M66 – TOUJOURS JOYEUX …

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   « Soyez toujours joyeux… » I Thess 5:16 ;

   « Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur ; je le répète, réjouissez-vous… » Phil 4:4.

     « Soyez toujours joyeux… » dit l’Écriture, cette exhortation nous apprend qu’il n’existe aucun moment où l’on ne puisse pas se réjouir. La joie d’en haut ne dépend pas des circonstances heureuses ou malheureuses, ni des dispositions bonnes ou mauvaises, mais elle repose sur Celui « qui est le Père des lumières, chez lequel il n’y a ni changement, ni ombre de variation… » Jac 1:17, et cette joie découle d’une source intarissable. Dans le monde, une personne joyeuse est regardée, soit comme purement égoïste, soit comme inconsciente. Mais, en Christ, la constance de la foi et de la joie vient d’une âme qui sait que les épreuves, même si elles devaient durer longtemps, auront une fin et, surtout, un fruit pour l’éternité. Le racheté qui possède une telle joie montre qu’il a confiance dans le chemin que Dieu a tracé pour lui, qu’il le comprenne ou non, et sur lequel il se sait accompagné par Lui. Au travers du périssable qui se détruit, il se réjouit du durable qu’il a reçu intérieurement ; car seul ce qui demeure procure la véritable joie.

     En ce monde, toute joie dépend d’une cause extérieure à soi-même, même si cette cause est ressentie à l’intérieur de soi ; Cela peut être une situation matérielle ou affective, une santé satisfaisante, ou, simplement, un sentiment de bien-être, mais toutes ces choses, à un moment ou à un autre de la vie, peuvent changer ou manquer, et alors la joie qui en dépendait disparaît avec elles. Tandis que la joie spirituelle dépend, avant tout, de Christ Lui-même, et non seulement des choses reçues de Lui. Bien-sûr, nous nous réjouissons des promesses accomplies, des exaucements de prières, des bénédictions reçues et de bien d’autres grâces encore. Mais Jésus dit à ses disciples, qui étaient dans la joie de ce que les démons étaient soumis en Son Nom : « Cependant, ne vous réjouissez pas de ce que les esprits vous sont soumis ; mais réjouissez-vous de ce que vos noms sont écrits dans les cieux… » Luc 10:20. Notre joie de racheté  est céleste, et cette joie est en Christ, et Christ demeure en nous. En effet, ce n’est pas de notre fonction, mais de notre position en Christ que provient notre joie ; nous nous réjouissons avant tout, non pas de ce que nous faisons, mais de ce que nous sommes dans le Seigneur. La joie selon le monde se réjouit à cause de « quelque chose », mais le Seigneur n’est pas « l’objet », mais le « Sujet » de notre joie : « Tout vient de toi, et nous recevons de ta main ce que nous t’offrons… » I Chro 29:14, s’écria David. En vérité, tout ce que nous offrons au Seigneur, nous le lui rendons.

     La joie la plus riche et la plus pure éclate dans des circonstances les plus difficiles, c’est ce que révèle l’Écriture, lorsqu’elle dit : « Mes frères, regardez comme un sujet de joie complète les diverses épreuves auxquelles vous pouvez être exposés… » Jac 1:2. En effet, l’Écriture, parlant de certains fidèles, dit : « Vous avez accepté avec joie l’enlèvement de vos biens, sachant que vous avez des biens meilleurs et qui durent toujours… » Héb 10:34. Étonnante parole, c’est précisément cette privation qui, non seulement n’enlève pas la joie, mais, plus encore, la rend complète. Quelle peut être donc cette sorte d’âme pour laquelle un manquement est ressenti, non comme un vide, mais comme une plénitude ? Si ce n’est une âme qui fait du Seigneur la première de ses joies, qui a faim et soif de Sa Parole, qui ne vit que par et pour Lui, et soupire ardemment après Sa Venue.

     Quand, à cause du témoignage, un croyant se sent le « devoir » d’exprimer sa joie, ce n’est déjà plus être, mais « paraître ». C’est devenu une loi de la joie, au même titre que la tradition des ablutions des juifs au temps de Jésus. Dès qu’une réalité spirituelle doit être de « rigueur », elle cesse d’être, elle n’émane plus et n’est qu’une « apparence de la piété, reniant ce qui en fait la force… » II Tim 3:5. Aucun fruit spirituel ne s’augmente par entraînement, sinon cela devient une règle, un exercice qui n’est plus la vie. L’on n’est pas joyeux à force de l’être ; on peut faire  semblant de rire ou de sourire, mais on ne peut pas faire semblant d’être joyeux à ses propres yeux comme à ceux du Seigneur. Aussi la joie, croît-elle de par notre entière confiance dans le travail de la Parole et de l’Esprit dans nos vies, exaltant sans cesse la gratuité de notre Salut qui inspire notre louange.

