M48 – HONNÊTE ET BON …

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    « Voici ce que signifie cette parabole : La semence, c’est la Parole de Dieu… Et ce qui est tombé dans la bonne terre, ce sont ceux qui, ayant entendu la Parole avec un cœur honnête et bon, la retiennent, et portent du fruit avec persévérance… » Luc 8:11, 15.

   Jésus nous dit qu’une partie de la semence du Semeur tomba « le long du chemin », une autre « sur le roc », une autre encore « parmi les épines », et qu’aucun fruit ne vint à maturité ; ce sont les mauvais terrains. Mais dans le bon terrain, la semence « donna du fruit au centuple… » Luc 8:5-8. Dans Sa Parabole, le Seigneur compare ici le cœur à une terre, et la Parole de Dieu à une graine ; et les deux sont faits pour se rencontrer. Lorsque la semence ne lève pas, ou, ayant levé, ne porte pas de fruit, la cause ne vient pas de la semence, la Parole divine peut-elle être inféconde ? Mais elle provient du terrain, du cœur qui la reçue. Jésus parle donc de ceux qui reçoivent la Parole avec « un cœur honnête et bon ». Une question nous vient aussitôt à l’esprit : Comment un cœur peut-il être déjà « honnête et bon » avant d’avoir reçu la Parole de Dieu, qui seule peut le rendre tel ? Comment peut-on être « honnête et bon » avant d’avoir été régénéré ? Le Seigneur dit que ce cœur est « honnête et bon », et non pas  parfait, mais, simplement ouvert et sincère. Un cœur peut être « honnête et bon », malgré son imperfection et son ignorance même. C’est cette sorte de cœur qui, aussitôt après avoir été éclairé par l’Esprit du Seigneur, se laisse convaincre de péché et guider vers la Lumière. Ce cœur n’est pas parfait par nature, mais il est de nature à le devenir. Il est faillible, mais perfectible, car c’est un cœur sensible à la Voix de l’Esprit.

   Nathanaël, à qui Philippe parla de Jésus de Nazareth, lui répondit : « Peut-il venir de Nazareth quelque chose de bon ? Philippe lui répondit : Viens et vois. Et Jésus, voyant venir à lui Nathanaël, dit de lui : Voici vraiment un Israélite, dans lequel il n’y a point de fraude… » Jean 1:46-47. Nathanaël s’est trompé, mais il était « vrai » dans son opinion « erronée ». Ce que Jésus aime dans une personne, quelle qu’elle puisse être, c’est la franchise, l’authenticité. Aussi éclaire-t-il Nathanaël, en disant : « Avant que Philippe ne t’appelât, quand tu étais sous le figuier, je t’ai vu. Nathanaël repartit et lui dit : Tu es le Fils de Dieu, tu es le Roi d’Israël… » Jean 1:49. Nathanaël ne trouva pas humiliant de changer d’idée au sujet du « Nazaréen », ni non plus au sujet de lui-même, ni non plus de changer de vie. Il reconnut aussitôt son erreur; la Parole de Dieu est tombée ici sur une bonne terre.

   Aux principaux sacrificateurs et aux anciens du peuple réunis dans le temple, Jésus dit : « Je vous le dis en vérité, les publicains et les prostituées vous devanceront dans le Royaume de Dieu… » Matt 21:31, car ceux-ci avaient cru au message de Jean-Baptiste. II va de soi que, en devançant les prêtres et les anciens dans le Royaume de Dieu, les pécheurs et les prostituées ne le seront évidemment plus, étant devenus de nouvelles créatures. Quand l’heure est venue, les pécheurs notoires et les prostituées se laissent convaincre de péché plus radicalement que les hommes dit « religieux ». Pour Jésus, une prostituée, dont le péché est évident, est moins loin du Royaume de Dieu que l’homme qui est aveuglé par sa religiosité et sa propre justice. Car celui-ci condamne le péché d’impudicité, ainsi que tous les autres péchés, sans savoir qu’il commet en cela l’un parmi les plus grands péchés, qui est celui de s’ériger en juge des hommes, prenant la place de Dieu qui, seul, est Juge. Il n’y a pas de plus grand orgueil parmi les hommes, car il appartient à Dieu seul, par Jésus-Christ, de « de juger les vivants et les morts… » II Tim 4 :1.

   Il est des croyants qui ont besoin d’épreuves pour apprendre à être fidèles, tandis que d’autres ont des épreuves, précisément, parce qu’ils sont fidèles… ! Les « cœurs honnêtes et bons » devenus croyants (qui vivent selon la Justice de Dieu) sont de cette seconde catégorie. Ils acceptent  de  souffrir  pour  obéir, et cette obéissance les place sur le front du combat spirituel.

