M73 – MES AMIS …

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       « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. Vous êtes mes amis, si vous faites ce que je vous commande. Je ne vous appelle plus serviteurs, parce que le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ; mais je vous ai appelés amis, parce que je vous ai fait connaître tout ce que j’ai appris de mon Père. Ce n’est pas vous qui m’avez choisi ; mais moi, je vous ai choisis, et je vous ai établis, afin que vous alliez, et que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure, afin que ce que vous demanderez au Père en mon nom, iI vous le donne… » Jean 15:13-16.

    « Du serviteur à l’ami … », tout découle de ce passage intérieur opéré par l’Esprit Saint. C’est ici le miracle de notre nouvelle naissance, de là, notre, identité spirituelle de « né de nouveau », de racheté. Nous pouvons alors appeler Dieu : notre Père, et Jésus : notre Sauveur. Nous savons ce que nous étions, nous savons ce que nous sommes devenus, mais ce qui s’est fait, mystérieusement, surnaturellement au-dedans de nous par la Parole et l’Esprit, le Seigneur seul le sait. Ceci est l’Œuvre qui vient de la Grâce, et Dieu, par les prophètes déjà, l’avait annoncé d’avance à Israël, qu’Il exhortait à se détourner des idoles, disant : « En ce jour-là, dit l’Éternel, tu m’appelleras : mon mari ! Et tu ne m’appelleras plus : mon maître… » Osée 2:18, depuis lors, la nature spirituelle de cette nouvelle relation avec Dieu, Jésus l’a opérée en nous.

   En parlant du serviteur, l’Écriture entend par là, non seulement le juif par rapport à la Loi de Moïse, mais encore la position du croyant de nom qui demeure étranger à l’Esprit de Vie en Jésus-Christ. La Loi à laquelle le serviteur obéit se tiendra toujours écrite devant lui, tandis que l’ami est celui à qui le Seigneur dit : « … Mais voici l’alliance que je ferai avec la maison d’Israël, après ces jours-là, dit le Seigneur : Je mettrai mes lois dans leur esprit, je les écrirai dans leur cœur ; et je serai leur Dieu, et ils seront mon peuple… »  Héb 8:10. L’homme selon la loi, obéit et la « met en pratique, afin de vivre par elle… » Lév 18:5, tandis que c’est de  la Vie divine elle-même, reçue en lui, que l’homme « né de nouveau » puise la force et la mise en pratique de cette Parole. En vérité, l’ami a besoin avant tout de veiller, non d’obéir d’abord, mais de demeurer dans la Vie spirituelle, qui seule peut lui en donner la capacité, et  lui révéler la nécessité de cette obéissance, après laquelle d’ailleurs aspire sa conscience régénérée.

      Ne   sommes-nous   pas nous-mêmes   « une  lettre  de  Christ… » II Cor 3:3, et notre cœur n’est-il pas le support sur lequel l’Esprit écrit la Parole ? Chaque vérité reçue révèle le nom des choses spirituelles que l’on possède dans notre cœur, dès la nouvelle naissance. En méditant la Parole, nous découvrons que nous « avons » déjà ce que nous recevons, que nous « connaissons » déjà ce que nous comprenons… ! D’une part, la Parole comble les vides au-dedans de nous, d’autre part, l’Esprit nous fait découvrir les réalités mêmes que cette Parole a accomplies en nous, réalités plus grandes que nous, mais que nous ne soupçonnions point et dont nous vivons sans, toutefois, en mesurer la richesse inépuisable, et l’efficacité affranchissante. En tant qu’amis, la Parole et la Pensée de Dieu, selon la mesure qui nous en est impartie, ne nous sont plus étrangères, parce que nous-mêmes «… sommes devenus participants de la nature divine… » II Pier 1:4. C’est en cela que nous pouvons faire nôtres les paroles du sage, disant : « Dis à la sagesse : tu es ma sœur ! Et appelle l’intelligence, ton amie… » Prov 7:4. L’Amour de l’ami pour la Parole de Dieu fait qu’il reçoit cette Parole, non pas comme un Livre, mais comme une Personne. En lisant le Livre, il entend un langage, son œil devient oreille, l’Écriture devient Voix.

