M56 – TOUTES LES PENSÉES …

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      « L’Éternel vit que la méchanceté des hommes était grande sur la terre, et que toutes les pensées de leur cœur se portaient chaque jour uniquement vers le mal. L’Éternel se repentit d’avoir fait l’homme sur la terre, et il fut affligé en son cœur. Et l’Éternel dit : J’exterminerai de la face de la terre l’homme que j’ai créé, depuis l’homme jusqu’au bétail, aux reptiles et aux oiseaux du ciel ; car je me repens de les avoir faits… » Gen 6:5-7.

      L’Éternel a vu, entendu et sondé le cœur de l’homme et les pensées qui l’habitaient. L’état de méchanceté et d’impénitence était tel, qu’il nécessita la venue du déluge. Ce déluge ne vint pas seulement dans le but de tout détruire, car cela même qui détruisit toutes choses, sauva ce qui devait l’être. En effet, les eaux qui condamnèrent le monde habité d’alors, en le recouvrant, furent les mêmes qui, en élevant l’arche, sauvèrent Noé et sa famille. Ceci arriva, dit l’Écriture, parce que « … toutes les pensées du cœur de l’homme se portaient chaque jour uniquement vers le mal… ». Constatation combien affligeante ! Peut-être, la trouve-t-on, exagérée, pourtant il n’en est rien ; cela ne le semblerait ainsi que pour celui qui n’a jamais reçu une conviction de péché, venant de l’Esprit Saint et qui, par-là, ne connaît pas encore la véritable nature de son cœur enclin au mal. Ce « mal », qu’il soit méchanceté, impiété ou indifférence, signifie que l’homme est dans l’incapacité, par lui-même, de faire quoi que ce soit pour plaire à Dieu et comprendre Ses Desseins d’Amour, si ce n’est par le secours de Sa Grâce qui l’éclaire et le libère.

      Ainsi, de tous temps, les pensées des hommes ont toujours penché du côté du mal. Une pierre qui chute est toujours attirée vers le bas, qu’elle tombe au ras du sol ou d’une hauteur élevée. Que ce soit donc des pensées « basses » ou « relevées », elles prendront toujours la même direction, si l’Esprit du Seigneur ne les change et ne les attire à Lui. Nos pensées doivent être autres, et, en tant que rachetés, c’est bien le cas. Toutefois, nous devons reconnaître que, bien qu’ayant Christ en nous, toutes nos pensées ne sont pas encore les Siennes, ou selon les Siennes. « Christ est notre Vie », mais c’est nous qui la vivons…, de même, nous avons « la Pensée du Seigneur », mais c’est nous qui pensons… ! Nous sommes donc appelés à tendre sans cesse à l’union parfaite avec le Seigneur, afin « d’être parfaitement un » avec Sa Vie et Ses Pensées. Il n’y a, en effet, que dans le cas de l’inspiration où les Pensées de Dieu, totalement autres que les nôtres, se reçoivent et s’expriment au travers de nous.

     Tout vient, tout naît de la pensée, ou par le moyen de la pensée : les religions, les philosophies, les civilisations. Les idées vraies ou fausses, bonnes ou mauvaises mènent les hommes. Quant à nous, en tant que « nés de nouveau », tout se passe dans notre pensée ; et notre cœur est le terrain de combat de pensées et de puissances adverses. Nos pensées sont rarement « neutres » ; elles sont soit inspirées des Pensées de Dieu, soit influencées par la chair ou par le malin. Placés entre des pensées spirituelles et charnelles, nous ne pouvons indéfiniment rester entre les deux, et même si ceci était, cela s’appellerait de l’hypocrisie… un des éléments de cette « tiédeur » que Christ « vomit… »  Apo 3:16.

    Deux voyageurs, s’apprêtant à franchir un torrent, s’arrêtèrent devant une passerelle vieillie, qui montrait à l’évidence qu’elle ne résisterait pas à leur poids. Le premier voyageur eut la pensée prudente de ne pas l’utiliser ; le second « pensa » qu’elle était sûre, et, s’y engageant, elle s’effondra, l’entraînant dans sa chute ! De ce qu’il ressort de cette parabole, où se tenait donc réellement le danger ? Etait-il dans la passerelle, ou dans la pensée que le voyageur se faisait de la passerelle ?  En croyant,  en « pensant » savoir mieux  que son compagnon,  ce voyageur ne voulut pas savoir autre chose, ni chercher un autre moyen de passer à l’autre bord ! En réalité, ce n’est pas la passerelle, mais d’abord sa pensée qui était dangereuse, et qui le conduisit à la mort.

