M412 – UN ROCHER SPIRITUEL …

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      « Frères, je ne veux pas que vous ignoriez que nos pères ont tous été sous la nuée, qu’ils ont tous passé au travers de la mer qu’ils ont tous été baptisés en Moïse dans la nuée et dans la mer, qu’ils ont tous mangé le même aliment spirituel, car ils buvaient à un rocher spirituel qui les suivait, et ce rocher était Christ. Mais la plupart d’entre eux ne furent point agréables à Dieu, puisqu’ils périrent dans le désert. Or, ces choses leur sont arrivées pour nous servir d’exemples, afin que nous n’ayons pas de mauvais désirs, comme ils en ont eu… » I Cor 10:1-5.

     L’histoire nous présente les générations comme suivant leur propre cours. Le cheminement des hommes en ce monde ne laisse pas toujours voir les interventions du Créateur. La Main de Dieu, cependant, œuvre dans les vies de ceux qu’Il appelle, parfois à leur insu, et de ceux qui Le cherchent par des chemins, quelquefois longs et difficiles. Les uns y voient se manifester la Providence de Dieu, tandis que d’autres n’en voient aucune trace. Tout ceci est perçu, ou non, selon la recherche ou l’absence de recherche de chaque âme. Dieu, de tout temps, a réservé l’ « eau de la vie » pour ceux qu’Il appelle, suscitant en même temps en eux la soif spirituelle, que seule désaltère cette « eau vive… » Jean 7:38. Ainsi, à partir du patriarche Abraham, par Isaac, Jacob, Joseph, par les juges et les rois, par tous les prophètes jusqu’à la venue de Jésus-Christ, Dieu ne laissa jamais les siècles se succéder jusqu’à nous sans la manifestation de la Plénitude de Sa Présence, même dans les périodes les plus sombres et les plus arides.

     Écrivant aux Israélites parmi les nations, l’apôtre Paul leur rappela combien les Manifestations de Dieu ont marqué la vie de leurs pères, notamment, lors de la sortie d’Égypte sous la conduite de Moïse. Il est dans la nature de l’Esprit de Dieu que ce qui s’est passé jadis ne se répète pas de la même manière. Les Grâces divines sont toujours aussi puissantes pour ceux et en ceux qui les reçoivent et les vivent, mais sous des formes diverses. Que ce soit la nuée céleste, la mer Rouge, le pain de la manne et l’eau du rocher, le racheté du Seigneur voit et vit des réalités, des prodiges dans sa marche avec Dieu. Ainsi, l’apôtre Paul, parlant du « rocher spirituel », fait  référence au premier rocher qui fut frappé par Moïse, sur l’ordre de l’Éternel à leur sortie d’Égypte : Exo 17:6, et non pas au second rocher, à la fin des quarante années en vue d’entrer dans le pays de Canaan, et auquel Moïse avait reçu l’ordre de « parler » seulement, et non pas de le « frapper » Nombres 20:11. Ce que le prophète, cependant, fit, et dont les conséquences furent que, du haut de la montagne, « il vit le pays promis, mais n’y entra pas… » Deut 34:4.

     Le prophète Moïse frappa le rocher autant pour conserver la vie du peuple assoiffé, qui murmurait contre lui, que pour préserver sa propre vie que ce même peuple menaçait de lapider. En effet, l’Éternel dit à Moïse : « Passe devant le peuple, et prends avec toi des anciens d’Israël ; prends aussi dans ta main ta verge avec laquelle tu as a frappé le fleuve, et marche ! Voici, je me tiendrai devant toi sur le rocher d’Horeb ; tu frapperas le rocher, et il en sortira de l’eau, et le peuple boira. Et Moïse fit ainsi aux yeux des anciens d’Israël… » Exo 17:5-7. Les Manifestations de Dieu furent toujours nouvelles, mais au moyen de la même verge avec laquelle le prophète frappa le fleuve d’Égypte, dont « toutes les eaux furent changées en sang… » Exo 4:9. Alors Moïse frappa le rocher d’Horeb, duquel sortit donc, non pas du sang, mais de l’eau dont le peuple se  désaltéra. Or, à ce rocher, évidemment immobile, si le peuple s’y était fixé en y revenant sans cesse pour se désaltérer, celui-ci aurait été retenu matériellement sur place et ainsi empêché de poursuivre sa marche. Or, l’apôtre Paul reçu par l’Esprit que le véritable « rocher spirituel », qui « se meut » et « suit » ceux qui boivent ses eaux sans être arrêtés dans  leur marche, est Celui dont il est écrit que « ce Rocher était Christ… ».

