M61 – CONNUS DE DIEU …

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     « Autrefois, ne connaissant pas Dieu, vous serviez des dieux qui ne le sont pas de leur nature ; mais à présent que vous avez connu Dieu, ou plutôt que vous avez été connus de Dieu, comment retournez-vous à ces faibles et pauvres rudiments, auxquels de nouveau vous voulez vous asservir encore ? Vous observez les jours, les mois, les temps et les années ! Je crains d’avoir inutilement travaillé pour vous… » Gal 4:8-11.

     La  Parole  est  «  certaine  et   entièrement  digne  d’être  reçue … » I Tim 4:9, de même quand il s’agit d’une précision de celle-ci venant de la plume de Paul, ou de tout autre écrivain biblique. Dans ce passage, où il s’agit d’observation de jours et de fêtes, dès lors périmés   pour  le  racheté  du  Seigneur,  la  Parole  nous  apprend une vérité  divine,  primordiale. En  effet,  l’apôtre,  après  avoir  écrit : « … mais à présent que vous avez connu Dieu… » semble avoir suspendu sa plume, le temps de recevoir la pensée inspirée, pour aussitôt préciser : « … ou plutôt que vous avez été connus de Dieu… ». Il nous est révélé qu’avant de Le connaître, le Seigneur nous connaissait déjà, et qu’il est, ce qui est grave, possible de « connaître Dieu », sans « être connus de Lui… ».

     Les Paraboles enseignent que « plusieurs me diront en ce jour-là : Seigneur, Seigneur, n’avons-nous pas prophétisé par ton nom ? N’avons-nous pas chassé des démons par ton nom ? Et n’avons-nous pas fait beaucoup de miracles par ton nom ? Alors je leur dirai ouvertement : Je ne vous ai jamais connus, retirez-vous de moi, vous qui commettez l’iniquité… » Matt 7:22-23. A d’autres, qui, frappant à la porte fermée par le maître, diront : « Seigneur, Seigneur, ouvre-nous ! il vous répondra, je ne sais d’où vous êtes. Alors vous vous mettrez à Dire : Nous avons mangé et bu devant toi, et tu as enseigné dans nos rues. Et Il répondra : Je vous le dis, je ne sais d’où vous êtes ; retirez-vous de moi, ouvriers d’iniquité… » Luc 13:26-27. Enfin, aux vierges folles, qui n’avaient pas pris d’huile avec elles dans leurs vases, et qui se trouvent devant la porte de la salle des noces fermée elle aussi, Jésus dit : « Je vous le dit, en vérité, je ne vous connais pas… » Matt 25:12.

     Tous ceux-ci auxquels le Seigneur dit : « Je ne vous connais pas… », « je ne sais d’où vous êtes… », ou encore « je ne vous ai jamais connus… », ont entendu la Parole, sont des bénéficiaires ou même des instruments des grandes choses de Dieu. Ce sont là des âmes qui boivent l’eau (de la Parole) qui sort du « Rocher spirituel, c’est-à-dire, Jésus-Christ… » I Cor 10:4, sans, cependant, être elles-mêmes spirituellement nées de Lui. La nature humaine de la relation qu’elles ont avec le Seigneur, n’est pas à même de les amener à sa Ressemblance. Elles connaissent Dieu par leur foi, mais elles ne sont pas connues de Lui, car, faute de sainteté, Dieu ne se reconnaît pas en elles.

    Le fait que ces personnes reçoivent des bénédictions indique, justement, que, par la foi, toute créature peut obtenir quelque chose de la part de Dieu, qu’elle  soit convertie, en voie de l’être ou pas encore. C’est la loi de la foi, de la foi en ce Dieu d’Amour, qui ne rejette aucune personne qui vient à Lui, non plus que sa prière. N’est-il pas écrit, dans un tout autre domaine, que « les lionceaux rugissent après la proie, et demandent à  Dieu  leur  nourriture… » Ps 104:21. De même que « Dieu prépare au corbeau sa pâture quand ses petits crient à Lui… »  Job 39:3, et ceux-ci, bien qu’étant exaucés, n’en demeurent pas moins lionceaux et oisillons.

     Le Seigneur peut utiliser les bonnes dispositions d’une âme, mais le zèle, ou les manifestations d’un don, tout en glorifiant le Seigneur, n’authentifie pas nécessairement celui qui en est l’instrument. Dans le domaine visible, et jusqu’à un certain point, il se trouve que celui qui « connaît Dieu », et, celui qui, en plus « est connu de Dieu », se ressemblent, mais bientôt leurs chemins se séparent, les mobiles et les buts se révélant opposés. Car les désirs du croyant  charnel occupent la place des « désirs » de Dieu, tandis que le croyant spirituel fait siens les « désirs de l’Esprit… » Gal 5:17.

