M406 – LA CERTITUDE …

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« Plusieurs ayant entrepris de composer un récit des événements qui se sont accomplis parmi nous, suivant ce que nous ont transmis ceux qui ont été des témoins oculaires dès le commencement et sont devenus des ministres de la parole, il m’a aussi semblé bon, après avoir fait des recherches exactes sur toutes ces choses depuis leur origine, de te les exposer par écrit d’une manière suivie, excellent Théophile, afin que tu reconnaisses la certitude des enseignements que tu as reçus… » Luc 1:1-4.

   C’est donc grâce à l’« excellent Théophile », et par lui jusqu’à nous, que Luc, le « médecin bien-aimé… » Col 4:14, rédigea l’Évangile, désigné par son nom. Dieu, dans « Sa Sagesse infiniment variée… » Eph 3:10, nous fit connaître la diversité des Paroles et des Œuvres de Jésus-Christ, qui devait en révéler, dans tous les temps, l’infinie Richesse et l’insondable Profondeur. La Naissance, la Vie, la Mort et la Résurrection de Jésus jusqu’à Son Ascension eurent un tel retentissement, que plusieurs, ainsi que le mentionne Luc, entreprirent d’en rapporter les Discours et les Actes, parmi lesquels déjà les disciples Matthieu, Marc et Jean. Ceci suffit à démontrer la noblesse de caractère de Luc, qui mit tous ses soins à faire des « recherches précises… », « depuis leur origine… », afin de les « exposer par écrit d’une manière suivie… ». Un tel travail de recherche dans le but de témoigner déjà à une seule personne dénote un esprit exceptionnel, qui, visité par l’Esprit-Saint, produisit une certitude digne de foi dans le cœur de son ami Théophile. Et cette certitude spirituelle se distingue de tout ce qui n’est qu’impression, émotion, ou même conviction personnelle ; car qui n’a pas cru, un jour ou l’autre, avoir vu ou entendu, reçu ou ressenti une certaine expérience, dont il se révéla, dans la suite, qu’elle ne procédait pas d’une Révélation de l’Esprit et donc de la Volonté de Dieu ?

   Qu’elle soit croyante ou incroyante, chaque personne, d’une manière ou d’une autre, a ce qu’il est convenu d’appeler « une intime conviction » en quelque domaine que ce soit. Or, ces  personnes peuvent avoir des convictions en des choses totalement fausses, aberrantes, ou même diaboliques, et ceci d’autant plus qu’elles se disent absolument sincères. L’important n’est pas la conviction elle-même, mais l’objet de celle-ci, c’est–à-dire, ce en quoi consiste ce dont on est convaincu. L’évangéliste Luc ne se préoccupa pas de « convaincre » Théophile, mais seulement de présenter Jésus-Christ, en laissant à l’Esprit-Saint l’œuvre de susciter en lui la « certitude » de l’authenticité divine de Christ et de Sa Parole. Car la Parole de Dieu est vivante et vivifiante, elle n’est pas seulement une « somme de connaissances à croire… », telles qu’en ont fait les hommes en réduisant la Parole à des « préceptes qui ne sont que des commandements d’hommes… » Matt 15:9, de même qu’il ne s’agit pas non plus de promesses imaginaires, qui n’apportent que déception. La foi, selon l’Esprit, ne consiste pas en une « adhésion » à Christ ou en une application légaliste de la Parole, mais elle est une Révélation spirituelle, une illumination et une transformation intérieure, dont Christ est le Fondement et le Flambeau. L’Esprit de Dieu suscite une « certitude » qui est de la même nature spirituelle que la Parole, qui la fait naître en nous.

