M77 – IL EST LA TÊTE …

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      « Il est avant toutes choses, et toutes choses subsistent en lui. Il est la tête du corps de l’Église ; il est le commencement, le premier-né d’entre les morts, afin d’être en tout le premier… » Col 1:17-18.

    Jésus est la « Tête », Il est la Tête de l’Église ; l’apôtre Paul compare les rachetés aux membres d’un même corps : un « œil », une « main », une « oreille », un « pied », ou encore une « tête » I Cor 12:12-26. Dans la Parole, c’est la simplicité même, mais, dans la réalité, il en est souvent différemment. Il semble parfois qu’une certaine partie du « corps », l’Église, soit folle, alors que la « Tête », Christ, est sage, parce que beaucoup, en effet, veulent « en faire à leur tête », tout en se croyant dans leur obstination soumis à Christ. Plusieurs d’entre nous ont connu, un jour ou l’autre, ce sentiment d’avoir raison, de vouloir tout diriger, enfin, d’être la « tête pensante » pour les autres. De là, au lieu de l’Amour divin, cette condescendance envers des croyants regardés comme étant encore dans les ténèbres, alors que, unis sous une seule Tête en Christ, il ne saurait y avoir de domination sur son prochain en la foi, non plus que d’interprétations divergentes de la Parole.

    Tous, nous sommes un, mais un seul ne peut être tous, ni toutes choses. Aussi, est-il essentiel de connaître notre place et notre tâche en Christ. Celui qui est appelé à être un « œil » a tendance à dire que le plus important est le discernement, la vision ou la contemplation. Ceci est vrai, mais il le fait d’une telle manière qu’il perd de vue la réalité, pour se retrouver dans un mysticisme stérile. Tel autre, appelé à être une « oreille », met l’accent sur ce qu’il entend et comprend de la Vérité, mais il apprend pour apprendre, c’est de la connaissance pour la connaissance, non pas cette connaissance spirituelle qui conduit à la Ressemblance au Fils de Dieu, hors de laquelle toute connaissance n’est qu’orgueil et vanité. Tel autre est une « main », pour lui seul compte l’action, et n’a cure de ceux qui méditent les Écritures et approfondissent leur vie spirituelle. Il est de toutes les activités, elles sont sa raison d’être, et fait sien cet adage : « activité égale sainteté… ». Il n’a pas même le temps de faire des bêtises, mais vient-il à être fatigué ou déçu ? et le voici bouleversé dans le doute ou la dépression. Tel autre encore est le « pied », il va de l’avant, mais il fait marcher les autres à son pas. Il a le sentiment de porter et de faire avancer toutes choses, l’évangélisation du monde, pour ne pas dire le Corps de l’Église même. Mais il est le seul à ne pas voir qu’il se dirige dans une direction qu’il s’est lui-même fixée. Tel autre, enfin, est une « tête », c’est-à-dire, qui a une responsabilité, un ministère dans l’Église, mais celui-ci doit veiller à ne pas prendre la place de Christ à la tête de ses frères, au point de se mettre « à la place » de Christ. Il doit se souvenir dans l’humilité, que, s’il est utile, il n’est pas indispensable, car les Écritures nous révèlent que « Christ est le chef de tout homme, que l’homme est le chef de la femme, et que Dieu est le chef de Christ… » I Cor 11:3. La femme, non pas dominée, physiquement ou spirituellement, mais aimée par son mari, comme Christ l’est envers Son Eglise « qu’Il nourrit et dont Il prend soin… » Eph 5:29.

    L’Éternel dit : « … Mes pensées ne sont pas vos pensées, et vos voies ne sont pas mes voies… » Es 55:9. C’est cette vérité qu’il faut toujours avoir à l’esprit quand l’on pense à Celui qui est notre « Tête ». Plus nous entrons dans la Parole et la Pensée de l’Esprit de Dieu, et plus notre esprit de logique, qui nous sert en bien des choses ici-bas, se révèle un des plus grands obstacles pour recevoir les Pensées du Très-Haut. D’autre part, Dieu n’est pas tenu à nous expliquer chaque situation, chaque événement, chaque épreuve dont Il se sert, non plus que chaque direction qu’il décide dans Son Plan pour nos vies, Notre « homme intérieur » a des « raisons spirituelles » que notre « homme extérieur » ignore ! Si nous savions exactement pour quelle raison le Seigneur agit, ou a dû agir de telle ou telle façon à notre égard, nous l’ « embarrasserions » dans Son Action, et en voulant  l’« aider », nous contrecarrerions Ses Plans, et nous nous donnerions une occasion de plus de lui désobéir, en lui faisant valoir nos « propres conseils ».

