M407 – À UN DIEU INCONNU …

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     « Paul, debout au milieu de l’aréopage, dit : Hommes Athéniens, je vous trouve à tous égards extrêmement  religieux. Car, en parcourant votre ville et en considérant les objets de votre dévotion, j’ai même découvert un autel avec cette inscription : A un Dieu inconnu ! Ce que vous révérez sans le connaître, c’est ce que je vous annonce. Le Dieu qui a fait le monde et tout ce qui s’y trouve, étant le Seigneur du ciel et de la terre, n’habite point dans des temples faits de main d’homme ; il n’est point servi par des mains humaines, comme s’il avait besoin de quoi que ce soit, lui qui donne à tous la vie, la respiration et toutes choses… » Act 17:22-25.

    Les frères en la foi, qui avaient accompagné l’apôtre Paul jusqu’à Athènes, s’en retournèrent chargés de transmettre à Silas et à Timothée l’ordre de le rejoindre au plus tôt. Et, dit l’Écriture,  « comme Paul les attendaient à Athènes, il sentait au-dedans de lui son esprit s’irriter, à la vue de cette ville pleine d’idoles. Il s’entretenait donc dans la synagogue avec les Juifs et les hommes craignant Dieu, et sur la place publique chaque jour avec ceux qu’il rencontrait… » Act 17:15-17. Le zèle de témoigner du Christ était la raison même de vivre de Paul. Il mit à profit ce temps d’attente pour observer ce qui se présentait à ses yeux, afin de laisser l’Esprit-Saint inspirer la manière dont il annoncerait l’Évangile aux personnes les plus diverses, résidant à Athènes, car, dit l’Écriture : « Tous les athéniens et les étrangers demeurant à Athènes ne passaient leur temps qu’à dire ou à écouter des nouvelles… » Act 17:21.

   Ainsi, écrit l’apôtre, « en parcourant votre ville et en considérant les objets de votre dévotion, j’ai même découvert un autel avec cette inscription : A un dieu inconnu ! Ce que vous révérez sans le connaître, c’est ce que je vous annonce… » Act 17:23. S’adressant aux Athéniens, Paul ne leur dit pas d’une façon véhémente, qu’ils sont idolâtres, enténébrés, dans l’erreur et perdus, non point. La Sagesse de Dieu l’inspirant, Paul fut conduit à utiliser l’autel, qu’eux-mêmes avaient dressé, à partir duquel l’apôtre leur annonça le Dieu unique et Créateur, incarné en Son Fils Jésus-Christ. Loin d’appeler à le renverser, cet autel fut donc le point de départ de la prédication de Paul, qui, attirant l’attention des auditeurs, leur permit d’entendre la prédication de la Parole et de croire au Dieu vivant, qu’ils ne connaissaient point encore. Il en résulta que de beaux fruits spirituels furent  recueillis à la fin du discours de l’apôtre, en ce que quelques-uns, dit l’Écriture, « s’attachèrent à lui et crurent, Denys l’aréopagite, une femme nommée Damaris, et d’autres avec eux… » Act 17:34. Denys, homme siégeant vraisemblablement à l’aréopage lors du conseil de la cité, et Damaris, probablement une femme de distinction, ayant cru, furent, et d’autres avec eux, les prémices des croyants à Athènes dans l’Achaïe.

   Innombrables étaient les autels consacrés aux divinités dans les nations païennes, tels que les dieux de la paix, de la guerre, de l’amour, de la prospérité, de la santé, comme aussi les divinités concernant les saisons, la fertilité, la naissance et la mort. Ceci nous rappelle les paroles de Jérémie adressées au peuple d’Israël, qui, par son infidélité, avait à nouveau bâti des autels et servi les idoles, et leur disant : « … Tu as autant de dieux que de villes, ô Juda ! Et autant Jérusalem a de rues, autant vous avez dressé d’autels aux idoles, d’autels pour offrir de l’encens à Baal… » Jér 11:13. Sans doute que les habitants d’Athènes, pour être sûrs de n’oublier aucune divinité, avaient consacré cet « autel à un dieu inconnu », auquel toute divinité pouvait, pour ainsi dire, « s’y reconnaître », ce qui permettait à chaque adorateur de célébrer la divinité de son choix, telle qu’il se la représentait. De cette multitude de divinités, des unes bienfaisantes, l’on invoquait la protection, et des autres, malfaisantes, l’on se conciliait les bonnes grâces et la clémence. Cependant aucune n’apportait une réponse suffisante à leur superstition, même sincère. D’où cet autel à ce « dieu inconnu », ce qui n’est pas sans nous rappeler ces paroles du prophète Esaïe : « Tu es un Dieu qui te caches, Dieu d’Israël, Sauveur… » Esa 45:15. Un « Dieu caché » certes, cependant, l’Écriture nous indique où Dieu « se cache », et ceci par le Psalmiste disant : « Pourquoi les nations diraient-elles : Où donc est leur Dieu ? Notre Dieu est au ciel, il fait tout ce qu’il veut… » Ps 115:3.

