M84 – SON ENSEIGNEMENT …

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      « Il est écrit dans les prophètes : Ils seront tous enseignés de Dieu. Ainsi quiconque a entendu le Père et a reçu son enseignement vient à moi… » Jean 6:45.

      L’enseignement de la Parole de Dieu a pour but d’affermir les rachetés, c’est-à-dire, le Corps de Christ dans son unité et dans sa diversité. L’unité sans diversité devient une uniformité, d’où l’intolérance religieuse, et la diversité sans unité produit la désunion, la division, d’où la vulnérabilité face au diable et au monde. Dès le commencement, l’Écriture exhorte à « l’unité de l’esprit », à « l’unité de la foi » et à « l’unité de la connaissance » Eph 4:3, 13, non qu’il y ait trois unités, mais une seule Source, à partir des trois applications, et infiniment plus, de cette unité spirituelle dans le Peuple de Dieu.

     Parmi les croyants nés de nouveau, « l’unité de la foi », la Croix, la Grâce, le Salut, est saisie sans difficulté par chacun. « L’unité de l’esprit », l’Esprit-Saint étant la source, se révèle riche de dons divers selon l’expérience des uns et des autres, le baptême, les dons, les fruits de l’Esprit.  « L’unité de la connaissance », quant à elle, est plus difficile à réaliser. Il suffit de lire l’Histoire de l’Église au cours des siècles pour s’en rendre compte. Alors que la connaissance a pour but d’exprimer cette unité, par le moyen des enseignements et des exhortations pour nous y maintenir, la diversité et la richesse de cette connaissance voilent et fractionnent cette unité provenant, non pas de la connaissance elle-même, mais de la faiblesse de la chair de ceux qui l’ont reçue. La cause découle, non pas de la profondeur de la Parole, mais de la faiblesse de notre entendement encore charnel.

     Certes, entre croyants  véritables, les mots peuvent ne pas être les mêmes, mais la richesse des sens reçue de la Parole de Dieu, et donc donnée à celle-ci, est le même ; car, de l’imperfection des mots, l’Esprit Saint dans le cœur épure et rétablit la Pensée divine originelle. Le Dessein de Dieu a toujours été que Sa Parole soit une « Parole sans dogmes », s’éclairant elle-même, inspirant des prédications sans « doctrines », des révélations ouvertes. Étant donc en croissance constante, qui peut donc conclure, imposer tel ou tel sens, telle ou telle interprétation définitive à des vérités et à des lumières sans cesse grandissantes, et ayant pour but de nous faire grandir.

   Nous sommes appelés à une approche et à une compréhension épurées en ce qui concerne la Parole. Ce que nous approfondissons ici, n’est pas le « contenu », mais plutôt la « nature » de la Parole divine,  c’est-à-dire, non seulement ce qu’elle nous dit, mais la Pensée dans  laquelle  Dieu  nous  a  parlé  par  elle  et  en  elle.  Jésus dit : « Quiconque a entendu le Père et a reçu son enseignement vient à moi… », et il ajoute plus loin : « Ma doctrine n’est pas de moi, mais de celui qui m’a envoyé. Si quelqu’un veut faire sa volonté (celle de Dieu), il connaîtra si ma doctrine est de Dieu, ou si je parle de mon chef… » Jean 7:16-17. Dans le Christ Jésus, et par sa bouche, Dieu nous a parlé en tant que Père, parce qu’en Son Fils, Il a fait de nous, non pas Ses « serviteurs », mais Ses « amis » Jean 15:15. Tout cela a été déjà prophétisé dans la Loi et les Prophètes, aussi, en Jésus, le « Dieu des Armées », le « Dieu Très Haut » nous parle dès lors en tant que Dieu, « notre Père ».

    Ainsi Dieu nous enseigne, non seulement comme un Docteur de la Parole, mais comme un Père. En tant que Ses enfants, notre relation avec Lui est plus une relation de Père à fils, que de Maître à élève. Ses enseignements ne sont pas les lois implacables d’un législateur, mais les Directives à portée éternelle d’un Père céleste. Par l’Esprit de Son Fils en nous, nous entendons, non plus Dieu « exprimer » Sa Parole, mais bien plutôt « s’exprimer » par elle, car Dieu est dans Sa Parole, et chaque fois que Sa Parole frappe notre oreille, notre cœur reçoit de Lui, car l’on ne peut séparer la Parole de Celui qui Parle. L’homme spirituel, en effet, ne voit pas, parce qu’il n’y en a pas, de différence entre l’Enseignement et Celui qui enseigne. Tandis que l’étude intellectuelle, de par sa réflexion et sa dimension humaines court le risque de « détacher » la Parole de Dieu de la personne même de Dieu, laquelle Parole privée de la Vie divine, perd alors son efficacité.