    Cette « honnêteté » et cette « bonté » du cœur une fois régénéré se traduit par ce discernement spirituel, qui voit et accepte le Dessein du Seigneur avec tout ce que cela implique dans la vie. Un tel cœur, qui reçoit la Parole de Dieu, ne peut que la faire germer et fructifier ; il met sa joie à perdre sa propre vie, afin de gagner la Vie de Christ, et de combattre dans les lieux célestes pour la vie spirituelle de ses frères dans la foi.

   Jésus dit que la bonne terre, ayant entendu la Parole, «  sont ceux qui la retiennent et portent du fruit avec persévérance… ». De même que la semence doit se mêler à la terre pour germer, de même, la Parole, pénétrant au-dedans de nous, fait « corps » avec notre cœur…, elle doit « mourir » en nous pour que nous participions à cette « nouveauté de Vie » venant d’elle. « En vérité, en vérité, je vous le dis, si le grain de blé qui est tombé en terre ne meurt, il reste seul ; mais, s’il meurt, il porte beaucoup de fruit… » Jean 12:24. Jésus, en mourant et en ressuscitant s’est multiplié en chacun de Ses rachetés par sa Vie. Et, comme Jésus (… qui est la Parole faite chair) est mort pour sauver notre âme, La Parole aussi doit « mourir » dans notre âme pour être efficace, et donner Vie, en nous, c’est-à-dire, une lumière nouvelle, une délivrance, une obéissance, une transformation de notre vie.

   Après la crucifixion, alors que les disciples marchaient tristement « sur » la terre, Jésus, « sous » la terre, prêchait « … aux esprits en prison, qui autrefois avaient été incrédules, lorsque la patience de Dieu se prolongeait, aux jours de Noé, pendant la construction de l’arche… » I Pier 3:19-20, mais les disciples ignoraient alors tout de ce Plan divin pour les générations passées. De même, toute Parole reçue suit le même chemin dans le « sous-sol » de notre cœur. Une Parole reçue selon l’Esprit échappe à notre « homme extérieur » (à la surface de nous-mêmes…), car elle est destinée à « l’homme intérieur » (sous la surface de nous-mêmes…). Il nous est arrivé de recevoir et de nous souvenir d’un bienfait précis dans notre vie venant d’une Parole, que nous avions cependant oubliée ou dont le sens nous avait échappé. C’est ici le signe que, ce que notre cœur a déjà reçu, notre intelligence ne le comprendra que plus tard. Notre homme extérieur (notre intelligence naturelle) ne saisit pas, n’est pas conscient, du travail de l’Esprit-Saint qui s’opère dans notre « homme intérieur » jusqu’au moment où nous en constatons les fruits  dans notre vie.

   Nous sommes sous la bénédiction d’un incessant « aller et retour spirituel » de Dieu en nous. Sa Grâce, Sa Vie, Sa Lumière, ne cessent de nous visiter d’en-haut par ce courant continu, depuis le jour où nous avons été « happé » par lui pour le salut. Nous sommes appelés, non seulement à être riches de la part de Dieu, mais aussi pour Dieu. Il nous donne la Force, mais c’est nous qui devons remporter les victoires ; Il nous donne Sa Paix, mais c’est nous qui sommes appelés à être des instruments de paix parmi nos frères. Il nous donne Sa Sagesse, mais c’est nous qui en retirons les paroles de conseil et de consolation au moment opportun; Il est notre sanctification, mais c’est nous qui par Lui, nous vainquons nous-mêmes. Le croyant qui porte du fruit avec persévérance n’est pas celui qui a eu le privilège d’avoir reçu une semence meilleure que les autres, la même Parole divine tomba sur les divers terrains. La raison en est les dispositions de cette âme, connues d’avance par le Seigneur. A l’écoute de la Parole de Dieu, l’âme prédestinée est toujours prédisposée à accepter, tôt ou tard, l’Appel du Seigneur et à y répondre, quels que soient les résistances ou les luttes que cela peut susciter. L’Amour du Père céleste, en montrant au pécheur le But éternel de sa destinée, fait que l’aspiration suscitée par Jésus-Christ à atteindre ce but, délivre cette âme des péchés qui en étaient l’obstacle. C’est ici le mystère révélé et la Voie miséricordieuse de notre Seigneur, qui font éclater les louanges et les actions de grâces de nos cœurs reconnaissants.