   Jésus est la Tête dirigeante de Son Église, cependant, Il ne nous domine pas, mais nous inspire la nécessité et le sens de Sa Volonté, en nous donnant la force de l’accomplir. Ainsi, nous ne nous sentons pas forcés, mais empressés, ni tirés, mais attirés ; ce n’est pas une contrainte, mais un besoin, ce n’est pas une obligation, mais une faim et une soif des choses d’en haut. Le Seigneur se communique à nous par le moyen de Son Esprit : « L’Esprit lui-même, dit l’Écriture, rend témoignage à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu… » Rom 8:16. De même, les Paroles de Jésus sont reçues dans notre cœur, non pas comme des ordres, mais comme autant de témoignages à lui rendre pour Lui plaire. Or, si les commandements du Seigneur sont ressentis  comme par une douce insistance plutôt que par la contrainte, c’est précisément parce que cette âme-là prie. Car la prière est un « face à Face », un « tête à tête » avec notre Père céleste, et la persévérance et l’attente dans la prière nous amènent à une « fusion », au point que l’âme qui obéit et Celui à qui elle obéit ne sont plus qu’un.

    Les faiblesses de beaucoup de ceux qui constituent l’Église font parfois apparaître comme si le Corps était séparé de la Tête qui la dirige. D’autre part, les légions des « esprits méchants dans les lieux célestes » s’efforcent de s’interposer entre la Tête et le Corps, entre le Sauveur et son racheté. Mais nous savons que cela est sans effet, car c’est ici que les Paroles de Jésus à Nathanaël révèlent tout leur sens et leur puissance : « En vérité, en vérité, dit-il, vous verrez désormais le ciel ouvert et les anges de Dieu monter et descendre sur le Fils de l’homme… » Jean 1:51. Ces Paroles sont devenues, dès lors, la promesse et la certitude de la communion permanente de l’Esprit-Saint entre le Seigneur et le racheté, et donc avec Son Peuple, venant de la part de Christ, que Dieu « a donné pour Chef suprême à l’Église, qui est son corps, la plénitude de Celui qui remplit tout en tous… » Eph 1:22-23. Ce « ciel ouvert » sur l’Église ouvre le passage à la communication permanente de la Tête avec le Corps, et du Corps avec la Tête, qui aboutit à cette identification de l’esprit du racheté à l’Esprit du Rédempteur, ainsi que l’écrit l’apôtre Jean : « Si nous marchons dans la lumière, comme il est lui-même dans la lumière, nous sommes mutuellement en communion, et le sang de Jésus son Fils nous purifie de tout péché… » I Jean 1:7.

    Cette communion consiste donc à avoir su choisir entre deux têtes, celle de Christ ou celle du « serpent », de l’adversaire, certes qui « sera écrasé sous nos pieds » … Gen 3:16. De là, la nécessité de demeurer sur le « rocher brisé qui donne ses eaux… », afin, écrit l’apôtre Paul «  qu’aucun homme, sous une apparence d’humilité et par un culte des anges, ne vous ravisse à son gré le prix de la course, tandis qu’il s’abandonne à ses visions et qu’il est enflé d’un vain orgueil par ses pensées charnelles, sans s’attacher au chef (Christ), dont tout le corps (l’Église), assisté et solidement assemblé par des jointures et des liens (par l’Assistance de l’Esprit), tire l’accroissement que Dieu donne… » Col 2:18-19. Il n’y a, en effet, qu’en demeurant relié à la Tête (la Pensée de Christ) que chaque vérité est comprise comme faisant « partie » de ce Tout du Dessein de Dieu, évitant ainsi le fractionnement de la Parole, la dislocation du Corps de Christ et donc la division de la communion fraternelle.

    Il est des noms de lieux et de choses qui renferment une signification prophétique. Le fait, rapporté par les quatre Évangiles, que « Jésus, portant sa croix, arriva au lieu du « Crâne », qui se nomme en hébreu « Golgotha… » Jean 19:17, est plus qu’une coïncidence géographique, car c’est précisément sur le terrain de nos propres pensée, qu’a été remportée la victoire du Seigneur. La croix, en effet, a été dressée, plantée sur le sommet du « crâne », qui présente l’aspect d’une tête morte. Et c’est ce que nous sommes spirituellement devenus, grâce à quoi, notre sagesse a été convaincue de folie par Dieu, ainsi que l’écrit l’apôtre Paul : « Car puisque le monde, avec sa sagesse, n’a point connu Dieu dans la Sagesse de Dieu, il a plu à Dieu de sauver les croyants par la folie de la prédication… » I Cor 1:21. Et c’est cette « folie de Dieu », qui seule a pu nous convaincre, à la fois, de notre folie, et de Sa Sagesse qui nous l’a révélée.