M403 – INFINIMENT AU-DELÀ …

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    « A cause de cela, je fléchis les genoux devant le Père, duquel tire son nom toute famille dans les cieux et sur la terre, afin qu’il vous donne, selon la richesse de sa gloire, d’être puissamment fortifiés par son Esprit dans l’homme intérieur, en sorte que Christ habite dans vos cœurs par la foi ; afin qu’étant enracinés et fondés dans l’amour, vous puissiez comprendre avec tous les saints quelle est la largeur, la longueur, la profondeur et la hauteur, et connaître l’amour de Christ, qui surpasse toute connaissance, en sorte que vous soyez remplis jusqu’à toute la plénitude de Dieu. Or, à celui qui peut faire, par la puissance qui agit en vous, infiniment au-delà de tout ce que nous demandons ou pensons, à lui soit la gloire dans l’Eglise et en Jésus-Christ, dans toutes les générations, aux siècles des siècles ! Amen… » Eph 3:14-21.

   Concernant l’activité de l’homme, tout est question de dimension, de nombre, de poids, de volume selon la capacité qui est la sienne. L’intelligence humaine a permis que l’on puisse voir et observer l’infiniment petit comme l’infiniment grand, mais toujours dans la mesure de son possible. De même que l’espace de l’univers dépasse l’entendement de l’homme, de même l’insecte, si tant est qu’il puisse l’apercevoir, est dépassé par l’immensité que nous sommes à ses yeux. Dieu est grand, Ses Attributs sont grands et tout ce que les prophètes nous en révèlent nous parle de Son infinie Grandeur, Salomon ne dit-il point au sujet de Dieu, que même « les cieux, et les cieux des cieux ne peuvent le contenir… » ? I Rois 8:27. Et ce Dieu Très-Haut, ainsi que le dit l’Écriture, « peut faire par la puissance qui agit en nous infiniment au-delà de tout ce que nous demandons ou pensons… » Eph 3:20. Tout au long des âges et jusqu’à aujourd’hui, la Puissance de Dieu s’est manifestée par des miracles, des prodiges et des signes, guérissant les malades et chassant les esprits démoniaques, sans parler des actes surnaturels opérés dans des situations considérées comme étant sans espoir.

   L’Écriture nous exhorte donc à rendre gloire à Dieu, et pour ce qu’Il « est… » et pour ce qu’Il « fait… ». Cependant, Dieu ne « fait » pas ce que nous demandons ou pensons sans que nous-mêmes « agissions ». En effet, Dieu agit par nous « par Sa Puissance même qui agit en nous… » Eph 3:20. Ainsi, le « faire » de Dieu et l’« agir » du croyant concourent à l’accomplissement de Ses Desseins, mais cette « puissance qui agit en nous… » vient, non pas de nous, mais de Dieu. Aux disciples, étonnés qu’à la Parole de Jésus le figuier, qui ne portait pas de fruit, devînt sec en un instant, Jésus répondit : « Je vous le dis en vérité, si vous aviez de la foi et que vous ne doutiez point, non seulement vous feriez ce qui a été fait à ce figuier,  mais quand vous diriez à cette montagne : Ôte-toi de là et jette-toi dans la mer, cela se ferait. Tout ce que vous demanderez avec foi par la prière, vous le recevrez… » Matt 21:21-22. Cet événement conduisit Jésus à montrer l’efficacité de la foi, à laquelle rien ne résiste, dans la mesure où celle-ci s’inscrit dans un Plan de Dieu, et en la soulignant par cette métaphore de «  la montagne se jetant dans la mer… ». Certes, alors que la Puissance miraculeuse de Dieu s’est manifestée en tous les temps, il n’apparaît pas, à notre connaissance du moins, que la nécessité d’une montagne à déplacer se soit rencontrée dans l’histoire du monde, d’Israël ou de l’Église. Cependant, nous savons que si la chose s’était révélée indispensable, rien n’est impossible à Dieu, il n’est que de se souvenir du « rocher brisé » d’où jaillirent les eaux par la parole du prophète Moïse : Exode 17:6.

