M54 – OPPOSÉS ENTRE EUX …

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     «  Je dis donc : Marchez selon l’Esprit, et vous n’accomplirez pas les désirs de la chair. Car la chair a des désirs contraires à ceux de l’Esprit, et l’Esprit en a de contraires à ceux de la chair ; ils sont opposés entre eux, afin que vous ne fassiez point ce que vous voudriez. Si vous êtes conduits par l’Esprit, vous n’êtes point sous la loi… » Gal 5:16-18.

   Les désirs de l’Esprit contre ceux de la chair, les désirs de la chair contre ceux de l’Esprit, c’est là le combat de tout enfant de Dieu durant sa vie. Chacun de nous a essayé, ou essaie encore, plusieurs manières ou méthodes pour se sanctifier, et les résultats ont été souvent décevants, mais ils auront au moins servi à tourner résolument nos regards vers la Grâce du Seigneur qui, seule, nous en donne la force. Ces désirs de l’Esprit et de la chair, bien qu’étant opposés entre eux, sont, en quelque sorte, « inséparables » au-dedans de nous, jusqu’à la victoire des désirs spirituels sur les charnels. Ce combat dans le racheté est, d’ailleurs, le signe manifeste d’une vie spirituelle qui ne veut pas mourir, et cette victoire est d’autant plus grande que la lutte est forte.

   L’Esprit Saint n’agit pas contre notre chair à la manière d’un tyran, loin de là. Un tyran cherche son propre bien, mais Jésus par Son Esprit, même si notre chair en souffre, agit pour notre bien. Jésus dit à ses disciples : « Vous êtes mes amis, si vous faites ce que je vous commande. Je ne vous appelle plus serviteurs, parce que le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ; mais je vous ai appelés amis, parce que je vous ai fait connaître tout ce que j’ai appris de mon Père… » Jean 15:14-15. Ce que le serviteur, en effet, ne sait pas, l’ami, lui, le sait, il pressent ; le serviteur entend la Parole, l’ami la reçoit ; le serviteur la met en pratique par obéissance… l’ami aussi, mais par amour. Tout ce qui est donc encore du « serviteur » en nous doit mourir pour devenir « ami », afin de passer d’une « règle de vie », à la Vie elle-même. Et quand nous aimons la Vie de l’Esprit, nous désirons également la mort de tout ce qui lui fait obstacle en nous.

   Ce combat de la chair et de l’Esprit peut produire une tension en nous. Les désirs du « moi » ne voulant pas céder à ceux de l’Esprit, ces « contraires » au-dedans de nous s’opposent alors, de là les « crises de croissance spirituelle ». Nous en sommes intérieurement « écartelés » jusqu’à ce que nous cédions devant le Seigneur. II n’y a pas de jour où il n’y ait pas un choix à faire, une décision à prendre, une situation ou même une personne à laquelle devoir dire « oui » ou « non ». Il n’est pas un instant où nous n’ayons besoin de distinguer entre la Vérité et l’erreur, entre nos propres pensées et Les Pensées de Dieu.

   Jésus dit : « Que vous en semble ? Un homme avait deux fils; et, s’adressant au premier, il dit : Mon enfant, va travailler aujourd’hui dans ma vigne. Il répondit : Je ne veux pas. Ensuite, il se repentit, et il y alla. S’adressant à l’autre, il dit la même chose. Et ce fils répondit : Je veux bien, seigneur. Et il n’y alla pas. Lequel des deux a fait la volonté du père ? Ils répondirent : Le premier… » Matt 21:28-31. C’est, précisément, l’attitude du premier fils qui retient notre attention ici, car ainsi en est-il bien souvent de nous à l’égard de notre Père céleste. Cette attitude révèle une résistance intérieure jusqu’au moment de notre soumission à la Voix de L’Esprit. Dans l’intervalle du refus et de l’acceptation est intervenue cette « repentance… » qui a triomphé de cette opposition intérieure. C’est alors la victoire des désirs de l’Esprit sur ceux de la chair.

