M57 – CRÉÉS …

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      « Car c’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu. Ce n’est point par les œuvres, afin que personne ne se glorifie. Car nous sommes son ouvrage, ayant été créés en Jésus-Christ pour de bonnes œuvres, que Dieu a préparées d’avance, afin que nous les pratiquions… » Eph 2:8-10.

     L’Écriture déclare que « si quelqu’un est en Christ, il est une nouvelle créature. Les choses anciennes sont passées ; voici, toutes choses sont devenues nouvelles. Et tout cela vient de Dieu… »  II Cor 5:17-18. Pour que les choses anciennes ne soient plus, et que les nouvelles soient présentes, c’est là, non seulement le résultat d’un changement, d’une transformation, mais, plus encore, d’une création spirituelle. Création, en ce sens que, bien qu’opérée en nous, rien n’a été fait venant de nous-mêmes, ni par les moyens de ce monde, mais venant de la part de Dieu. C’est une Œuvre de Dieu sous notre enveloppe humaine, d’où émane Sa Lumière.

      Quand Dieu créa l’homme à son image, « … Il le forma de la poussière de la terre… » Gen 2:7 Adam a été « le premier homme, tiré de la terre… » I Cor 15:47. Mais la « nouvelle créature » que nous sommes devenus a été créée en Jésus sur la croix « … élevé de la terre… » Jean 12:32. La nouvelle créature que nous sommes ne vient pas « d’en-bas », elle est venue à l’existence par le Sang, l’Eau, et l’Esprit du Sauveur. Paul écrit, en ce qui concerne le juif et le non-juif, que Jésus « … ayant anéanti par sa chair la loi des ordonnances dans ses prescriptions, afin de créer en lui-même avec les deux un seul homme nouveau, en établissant la paix, et de les réconcilier l’un et l’autre en un seul corps, avec Dieu par la croix, en détruisant par elle l’inimitié… » Eph 2:15-16. Cette création a été faite, en quelque sorte, « entre ciel et terre… ». Les Mains de Dieu qui créèrent Adam sont les mêmes Mains, mais percées, qui nous créèrent en Jésus cloué au bois. Cet « homme nouveau », cette création spirituelle que nous sommes résulte de la création d’Adam, perdue par lui, mais retrouvée pour nous en Christ par sa Grâce.

      Comment vivons-nous, ici-bas, cette nouvelle création que nous sommes ? Elle nous paraît tellement chose absolue… Voyons-nous un changement aussi radical dans notre vie ? En sondant les Écritures, au sujet de la création du premier homme, nous voyons deux actes de Dieu: d’abord, Dieu  le « créa à son image… » Gen 1:27, puis Il le « forma… » Gen 2:7. Dieu le créa… c’est la « venue à l’existence » d’Adam ; Il le forma… c’est la « mise en forme » de cette existence. L’important n’est pas de connaître le temps, ni la manière dont le  Créateur a fait cette merveille. Ce qui nous éclaire, en tant que rachetés, c’est que nous avons été « créés en Jésus-Christ » une fois pour toutes, mais que, par contre, nous sommes « formés » non pas en une seule fois, mais durant tout le cours de notre vie, afin « d’atteindre la stature parfaite de Christ… ». Adam reçut le souffle de vie alors qu’il était déjà formé, tandis que nous, c’est afin d’être formés, façonnés que nous avons reçu «  l’Esprit de Vie en Jésus-Christ  qui  nous  affranchit  de  la  loi  du  péché  et  de  la  mort ».  Car « … ce qui est spirituel, dit l’Écriture, n’est pas le premier, c’est ce qui est animal ; ce qui est spirituel vient ensuite… » I Cor 15:46. Et c’est ce que nous ne cessons de découvrir, et ce à quoi nous tendons chaque jour.

    «  Connais-toi toi-même ! » Ainsi s’exprimait un grand philosophe de l’antiquité grecque ; c’est là une sage parole. Cependant, qui peut véritablement se connaître soi-même… par soi-même ? Il y a là, inévitablement le risque de se surestimer ou, ce qui est plus rare, de se sous-estimer… ! D’autre part, l’on sait aussi qu’une personne peut apercevoir certains traits de notre nature mieux que nous-mêmes, mais cette autre personne peut également se tromper. Et, d’ailleurs, cela serait-il juste en apprenant par nous-mêmes ou par quelqu’autre personne notre état de péché ou de misère, que nous ne saurions en être convaincus autrement que par l’Esprit du Seigneur, qui seul peut nous le révéler et nous en affranchir.

