M416 – LA BONNE ODEUR DE CHRIST …

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  « Grâces soient rendues à Dieu, qui nous fait toujours triompher en Christ, et qui répand par nous en tous lieux l’odeur de sa connaissance ! Nous sommes, en effet, pour Dieu la bonne odeur de Christ, parmi ceux qui sont sauvés et parmi ceux qui périssent : aux uns, une odeur de mort, donnant la mort ; aux autres, une odeur de vie, donnant la vie. – Et qui est suffisant pour ces choses ? – II Cor 2:14-16.

  Comme il en est de toutes les autres Vertus et Attributs divins qui lui sont propres, Christ, non pas « a », mais « est » une « bonne Odeur » Et cette Odeur spirituelle est l’émanation de la Nature divine de Jésus-Christ, c’est-à-dire, de la Nature de Sa Vérité divine, ainsi qu’Il le dit Lui-même : « Je suis (et non pas j’ai) la Vérité, le chemin et la Vie… ! » Jean 14:6. L’ « Odeur de Christ » est donc l’« odeur de la Vérité » ; et cette « odeur de la Vérité » est communiquée par L’ « odeur de la connaissance » de cette Vérité, dont il est dit, précisément, que « Dieu la répand par nous en tout lieu … ! » II Cor 2:4. L’ « odeur » de la connaissance est donc le langage « non exprimée, pour ne pas dire inexprimable de la Vérité, son émanation spirituelle. Or, cette odeur spirituelle émane l’Esprit de révélation qui répond à l’aspiration des rachetés, aspiration exprimant le besoin de « goûter le « don céleste » et la « bonne Parole de Dieu » … ! Héb 6:4.

  La « bonne Odeur » vient de Christ, mais qui porte cette bonne Odeur qui émane de Lui ? Ceux-là mêmes que Christ a rachetés, et qui apportent la Parole suivant l’appel propre à chacun d’eux. Or, l’ « odeur de la connaissance », c’est-à-dire, la connaissance de la Parole de Dieu apportée ou reçue dans l’Esprit « se fait sentir » au moment où elle est prêchée, elle précède même la parole  de celui qui parle et l’écoute de celui qui l’entend. Qui d’entre nous ici bas n’a pas senti un parfum avant même de voir de qui il émanait ? Ce n’est alors qu’ensuite, en cherchant des yeux que l’on aperçoit la personne qui le portait… ! Ainsi en est-il de l’âme, soit celle non croyante en quête de Dieu, sans Le connaître encore, soit celle croyante qui, animée de l’ « Esprit de vérité », soupire après des Vérités qu’elle ne connaît point encore. Car celui qui est « né nouveau », c’est-à-dire, « né de l’Esprit » de Dieu possède le caractère de l’Esprit–Saint, s’attend à Dieu qui, par Son Esprit lui communiquera les révélations affranchissantes ou des « œuvres préparées d’avance » faisant progresser sa vie et celles des autres dans le Royaume Dieu ! Le racheté, en effet, n’aspire jamais autant aux choses qui lui appartiennent que lorsqu’il ne les connaît pas encore… !

  Nous sommes donc la « bonne odeur de Christ » qui, en même temps, est répandue en tous lieux ; autrement dit, « nous répandons ce que nous sommes », avec les conséquences que nous révèle Jésus, disant à Ses disciples : « Si le monde vous hait, sachez qu’il m’a haï avant vous. Si vous étiez du monde, le monde aimerait ce qui est à lui ; mais parce que vous n’êtes pas du monde, et que je vous ai choisi du milieu du monde, à cause de cela, le monde vous hait. Souvenez-vous de la parole que je vous ai dite : Le serviteur n’est pas plus grand que son maître. S’ils m’ont persécuté, ils vous persécuteront aussi ; S’ils ont gardé ma parole, ils garderont aussi la vôtre. Mais ils vous feront toutes ces choses à cause de mon Nom, parce qu’ils ne connaissent celui qui m’a envoyé… » ! Jean 15:18-21. Les rachetés émanent une odeur différente que celle du monde, dans le fait que l’Esprit de Dieu qui habite en ceux qui sont « nés de nouveau » est étranger à l’esprit du monde, suscitant contre eux l’opposition du « prince de ce monde » Jean 12:31. La raison de cette opposition est que le monde ne peut aimer que « ce qui est à lui », car ce qui lui ressemble lui appartient, il ne peut donc que haïr ce qui n’est pas à lui, et qui donc lui échappe. En ceci, l’expression disant, que le monde ne peut « sentir » les fils du Royaume de Dieu décrit une vérité spirituelle, on ne peut plus vraie, car elle révèle une opposition invisible parce que spirituelle ; opposition entre ce qui est passager et permanent, charnel et spirituel, terrestre et céleste. Seule l’incarnation de Dieu en Son Fils nous permet de passer de la condition de pécheurs à celle de sauvés, et cela par la mort expiatoire et par la Résurrection de Jésus-Christ opérées par Dieu au-dedans de nous, « en nous réconciliant avec Lui-même… ! » Col 1:21.  

