M399 – EMPÊCHÉS PAR LE SAINT-ESPRIT …

Format PDF

       « Les églises se fortifiaient dans la foi, et augmentaient en nombre de jour en jour. Ayant été empêchés par le Saint-Esprit d’annoncer la Parole dans l’Asie, ils traversèrent la Phrygie et le pays de Galatie. Arrivés près de la Mysie, ils se disposaient à entrer en Bithynie ; mais l’Esprit de Jésus ne le leur permit pas. Ils franchirent alors la Mysie, et descendirent à Troas. Pendant la nuit, Paul eut une vision : un Macédonien lui apparut, et lui fit cette prière : Passe en Macédoine, secours-nous ! Après cette vision de Paul, nous cherchâmes aussitôt à nous rendre en Macédoine, concluant que le Seigneur nous appelait à y annoncer la bonne nouvelle… » Act 16:5-10.

   Avant Son ascension auprès de Dieu, Jésus, s’adressant à Ses disciples qui lui avaient demandé : « Seigneur, est-ce en ce temps que tu rétabliras le royaume d’Israël… ? », leur répondit : « Ce n’est pas à vous de connaître les temps ou les moments que le Père a fixé de sa propre autorité. Mais vous recevrez une puissance, le Saint-Esprit survenant sur vous, et vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée, dans la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre… » Act 1:6-8. Lorsque Jésus appela Ses disciples au ministère, Il leur avait donné les instructions suivantes : « N’allez pas vers les païens, et n’entrez pas dans les villes des Samaritains ; allez plutôt vers les brebis perdues de la maison d’Israël. Allez, prêchez, et dites : Le royaume des cieux est proche… » Matt 10:5-7. Les quelques cas où la rencontre avec des personnes étrangères eut lieu apparut comme une exception. Ceci fut manifeste lorsque la femme cananéenne vint au-devant d’eux, et à laquelle Jésus dit : « Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël… » Matt 15:24. Toutefois, répondant à la prière poignante de cette mère, Jésus délivra sa fille tourmentée par un esprit démoniaque. Or, tout changea lors de l’effusion du Saint-Esprit sur les croyants rassemblés à la fête de Pentecôte : Act 2:1-5 ; à partir de ce jour les nations allaient entendre la Parole du salut et de la Promesse de la Vie éternelle.

   Parmi toutes les manifestations de l’Esprit, telles que la conviction de péché, la repentance, la régénération, l’inspiration et la révélation de la Parole, le Saint-Esprit manifesta l’Onction d’en haut sur les serviteurs de Dieu annonçant la Parole. C’est ainsi que, conduits par ce même Esprit, Paul et Silas se rendirent à Derbe, et à Lystre où ils rencontrèrent Timothée, qui, plus tard, devint un de leurs compagnons dans le service de la Parole. La mission s’annonçait donc fructueuse, lorsque, avançant plus loin, ils furent « empêchés par le Saint-Esprit d’annoncer la parole dans l’Asie… ». Ayant donc traversé la Phrygie et la Galatie, ils se disposaient  à entrer en Bithynie, « mais, dit encore l’Écriture, l’Esprit de Jésus ne le leur permit pas… ». Act 16:6-7. Le zèle de l’apôtre Paul était à la mesure de son amour pour les âmes perdues, cependant le zèle ne suffit pas, il est soumis à la Direction de Dieu. L’homme inspiré n’est pas automatiquement dirigé par l’Esprit, au point de ne plus avoir besoin de chercher à connaître la Volonté de Dieu dans sa vie et dans son ministère. Si toute Direction divine était « imposée » d’en haut, le racheté n’aurait plus besoin de prier, afin de discerner la Voie à suivre, alors que la nécessité même de prier a pour effet d’approfondir et de faire grandir sa vie intérieure. Etre inspiré ne rend donc pas infaillible, mais intérieurement accessible à recevoir la Pensée de l’Esprit, qui  conduit soit à avancer, soit à demeurer, ou à changer de direction suivant le Plan de Dieu.

   L’esprit de l’adversaire met tout en œuvre pour empêcher que l’Évangile ne soit annoncé, contrairement à l’Esprit-Saint, dont la fonction est d’oindre en même temps les serviteurs de Dieu qui annoncent la Parole et les âmes qui l’entendent. L’« empêchement » d’annoncer la parole en Asie, puis la « non permission » d’aller en Bithynie aurait pu être interprétés comme étant une action de Satan, faisant obstacle à la prédication de la Parole de Dieu. Or, ces « obstacles », qui auraient pu donc être attribués à l’esprit du malin, étaient au contraire la Manifestation de l’Esprit de Dieu indiquant de prendre une autre direction. S’il est dans la Nature de l’Esprit de faire avancer le racheté, il l’est aussi parfois de le retenir, et même de lui faire prendre un détour, mais, évidemment, jamais de le ramener en arrière, c’est-à-dire, de « rétrograder ». Ce sera plutôt au racheté de revenir sur ses pas… dans le cas où il n’aurait pas compris ou suivi la Direction de l’Esprit… ! Aussi, ne commettons pas la méprise de prendre la Direction de l’Esprit de Dieu pour une action du diable, et, inversement, de prendre une séduction du diable pour une manifestation de l’Esprit-Saint.