   L’Esprit-Saint, dans les moments de visitation et d’adoration se manifeste d’une manière puissante, audible ou silencieuse, remplissant nos cœurs de joie. Nous savons que ce n’est pas là un état permanent, mais onde sur onde, car dit l’Écriture « la joie de L’Éternel sera votre force… » Néh 8:10, laquelle tantôt nous porte, et tantôt nous apprend, à notre tour, à porter et à supporter toutes choses avec sérénité. La joie peut intérieurement demeurer entière, sans, pour autant, empêcher que la gravité de certaines situations ne se dessine sur notre visage. Ici nous comprenons les paroles du sage, disant : « Mieux vaut le chagrin que le rire ; car avec un visage triste le cœur peut être content… » Ecc 7:3. Certains moments de la vie mettent, en effet, en évidence cette vérité. Sourire tout en consolant une personne qui vient de perdre un être cher, ou qui apprend la grave maladie dont elle est atteinte, serait indécent. L’apôtre Paul qui a dit : « Réjouissez-vous avec ceux qui se réjouissent… » a dit aussi « et pleurez avec ceux qui pleurent… » Rom 12:15. En ces circonstances, le visage peut paraître triste, mais, au travers de ses traits émanent l’espérance, le réconfort et la consolation qu’exprime la présence intérieure de la joie. L’œuvre de la joie dans un visage attristé est de le rendre serein, et, cette joie, sans ôter les « cicatrices », empêche que les plaies ne soient mortelles.

       «  Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur… » écrit Paul, qui prend soin de préciser où et en qui nous avons à nous réjouir « dans le Seigneur… » ! L’Écriture veut nous éviter le péril qu’il y a à se réjouir dans les choses du monde, comme en l’homme, qu’il soit notre frère, ou même un serviteur de Dieu, qui normalement ne le permettrait pas. Tout ce qui peut nous être spirituellement estimable chez un croyant, si parfait soit-il, peut nous décevoir un jour ou l’autre, comme nous-mêmes avons souvent déçu sans le savoir. Toutefois, la déception a ceci de bon qu’elle nous affranchit de ce qui est charnel chez autrui et, surtout, en nous. Elle nous apprend à n’attacher nos regards qu’au Seigneur, et, loin d’éteindre en nous la joie d’aimer nos bien-aimés, la déception la mûrit en purifiant notre amour de toute recherche de satisfaction personnelle. La vraie joie de l’un ne provient pas de ce qui plaît chez l’autre, ni la joie de l’autre de ce qui plaît chez l’un, mais elle vient de Celui qui les aime, et non pas de ce en quoi ils se complaisent l’un et l’autre. Celui en qui la joie demeure a compris que le Seigneur, seul, jamais ne déçoit.

     L’adversaire essaiera toujours d’éteindre la joie en donnant toutes les raisons possibles de ne pas se réjouir, qu’elles viennent du monde, et surtout de la part de nos frères en la foi. Nous avons tendance à associer la joie à l’enfance des débuts de la vie spirituelle, au jeune converti en Christ. C’est là une pensée orgueilleuse ou condescendante de la part des « adultes » en Christ, alors que cette joie demeure, malgré toutes les expériences, les luttes et les épreuves que l’on  peut connaître. Nous sommes donc exhortés à persévérer, nous rappelant « notre premier amour » et « nos premières œuvres » et à y persévérer Apo 2:4-5 ; message adressé par l’ange à l’Église Éphèse ; nous avons aussi à revenir à cette joie du début, lorsque Jésus, notre Seigneur, se révéla à nos cœurs.

       Car la joie est inaltérable, elle rend inaltéré le cœur qu’elle remplit. Elle repousse la lassitude, le découragement, la révolte. Le sentiment même de son absence, qui n’est qu’apparente, ne nous émeut pas, car la joie est plus qu’un sentiment, elle est la louange qu’exprime la nature constante de la nouvelle et éternelle créature que nous sommes devenus en Christ. En vérité, en Jésus, être joyeux… c’est être victorieux ! Et c’est en cela, dit l’Écriture, que : « L’attente des justes n’est que joie… » Prov 10:28.