  Ce Dieu véritable « caché dans le ciel » se fit voir et entendre par Sa Parole, manifestée en et par la Personne de Son Fils, qui est « la Parole faite chair… » Jean 1:14. Cette Parole divine, dont l’Écriture déclare : « Ne dis pas en ton cœur : Qui montera au ciel ? c’est en faire descendre Christ ; ou : Qui descendra dans l’abîme ? c’est en faire remonter Christ d’entre les morts. Que dit-elle donc ? La Parole est près de toi, dans ta bouche et dans ton cœur. Or, c’est la Parole de la foi, que nous prêchons… » Rom 10:6-8. À ce Dieu caché au ciel, toute âme, au moins une fois dans son existence, a confusément pensé sans Le trouver. Alors, la Parole de ce « Dieu caché », des cieux se révèle aux yeux du cœur par la révélation de Jésus-Christ au-dedans de nous, reliant dans l’invisible les cieux et nos cœurs par Son Esprit.

   Cet autel adressé « à un dieu inconnu » révèle une réalité à laquelle aucun être humain n’échappe. Ce Dieu « inconnu » évoque également tout ce qui est inconnu à l’homme, car l’homme est un inconnu pour lui-même, et ceci de l’aveu du Psalmiste, disant «… la pensée intime, le cœur de chacun est un abîme… » Ps 64:7. Le cœur de chacun de nous avec toutes ses inconnues, ses interrogations, ses raisons mêmes nous échappent, concernant ce qui est bien comme ce qui est mal, nous rappelant cette parole du Psalmiste, disant : « Qui connaît ses égarements ? Pardonne-moi ceux que j’ignore… » Ps 19:13. Car, Dieu « ayant fait l’homme à « son image… » Gen 1:26, depuis lors, l’homme, en quelque sorte, a « fait » Dieu à « sa propre image » en ce qu’il conçoit Dieu selon sa propre pensée, au lieu de chercher Dieu selon la Pensée de Dieu ; en conséquence, l’homme ne Le trouve pas, et donc ne se trouve pas lui-même. Dans sa lettre adressée aux Romains, l’apôtre écrit : « Les païens, qui ne cherchaient pas la justice, ont obtenu la justice, qui vient de la foi, tandis qu’Israël, qui cherchait une loi de justice n’est pas parvenu à cette loi. Pourquoi ? Parce qu’Israël l’a cherchée, non par la foi, mais comme provenant des œuvres… » Rom 9 :30-32. Ainsi le païen, tout en ne connaissant pas la Justice divine mais y aspirant inconsciemment, cherchait la Justice, tandis que le Juif cherchait, non pas la Justice elle-même, mais une « loi de Justice », selon ses propres pensées. Israël cherchait, et cherche encore à obtenir, à mériter la justice par les « œuvres de la loi », c’est-à-dire, « la loi des œuvres ». La notion légaliste et rituelle rend le cœur de l’homme inaccessible à la Justice selon l’Esprit de la grâce, qui seule opère la justification du pécheur et donc sa réconciliation avec Dieu.

 Dieu, en effet, peut nous rester  spirituellement « inconnu » s’il est recherché à la manière d’une « loi » de Justice, et non selon l’Esprit de Dieu qui justifie. Recherchons-nous la révélation du Dieu invisible, une représentation, une image ou une compréhension doctrinale de Dieu ? Certes, s’agissant des Attributs et de l’Essence de Dieu, nous avons besoin de paraboles, et de comparaisons à cause de la faiblesse de notre entendement. Mais la révélation de la Parole  consiste à laisser l’Esprit nous pénétrer et nous transformer par la connaissance, qui opère en nous la ressemblance à cette parole.

   Parmi les divers Noms, dont Dieu a été nommé dans les Écritures, la révélation que reçut Moïse du milieu du buisson ardent, de la part de Dieu Lui-même, fut : « Je suis celui qui suis. Et Dieu ajouta : C’est ainsi que tu répondras aux enfants d’Israël : Celui qui s’appelle « Je suis » m’a envoyé vers vous… » Exo 3:14. Littéralement : « Je suis ce que Je suis » ; Dieu est « l’Être » par excellence, et étant l’« Être », toute qualification la plus sublime et la plus parfaite soit-elle, n’ajoute rien à Dieu, car Dieu ne peut être défini… car Il est « Infini » ! Cependant, ce Dieu invisible se révéla par Son Fils béni. En vérité, Dieu n’est plus un « Inconnu » pour l’homme, lorsque cet homme a reconnu son péché, ce qui le rend alors participant de la Nature sainte de Dieu, en ayant reçu la Grâce de la purification par le Sang de Jésus. Dieu n’est connu que de l’homme qui s’est reconnu pécheur. Et c’est là la connaissance spirituelle, dans la repentance, par laquelle l’homme découvre que ce qui était caché en lui, lui cachait Dieu, Lequel, d’« Inconnu » qu’Il était jusqu’alors, s’est fait parfaitement connaître à lui.