      Notre Père céleste est généreux et exigeant, par Sa Parole, Il corrige et console, Il frappe, panse et guérit : Job 5:18. Aussi est-ce justement quand on perd le but correctif de la Parole qui nous conduit à la sainteté, que cette même Parole est réduite à un objet d’études et de controverses au lieu d’être reçue telle une Eau vive et un Pain de Vie, nourrissant et comblant l’âme. Le besoin de discuter, de trouver de nouveaux mots ou expressions pour finalement exprimer les mêmes idées creuses satisfait la curiosité, au lieu de révéler et d’éclairer les vrais besoins spirituels, et d’y répondre.

    Ceci montre la nécessité d’un enseignement spirituel capable de réaliser « l’unité de la connaissance », à la fois, reflétant et exprimant la communion intérieure des rachetés sur la terre, comme elle existe dans les « lieux célestes » en Jésus-Christ ressuscité. L’Écriture dit : « L’Esprit lui-même rend témoignage à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu… » Rom 8:16. La Parole du Père à son enfant contient tout ce qu’il doit connaître pour lui être attaché et fidèle, et cette communication entre eux s’exprime par la Connaissance inspirée du même Esprit-Saint, qui les unit l’Un à l’autre. Dieu, en tant que Père, connaît les capacités et les faiblesses de Ses enfants, et sait parfaitement ce qu’il y a à redresser chez l’un, et ce qu’il peut confier à l’autre. Nous sommes complémentaires, et Dieu nous donne de voir avec « Ses yeux » ce qui est, de Lui, chez nos frères et sœurs, et que nous ne possédons pas encore. L’Enseignement du Père ne saurait « disloquer » la famille spirituelle, et le germe de division, à bien distinguer entre division charnelle et séparation spirituelle, ne saurait non plus habiter un cœur dans lequel l’Esprit de Dieu crie : « Abba ! », c’est-à-dire, Père.

      Il est évident que nous ne ferons pas mieux que nos pères ; mais nos prières s’élèvent dans le Seigneur pour que leurs exemples des choses à faire, ou à ne pas faire, aient force de Vie en nous. Nous ne pouvons pas recommencer l’histoire, ni notre vie, mais nous pouvons, chaque jour, comme tout à nouveau, « tendre à ce qui est parfait… » Héb 6:1. L’Enseignement du Père est à recevoir, non comme des élèves qui, par vanité, cherchent à en savoir davantage, mais comme des fils désireux de grandir et de ressembler à leur  Seigneur. Alors l’usage que l’on fera de Sa Parole, par rapport aux frères et aux sœurs ne sera plus entaché d’esprit de supériorité, d’intolérance doctrinale, d’étroitesse d’esprit ou de critique.

      Jésus dit : « Car, comme le Père a la vie en Lui-même, ainsi il a donné au Fils d’avoir la vie en lui-même… » Jean 5:26. La Vie est dans le Père, la Vie est dans le Fils, et elle est, par conséquent, dans la Parole. Ainsi, en demeurant dans la Parole, nous demeurons, non pas dans une idée, dans un raisonnement, mais dans la Vie de Celui qui nous « a régénérés par cette même Parole pour une espérance vivante… » I Pier 1:3. Jésus est venu afin que nous ayons, non pas le « savoir », mais la « Vie » en abondance. Aussi, toute méditation, toute recherche dans la Parole de Dieu est éclairante et vivifiante, et cela, quand bien même des vérités échappent encore à notre compréhension. Il y aura toujours une part de mystère dans tout ce que le Père céleste nous dévoilera, car Il n’est pas tenu de tout expliquer à Ses enfants, mais, pour nous, le fait de savoir que ce qu’Il dit, ou fait, est toujours en vue de ce qui est le meilleur pour notre âme, nous suffit. Le mystère, c’est-à-dire, la « partie inconnue ou inexprimable » de Ses Révélations comme de Sa Volonté, est la place réservée à être comblée par notre foi et notre confiance en Son Dessein, dont Dieu seul connaît les événements, par lesquels il s’accomplit pour nous.