M96 – A LA LUMIÈRE …

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       « Celui qui croit en lui n’est point jugé ; mais celui qui ne croit pas est déjà jugé, parce qu’il n’a pas cru au Nom du Fils unique de Dieu. Et ce jugement c’est que, la lumière étant venue dans le monde, les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière, parce que leurs œuvres étaient mauvaises. Car quiconque fait le mal hait la lumière, et ne vient point à la lumière, de peur que ses œuvres ne soient dévoilées ; mais celui qui agit selon la vérité vient à la lumière, afin que ses œuvres soient manifestées, parce qu’elles sont faites en Dieu… » Jean 3:18-21.

     La vocation première de la lumière spirituelle est d’éclairer l’homme sur son péché, afin de le confesser à Jésus qui pardonne. Mais cette lumière, au lieu d’être un moyen de salut pour eux, les hommes, en la refusant, en ont fait un instrument de jugement contre eux-mêmes, selon ce que dit l’Écriture : « Les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière… » Jean 3:19. C’est ici, la « préférence » de l’homme, et, bien que celui-ci cherche le plus souvent à voir clair en une multitude de choses autour de lui, il ne le désire pas en lui-même, dans sa propre vie. Même les cœurs, appelés tôt ou tard par la Grâce de Dieu à goûter cette lumière, préfèrent, parfois dans un tout premier temps, les ténèbres. C’est là, l’une parmi les premières réactions de notre être charnel, selon qu’il est dit : « La lumière est venue chez les siens, et les siens ne l’ont pas reçue… » Jean 1:11. De plus, chose étrange, nous sommes toujours plus prompts à croire, qu’à obéir aux choses que l’on croit, pourtant l’un ne saurait aller sans l’autre. Ceci provient du fait que l’on recherche la « chaleur » bienfaisante de la Lumière de la Parole, plutôt que sa « Clarté » révélatrice et affranchissante.

     La lumière naturelle, source de vie pour tous les êtres vivants sur la terre, ne connaît pas la destinée de la Lumière spirituelle, qui, sur cette même terre, s’attire l’hostilité, parfois la haine de la part de ceux-là mêmes qu’elle est venue éclairer. La cause de cette hostilité, de cette haine des hommes à l’égard de la Vérité lumineuse est tout simplement la peur que « leurs œuvres ne soient dévoilées… ». Cela prouve au moins que le sentiment du péché existe encore, mais que l’on n’en souffre pas suffisamment au point de l’abandonner tout à fait. C’est le combat de la conscience devant Dieu, laquelle ne saurait s’y soustraire, ne serait-ce qu’à un seul trait de Sa Lumière. C’est une âme qui en sait assez pour venir à la lumière et qui, en même temps, n’en veut pas savoir davantage de peur d’être convaincue de péché par elle.

     Ainsi, la haine vient donc de la peur, même si un sentiment de propre assurance y contribue grandement. Et cette peur vient elle-même de la honte, de ce sentiment d’indignité et de confusion qu’éprouve toute âme visitée et éclairée par l’Esprit du Dieu Saint. C’est, précisément, de la honte de leur nudité, qu’est née la peur d’Adam et d’Ève à l’écoute de  la  Voix  de  l’Éternel.  L’apôtre  donc écrit : « Examinez ce qui est agréable au Seigneur ; et ne prenez point part aux œuvres infructueuses des ténèbres, mais plutôt condamnez-les. Car il est honteux de dire ce qu’ils font en secret ; mais tout ce qui est condamné est manifesté par la lumière, car tout ce qui est manifesté est lumière… » Eph 5:10-13. Les hésitations, les fausses excuses qui essaient de voiler la lumière sont autant d’ombres dans lesquelles l’on se cache ; or, si la nuit « immobilise » l’homme, elle lui permet encore de fuir, mais dans quelle direction, la bonne ou la mauvaise ? Tout ce qui est nuisible à notre âme et dans notre chair, qui resurgit sans cesse dans notre esprit, et que nous sommes seuls à le savoir, le Seigneur, par Sa Lumière, le révèle comme étant condamnable, mais, en même temps, dans Son immense Miséricorde, Il a tout accompli pour notre délivrance et notre paix.