   Les Voies du Seigneur peuvent nous étonner, car elles ne sont pas linéaires et ne se répètent pas. A cet égard, il n’est pas de plus grandes manifestations que celle de la nuée de l’Esprit de Dieu, qui reposait sur le tabernacle, guidant le peuple d’Israël durant les quarante années dans le désert du Sinaï, l’Écriture dit, en effet : « Quand la nuée s’élevait de dessus la tente, les enfants d’Israël partaient ; et les enfants d’Israël campaient dans le lieu où s’arrêtait la nuée. Les enfants d’Israël partaient sur l’ordre de l’Éternel, et ils campaient sur l’ordre de l’Éternel ; ils campaient aussi longtemps que la nuée restait sur le tabernacle. Quand la nuée restait longtemps sur le tabernacle, les enfants d’Israël obéissaient au commandement de l’Éternel et ne partaient point. Quand la nuée restait peu de jours sur le tabernacle, ils campaient sur l’ordre de l’Éternel, et ils partaient sur l’ordre de l’Éternel… » Nomb 9:17-20. Le temps de ces étapes pouvait durer un jour, ou deux jours, un mois ou une année et même plus… ! Tenant compte de tout ce qu’impliquaient ces départs et ces arrêts, il nous semble naturel de penser que la multitude d’Israël eût préféré demeurer de façon stable pendant de plus longues périodes ! Mais c’étaient là les « conditions » spirituelles pour jouir de la pleine délivrance de l’esclavage, dont le peuple avait souffert en Égypte. De même que notre propre espace de liberté ne saurait occuper l’espace de liberté de notre prochain sans créer des difficultés, de même la liberté en Jésus-Christ  ne peut se vivre pleinement que dans l’espace de l’obéissance à Sa Parole, sans laquelle la liberté devient une tyrannie du désordre, et dans les vies et dans l’Église.

   Être réceptifs à la Direction de l’Esprit est dans le Plan de Dieu concernant l’œuvre du « Royaume des cieux » dans nos vies. Ce qui se présente à nos yeux comme des empêchements, des obstacles ne sont autres que les Voies mystérieuses inscrites dans la Volonté divine, telle l’expérience vécue par l’apôtre Paul dans la vision durant la nuit, où lui apparut un Macédonien, qui lui fit entendre cette prière : « Passe en Macédoine, secours-nous… » Act 16:9. Le pourquoi de ces obstacles s’éclaire et révèle les voies de la Sagesse de Dieu, ainsi que la manière inattendue de conduire Ses serviteurs là où la Parole doit être, non seulement entendue, mais reçue. Tel fut donc le cas dans la ville de Philippes, conformément à la vision reçue par l’apôtre. En s’obstinant, en effet, à entrer en Asie, puis ensuite en Bithynie l’apôtre n’aurait pu rencontrer Lydie à Philippes ni le geôlier dans cette même ville : Act 16:24. Ces deux personnes, totalement distinctes étaient parmi les plus difficiles à atteindre : Lydie « marchande de pourpre de la ville de Thyatire » Act 16:14, étant de passage, et le geôlier, directeur de la prison, n’étaient guère susceptibles d’être rencontrées aisément  par l’apôtre Paul sur la place publique ou dans les rues. Or, ces âmes furent parmi les premiers témoins, qui devaient jouer un rôle important dans l’Église naissante, et que Paul et Silas eurent la joie de baptiser, ainsi que leur famille Act 16:15, 33.

   Les situations, quelles qu’elles soient, n’échappent pas à ce qui est connu d’avance dans le Plan de Dieu. Les événements, au travers desquels l’apôtre Paul apporta l’Évangile de Jésus-Christ à Lydie et au Geôlier, manifestent les multiples et diverses manières d’agir de l’Esprit-Saint : celles miraculeuses et surnaturelles suscitant des rencontres et des coïncidences par la Puissance d’En Haut, et d’autres au travers des imprévus et des accidents naturels de la vie, par lesquels le Plan de Dieu s’accomplit selon le but fixé, et ceci en dépit, pour ne pas dire parfois, au moyen même de nos faiblesses et de nos imperfections. Or, par rapport au temps de notre existence terrestre, la dimension infinie de l’éternité imprime en nous la pensée de l’Esprit, qui nous éclaire et nous donne de traverser le temps de l’épreuve, en surmontant toutes choses avec la Force reçue en nous de l’Esprit du Ressuscité, qui vit éternellement.