M397 – COMME UN VOLEUR …

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     « Le sixième (ange) versa sa coupe sur le grand fleuve, l’Euphrate. Et son eau tarit, afin que le chemin des rois venant de l’orient fût préparé. Et je vis sortir de la bouche du dragon, et de la bouche de la bête, et de la bouche du faux prophète, trois esprits impurs, semblables à des grenouilles. Car ce sont des esprits de démons, qui font des prodiges, et qui vont vers les rois de toute la terre, afin de les rassembler pour le combat du grand jour du Dieu tout-puissant. Voici, je viens comme un voleur. Heureux celui qui veille, et qui garde ses vêtements, afin qu’il ne marche pas nu et qu’on ne voie pas sa honte. Et ils les rassemblèrent dans le lieu appelé en hébreu Harmaguédon… » Apo 16:12-16.

   Ces paroles, à l’intérieur du message de la sixième coupe, apparaissent, au premier abord, comme une parenthèse parmi les messages prophétiques des « sept coupes de la colère de Dieu… » Apo 16:2. Alors que toutes les coupes ont été annoncées à Jean par l’ange envoyé de la part de Jésus-Christ, ces paroles sont prononcées par Jésus-Christ Lui-même comme si elles provenaient de l’Évangile, et exprimées à ce moment-là. L’Esprit prophétique, par lequel Jean nous transmit la Révélation, décrivit, non seulement les temps de la fin, mais tous les temps dès le commencement jusqu’à l’accomplissement de toutes choses. Il est notamment question dans ces passages de la venue des esprits sataniques, tels les trois esprits qui, de la « bouche du dragon », de la « bouche de la bête » et de la « bouche du faux prophète… » séduisent les rois et les habitants de la terre. Aussi est-il rassurant et consolant d’entendre une ultime fois la Promesse de la Venue de Celui qui nous a accordé la force et la lumière de Son Esprit, pour discerner et surmonter les choses présentes et celles à venir.

   Il est de la manière de Jésus d’enseigner ce qui concerne le Royaume de Dieu sous forme de paraboles. Le Seigneur compare ici la soudaineté de Son avènement à la « venue d’un voleur », venue évidemment inattendue. Cela peut nous paraître étrange de la part de Jésus de prendre pour comparaison un voleur plutôt qu’une personne, à nos yeux, plus recommandable ! Or l’Évangile  présente aussi de cette manière d’autres vérités de la Parole. S’agissant de la prière, Jésus parla de la requête insistante d’un ami demandant trois pains à son ami, qui ne se levait pas parce qu’il était nuit et qu’il était couché, et dont Jésus dit : « Je vous le dis, quand même il ne se lèverait pas pour les lui donner parce que c’est son ami ; il se lèverait à cause de son importunité et lui donnerait tout ce dont il a besoin… » Luc 11:8. C’est donc par obligation et non par amitié que cet « ami » répondit au besoin de son ami. De même de la part d’une veuve, qui demandait sans relâche justice à un juge qui la lui refusait, et qui finalement se dit en lui-même : « Quoique je ne craigne point Dieu et que n’aie d’égard pour personne, néanmoins, parce que cette veuve m’importune, je lui ferai justice, afin qu’elle ne vienne pas sans cesse me rompre la tête… «  Luc 18:4-5. De même cet intendant congédié qui remit une partie des dettes que devaient les clients à son maître, dans l’espoir que ceux-ci se souviendraient de lui, une fois licencié. Ce dont, étonnamment, le maître le loua, non pas de sa malhonnêteté, mais de la malice calculée dont il usa, ainsi que le dit Jésus : « Le maître loua l’économe infidèle de ce qu’il avait agit prudemment. Car les enfants de ce siècle sont plus prudents à l’égard de leurs semblables que ne le sont les enfants de lumière… » Luc 16:8. Jésus ne loua pas les agissements de cet employé indélicat, mais son habileté à pourvoir à son existence terrestre. Or, dans quelle mesure et avec quelle ardeur les rachetés se préoccupent-ils, non des choses de ce monde, mais des richesses spirituelles du Royaume de Dieu ? Aspirent-ils avec autant de zèle et d’intelligence aux biens célestes et éternels pour leur vie spirituelle ?

   C’est donc de la part de Jésus un appel à persévérer et à ne pas nous relâcher dans l’attente de Son Avènement, ainsi qu’Il le dit Lui-même : « Veillez donc, puisque vous ne savez pas quel jour votre Seigneur viendra. Sachez-le bien, si le maître de la maison savait à quelle veille de la nuit le voleur doit venir, il veillerait et ne laisserait pas percer sa maison. C’est pourquoi, vous aussi, tenez-vous prêts, car le Fils de l’homme viendra à l’heure où vous n’y penserez pas… » Matt 24:40-44. Car, quels que soient ses biens ici-bas, l’homme, s’il le faut, est capable de lutter, de veiller et d’aller au-delà de ses forces, pour conserver et même accroître ce qu’il possède.