    La présence de la vie ne se manifeste jamais sans mouvements extérieurs et intérieurs, visibles et invisibles. Nous le découvrons déjà dans la Genèse, lorsque l’Écriture déclare : « La terre était informe et vide ; il y avait des ténèbres à la surface de l’abîme et l’Esprit de Dieu se mouvait au-dessus des eaux… » Gen 1:2. L’Esprit de Dieu se mouvait, littéralement « voletait » au-dessus des eaux, le mouvement révèle toujours un signe de vie, et un signe du Créateur même de la vie. Précédant donc le premier « jour sans commencement » de la création, Dieu dit : « Que la lumière soit ! Et la lumière fut… » Gen 1:3. Dès lors, toute présence, tout acte de l’Esprit est toujours associé à des mouvements divers et perpétuels dans l’espace, le temps comme à l’intérieur de tout être. L’Esprit est vivant, et nous transmet la Vie, qui, d’en-haut, nous communique la Pensée divine, en nous ouvrant intérieurement l’intelligence aux Profondeurs de Dieu. Laissant donc les mystères insondables des origines au seul Créateur, il nous suffit de saisir, où plutôt d’être saisis par le Sens de la Parole, par l’Esprit même qui l’a inspirée.

       Ce « rocher » qui se meut ne « suit » que les âmes conscientes que leur vie spirituelle dépend de lui. Certes, l’Écriture nous exhorte à suivre notre Seigneur, plutôt qu’à être suivis par Lui, Jésus dit, en effet : « Si quelqu’un a soif qu’Il vienne à moi, et qu’il boive. Celui qui croît en moi des fleuves d’eaux vives couleront de son sein, comme dit l’Écriture… » Jean 7:37-38. Par ces Paroles, Jésus, qui marche devant nous, nous exhorte à venir à Lui, et non Lui à nous. Or, il est des circonstances particulières, où, comme lors du franchissement de la mer Rouge par les enfants d’Israël poursuivis par l’armée Égyptienne : « L’ange de Dieu, qui allait devant le camp d’Israël, dit l’Écriture,  partit et alla derrière eux ; et la colonne de nuée qui les précédait, partit et se tint derrière eux. Elle se plaça entre le camp des Égyptiens et le camp d’Israël. Cette nuée était ténébreuse d’un côté, et de l’autre, elle éclairait la nuit… » Exo 14:19-20. Dans cette circonstance-là, la nuée de l’Esprit, comme l’ange, les suivait derrière eux, les protégeant de ceux qui les poursuivaient.

     À la lumière de ces Paroles, nous saisissons mieux le sens prophétique de l’Action de  la parole adressée à Israël par Ésaïe, disant : « … Ceux qui t’instruisent ne se cacheront plus, mais tes yeux verront ceux qui t’instruisent. Tes oreilles entendront derrière toi la voix qui dira : Voici le chemin, marchez-y ! Car vous iriez à droite, ou vous iriez à gauche… » Ésaïe 30:20-21. « Tes oreilles entendront derrière toi… », dit le prophète, il est d’autant plus étrange que les yeux des Israélites « verront » en face ceux qui les instruiront, alors que leurs paroles seront entendues venant de derrière eux. De même, Jean écrit dans l’apocalypse: « Je fus ravi en esprit au jour du Seigneur, et j’entendis derrière moi une voix forte, comme le son d’une trompette, qui disait : Ce que tu vois, écris-le dans un livre, et envoie le aux sept Églises, à Éphèse, à Smyrne, à Pergame, à Thyatire, à Sardes, à Philadelphie, et à Laodicée… » Apo 1:9-11. Pareillement, écrit l’apôtre : « J’entendis derrière moi… ». Une vision divine n’est jamais donnée seule, sans la Parole de Dieu qui la sous-tend. En effet, la Parole toujours accompagne toute vision reçue pour la confirmer et l’expliciter, afin que le racheté, bien qu’ayant l’Esprit, n’interprète pas lui-même ce qu’il voit, mais que la Pensée divine ainsi exprimée, s’imprime en Lui.

     L’Écriture déclare que « la Parole du Seigneur demeure éternellement… » I Pier 1:25. Le « rocher frappé », en donnant les abondantes et vivifiantes eaux de l’Esprit de la Parole,  communique en nous la nature même inébranlable du rocher spirituel. La Nature éternelle de la Parole est celle de « Celui qui est l’Alpha et l’Oméga… », de « Celui qui Est, qui Était, et qui Vient, le Tout-Puissant… » Apo 1:8. Ainsi, l’Appel de Dieu nous abreuve et nous immerge dans ce fleuve de vie, source du ciel d’où nous recevons la Nature même de la Parole éternelle. Et ce « rocher spirituel qui est Christ… » se tient toujours derrière ceux qui aspirent à « se porter vers ce qui est en avant… » Phil 3:13.