     L’on ne reçoit que ce que l’on demande, mais que demande-t-on à Dieu ? Sont-ce des biens périssables ou des biens éternels ? Est-ce uniquement un bienfait, la solution d’un problème, une protection, ou alors une vie nouvelle, une délivrance de liens charnels, et la force et la lumière en vue de la sanctification ? Certes, le Seigneur, dans son Amour peut accorder les unes et les autres de ces choses. Mais ce qui révèle l’homme spirituel et le charnel est précisément la nature spirituelle ou charnelle de leurs prières. Et le discernement seul peut révéler que des prières apparemment spirituelles expriment des aspirations charnelles, des buts personnels. Un grand exemple en est le retour de notre Seigneur, suprême Espérance de notre foi. En effet, il se trouve que l’on peut avoir une joie de quitter cette terre, comme une fuite plutôt que par la Joie spirituelle qui est celle de voir Jésus pour Lui-même. Et, si Jésus nous semble tarder à revenir, c’est assurément dans le but de purifier notre attente de toutes traces d’impatience et du désir de fuir ce qui difficilement supportable ici-bas.

    Cette vérité fondamentale « d’être connus de Dieu » demeure, non seulement en ce qui concerne notre appartenance au Sauveur, mais aussi, dans la suite, par le discernement à discerner ce qui, au-dedans de nous est de Lui ou de nous. « Etre connus de Dieu », c’est connaître Dieu, non par nous-mêmes, mais par Lui. C’est obéir à Dieu, non pour un gain, mais en acceptant la perte de notre vie ; c’est être vainqueur dans le Seigneur, non en vue d’un pouvoir terrestre, mais afin de triompher du monde, et ceci en triomphant de nous-mêmes. C’est aimer Dieu, non de notre amour inconstant, mais de l’Amour dont Dieu nous a aimés, réalisant avec l’apôtre que «… si quelqu’un aime Dieu, celui-là est connu de Dieu… » I Cor 8:3, c’est-à-dire, en répandant de notre cœur un amour de même nature que celui que Dieu y a déversé.

     A Nathanaël qui lui demandait: « D’où me connais-tu ? Jésus répondit : Avant que Philippe t’appelât, quand tu étais sous le figuier, je t’ai vu… » Jean 1:48. Jésus a vu Nathanaël, mais il était déjà « connu de Lui ». Le Seigneur le connaissait bien avant le moment où il se trouvait sous le figuier, comme Il connaît chacun d’entre nous. Jésus  est  «  L’Agneau  prédestiné  avant la  fondation  du  monde… » I Pier 1:20, nous sommes donc connus de Dieu « avant » la fondation de ce monde. En effet, « en Jésus, dit l’Ecriture, Dieu nous a élus avant la fondation du monde, pour que nous soyons saints et irrépréhensibles devant lui, nous ayant  prédestinés dans son Amour à être ses enfants d’adoption par Jésus-Christ, selon le bon plaisir de sa Volonté… » Eph 1:4-5. Grande est la révélation de ce « Mystère », en ce que la pré-connaissance de Dieu a pour conséquence notre ressemblance avec Lui, selon qu’il est écrit : « Car ceux qu’il a connus d’avance, il les a aussi prédestinés à être semblables à l’image de son Fils… » Rom 8:29.  Ainsi, autre est la vie de celui qui « connaît Dieu », et autre  est la vie de celui qui est « connu de Dieu », parce que celui-ci  a  reçu la  Grâce,  par  l’Esprit  saint  et  dans  l’humilité,  de  pouvoir « … tout sonder, même les profondeurs de Dieu… » I Cor 2:10, car il n’est pas une « imitation », mais une identification à Jésus-Christ. Non seulement, nous connaissons Jésus par Sa Parole et par Ses Œuvres, mais nous sommes destinés à connaître Jésus en nous-mêmes, par Dieu qui L’inspira à les dire et à les faire, ainsi qu’à les perpétuer jusqu’à aujourd’hui … au travers de nous. C’est en cela que Jésus a dit à Philippe: « Celui qui m’a vu a vu Le Père… », et « les paroles que je vous dis,   je ne les dis pas de moi-même ; et le Père qui demeure en moi, c’est lui qui fait les œuvres… » Jean 14:10.

      Heureux donc qui, dans la foi, voit et vit ces choses, et cela, jusqu’au jour, où, selon la parole de l’apôtre Paul : «… Nous verrons face à face… », et «… je connaîtrai comme j’ai été connu… » I Cor 13:12. Alors, aucun voile de notre chair, aucune étroitesse de notre esprit, aucune pensée obscurcie par des doctrines ou des jugements ne détourneront nos yeux spirituels de Celui dont le regard a pu nous supporter sans nous consumer, et ne jamais désespérer de nous, à cause de sa Patience et de sa Miséricorde infinies.