   L’Esprit du Seigneur agit aussi par le moyen des événements de cette vie en vue de notre sanctification. L’échec, l’erreur ou la souffrance révèlent à nos yeux notre faiblesse, notre vanité ou notre ignorance.  Ces choses témoignent de nos limites,  et le sentiment de faiblesse que nous éprouvions alors se transforme en une prière, un appel à l’aide à notre Seigneur fidèle. Alors que nous recevons par la foi une bénédiction, l’accomplissement d’une promesse, ou une guérison, la sainteté, elle, ne se reçoit pas, mais elle est en  « devenir ». Il y a, en effet, une distinction entre ce qui se reçoit d’en-haut, et ce qui s’opère au-dedans de nous de la part du Seigneur. On ne reçoit pas la sainteté de la même manière qu’un don. Un don, un miracle vient de Dieu seul, tandis que la sainteté « se fait » avec nous ; dans la foi même, elle réclame la participation de tout notre être. Les bénédictions sont des fruits qui nous sont donnés d’en-haut, la sainteté est un fruit que nous cultivons nous-mêmes, en tant que nés de nouveau. Le Salut de l’Évangile est gratuit, mais la sanctification « se paie », selon qu’il est écrit à l’Église de Laodicée : « … Je te conseille d’acheter de moi de l’or éprouvé par le feu, afin que tu deviennes riche, et des vêtements blancs, afin que tu sois vêtu et que la honte de ta nudité ne paraisse pas, et un collyre pour oindre tes yeux, afin que tu voies… » Apo 3:18.

   Plus nous vivons près du Seigneur, plus cette lutte intérieure est forte, elle le serait trop si nous ne faisions pas totalement confiance en Jésus, qui est passé par ce chemin avant nous. Jésus n’a point connu le péché, mais Dieu « … l’a fait devenir péché pour nous, (dans le sens de sacrifice pour les péchés), afin que nous devenions en lui justice de Dieu… » II Cor 5:21. Jésus a dû, cependant, subir toutes les attaques du péché, dans une chair semblable à la nôtre. Pour Jésus vivre « dans la chair », et non « selon la chair », a été un combat, non pas pour Lui, mais pour nous, alors qu’il n’en est pas de même pour l’homme, qui prend plaisir à vivre selon les désirs de la chair. Le combat que nous avons à mener pour être délivrés de notre chair, Jésus, pour la raison inverse et d’une manière infiniment plus grande, a dû le soutenir pour nous, en tant que « Fils de l’homme », jusqu’à la croix. Car « Dieu a condamné le péché dans la chair, en envoyant, à cause du péché, son propre Fils dans une chair semblable à celle du péché, et cela afin que la justice de la loi fût accomplie en nous, qui marchons, non selon la chair, mais selon l’Esprit… » Rom 8:3-4. Jésus est « La Parole faite chair… », afin que nous, qui sommes « chair », devenions en Lui « Parole… ». Notre Seigneur qui venait d’en-haut dut apprendre par la souffrance à demeurer pour un temps « au-dessous de » Lui-même, de Sa divine Origine, afin de nous racheter. Tandis que nous-mêmes, sommes appelés à nous « dépouiller du vieil homme », à rechercher les choses d’en-haut, et à demeurer spirituellement  « au-dessus de » ce que, charnellement, nous avons été, ou le sommes parfois, en partie.

   De par sa nature spirituelle, l’homme régénéré suivra, ou retrouvera toujours la Voie du Seigneur ; toutefois, il n’est pas infaillible pour ce qui est de connaître la Volonté de Dieu. Et c’est précisément à cause de ses désirs, les uns spirituels et d’autres charnels encore, que se tiennent ces délibérations, ces luttes plus ou moins âpres dans son cœur et sa conscience, et qui, finalement, aboutissent à ce qu’il sait être le meilleur pour son âme. Quels que soient nos désirs, tôt ou tard, notre seule et pure joie sera toujours les désirs selon le cœur de Dieu, et ceci en découvrant que ce qui plaît à Dieu correspond, justement, à ce à quoi « l’homme intérieur » en nous prend plaisir.

   L’Œuvre de la Grâce de Dieu dans ces choses consiste en ce qu’Il inspire les désirs de l’Esprit en nous. Dieu en est la Source, et nous avons besoin d’un « moi » brisé, qui fait naître la soif de ces choses spirituelles et éternelles. Nos désirs, sans l’inspiration de l’Esprit de Dieu en nous, ne seraient que des principes religieux, qui, comme les charnels ignorent tout de la Direction et de la Vie divines. Ainsi, l’homme spirituel, parce qu’il est conscient avant tout de sa faiblesse, demande lumière et force au Seigneur sur son chemin, sachant combien grandes sont la joie et la paix résultant de l’obéissance bénie, qui aboutit par l’Esprit à la libération des liens de la chair.