       Il est des attitudes qui révèlent un croyant proche de Jésus, soit par le cœur, soit par devoir. Le « serviteur » attend l’ordre, tandis que l’ « ami » le pressent ; le serviteur ouvre son oreille, l’ami son cœur ; le serviteur s’efforce d’obéir, l’ami se hâte… !  La prière, la méditation des Écritures, la sanctification et la louange peuvent être regardées par le serviteur comme une corvée, alors qu’elles sont, pour l’ami, un empressement et une joie, ces choses ne lui sont pas des ordres, mais un besoin. De même, les vicissitudes et les luttes spirituelles seront aussi différentes selon qu’on est l’un ou l’autre. Le serviteur est contrarié d’avoir désobéi, car il a manqué la bénédiction qui en découlait ; l’ami, lui, est contrit, car il est conscient d’avoir attristé son Seigneur. Le serviteur tâchera de faire mieux la prochaine fois ; l’ami cherchera à devenir meilleur qu’auparavant. Le serviteur cherche à faire plus, l’ami, à être plus fidèle… ! Toutes ces attitudes ne sont regardées que comme une question de nuances par celui qui est faussé par son « moi » charnel et que voilent encore les choses de la terre, alors qu’elles sont révélatrices de vie ou de mort aux yeux de celui dont le cœur est sensible à la voix de l’Esprit.

     Jésus dit à ses disciples : «  Je vous ai appelés amis, parce que je vous ai fait connaître tout ce que j’ai « appris » de mon Père…  ». Jésus ne dit pas : ce que je « sais », mais ce que j’ai « appris » ; c’est-à-dire, que ce que Jésus sait, Il le sait en tant que « Fils de Dieu », et que ce qu’il a appris, il l’a appris en tant que « Fils de l’homme ». Jésus-Christ est la Perfection divine, aussi doit-il, et peut-il s’abaisser à être « parfaitement humain ». Ainsi « … ayant été tenté comme nous en toutes choses, dit l’Écriture, iI n’a point commis de péché… » Héb 4:15. En tant que Ses amis, il nous fait donc connaître ce que Lui-même a connu, afin que nous l’apprenions à notre tour, et que « nous résistions jusqu’au sang, en luttant contre le péché… » Héb 12:4, c’est-à-dire, en triomphant de notre « moi » charnel par Sa seule Grâce. Ce qui nous est révélé de la part du Père par le Fils, ce ne sont donc pas de vains mystères, ou une connaissance qui enfle, mais les vérités vivifiantes des choses célestes, reçues et vécues dans notre vie, un jour après l’autre.

     Le Seigneur précise à Ses disciples qu’Il leur a fait connaître « tout » ce qu’Il a appris de Son Père. Dans ce « tout », il ne s’agit pas de la somme de toutes les connaissances et les vérités qui concernent Dieu. En effet, Jésus dira, peu après : « J’ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais vous ne pouvez pas les porter maintenant… » Jean 16:12. II ne s’agit pas ici d’une « connaissance dogmatique » de ce que Dieu « est », mais, en quelque sorte, d’une « Connaissance infuse » de Dieu, qui consiste, avant tout, non à connaître, mais à sonder les choses spirituelles par la Révélation d’en haut, selon que le dit l’Écriture : « L’Esprit sonde tout, même les Profondeurs de Dieu… » I Cor 2:10, c’est le déclic d’une compréhension spirituelle de la nature des choses divines, et non pas de leur quantité indénombrable. C’est ici l’Œuvre de l’Esprit-Saint dont parle l’apôtre Jean, lorsqu’il écrit : « Pour vous, l’onction que vous avez reçue de lui demeure en vous, et vous n’avez pas besoin qu’on vous enseigne ; mais comme son onction vous enseigne toutes choses, et qu’elle est véritable et qu’elle n’est point un mensonge, demeurez en lui selon les enseignements qu’elle vous a donnés… » I Jean 2:27.

     Ici s’accomplit la Promesse de Dieu, annoncée par les prophètes concernant notre relation nouvelle et spirituelle dans la « Nouvelle Alliance », disant : « Aucun n’enseignera plus son concitoyen, dit l’Éternel, ni aucun son frère, en disant : Connais le Seigneur ! Car tous me connaîtront, depuis le plus petit jusqu’au plus grand d’entre eux ; parce que je pardonnerai leurs iniquités, et que je ne me souviendrai plus de leurs péchés… »  Héb 8:11-12. Être rendu semblable au Fils de Dieu par Son Pardon, Sa Parole et Sa Pureté, y a-t-il une Connaissance,  une Intimité plus grande, plus riche, plus profonde que celle-ci… ?