M69 – LA FEMME VIT …

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        « La femme vit que l’arbre était bon à manger et agréable à la vue, et qu’il était précieux pour ouvrir l’intelligence ; elle prit de son fruit, et en mangea ; elle en donna aussi à son mari, qui était auprès d’elle, et il en mangea… » Gen 3:6.

    Jusqu’alors, Adam et Ève tendaient leur oreille pour entendre la Voix de l’Éternel, mais, après avoir écouté Satan, Ève se mit à faire usage de ses yeux dans un tout autre esprit. Ève et Adam, connaissaient déjà cet arbre, car Dieu le leur avait spécialement désigné avec l’injonction de ne pas en manger, car ce jour-là, « ils mourraient… » Gen 2:17. Depuis cet instant, Ève vit donc l’arbre différemment, elle regarda cette interdiction, non plus comme une grâce de Dieu lui donnant ce « privilège divin » de choisir elle-même de demeurer dans Sa Présence, mais comme l’obstacle même à la connaissance et à la présence de cette Vie de Dieu ! C’est ce qu’elle crut à partir du moment, où elle commença à regarder à l’apparence plutôt qu’à la réalité des choses.

     Une des premières choses que Dieu nous demande est, non pas de Le voir, mais de L’entendre, d’écouter Sa Parole. Voir, contempler Sa Création qui nous parle de Lui ne suffit pas pour être sauvés, mais c’est de L’« écouter » qui est la première démarche spirituelle pour celui qui veut s’approcher de Dieu, et Le connaître : « … Écoute, Israël, les lois et les ordonnances que je vous fais entendre aujourd’hui. Apprenez-les, et mettez-les soigneusement en pratique… » Deut 5:1. Lors de la proclamation de la Loi, après la sortie d’Égypte, Moïse, en effet, dit à Israël : « Écoute… ! », et non pas : « Regarde… ! ». L’Éternel, il est vrai, leur avait fait voir tous Ses Miracles jusqu’alors, mais c’est, au contraire, en les leur faisant entendre qu’il leur fera connaître Ses Commandements et Ses Voies. Le fait que l’on désire « regarder » plutôt qu’« écouter », utiliser son œil plutôt que son oreille révèle que l’on ne sait plus écouter ; c’est le signe d’une altération due à la désobéissance, à un déclin de la foi. Aussi longtemps qu’Ève écoutait, elle était dans la bonne attitude devant l’Éternel, mais lorsqu’elle mit l’accent sur le désir de voir, elle n’eut plus le discernement de la Parole divine. La curiosité de notre œil charnel révèle la faiblesse de notre oreille spirituelle.

      A partir du moment où Ève ferma son oreille spirituelle et ouvrit les yeux de son propre entendement, elle passa du Sens spirituel aux sens naturels, et l’arbre lui parut, effectivement, « bon à manger, agréable à la vue et précieux pour ouvrir l’intelligence… ». C’est ce qui se passe quand il n’y a plus de soif spirituelle, quand la Révélation de la Parole n’est plus saisie. D’ailleurs, et c’est un paradoxe, le besoin de voir est le signe… d’un aveuglement spirituel. Quand, en effet, la Parole n’est plus reçue dans la puissance et la Vie de l’Esprit, surgit la tentation de se représenter extérieurement ce qui ne peut être révélé qu’intérieurement.

        Ainsi, Ève a goûté à la Connaissance du bien et du mal par son propre esprit, par ses propres pensées, sans passer par l’Arbre de Vie qui était parmi d’autres, « à portée de sa main », puisqu’elle n’a eu qu’à l’avancer pour prendre de son fruit Gen 3:1-2. Cet « arbre de la connaissance du bien et du mal » présenté par la parole de Satan plutôt que par la Parole de Dieu, apporta et répandit plus le mal que le bien… ! Seule la Parole divine apporte l’intelligence et le discernement dans l’usage de cette connaissance du bien et du mal. Il y a toujours des étapes dans la compréhension des Voies de Dieu, qui sont, d’abord, de passer par la Vie spirituelle, puis, éclairé du sens divin de cette Vie, d’entrer alors dans la Connaissance selon Dieu des Choses céleste. Car l’internet a planté ces deux, l’un de la vie et l’autre de la connaissance, proches l’un de l’autre, non pas pour tendre un piège à l’homme, mais, au contraire, pour lui donner cette incommensurable preuve de Son Amour, qui est celle de pouvoir choisir la Vie, et non la mort ; et c’est là ce qui distingue l’homme, étant à l’image de Dieu, d’entre toutes les créatures existantes.