     L’Écriture dit : « Ne dormons donc point comme les autres, mais veillons et soyons sobres. Car ceux qui dorment, dorment la nuit, et ceux qui s’enivrent, s’enivrent la nuit… » I Thess 5:6-7. Les ténèbres spirituelles comportent des aspects contrastés : pour les uns, qui dorment, c’est la mort ou le sommeil spirituel ; pour les autres, qui s’enivrent, c’est l’envahissement ou l’étourdissement des choses de ce monde ou même religieuses, les détournant des choses spirituelles. Dans tous les cas, la Lumière ne peut que déranger, car toutes ces choses ne se vivent que la nuit. Cette absence de lumière est l’absence de vie spirituelle, de la vie intérieure, tandis que celui qui « agit selon la vérité », qui est donc « un enfant du jour », fuit toute espèce d’ombre et « vient à la lumière ». Car ce qu’il craint de la nuit  est,   non  seulement   le   sommeil   spirituel,  mais,  tout  autant, « l’éveil » charnel, l’inclination, l’intérêt même porté aux choses de ce monde. Il peut en être de même concernant les choses de la Lumière, mais qui sont comprises selon « l’esprit » de la nuit, c’est-à-dire, humainement  ;  choses  spirituelles  utilisées  selon  l’esprit  de  ce monde    ou   même   dans   une   activité pour   Dieu.  L’apôtre   écrit   : « … Eux,  ils sont du monde ; c’est pourquoi  ils parlent d’après le monde, et le monde les écoute…  » I Jean 4:5. Mais que vienne la Révélation de la Parole, et plus rien ne subsiste en eux, tandis que les âmes assoiffées de la Vérité revivent alors.

     Nous rencontrons bien souvent de la « conviction » chez ceux qui sont attirés par les œuvres infructueuses des ténèbres. À l’inverse, il peut y avoir un état d’esprit tout aussi infructueux dans cette recherche, cette introspection permanente qui consiste à « déterrer » chaque jour la semence de la Parole de Dieu, pour s’assurer de son développement en nous ou chez autrui ; semence qui, à cause de cela, finit par sécher au lieu d’avoir confiance que la lumière et l’eau d’En-Haut suffiront à sa croissance. Ainsi, d’un côté, nous voyons la superficialité qui sévit par l’absence du sentiment du péché devant la face de Dieu, et, de l’autre, nous trouvons la tendance à pousser la recherche de la perfection jusqu’à la minutie même, au point que la joie a disparu. L’examen de chaque détail de notre vie doit être fait en regardant, non pas à nous-mêmes, mais au but fixé par Dieu pour nous, sinon la crainte à cause de nos faiblesses est plus grande que celle que devrait nous inspirer la Sainteté de Dieu ; ce qui reviendrait à se craindre soi-même davantage que Dieu.

     L’Esprit, qui œuvre en nous, a ceci de particulier qu’il nous fait ressembler à ce que nous croyons. Nous croyons à la Sagesse d’en haut, et voici, nous devenons sages ; nous croyons à la Vérité, et voici, nous devenons véridiques ; nous croyons au Dieu trois fois Saint, et voici, nous devenons saints. Jésus n’a-t-il pas dit à ses disciples : « Déjà vous êtes purs, à cause de la Parole que je vous ai annoncée… » Jean 15:3. « Autrefois, écrit Paul aux Ephésiens, vous étiez ténèbres, et maintenant vous êtes lumière dans le Seigneur… » Eph 5:8. Non seulement, nous sommes des enfants de la Lumière, mais nous sommes « lumineux » ; car être éclairé est une chose, mais émaner la lumière en est une autre. La source de la lumière se tient évidemment à l’extérieur de la personne qui est éclairée, tandis que la lumière spirituelle qui luit est à l’intérieur de la personne. Certes, nous n’avons pas toujours l’impression de rayonner, d’être, comme le dit Jésus, de « ceux qui éclairent tous ceux qui sont dans la maison… » Matt 5:15, c’est-à-dire, d’être remarqués comme tels par les personnes que nous voyons et croisons chaque jour. Mais c’est, de notre part, une présence de foi et de patience, et non pas cette démarche, à la fois sincère et vaniteuse, de chercher à savoir, si vraiment, ou combien l’on brille ou non.

     Excepté dans des circonstances particulières venant du Seigneur, la lumière que nous sommes n’est pas nécessairement visible au travers de nous aux yeux de ceux appelés à être éclairés. En fait, la lumière consiste à laisser un sillon dans les cœurs encore enténébrés qui en reçoivent, souvent à leur insu, la trace lumineuse. Etincelle d’En-Haut, jusqu’au jour où elle fera naître un besoin ou une interrogation, auxquels Dieu sera la « Réponse » à l’heure et au travers des événements qu’Il connaît. Il se peut que nous ne le sachions ni ne le voyions nous-mêmes, ce qui est une raison de plus pour nous, de garder nos lampes allumées et de l’huile dans nos vases, quelles que soient nos faiblesses, et la longueur des veilles de la nuit.