  Les profondes vérités de l’Écriture sont parfois exprimées par des termes les plus courants de notre langage, et cependant d’autant plus parlants. En effet, Dieu « peut faire », non seulement « au-delà », mais « infiniment au-delà » de ce à quoi nous aspirons. Sur le plan terrestre, nous ne réalisons pas toujours les grandes Interventions de Dieu à l’image de cette « montagne », que la foi insufflée par la Parole peut « déplacer », car tout dépend de la manière dont nous discernons les exaucements, soit dans le visible, soit dans l’invisible. Nous n’avons pas toujours conscience du changement de certaines situations, qui, à notre vue il est vrai, subsistent ou parfois même empirent, or « l’Esprit de foi » II Cor 4:13, nous introduit spirituellement à l’intérieur des événements qui nous dépassent. La Puissance de Dieu intervient sans nécessairement changer les situations visibles, vécues ici-bas, parce que ce ne sont pas elles, mais nous-mêmes qui sommes appelés à changer à leur égard. L’Esprit de Dieu, en effet, nous rend capables de traverser des situations douloureuses, en nous communiquant la compréhension ou la consolation selon la Lumière qu’il nous est donné de comprendre et de vivre la Volonté de Dieu. En même temps, combien d’événements fâcheux, dont nous n’avons jamais été conscients, et pour lesquels nous n’avions ni prié, ni pu remercier Dieu, pour cette raison que, sans le savoir, Dieu nous en a préservés et nous a gardés en dehors d’elles.

   L’ « infiniment au-delà » de l’Action divine ne se mesure pas de manière visible. L’Esprit-Saint dirige nos regards spirituels sur l’invisible, sur « la largeur, la longueur, la profondeur et la hauteur » de la Puissance divine, par laquelle nous combattons les forces qui s’opposent à l’Œuvre de Dieu. En quelque sorte, déplacer une montagne ou tout autre obstacle consiste à recevoir le discernement par l’Esprit de ce qui se présente et de ce qui s’oppose à nous. Et, quand il s’agit de circonstances vécues et ressenties comme un « obstacle » ne pouvant être contourné ou abaissé, c’est donc nous-mêmes, qui nous « déplaçons » plutôt que la « montagne » elle-même, et cela, en la « surmontant » intérieurement. Car cette « puissance qui agit en nous » n’est pas une puissance, dont nous prendrions nous-mêmes ce qui est nécessaire pour la manifester au travers de nous. C’est, au contraire, la force spirituelle reçue de Dieu, déposée en nous et manifestée selon Sa Volonté et en Son temps. Tout besoin chez l’homme devient sujet de prière. Lorsque Jésus dit : « Tout ce que vous demanderez avec foi vous le recevrez … », ce « tout » n’est pas n’importe quoi, même si cela peut nous paraître légitime ici-bas. Certes, notre Père qui est dans les cieux exauce les prières qu’Il inspire à Ses enfants concernant les choses quotidiennes dont Il sait la nécessité. Mais qui d’entre nous peut prétendre que chacune de ses prières corresponde toujours parfaitement à la Volonté de Dieu ? Nous n’utilisons pas à notre guise les Richesses d’en haut, car tout en étant préparées pour nous, les Promesses de Dieu ne nous appartiennent pas en propre, elles sont une grâce parmi toutes les grâces.

   Le fait que nous puissions prier, non seulement pour les choses quotidiennes, mais pour celles situées « infiniment au-delà…. » suscite en nous cette disposition particulière de « voir » se manifester les choses spirituelles dans l’espace et dans le temps, selon que Dieu a délibéré avec Lui-même de les accomplir. Aussi Dieu a-t-Il envoyé Ses prophètes habités des « sentiments » et de la vision divine, tel le prophète Amos, s’écriant : « Sonne-t-on de la trompette dans une ville, sans que le peuple soit dans l’épouvante ? Arrive-t-il un malheur dans une ville, sans que l’Éternel en soit l’auteur ? Car le Seigneur, l’Éternel, ne fait rien sans avoir révélé son secret à ses serviteurs les prophètes… » Amos 3:6-7. Dans l’« infiniment au-delà », nous sommes introduits dans l’intimité de Dieu, et donc dans les Intentions et les Pensées divines, ce que nous révèle Jésus, en disant à Ses disciples : « Je ne vous appelle plus serviteurs, parce que le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ; mais je vous ai appelés amis, parce que je vous ai fait connaître tout ce que j’ai appris de mon Père… » Jean 14:15.

   Ainsi, Dieu répond à ce que nous « demandons » et à ce que nous « pensons », c’est-à-dire, que Dieu « entend » les pensées autant que les paroles. La prière est donc exprimée, et également pensée, et cette attitude intérieure résulte d’une aspiration ardente, au point que le « silence » qui précède notre cri est déjà entendu de Dieu, cri que redoute en même temps l’adversaire de nos âmes. Car les « prières pensées » introduisent le racheté dans l’invisible de l’Œuvre de Dieu, dans l’Esprit de la Parole agissante. Ainsi, cette prière « pensée », c’est-à-dire, cette pensée « priante » est puissante, parce qu’elle est entendue de Dieu avec ses conséquences sur les « puissances des ténèbres », de là les combats victorieux par l’Esprit que Dieu a fait habiter en nous par Jésus-Christ.