       Il en est de même en ce qui concerne le péché, l’erreur et la tentation, comme en ce qui concerne la vérité. Ce qui est mal, ne fait pas de mal à celui qui a la pensée éclairée et le cœur pur, car, pour cette raison, il s’en détourne ; car ce qui est mal se révèle aussi clairement à ses yeux que ce qui est bien.  Et, inversement, la Vérité non plus ne peut être comprise de celui dont la pensée est obscurcie, faussée, ainsi qu’il est écrit : « Tout est pur pour ceux qui sont purs ; mais rien n’est pur pour ceux qui sont souillés et incrédules, leur intelligence et leur conscience sont souillées… » Tite 1:15. D’où nous voyons que nos pensées révèlent notre identité, notre nature foncière, selon que le dit le sage : «… l’homme est tel que sont les pensées dans son âme… » Prov 23:7.

      L’Écriture dit : « La mort et la vie sont au pouvoir de la langue, quiconque l’aime (soit la mort, soit la vie) en mangera les fruits… » Prov 18:21. Le pouvoir de la langue, c’est de s’exprimer ou d’agir selon la pensée du cœur. Il n’y a de parole et d’acte mauvais ou bon, que parce qu’il y a une pensée bonne ou mauvaise qui l’inspire. Quand la Vérité elle-même appelle, de quelle manière nos pensées lui répondent-elles ? Notre aspiration est-elle de nature à répondre à la Vérité et à la recevoir ? Selon la réponse de nos pensées, la même Vérité peut nous sauver ou nous condamner. Pour ce qui est de la vie spirituelle, il est vrai de dire que, selon que l’on pense, l’on vit ou l’on meurt.

      Nos pensées sont de la nature des choses qui les attirent. Une mauvaise pensée se porte vers le mal, une bonne pensée se porte vers le bien ; une pensée charnelle est attirée par la chair, une pensée étroite se choisit une doctrine par laquelle elle se particularise, ou veut dominer. Tandis que la pensée spirituelle « recherche et s’affectionne aux choses d’en-haut… » Col 3:1-3, tout en étant évidemment régénérée pour les recevoir. Nous nous surprenons, toutefois, à avoir certaines pensées monter du dedans de nous, que nous n’aurions pas soupçonnées. Nous nous demandons comment cela se peut-il, alors que notre cœur aime le Seigneur, sachant aussi que d’une même source ne peuvent couler en même temps de l’eau douce et de l’eau salée. Nous ne pouvons cependant pas ignorer cet état de chose, pas plus que nous ne devons-nous en laisser accabler… cela nous amène, au contraire, à nous jeter dans les bras de notre Seigneur qui nous corrige et nous relève.

      Il en est de nos vies comme d’un lieu d’où l’on extrait un métal précieux. Le terrain en profondeur est traversé par les veines du minerai recherché, et chacune alterne avec une couche de roche, de gravier ou de terre. Et, selon que l’on sonde, l’on rencontre une couche exploitable, puis une autre qui ne l’est pas. Ainsi en est-il de nos diverses pensées, estimables ou non, dans les diverses couches de notre être profond. Ce n’est cependant pas un « mélange » de bonnes et de mauvaises pensées, mais des pensées suscitées, séparément, par des situations, des personnes ou des circonstances propices ou non. Mais cela ne saurait subsister dans un cœur qui appartient au Seigneur. Car, l’Esprit qui travaille en profondeur, traverse et révèle en surface ces pensées, jusqu’au moment où, achevant notre mort à soi-même en Christ, tout en nous n’est plus qu’« or », c’est-à-dire, suivant  l’exhortation de l’Apôtre,  jusqu’à ce que « … tout ce qui est honorable, tout ce qui est juste, tout ce qui est pur, tout ce qui est aimable, tout ce qui mérite l’approbation, ce qui est vertueux et digne de louange, soit l’objet de nos pensées… » Phil 4:8.