     Qui donc en nous, et sans que cela vienne de nous, peut connaître Dieu, si ce n’est l’Esprit-Saint reçu en nous par cette création spirituelle. Cet « homme intérieur » habité de la Pensée de Dieu, par lequel l’Esprit nous enseigne et nous révèle ce qui nous rend différents de ce monde, comme ce qui en nous y ressemble encore, afin de nous en dépouiller. C’est ici cette « formation intérieure » à l’image de Dieu, qui nous aide à voir, à entendre et à comprendre par les yeux, les oreilles et le cœur du Fils de Dieu, afin de vivre selon la nature de « l’homme nouveau, créé selon Dieu dans une justice et une sainteté que produit la vérité… » Eph 4 :24.

      Pour le racheté qui se sanctifie, le temps est court… c’est pourquoi, écrit l’apôtre Paul : « … Que désormais ceux qui ont des femmes soient comme n’en ayant pas, ceux qui pleurent comme ne pleurant pas, ceux qui se réjouissent comme ne se réjouissant pas, ceux qui achètent comme  ne possédant pas, et ceux qui usent du monde  comme  n’en  usant pas, car la figure  de  ce  monde  passe… » I Cor 7:29-31. Combien il est besoin de sagesse et d’équilibre pour comprendre ces paroles profondes, dans les temps difficiles où nous sommes. Il s’agit, non pas d’abstinence, ni d’indifférence, car ce serait combattre des excès par des excès contraires, mais, simplement, que l’une ou l’autre de ces choses ne soit pas le seul but de notre vie, et que l’on en use d’une manière légitime et sobre, car Jésus est à la porte.

      Ce qui distingue donc l’homme spirituel créé en Jésus-Christ de l’homme animal créé en Adam, c’est cette aspiration, cette soif intense de rechercher et de s’affectionner aux choses d’en-haut, là où Christ est ressuscité et assis à la droite de Dieu. L’homme charnel, dans les choses temporelles et même spirituelles, veut l’accomplissement des promesses, comme l’exaucement de ses prières dans l’immédiat. Mais l’homme spirituel, tout en sachant que certaines choses sont nécessaires au moment présent, porte toujours ses regards sur la destination finale de toutes choses, et l’Éternité est toujours présente à son cœur, de là sa persévérance dans le temps et dans la foi. Ainsi, ce qu’il en coûte à celui qui « est de la terre », ou qui tient encore aux choses de ce monde, est, par contre, supportable, mieux que cela, désiré et désirable pour celui qui n’est pas de ce monde, mais enfant du Royaume, car pour celui-ci, « … les commandements de Dieu ne sont pas pénibles, parce que tout ce qui est né de Dieu triomphe du monde ; et la victoire qui triomphe du monde, c’est notre foi… »   I Jean 5:3-4.

      Concernant l’avènement de notre Seigneur, l’apôtre Pierre écrit : « Nous attendons, selon sa promesse, de nouveaux cieux et une nouvelle terre, où la justice habitera… » II Pierre 3:13. Sous les cieux et sur cette terre, en tant que « créés » en Jésus-Christ, nous sommes les « prémices vivants » de ces « nouveaux cieux » et de cette « nouvelle terre » à venir. Toutefois, c’est en ce monde présent que nous sommes appelés à nous affermir, et les circonstances qui nous y contraignent ne manquent pas. Nous sommes tels des « corps étrangers » dans la « chair » de ce monde ; et la persécution contre ceux qui veulent vivre pieusement est de la part du monde et des esprits méchants, la seule manière de se « défendre » contre les « enfants de lumière ». Pourtant, en tant que « lumière du monde » et «  sel de la terre », ce monde a besoin de ce qui ne lui ne lui appartient pas, pour que se prolongent la Patience et la Bonté de Dieu à son égard, et par les prières de ceux qui sont fidèles et qui se tiennent à la brèche. En même temps, ce monde nous est, en quelque sorte, nécessaire, en ce qu’il nous laisse qu’un seul choix… celui de nous sanctifier avec constance et avec joie, afin d’être une « enclave du ciel » sur la terre, attirant ainsi les cœurs, et donnant une réponse aux questions de ceux qui cherchent un sens comme à ceux qui ont soif de Dieu.