   La Grandeur de Jésus fut son humilité, et, en tant que « Prince de la paix », Il ne répandit pas Son Message par la force armée, Il ne fut ni homme de guerre, ni religieux, ni mystique, mais Il vint en tant que Sauveur. Des choses puissantes se manifestèrent durant sa vie brève, au point que l’apôtre Jean, écrit : « Jésus a encore fait beaucoup d’autres choses ; si on les écrivait en détail, je ne pense pas que le monde même pût contenir les livres qu’on écrirait… » Jean 21:25. Cependant, lors de la fête de Pâque, alors que « plusieurs crurent en son nom voyant les miracles qu’il faisait. Jésus, dit l’Écriture, ne se fiait point à eux, parce qu’il les connaissait tous, et qu’il n’avait pas besoin qu’on lui rendît témoignage d’aucun homme ; car il savait lui-même ce qui était dans l’homme… » Jean 2:24-25. Plus tard, accompagnant Jésus à Jérusalem, la multitude  des disciples, brandissant des rameaux et étendant leurs vêtement sur le chemin, se réjouissait et éclatait en actions de grâces, or Jésus, dit l’Écriture « approchant de la ville, en la voyant, pleura sur elle, et dit : Si toi aussi, au moins en ce jour qui t’est donné, tu connaissais les choses qui appartiennent à ta paix ! Mais maintenant elles sont cachées à tes yeux… » Luc 19:41-42. Contrastant avec la joie des disciples, « Jésus Pleura… ». Jésus ne put partager l’allégresse générale de la foule, parce qu’Il « connaissait le cœur de l’homme… ». De grands réveils spirituels se manifestèrent au cours des siècles, en divers lieux jusqu’à nos jours, cependant, il se révèle que la nature spirituelle de l’œuvre de l’Esprit-Saint n’est pas compatible avec ce qui peut animer les mouvements de foule ici-bas. La certitude, en effet, ne s’imprime jamais collectivement, elle est reçue personnellement, intérieurement dans le cœur éclairé par l’Esprit. Car la foi en la Parole plonge ses racines, non dans les lieux bas, mais élevés, dans les lieux célestes d’où elle reçoit la Vie et la Lumière divine.

   Il est frappant de relever que les religions les plus diverses, même opposées entre elles, ont cependant un trait commun : leur fondateur ou leur prophète a reçu un message ou une illumination le plus souvent de manière solitaire, en un lieu caché, loin du monde habité et sans témoin ; témoins qui ne peuvent donc attester l’authenticité de la Source divine, ni, en cas contraire, dénoncer les pratiques occultes de leur provenance. Et nous savons que plus les sources de leurs révélations sont mystérieuses, et plus elles passent pour authentiques aux yeux des hommes sans discernement. Or, cette démarche demeura totalement étrangère à la Vie de Jésus, et à la façon dont Il reçut et annonça la Parole. Aux autorités religieuses qui cherchaient sans cesse à le contredire, Jésus répondit : « J’ai parlé ouvertement au monde ; j’ai toujours enseigné dans la synagogue et dans le temple, où tous les Juifs s’assemblent, je n’ai rien dit en secret. Pourquoi m’interroges-tu ? Interroge sur ce que je leur ai dit ceux qui m’ont entendu : Voici, ceux-là savent ce que j’ai dit… » Jean 18:20-21. Que ce soit donc dans le temple, dans les synagogues, dans les rues ou dans les places publiques, Jésus recevait Son Enseignement sous l’Onction de l’Esprit au cours même de Sa prédication. Jésus ne s’isola jamais en un lieu caché pour entrer en communication par certaines pratiques secrètes. Il n’entoura pas de mystère l’origine de l’inspiration de Sa Parole, car Il la recevait en même temps qu’Il l’enseignait au peuple, en pleine lumière. La nature spirituelle de la certitude était de la même nature que l’Onction de l’Esprit qui L’inspirait Lui-même et Ses Paroles.

   Parlant de Son Père céleste, Jésus dit aux  Juifs : « Ma doctrine n’est pas de moi, mais de celui qui m’a envoyé. Si quelqu’un veut faire sa volonté, il connaîtra si ma doctrine est de Dieu, ou si je parle de mon chef… » Jean 7:16. Jésus accomplissait ainsi ce qui avait été prophétisé, et que rapporte également l’évangéliste Jean : « Il est écrit dans les prophètes : Ils seront tous enseignés de Dieu. Ainsi quiconque a entendu le Père et a reçu son enseignement, vient à moi, ce n’est pas que personne ait vu le Père, sinon celui qui vient de Dieu ; celui-là a vu le Père… » Jean 6:45-46. Ainsi, tout Juif qui, sans aucun préjugé, écoutait la Prédication de Jésus ne pouvait que constater que Son Enseignement ne s’opposait en aucune cas à la Parole et était totalement en accord avec Dieu, Son Père, ainsi qu’Il l’affirme : « Ne croyez pas que je sois venu pour abolir la loi et les prophètes ; je suis venu, non pour abolir, mais pour accomplir… » Matt 5:16.

   Reçue par l’Esprit, la Parole devient donc certitude dans le cœur du racheté, mais cette certitude n’est pas la « servitude » d’une âme liée à une doctrine, ou à un crédo si vrai soit-il, mais auquel elle aurait adhéré « selon la lettre qui tue… », et non « par l’Esprit qui vivifie… ». En vérité, la certitude selon Dieu n’est autre que « l’Esprit lui-même qui rend témoignage à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu… » Rom 8:16, en ayant été rendus participants de la Vie éternelle. Cette certitude témoigne à notre esprit que nos aspirations et nos besoins spirituels sont connus de Dieu, auxquels Il répond par Sa Présence, dont la Vie s’imprime et  demeure en nous par Son Esprit.