   Le fait de savoir que le voleur vient ne nous apprend rien au sujet de l’heure à laquelle il viendra ! Cette parabole de Jésus établit au moins deux choses: le voleur dont nous ne savons pas la manière dont il viendra, et le jour et l’heure que nous ne connaissons pas. D’où l’attention, pour ne pas dire la tension dans certaines circonstances qui réclament le discernement spirituel ! Car l’aspiration spirituelle de voir Jésus nous met intérieurement en état de discerner les signes annonçant les Accomplissements de Dieu ! Par ailleurs, si le croyant savait avec précision le jour et l’heure de la venue du « voleur », n’aurait-il pas la tentation, le subtil calcul d’en profiter pour s’assoupir et ne s’éveiller qu’au moment où Jésus paraîtra ? Or, penser être prêt seulement au dernier moment, se révélera trop court et surtout trop tard ? En vérité, nous serons trouvés veillant dans la mesure où nous l’aurons été chaque jour de notre vie, jusqu’à ce « dernier Jour » !

     Il  est  écrit  qu’en ce  Jour-là,  nous  verrons  Jésus  en  Personne : Act 1:11, Or Jésus, avant de l’être en Personne, l’est déjà en Présence en nous par Son Esprit, et nous accorde ce dont nous avons besoin pour être debout à sa Venue. Aussi comprenons-nous le mystère des silences concernant le « Jour du Seigneur », exprimé par les Paroles mêmes de Jésus, disant en tant que « Fils de l’homme » : « Pour ce qui est du jour ou de l’heure, personne ne le sait, ni les anges dans le ciel, ni le Fils, mais le Père seul. Prenez garde, veillez et priez ; car vous ne savez quand ce jour viendra… » Marc 13:32-33. Nous saisissons alors combien le fait qu’il ne soit pas possible de connaître le jour et l’heure de Sa venue est salutaire pour nous. Il est des silences de la Parole qui édifient autant que la Parole elle-même. Car c’est le silence même concernant ce « Jour » qui suscite en nous l’absolue nécessité de demeurer veillant dans l’intercession. Le fait de ne pas savoir le jour et l’heure est le moteur même qui inspire nos prières en rapport avec les événements en ce monde, au sujet desquels Jésus exhorte, disant : « Veillez donc et priez en tout temps, afin que vous ayez la force d’échapper à toutes ces choses qui arriveront  et  de  paraître  debout  devant  le  Fils  de  l’homme… » Luc 21:36. Et cette « force d’échapper » découle de la puissance d’En Haut qui renouvelle la persévérance quotidienne des rachetés.

   C’est donc avec intention que Jésus rendit l’annonce de Son avènement de manière incomplète. Il est des Profondeurs qui s’expriment davantage par la Pensée de l’Esprit que par des mots. Et ces silences nous rendent d’autant plus réceptifs à la connaissance « non exprimée » de la Parole de Dieu, dont précisément la Nature est ineffable. Ainsi la Pensée de l’Esprit s’imprime-t-elle dans notre être profond, tel le filigrane imprimé dans les fibres mêmes de la feuille lors de sa fabrication, et qui reçoit à sa surface l’écriture à laquelle la page est destinée… C’est ici l’œuvre de la régénération dans laquelle Jésus imprime dans notre être notre ressemblance avec Lui.

   Certaines vérités, qui nous échappent, sont donc comprises, non par une connaissance plus grande, mais par une conscience plus éclairée, qui nous introduit dans l’intimité de Jésus, connaissance dont la compréhension se reçoit plutôt qu’elle ne s’apprend ! Une telle attente nous met dans la même disposition de l’Esprit que les croyants de Thessalonique, auxquels l’apôtre Paul écrit : « Pour ce qui est des temps et des moments, vous n’avez pas besoin, frères, qu’on vous en écrive. Car vous savez bien vous-mêmes que le jour du Seigneur viendra comme un voleur dans la nuit… », puis, précisant sa pensée, il poursuit : « Mais vous, frères, vous n’êtes pas dans les ténèbres pour que ce jour vous surprenne comme un voleur ; vous êtes tous des enfants de la lumière et des enfants du jour. Nous ne sommes point de la nuit ni des ténèbres. Ne dormons donc point comme les autres, mais veillons et soyons sobres… » I Thess 5:1-2, et 4-6. Ces Paroles rappellent la « béatitude » de l’Apocalypse déclarant « heureux » le croyant, qui, non seulement « prie », mais « veille… » ! Car prier, ce sont nos paroles qui s’élèvent vers notre Père céleste; veiller, c’est recevoir les Paroles du Père dans notre cœur par l’Esprit de Dieu, qui seul connaît les temps et les moments… et dont les signes sont révélés à ceux en qui demeure le même Esprit.