       Le désir de « voir » est souvent la démarche d’un esprit peu profond ou d’une compréhension superficielle des choses ; aussi, en est-il tout différemment pour ce qui concerne la foi et l’espérance. « La foi, dit l’Écriture, est une ferme assurance des choses qu’on espère, une démonstration de celles qu’on ne voit pas… » Héb 11:1. Dans le domaine spirituel c’est, justement, ce que l’on ne voit pas qui suscite et fait croître la foi par le moyen de la Parole de Dieu, tandis que  ce  qui  se  voit  n’est  en  aucun  cas  de  nature  à  engendrer  la foi.  « Car c’est en espérance que nous sommes sauvés. Or, l’espérance qu’on voit, dit l’Écriture, n’est plus espérance : ce qu’on voit, peut-on l’espérer encore ? Mais si nous espérons ce que nous ne voyons pas, nous l’attendons avec persévérance… » Rom 8:24-25. Que l’on reçoive l’exaucement d’une prière, l’accomplissement d’une promesse, c’est là toute notre joie et notre reconnaissance dans le Seigneur. Mais le désir obstiné de voir sans attendre, c’est-à-dire, sans persévérer et qui seul nous fait grandir en Christ, fera que l’on interprétera les Desseins de Dieu d’une façon imparfaite et temporelle, et non pas spirituelle et éternelle. Alors qu’il est écrit en ce qui concerne notre amour pour Jésus : « … Lui que vous aimez sans l’avoir vu, en qui vous croyez sans Le voir encore… » I Pier 1:8. Et c’est précisément parce que nous ne voyons pas Jésus, que nous L’aimons infiniment  par l’Esprit et non selon la chair.

      Le péché d’Ève résidait, non pas dans l’arbre, mais dans la manière dont elle le regardait. L’Écriture nous rapporte que des scribes et des pharisiens demandèrent à Jésus : « … Maître, nous voudrions te voir faire un miracle. Jésus leur répondit : Une génération méchante et adultère demande un miracle ; il ne lui sera donné d’autre miracle que celui du prophète Jonas. Car, de même que Jonas fut trois jours et trois nuits dans le ventre d’un grand poisson, de même le Fils de l’homme sera trois jours et trois nuits dans le sein de la terre… » Matt 12:38-40. Ils désiraient « voir… », Jésus les renvoie au récit de Jonas, c’est-à-dire, à la Parole de Dieu, et à l’écoute de celle-ci. Car l’état d’esprit voilé et faussé dans lequel ces scribes et ces pharisiens demandaient à voir, rendait inutile tout signe ou tout miracle venant du Seigneur, et, même s’ils leur avaient été donnés, ceci leur aurait encore suscité d’autres questions qui les auraient obscurcis davantage.

       L’on sait qu’en certains domaines, l’oreille est plus sensible à ce qu’elle entend, que l’œil ne l’est à ce qu’il voit. Est-ce une des raisons pour laquelle Dieu s’est plu à se révéler aux hommes par la prédication de Sa Parole, outre les visions, qui concourent aussi à nous Le faire connaître ? L’homme spirituel est un être plus auditif que visuel, même sa lecture et sa méditation de la Parole deviennent un « langage » dans son cœur et son esprit. Il est un fait remarquable à relever concernant l’apôtre Jean dans l’île de Patmos, celui-ci, dit l’Écriture « vit monter de la terre une autre bête, qui avait deux cornes semblables à celles d’un agneau, et qui parlait comme un dragon (ce qu’elle était d’ailleurs)… » Apo 13:11. Si l’apôtre s’en était tenu à ce qu’il avait « vu », il aurait, en effet, cru voir l’« Agneau de Dieu » se présenter en face de lui ! Mais lorsqu’il « écouta » la voix, il découvrit que ces cornes d’agneau dissimulaient en réalité un dragon. C’est ici l’un des mystères de l’iniquité se révélant de nos jours. Ce que Jean a entendu lui a permis de discerner ce qu’il voyait, car la voix ne correspondait pas aux cornes. Il dut d’échapper à la séduction plus à son oreille qu’à ses yeux… !

       En vérité, depuis le jour où Ève a regardé par l’esprit que l’on sait toute l’humanité, depuis lors, Adam a regardé de la même manière. Pour beaucoup, voir ou avoir vu, c’est avoir tout compris,  alors que cette attitude là équivaut à vouloir prendre un « raccourci », tous les raccourcis possibles, par lesquels l’on espère éviter de méditer, de sonder pour arriver au But… ou à ses propres fins. Mais le Seigneur dit à l’Ange de l’Église d’Éphèse : « Que celui qui a des oreilles entende ce que l’Esprit dit aux Églises : A celui qui vaincra je donnerai à manger de l’arbre de vie, qui est dans le Paradis de Dieu… » Apo 2:7. Or celui qui, justement a vaincu, n’a pas pris de « raccourcis », il n’a pas obtenu de victoires sans avoir combattu, il n’a pas cherché à voir, par le moyen de toutes sortes de connaissances ou de méthodes spirituelles, c’est-à-dire sans passer par la crucifixion, pour marcher en nouveauté de vie, mais il a entendu, cru et reçu la Parole de Dieu, en vue du Jour où, de ses yeux régénérés, il contemplera de ses yeux la Personne de Jésus-Christ dans Sa Gloire, dont ses oreilles avaient entendu parler.