  Le parfum qu’une fleur exhale soustrait-elle quelque chose de la fleur elle-même ? Au contraire, puisque le parfum est le résultat de ce qu’elle produit et qui sert même à sa préservation. Sans leur parfum certaines fleurs seraient en danger d’être détruites par des insectes nuisibles que précisément leur parfum repousse. Leur parfum est leur défense ! Nous avons à surmonter certaines épreuves comme à nous garder de certaines tentations, mais nous ne saurons jamais de combien d’autres, inconnues de nous, nous avons été gardés par la Protection du Seigneur. Mais il est une chose extraordinaire, c’est que le parfum prouve que la fleur vit, mais, plus extraordinaire encore, il est certaines fleurs qui, bien que mortes, conservent leur parfum, pour ne pas dire plus encore que lorsqu’elles étaient « vivantes » … ! Et Vives, les fleurs parfument le lieu où elles ont poussé ; mortes, leur parfum se répand au loin. D’ailleurs, n’est-ce point à ce moment-là que ces fleurs séchées sont recueillies pour garnir des coupes odoriférantes ? Dans la dimension spirituelle, l’on peut comprendre la signification de l’odeur qu’exhale l’Esprit. Le croyant a le parfum de la vie de l’Esprit, et même morts la même odeur subsiste. Comment cela ? C’est ce que nous révèle le psalmiste lorsqu’il dit, en effet « … La mémoire du juste dure toujours… ! » Ps 112:6. Ceci nous rappelle les offrandes d’Abel qui, « … fut déclaré juste, dit l’Écriture ; Dieu approuvant ces offrandes, et c’est par elle (par la foi) qu’il parle encore, bien que morts… ! » Héb 11:4. C’est ainsi que le croyant qui vit et sert Dieu dans l’Esprit est appelé à avoir une foi qui correspond au parfum qu’il répand, car les traces de sa vie et le fruit de ses actions spirituelles, ne se révèlent souvent qu’avec le temps et ne sont visibles que dans la suite… D’ailleurs, ce qui est durable n’est-il pas le propre d’une œuvre qui vient de Dieu… ?

  Par quoi se traduit encore cette odeur de Christ dans notre vie spirituelle ? Parlant des faux prophètes et de ceux qui reçoivent leurs messages et se reconnaissent dans leurs pensées, Jésus dit : « Eux, ils sont du monde ; c’est pourquoi ils parlent d’après le monde, et le monde les écoute. Nous, nous sommes de Dieu ; celui qui connaît Dieu nous écoute ; et celui qui n’est pas de Dieu ne nous écoute pas : c’est par là que nous connaissons l’esprit de la vérité et l’esprit de l’erreur… » I Jean 4:5-7. La « bonne odeur de Christ » identifie la provenance de Dieu entre ceux qui se rencontrent, et cela par le discernement spirituel, de ceux qui distinguent la vérité de l’erreur. Cette Odeur spirituelle, accompagnant la Parole entendue est donc cet autre langage silencieux, intérieur que perçoivent et qui est perçu par les rachetés dont les cœurs sont habités par le même Esprit. Ainsi, le racheté, qui n’est « écouté que par ceux qui connaissent Dieu », vit cette réalité intérieure, sans un esprit sectaire ni par un orgueil qui le perdrait, mais par la seule Grâce du Seigneur Jésus qui, en purifiant son cœur, l’a rendu accessible à la même Pensée de l’Esprit… ! 

  C’est donc avec une profonde humilité que nous apprenons ce dont nous sommes spirituellement la cause, lorsque Dieu répand par nous l’odeur de sa connaissance « parmi ceux qui sont sauvés et parmi ceux qui périssent… ! ». Il se trouve, en effet, que nous sommes « … aux uns, une odeur de mort, donnant la mort ; et aux autres une odeur de vie, donnant la vie… ! » II Cor 2:15-16. Le racheté, ayant l’Esprit de Dieu en lui suscite l’attirance de l’âme qui cherche Dieu, comme, à l’inverse, l’éloignement de celle qui pense ne pas avoir besoin de Dieu. Ces deux mouvements contraires sont ressentis à l’intérieur de l’homme spirituel par la même Odeur, cependant son « odeur » est aussi « bonne » envers celui qui ne croit pas qu’envers celui qui croit. Et ceci est la conséquence spirituelle directe révélée à Marie par Simon dans le temple, lors de la présentation de l’« enfant Jésus », disant : « Voici cet enfant est destiné à amener la chute et le relèvement de plusieurs en Israël, et à devenir un signe qui provoquera la division, et à toi-même une épée te transpercera l’âme, afin que les pensées de beaucoup de cœurs soient dévoilées… ! » Luc 2:34-35. C’est donc depuis lors, au travers des enfants de Dieu que nous sommes l’effet spirituel produit dans les âmes par la Parole prêchée, aussi bien que par la Présence de l’Esprit qui en émane. En reconnaissance à cette vocation d’émaner Sa Présence, comment ne pas exprimer nos actions de grâces à Dieu, par les paroles mêmes de la Sulhamite à l’égard de son Bien-aimé, en s’écriant : « … Ton Nom est un parfum qui se répand… ! » Cant des Cant 1:3.