité qui a lieu sur la terre, dit le sage : c’est qu’il y a des justes auxquels il arrive selon l’œuvre des méchants, et des méchants auxquels il arrive selon l’œuvre des justes… » Ecc 8:14. D’où il résulte que l’âme est parfois tentée de rechercher, à tout prix, une Intervention d’En-Haut, un changement immédiat de sa situation douloureuse. L’urgence du moment, ou la souffrance présente incite l’âme impatiente à « forcer » la Main de Dieu, à exprimer des prières qui sont des ordres, ou encore qui ressemblent plus à une « conjuration du sort » qu’à une intercession dans l’attente de l’exaucement. Au milieu de l’épreuve, la tentation inconsciente existe de vouloir agir à la place de Dieu, comme si la situation présente échappait à Son contrôle. Le fait de vouloir changer les circonstances mêmes de sa propre existence s’apparente à une démarche magique, alors que ceci est du Domaine de la Seule Volonté de Dieu.

  L’Écriture, exprimant la Pensée de Dieu, qui connaît le cœur de l’homme, dit : « L’oppression rend insensé le sage, et les présents corrompent le cœur… » Ecc 7:7. Même le sage, même l’homme spirituel, dans l’adversité, peut se laisser aller à des pensées, à des paroles, ou à des mouvements qui peuvent l’étonner lui-même. Notre ignorance des voies insondables et parfaites de Dieu nous place souvent devant des mystères que seule la foi accepte, nous apportant, écrit l’apôtre Paul : « La paix qui surpasse toute intelligence (et les questions qui en découlent), et gardera vos cœurs et vos pensées en Jésus-Christ… » Phil 4:7. Par la Force de Jésus, tout événement douloureux, ne produit pas dans notre vie ici-bas une limitation, une restriction, mais nous élève bien plutôt à un accroissement de la vie intérieur, qui nous prédispose à goûter les Prémices de la Vie à venir.

  « Le malheur atteint souvent le juste, mais le Seigneur l’en délivre toujours… » Ps 34:20. Par ces paroles, le Psalmiste prévoyait que « tous ceux qui veulent vivre pieusement en Jésus-Christ seront persécutés… » II Tim 3:12. Cependant, notre Seigneur connaît les limites de nos forces, ce qui fit dire à David ces Paroles pleines de réconfort et d’espérance : « Le sceptre de la méchanceté ne restera pas sur le lot des justes, afin que les justes ne tendent pas les mains vers l’iniquité… » Ps 125:3. C’est encore ici des circonstances où l’oppression peut rendre insensé le plus spirituel d’entre nous.  Toutefois, en nous délivrant de l’épreuve, le Seigneur n’enlève pas nécessairement la cause de l’épreuve, mais Il nous libère de cet état d’esprit qui regarde l’épreuve comme un malheur ou une punition, alors qu’elle révèle en nous l’existence de cette « foi, écrit Pierre, plus précieuse que l’or périssable (qui cependant est éprouvé par le feu), ait pour résultat la louange, la gloire et l’honneur, lorsque Jésus-Christ apparaîtra… » I Pier 1:7. C’est en cela que la foi en Dieu, Lequel sait jusqu’où peut aller l’épreuve, s’en trouve fortifiée, car elle sait que l’épreuve durera le temps nécessaire pour porter du fruit pour Dieu. « L’épreuve de votre foi, écrit encore Jacques, produit la patience. Mais il faut que la patience produise parfaitement son œuvre, afin que vous soyez parfaits et accomplis, sans faillir en rien … » Jac 1:2-4. L’épreuve est l’instrument avec lequel l’Esprit de la Parole nous façonne à la ressemblance de Jésus ; elle est cette école qui nous rend capables d’aider nos frères et sœurs en la foi, nous ayant préalablement brisés nous-mêmes, afin de pouvoir comprendre leurs faiblesses.

  Nous arrive-t-il de nous décourager, de douter ? Là encore le Psalmiste exprima les pensées de nos cœurs, disant : « C’est donc en vain que j’ai purifié mon cœur, et que j’ai lavé mes mains dans l’innocence : Chaque jour je suis frappé, tous les matins mon châtiment est là. Si je disais : Je veux parler comme eux (les impies), voici, je trahirais la race de tes enfants. Quand j’ai réfléchi là-dessus pour m’éclairer, la difficulté fut grande à mes yeux, jusqu’à ce que j’eusse pénétré dans les sanctuaires de Dieu, et que j’eusse pris garde au sort final des méchants… » Ps 73:13-17. « … Pénétré dans les sanctuaires de Dieu… », c’est-à-dire, dans la Présence de Dieu, dans la Pensée de l’Esprit. Regardant, non pas avec les yeux de l’homme, mais avec les yeux de Dieu, non pas à la « surface » des choses, là où s’arrêtent nos regards comme notre compréhension, mais à l’intérieur des choses, afin de connaître ce que Dieu veut bien nous révéler du sens des événements qui marquent nos vies, et leurs répercussions dans celle à venir. Aussi longtemps que le croyant pense que l’épreuve le prive en quelque domaine que ce soit, il n’est pas encore en état d’en comprendre la signification. C’est la raison pour laquelle le pourquoi des choses ne s’explique pas nécessairement par une connaissance, mais par une maturité spirituelle, et c’est là le but de l’épreuve. Ainsi, l’âme accomplie se distingue en ce qu’elle recherche, non pas une explication qui en appelle toujours une autre, mais la Présence, qui ne faillit jamais, du Seigneur en soi pour toute réponse.

  Ayant donc reçu par la « nouvelle naissance » la Nature divine, nous découvrons que nos épreuves se trouvent être, non pas les nôtres, mais la continuation de celles de Jésus vivant en nous, ainsi qu’Il l’exprima déjà à Ses disciples : « Quel est le plus grand, celui qui est à table, ou celui qui sert ? Et moi, cependant, je suis au milieu de vous comme celui qui sert. Vous, vous êtes ceux qui avez persévéré avec moi dans mes épreuves ; c’est pourquoi je dispose du royaume en votre faveur, comme mon Père en a disposé en ma faveur… » Luc 22:27-28. Il s’agit ici, non pas de « nos » propres épreuves, qui, parfois, proviennent de nos désobéissances ou de notre manque de sagesse, mais des épreuves de Jésus lui-même, que Sa Sainte Présence en nous nous attire, afin d’imprimer dans nos cœurs, malgré nos imperfections, Son Divin caractère. Et ceci nous assure d’autant plus de Son  Secours, tel qu’il l’exprima par ses propres Paroles : « Je vous ai dit ces choses, afin que vous ayez la paix en moi. Vous aurez des tribulations dans le monde ; mais prenez courage, j’ai vaincu le monde… » Jean 16:33.